16e dimanche du temps ordinaire

Lecture des textes de la liturgie catholique

Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.

16e dimanche du temps ordinaire

1re lecture :

Sagesse de Salomon : 12, 13. 16-19

12 – Car il n’y a pas de Dieu en dehors de toi, qui as soin de tous, auquel tu montrerais que tu n’as pas jugé injustement,
16 – Car ta force est la source de la justice et ta souveraineté sur tout te fait épargner tout.
17 – Tu montres ta force à ceux qui ne croient pas à la perfection de ta puissance et tu confonds l’audace de ceux qui la connaissent ;
18 – mais toi qui es maître de la force tu juges avec clémence et tu gouvernes avec beaucoup de ménagements, car il t’appartient d’exercer la puissance quand tu le veux.

Mon analyse :
Ce texte, destiné à montrer la puissance et la magnanimité de Iahvé, atteint en fait l’objectif inverse. En effet, Dieu y est décrit comme omnipotent donc isolé et sans contrôle dans l’exercice de sa force. Ce n’est plus Dieu mais un tyran.

Psaumes : 86 (Vulgate 85), 5-6, 9ab-10, 15-16ab

5 – et toi, Adonaï, tu es bon, indulgent, abondant en miséricorde pour tous ceux qui t’invoquent.
6 – Iahvé, prête l’oreille à ma prière, sois attentif à la voix de mes supplications,
9 – Toutes les nations que tu as faites viendront et se prosterneront devant toi, Adonaï, elles glorifieront ton nom,
10 – car tu es grand et tu fais des merveilles, toi seul, Élohim !
15 – Mais toi, Adonaï, Dieu clément et miséricordieux, lent à la colère, abondant en véritable bienveillance,
16 – tourne-toi vers moi et prends pitié de moi,

Mon analyse :
Ce psaume est un modèle du genre ! David y déploie tout ce que le judaïsme contient comme concepts de rapports à Dieu. Il demande de l’aide à Dieu en rappelant le contrat passé entre eux, en flattant aussi servilement que possible celui dont il espère tout sans jamais envisager de se prendre en main et en accusant et dénonçant les autres, histoire de se mettre dans les bonnes grâce de Iahvé.

2e lecture :

Lettre de Paul aux Romains : 8, 26-27

26 – De même l’Esprit aussi vient en aide à notre faiblesse car nous ne savons pas prier comme il faut ; mais lui, l’Esprit, sollicite pour nous par des gémissements indicibles,
27 – et celui qui scrute les cœurs sait à quoi tend l’Esprit et qu’il sollicite selon Dieu pour les saints.

Mon analyse :
Là aussi le calame du scribe apparaît nettement. Cela est notable par le côté presque romanesque de la réflexion. Certes, Paul admet volontiers que l’Esprit (le Consolateur) nous vient en aide, comme c’est sa mission de continuateur de Christ, mais son rôle n’est pas d’intercéder à notre place, car celui vers qui nous tendons n’a pas besoin de traducteur. Non, c’est nous qu’il aide directement en soutenant nos efforts vers l’éveil et dans le cheminement.

Évangile selon Matthieu : 13, 24-43 (ou brève : 24-30)

24 – II leur proposa une autre parabole : Le règne des cieux est pareil à un homme qui a semé de la bonne semence dans son champ.
25 – Mais pendant que les gens dormaient son ennemi est venu, a semé de l’ivraie au milieu du blé et s’en est allé.
26 – Quand l’herbe a germé et fait du fruit, l’ivraie aussi s’est montrée.
27 – Les esclaves du maître de maison s’approchent et lui disent : Seigneur, n’as-tu pas semé de la bonne semence dans ton champ ? comment y a-t-il donc de l’ivraie ?
28 – II leur dit : Un ennemi a fait cela. Alors les esclaves lui disent : Veux-tu que nous allions la récolter ?
29 – II dit : Non, de peur qu’en récoltant l’ivraie vous ne déraciniez le blé avec elle.
30 – Laissez-les croître ensemble jusqu’à la moisson ; au temps de la moisson je dirai aux moissonneurs : récoltez l’ivraie d’abord et liez-la en bottes pour la brûler ; quant au blé ramassez-le dans ma grange.
31 – II leur proposa une autre parabole : Le règne des cieux est pareil à une graine de sanve qu’un homme a prise et semée dans son champ.
32 – C’est la plus petite de toutes les semences, mais quand elle croît, c’est le plus grand des légumes, elle devient un arbre et les oiseaux du ciel viennent nicher dans ses branches.
33 – II leur dit une autre parabole : Le règne des cieux pareil à de la levure qu’une femme a prise et cachée dans trois mesures de farine jusqu’à ce que tout ait levé.
34 – Tout cela, Jésus le dit aux foules en paraboles, et il ne leur disait rien sans parabole.
35 – C’était pour remplir cette parole du prophète qui dit : J’ouvrirai ma bouche avec des paraboles, je clamerai ce qui a été caché depuis la fondation du monde.

Mon analyse :
Comme toujours chez Matthieu, que ce soit pour les miracles ou les paraboles, il apparaît nécessaire de multiplier pour mieux faire passer le message. Là il propose quatre paraboles : celle de la graine tombée (omise dans le choix liturgique d’aujourd’hui), celle de l’ivraie, celle de la graine de sanve et celle de la levure. La première indique que la réception de la parole fait la qualité de son action, la deuxième que le Mal est prêt à empêcher la croissance de la foi mais qu’il ne faut pas se laisser faire, la troisième annonce la puissance de la foi et la dernière que la foi grandit en l’homme et l’aide à se développer spirituellement. Normalement, les disciples doivent avoir ainsi une compréhension totale du message.

36 – Ensuite il laissa les foules et vint à la maison. Et ses disciples s’approchèrent de lui en disant : Explique-nous la parabole de l’ivraie dans le champ.
37 – II leur répondit : Celui qui sème la bonne semence c’est le fils de l’homme,
38 – le champ c’est le monde, la bonne semence ce sont les fils du Règne, l’ivraie ce sont les fils du mauvais,
39 – l’ennemi qui l’a semée, c’est le diable, la moisson c’est la fin des âges, et les moissonneurs sont les anges.
40 – Tout comme l’ivraie est récoltée et brûlée au feu, ainsi en sera-t-il à la fin des âges :
41 – le fils de l’homme enverra ses anges dans son règne et ils y récolteront tous les scandales et les faiseurs d’iniquité,
42 – et ils les jetteront au feu de la fournaise, là il y aura le sanglot et le grincement de dents.
43 – Alors les justes resplendiront comme le soleil, dans le règne de leur père. Entende qui a des oreilles !

Mon analyse :
Malheureusement, les disciples ne comprennent même pas ce qui est exotérique, alors Jésus doit leur faire un commentaire de chaque parabole.

Voici comment je reçois ces textes.

Dédicace Catharisme d'aujourd'hui