10e dimanche du temps ordinaire

Lecture des textes de la liturgie catholique

Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.

10e dimanche du temps ordinaire

1re lecture :

Exode : 34, 4b-6. 8-9

4 – … puis Moïse se leva de bon matin et monta au mont Sinaï, selon ce que lui avait ordonné Iahvé, et il prit en sa main les deux tables de pierre.
5 – Et Iahvé descendit dans une nuée et il se tint là avec lui et Moïse invoqua le nom de Iahvé.
6 – Alors Iahvé passa devant lui et cria : « Iahvé, Iahvé est une Dieu clément et miséricordieux, lent à la colère et abondant en véritable bienveillance,
8 – Moïse de hâta de s’incliner jusqu’à terre et de se prosterner.
9 – Puis il dit : « Si donc j’ai trouvé grâce à tes yeux, mon Seigneur, que mon Seigneur daigne marcher au milieu de nous, car c’est un peuple au cou raide, et tu pardonneras notre faute, notre péché, et tu feras de nous ton héritage ! »

Mon analyse :
S’il est un chapitre qui montre l’antagonisme majeur entre la loi de Iahvé et la voie de Christ, ce pourrait bien être celui-là. D’abord, Iahvé se donne à connaître alors que Dieu est invisible aux hommes et ne s’adresse à eux que par des esprits intercesseurs. Ensuite, Iahvé se comporte presque comme un politique en campagne en faisant son propre panégyrique. Il faut seulement savoir que deux chapitres plus tôt il fit massacrer environ trois mille juifs par la tribu de Lévi en répression de l’épisode du veau d’or. La bienveillance divine, exprimée par Christ, est elle sans limite et sans réserve. Moïse fait allégeance mais il demande à Iahvé un marché exclusif en la faveur du peuple juif et l’on verra juste après que ce marché justifie les massacres des autres peules. Dieu, par la parole de Christ, demande lui l’abandon de toute charge et l’amour de l’ennemi même. Dans l’épisode du bon grain et de l’ivraie, le maître tolère l’ivraie au milieu du bon grain jusqu’à la moisson.

Cantique : Le livre de Daniel : 3, 52, 53, 54, 55, 56

52 – Béni sois-tu, Seigneur, Dieu de nos pères : À toi, louange et gloire éternellement ! Béni soit le nom très saint de ta gloire : À toi, louange et gloire éternellement !
53 – Béni sois-tu dans ton saint temple de gloire : À toi, louange et gloire éternellement !
54 – Béni sois-tu sur le trône de ton règne : À toi, louange et gloire éternellement !
55 – Béni sois-tu, toi qui sonde les abîmes : À toi, louange et gloire éternellement ! Toi qui siège au-dessus des Kéroubim : À toi, louange et gloire éternellement !
56 – Béni sois-tu au firmament, dans le ciel : À toi, louange et gloire éternellement !

Mon analyse :
Ce texte, qui suit le Livre de Daniel, ne figure pas dans ma version de l’Ancien Testament publié à la Pléiade. Il raconte l’épisode de trois jeunes gens jetés dans une fournaise pour avoir refusé d’adorer une idole. Et ils chantent au milieu des flammes qui ne les blessent pas. Il s’agit en fait d’une profession de foi qui est adaptée à la situation. Comme le faisaient les Cathares jetés au bûcher et plus récemment les résistants devant le peloton d’exécution, chacun va exprimer ce en quoi il croit à l’instant final. Bien entendu, dans ce récit, le miracle vient confirmer la justesse de la foi. Pour nous cela n’a pas de sens dans la mesure o$ le maintien dans ce monde n’est pas une récompense mais une punition.

2e lecture :

Deuxième lettre de Paul aux Corinthiens : 13, 11-13

11 – Au   reste,   frères,   réjouissez-vous,   perfectionnez-vous, consolez-vous, tendez à l’unanimité, soyez en paix, et le Dieu d’amour et de paix sera avec vous.
12 – Saluez-vous les uns les autres par un saint baiser, tous les saints vous saluent.
13 – Que la grâce du seigneur Jésus Christ, l’amour de Dieu et la société du Saint Esprit soient avec vous tous.

Mon analyse :
Paul finit sur une note d’espoir. Il est là pour bâtir et non pour punir et il espère que la Bienveillance agira pour que tous se rassemblent dans la foi.

Évangile selon Luc : 7, 11 – 17

11 – Il se rendit ensuite dans une ville appelée Naïm. Ses disciples et une grosse foule allaient avec lui.
12 – Comme il approchait de la porte de la ville, voilà qu’on emportait un mort. C’était un fils unique et la mère était veuve. Et il y avait avec elle pas mal de monde de la ville.
13 – En la voyant, le Seigneur s’émut pour elle et lui dit : Ne pleure pas.
14 – Il s’approcha, toucha le cercueil et les porteurs s’arrêtèrent. Il dit : Jeune homme, je te le dis, lève-toi.
15 – Le mort se mit assis et commença à parler. Et Jésus le donna à sa mère.
16 – Une crainte les prit tous, ils glorifiaient Dieu et disaient : Un grand prophète s’est levé parmi nous et Dieu a visité son peuple.
17 – Et cette parole se répandit à son sujet dans toute la Judée et dans toute la contrée.

Mon analyse :
Jésus réalise un miracle majeur, il ressuscite un mort authentifié comme tel. Cet acte n’est pas anodin. En effet, si la mère enterre seule son fils c’est qu’il était son dernier soutien, le mari est sans doute déjà mort. Dans la société juive, cette mère va donc perdre tout soutien et devenir une mendiante. Cependant, comment peut-on imaginer qu’un tel acte puisse rester caché ? Or, personne n’en entend suffisamment parler pour que cela se transmette hors du cercle étroit des disciples. Il y a là matière à s’interroger sur la nature des miracles, s’ils furent réalisés. Là encore l’explication allégorique peut très bien remplacer la narration historique. Jésus intervient auprès d’un croyant ayant perdu la foi et dont l’acte provoque l’abandon de la famille. Seule la mère reste encore auprès de lui, le reste de la famille l’a sans doute abandonné.

Voici comment je reçois ces textes.