Préhistoire et Antiquité

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Préhistoire et Antiquité

Introduction

Avant de me lancer dans une tentative de présentation, aussi cohérente que possible, de l’histoire du christianisme, il m’a semblé indispensable de faire une présentation simplifiée de tout ce qui a précédé.
Cela permet d’abord de comprendre que l’évolution est un phénomène très ancien, mais que la partie qui nous intéresse concerne une période extrêmement brève que nous avons tendance à hypertrophier par rapport au reste.
Le but de cette série de documents est donc de vous donner des jalons permettant de se situer chronologiquement dans un ensemble de références variées et pourtant souvent interactives les unes par rapport aux autres.
L’histoire chrétienne n’est qu’un épiphénomène dans une chronologie qui s’étend sur sept à huit millions d’années et sur un espace où elle ne représente presque rien par rapport aux civilisations qu’elle a côtoyé.

La préhistoire

Les recherches les plus récentes font remonter l’aube de l’humanité aux environs de sept à huit millions d’années (Toumaï). Il est clair qu’il s’agit alors du début d’un processus d’hominisation qui maintient cette espèce au plus près des grands singes.
Cueilleurs de fruits et de graines, ils vivaient dans les arbres. Leur première évolution fut d’en descendre pour rejoindre une savane herbeuse qui leur cachait l’apparition du danger et ne leur offrait aucune protection. Ils parvinrent à s’y maintenir en élargissant leur champ de vision grâce la station debout qui leur permettait de voir plus loin et de s’affranchir de l’obstacle des herbes.
Ce premier exploit provoqua au fil du temps des changements radicaux de leur morphologie qui permirent à ces hominidés d’acquérir la fonction de déplacement liée aux modifications du bassin et des membres inférieurs (meilleure statique et développement du pied). En outre, la marche debout libérant les membres supérieurs leur permit d’autres évolutions.

* Le paléolithique

La possibilité de se déplacer de plus en plus loin de son arbre originel n’est pas pour rien dans la découverte que l’homme va faire d’objet naturels (os, pierres) dont l’utilisation, rendu possible par le développement de son cerveau, allait augmenter son agressivité vis-à-vis de son environnement. Cette période de la pierre ancienne constitue un saut évolutif majeur car l’homme s’y sépare définitivement de l’animal en étendant de façon incontrôlée son pouvoir de destruction.
Le développement de cette espèce va aboutir à notre ancêtre direct, l’homo sapiens, apparu il y a environ 100 000 ans et dont nous avons trouvé les premières traces en Périgord (France). L’évolution va s’accélérer mais ces humains chasseurs et cueilleurs vont persister pendant encore près de 90 000 ans en organisant leur vie sociale a minima (petites structures familiales).

* Le néolithique

Il y a environ 10 000 ans les habitants du Moyen Orient découvrent de larges plaines couvertes de céréales et de graminées.
Or, ces plantes se prêtent facilement à la culture. Ils vont donc les consommer et les planter à proximité d’un habitat qui perd dès lors son caractère nomade. Cette ressource abondante et régulière favorise l’expansion de la population qui atteint environ le nombre total de dix millions d’individus.
Pour des raisons liées au climat, petit à petit, ces populations vont se regrouper à proximité des grands fleuves qui irriguent la région (Nil, Jourdain, Tigre et Euphrate). C’est là que naîtront les premières civilisations qui vont organiser la fabrication de poteries, de vêtements et d’outils de pierre polie, cette pierre nouvelle qui donne son nom à cette période.

* Le climat facteur de développement

En favorisant ou empêchant les déplacements et les contacts, le climat est responsable de la qualité du développement des populations préhistoriques.
La grande glaciation, en recouvrant le détroit de Béring d’une banquise a permis aux populations asiatiques de passer en Amérique où elles furent piégées quand la glace fondit, rendant ainsi tout retour et tout contact avec les civilisations du continent indo-européen impossibles.
De même, le climat en rendant possible la culture agricole au Moyen Orient va favoriser le développement de civilisations dont le nombre va forcer les membres à se rapprocher des zones fertiles des bords des fleuves, le fameux croissant fertile.
Vers 6 500 ans avant notre ère, la transformation de la savane du Sahara en désert va isoler l’Afrique centrale des zones les plus fertiles, ce qui les maintiendra à l’écart de l’évolution qui leur aurait permis de passer du néolithique à l’Antiquité. Ceux qui vont migrer se rapprocheront du Nil dont les crues alimentées par la fonte des neiges des hauts plateaux éthiopiens assureront la prospérité et le développement des populations locales, comme le Tigre et l’Euphrate le feront au Moyen orient et l’Indus plus à l’est.

L’Antiquité

* Les cités-états de Sumer

La réunion de villages en cités dans une zone fertile favorise le développement de la population et donc de l’activité. Ces premières villes apparaissent dans le sud de l’Irak actuel (région de Bassorah), une région appelée Sumer.
L’une des plus anciennes villes de cette région s’appelle Our (Ur) connue comme étant la patrie d’Abraham.
Il y a un peu plus de 5 000 ans, c’est à Sumer qu’est apparue l’écriture, réalisée avec un roseau taillé sur des tablettes d’argile humide.Figurative au départ, elle représentait les objets et leur nombre, elle devint phonétique par la suite et donna naissance à un alphabet dont le nom vient de l’empreinte en forme de clou que le roseau laissait dans la tablette : le cunéiforme.
Cette écriture, en permettant la rédaction d’actes et la transmission des ordres du roi dans toutes les provinces de son état, favorise une gestion efficace du royaume et renforce l’autorité du monarque tout en créant les conditions de la naissance d’une civilisation.
dès lors, la préhistoire cède la place à l’histoire et comme l’a si bien dit l’historien Samuel Kramer : « L’histoire commence à Sumer ».

* L’Afrique

Si les cités-états de Sumer furent les premières à accéder au statut de civilisation grâce à l’invention de l’écriture, c’est le Nil, par ses crues fertilisantes de septembre à décembre, qui va créer la plus stable de toutes les civilisations humaines à ce jour, l’Égypte qui compensera son retard de 3 siècles dans l’invention de sa propre écriture par une stabilité dynastique de 25 siècles. Hérodote, voyageur grec découvrant le royaume des pharaons, ne s’y trompe pas quand il écrit : « L’Égypte est un don du Nil ».
C’est aussi en Égypte qu’apparaîtra le premier monothéisme, vers 1200 avant notre ère sur l’impulsion du pharaon Aménophis IV (Akhenaton). Cette expérience de courte durée mérite d’être rappelée car elle signe une aspiration évolutive de la pensée humaine.

* Moyen et Proche Orient

Les cités-états vont finir par être supplantées par l’une d’entre-elles, Babylone qui atteindra son apogée au 18e siècle avant notre ère sous le règne d’Hammourabi, premier législateur de l’histoire.
Mille ans plus tard, c’est Ninive, capitale des Assyriens qui règne sur le proche orient par le biais de son roi, Assourbanipal, mais 20 ans après sa mort, Babylone reprendra le dessus sous le règne de Nabuchodonosor qui va s’emparer de Jérusalem en 607 avant notre ère et réduire le peuple hébreux en esclavage. Il semble désormais que ce soit pendant cet esclavage que le peuple hébreux ait décidé de mettre par écrit sa tradition orale et se soit construit une mythologie en assimilant des influences extérieures et en utilisant l’expérience présente. Ainsi, le déluge pourrait bien être un élément récupéré de la mythologie sumérienne alors que la fuite d’Égypte serait une projection du désir des hébreux de quitter leur esclavage babylonien et que la tour de Babel ait été imaginée en rapport avec la rénovation de la grande ziggourat de Babylone par Nabuchodonosor (par ailleurs responsable de la création d’une des sept merveilles du monde antique, les jardins suspendus).
De la même façon, il semble bien que les hébreux ne soient pas venus s’installer en terre de Canaan mais qu’il s’agisse d’une partie de la population de ce territoire qui se soient révolté contre ses élites et qui ait fondé une communauté de villages à l’écart des villes principales. Quand au monothéisme, il pourrait bien avoir été “importé” du pays de Madian dont un des dieux portait le nom de YWH. Est-ce Abraham dont la Torah nous dit qu’il s’y était installé, qui l’aurait importé en Canaan ? Nul ne le sait mais la proximité entre YWH et YHWH est troublante et l’épisode du buisson ardent est présenté comme situé en pays de Madian.
Après la mort de Nabuchodonosor, c’est Cyrus, roi des mèdes et des perses, qui va vaincre Babylone et autoriser le retour des hébreux dans leur pays. Cyrus crée l’empire perse en 539 avant notre ère qui acquiert un caractère universel en cela qu’il regroupe presque tous les peuples du Moyen Orient et qu’il assure sa cohésion en autorisant le maintient des coutumes et divinités locales. Son successeur Darius 1er, fonde Persépolis qui couronnera la grandeur de la Perse (actuel Iran) avant de se heurter à des cités du bord de la mer Égée dont l’unification va provoquer sa chute.

* La Grèce

On situe l’origine de la Grèce antique en Crète où la civilisation minoenne est apparue environ 2 000 ans avant notre ère. Submergée par l’invasion achéenne, la civilisation minoenne laisse la place à la Grèce antique vers 1 400 avant notre ère. Les achéens nous ont laissé la mémoire de leur épopée contre la ville de Troie (1 200 avant notre ère) dans l’Iliade (ilion autre nom de Troie) et l’Odyssée (Odysseus autre nom de Ulysse). La Grèce va ensuite connaître une période sombre sous les Doriens avant de ré-émerger à l’époque de Homère.
Vers 600 avant notre ère, Dracon va imposer une loi sévère (draconienne) qui jette les bases de la démocratie. Solon et Clisthène viendront compléter et parachever son entreprise.
En 490 avant notre ère, les Grecs repousseront la tentative d’invasion des perses de Darius à Marathon et la seconde tentative du fils de Darius, Xerxès, échouera dans le désastre maritime de la bataille navale de Salamine, grâce au sacrifice des spartiates de Léonidas dans le défilé des Thermopyles.
La période qui suit constitue l’apogée de la Grèce antique. On appelle ce Ve siècle avant notre ère, le siècle de Périclès, dirigeant qui fit reconstruire l’Acropole. La culture grecque atteint des sommets avec des auteurs comme Eschyle, Euripide, Sophocle, etc.
Malheureusement, les grecs s’engagent dans une guerre fratricide opposant Athènes à Sparte et qui verra la victoire de cette dernière. Il faudra attendre l’avènement d’Alexandre le grand pour que les rivalités cessent et permettent à la Grèce de se redresser face à la menace perse. C’est grâce à lui que la culture grecque va s’étendre dans le bassin méditerranéen. L’hellénisme marquera le monde pendant les mille ans suivants et la culture, la science et la religion s’appuieront sur lui pour se diffuser.

* À l’est du nouveau

L’Inde, brièvement effleurée par Alexandre le grand, n’arrivera pas à s’unifier durablement avant la conquête anglaise… 2 000 ans plus tard.
La Chine, elle, va prendre son essor durable au IIIe siècle avant notre ère grâce à l’empereur Zhen Ying dont le travail d’unification permettra l’essor de l’administration, de la monnaie et de l’écriture. Il fait édifier la grande muraille et se fait enterrer, entouré de 7 000 guerriers de terre cuite à Xian.
À sa suite apparaîtra un nouvel empereur dont la dynastie perdurera pendant quatre siècles et dont le prestige sera tel que les chinois d’aujourd’hui se dénomme toujours ainsi par respect ; il s’agit de la dynastie des Han.

* Rome

Fondée en 753 avant notre ère, selon la légende, Rome – cité état dirigée par un Sénat – asservit peu à peu toute la péninsule italienne. À l’occasion d’un conflit territorial concernant la Sicile, elle va s’opposer à Carthage, cité proche de l’actuelle Tunis. Une victoire maritime de Rome mettra fin à la première guerre punique en 241 avant notre ère. Hamilcar, général carthaginois aidé de son fils Hannibal, tentera de prendre sa revanche en menaçant Rome atteinte par un périlleux périple à travers les Alpes. Il échouera finalement et une troisième guerre punique initiée par Rome aboutira en 146 avant notre ère à la destruction de Carthage par Scipion Émilien (dit l’africain).
Rome règne désormais sans partage sur tout le bassin méditerranéen (y compris la Grèce) et la période de troubles interne qui va suivre verra l’émergence d’un réformateur puissant, Jules César. Son désir d’acquérir un titre royal lui vaudra d’être assassiné en 44 avant notre ère et sa succession tumultueuse finira par porter à la tête de la République, son petit-neveu Octave qui, une fois débarrassé de son rival Antoine et de Cléopâtre dernière reine d’Égypte, s’attribuera tout le pouvoir sans commettre la même erreur stratégique que Jules César. Qualifié du titre honorifique d’Auguste il laissera une trace glorieuse dans l’histoire.
C’est sous son règne que la légende fait naître en Palestine, un jeune juif du nom de Jésus.

Conclusion

C’est ici que j’arrêterai ce résumé très succinct de l’histoire du monde connu car il n’est dans mon propos que de vous apporter quelques bases qui vous permettront, je l’espère, de mieux vous situer dans l’espace et le temps.

Il est temps maintenant de m’atteler à l’étude plus précise du christianisme et donc de quitter l’Antiquité.

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