Actes des apôtres – Chapitre 23

1 577 vue(s)

Ce texte est tiré du Nouveau Testament publié dans la collection La Bibliothèque de la Pléiade des éditions NRF Gallimard.
Introduction de Jean Grosjean, textes traduits, présentés et annotés par Jean Grosjean et Michel Léturmy avec la collaboration de Paul Gros.
Afin de respecter le droit d’auteur, l’introduction, les présentations et les annotations ne sont pas reproduites. Je vous invite donc à vous procurer ce livre pour bénéficier pleinement de la grande qualité de cet ouvrage.

Actes des apôtres

Chapitre 23

1 – Paul fixa des yeux le Sanhédrin et dit : Frères, je me suis comporté devant Dieu en toute bonne conscience jusqu’à ce jour.
2 – Le grand prêtre Ananie commanda à ceux qui se tenaient près de lui de lui taper sur la bouche.
3 – Alors Paul lui dit : C’est sur toi que Dieu va taper, mur blanchi ! Tu t’assois pour me juger selon la Loi et, au mépris de la Loi, tu ordonnes qu’on me tape dessus ?

Mon analyse :
Paul commence son allocution par une phrase qui est comprise comme un blasphème par les Juifs, d’où la réaction du grand prêtre. Paul l’interpelle par une de ses remarques qui deviendra classique : il mélange la Loi juive, la Torah et la Loi d’amour de Christ pour mettre en défaut ses détracteurs. Il est jugé logiquement selon la Torah, mais il est traité illégalement vis-à-vis de la Loi d’amour.

4 – Ceux qui se tenaient là lui dirent : Tu insultes le grand prêtre de Dieu ?
5 – Paul répondit : Je ne savais pas, frères, que c’était le grand prêtre ; car il est écrit : Tu ne maudiras pas un chef de ton peuple !
6 – Et Paul, qui savait qu’il y avait là, d’une part, des sadducéens et, de l’autre, des pharisiens, cria dans le Sanhédrin : Frères, je suis pharisien, fils de pharisien ! et c’est sur notre espérance en la résurrection des morts qu’on me juge !
7 – À ces paroles, pharisiens et sadducéens s’insurgèrent et la multitude fut déchirée.
8 – Car les sadducéens disent qu’il n’y a pas de résurrection, et qu’il n’existe ni ange ni esprit, tandis que les pharisiens avouent les deux choses.
9 – Ce fut un grand cri. Quelques scribes du parti de pharisiens s’étaient levés et s’acharnaient à dire : Nous ni trouvons rien de mal dans cet homme! Et si un esprit lui avait parlé ? ou un ange ?
10 – Comme l’insurrection s’amplifiait, le tribun craignant que Paul ne soit rompu, ordonna à l’armée de descendre pour l’enlever du milieu d’eux et le mener à la forteresse.

Mon analyse :
Paul déploie toute sa maîtrise multiculturelle en affirmant son respect vis-à-vis du grand prêtre et en provoquant une dissension entre pharisiens et sadducéens sur le thème de la résurrection.

11 – La nuit suivante, le Seigneur se présenta à Paul et lui dit : Courage ! car, de même que tu m’as rendu témoignage à Jérusalem, il faut encore que tu me rendes témoignage à Rome.

Mon analyse :
Difficile de savoir si cette phrase émane des Pauliniens qui essaient de faire de son déplacement à Rome un plan de Dieu ou si elle émane des Nazoréens qui cherchent ainsi à se blanchir de l’avoir livré aux Juifs, sans compter que ce pourrait être tout simplement une façon de donner une caractère sacré à une procédure réglementaire romaine.

12 – Le jour venu, les Juifs firent une cabale ; ils voulaient être maudits si jamais ils mangeaient ou buvaient avant d’avoir tué Paul.
13 – Ils étaient plus de quarante dans cette conjuration.
14 – Ils s’approchèrent des grands prêtres et des anciens et leur dirent : Nous voulons être maudits de malédiction si nous goûtons à quoi que ce soit avant d’avoir tué Paul.
15 – Et maintenant, avec le Sanhédrin, faites un rapport au tribun pour qu’il vous le fasse ramener, comme si vous alliez vous informer plus exactement de son affaire. Nous sommes prêts, nous, à le supprimer avant même qu’il approche.
16 – Mais le fils de la sœur de Paul entendit parler du guet-apens ; il arriva à la forteresse et entra l’annoncer à Paul.
17 – Alors Paul appela un des centurions et lui dit : Emmène ce jeune homme au tribun : il a quelque chose à lui annoncer.
18 – Il le prit donc, le mena au tribun et dit : Le prisonnier Paul m’a appelé pour me demander de t’amener ce jeune homme, qui a à te parler.
19 – Le tribun le prit par la main, se retira à l’écart et demanda : Qu’est-ce que tu as à m’annoncer ?
20 – Il lui dit : Les Juifs sont convenus de te demander de faire ramener Paul, demain, devant le Sanhédrin, comme s’ils allaient enquêter sur lui plus exactement.
21 – Ne leur fais pas confiance ! car plus de quarante d’entre eux le guettent et veulent être maudits s’ils mangent ou boivent avant de l’avoir supprimé. Et maintenant ils sont prêts et n’attendent que ta promesse.
22 – Le tribun renvoya le jeune homme en lui ordonnant : Ne raconte à personne que tu m’as fait un rapport.

Mon analyse :
La haine des Juifs envers Paul rappelle leur comportement envers Jésus. Mais là, ils sont empêchés d’agir car Paul étant romain, le tribun ne peut se laisser fléchir comme l’a fait Pilate. D’où cette idée d’un commando suicide, car tuer Paul sous le nez des romains équivaut à une condamnation à mort pour ses auteurs.

23 – Puis il appela deux de ses centurions et leur dit : Tenez prêts à partir pour Césarée deux cents soldats, soixante-dix cavaliers et deux cents lanciers, à la troisième heure de la nuit,
24 – et tenez des montures à disposition pour transporter Paul sain et sauf chez le gouverneur Félix.
25 – Puis il écrivit une lettre, sur ce modèle-ci :
26 – Claude Lysias, au noble gouverneur Félix, salut !
27 – L’homme que voici a été pris par les Juifs, et ils allaient le supprimer quand, survenant avec l’armée et apprenant que c’était un Romain, je le leur ai arraché.
28 – Et comme je voulais connaître le motif qu’ils portaient contre lui, je l’ai ramené devant leur Sanhédrin.
29 – J’ai trouvé qu’ils l’accusaient à propos de questions concernant leur loi, mais sans aucun grief qui mérite la mort ou les liens.
30 – Et comme on m’a prévenu qu’il y aurait un complot contre cet homme, je te l’envoie à l’instant, tout en ordonnant à ses accusateurs de dire devant toi ce qu’ils ont contre lui.
31 – Conformément à leurs instructions, les soldats prirent Paul et le menèrent, de nuit, à Antipatris ;
32 – et le lendemain, laissant les cavaliers s’en aller avec lui, ils s’en retournèrent à la forteresse.
33 – Les cavaliers entrèrent à Césarée et remirent la lettre au gouverneur, puis ils mirent Paul à sa disposition.
34 – Lecture faite, il demanda à Paul de quelle province il était et, apprenant qu’il était de Cilicie,
35 – Je t’entendrai, dit-il, quand tes accusateurs seront arrivés. Et il ordonna de le garder dans le prétoire d’Hérode.

Mon analyse :
Il est clair que pour les responsables romains, la situation de Paul n’est pas justifiable d’une mise en accusation. Il s’agit bien pour eux de soustraire un citoyen romain à la vindicte populaire sous tendue par des motifs religieux qu’ils ne reconnaissent pas comme valable.

Revenir au sommaire

Faites connaître cet article à vos amis !

Information

Contenu soumis aux droits d'auteur.

0