Comprendre le christianisme cathare

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Comprendre le christianisme cathare

Ce document n’a aucune prétention historique mais souhaite aider le lecteur à mieux appréhender les conditions dans lesquelles les humains des premiers siècles du christianisme se sont trouvés pour émettre leurs hypothèses et formuler leur foi.

Les confluences

Le christianisme des premiers siècles profita des convergences nombreuses de la pensée humaine, notamment auprès des philosophes grecs et romains (Pithagore, Socrate, Platon, Aristote, Epicure, Epictète, Marc Aurèle, Sénèque, etc.) mais aussi du Moyen Orient (Zarathustra, Mani, etc.) et du gnosticisme.
Certaines de ces philosophies donnèrent des outils à la construction de la philosophie chrétienne primordiale et d’autres furent plus ou moins intégrées à cette religion.

Les premiers soubresauts du christianisme originel

Alors que certains chrétiens se laissaient gagner par ces religions extérieures au point d’en adopter l’essentiel (Manichéens par exemple) et que d’autres cherchaient à se normaliser vis à vis du pouvoir romain afin d’acquérir respectabilité et pouvoir temporel au détriment du message christique, une partie voulut rester fidèle à ce message transmis par Paul de Tarse et entreprit, à l’instar de Marcion de Sinope de réformer ce christianisme en en extirpant les textes issus du judaïsme originel. Cette séparation entre la partie décrivant la création du démiurge de l’ancien testament et celle transmettant le message du Christ et du Dieu d’amour absolu du nouveau testament provoqua le premier schisme majeur entre judéo-chrétiens et marcionites.

Cette séparation, longtemps au bénéfice des marcionites, incita les judéo-chrétiens à devenir bourreaux après avoir été victimes.
Pourchassant et accusant leurs détracteurs de tous bords d’hérésie, ils finirent à la fin du quatrième siècle par faire taire toute opposition par la terreur et le meurtre.

Première résurgence des pensées divergentes

Mais la pensée hérétique persista dans le silence, attendant des jours meilleurs car, si les hommes peuvent être éliminés, les idées elles persistent sous des formes larvées qui défient toute analyse et tout contrôle.
Ils vinrent à la fin du dixième siècle, quand l’approche du terme des mille ans laissa entrevoir l’espoir de la seconde parousie du Christ.
Profitant de cet élan spirituel, plusieurs groupes qui avaient gardé la philosophie de Paul et celle de Marcion en leur sein, refirent surface avec une doctrine construite et commune.
Ils apparurent en Europe orientale puis un peu partout en Europe occidentale et notamment en plusieurs régions de France, d’Espagne et d’Italie.
C’est de Rhénanie que viendra, sous la plume d’un de leur farouche adversaire, le nom qui fera leur célébrité quelques siècles plus tard : les cathares !

La répression

Bien entendu le catharisme fut accusé d’hérésie. Il n’y avait pas de mots assez durs pour les stigmatiser. Le pire que l’on utilisait à l’époque était celui de manichéen. Mais le dualisme cathare n’est pas manichéen. Le catharisme existe par lui-même et n’est pas une dissidence du catholicisme. Il rappelle que l’Évangile est une prédication de paix et d’amour absolu.

Il est en filiation directe avec le christianisme des origines dont il conserve au mieux les caractéristiques philosophiques et théologiques.

La féroce répression catholique envers le catharisme aboutit à la disparition de ses tenants les plus visibles, les bons chrétiens.
Les croyants, finirent par retourner à la clandestinité qu’avaient connu les marcionnites et les autres hérétiques de la fin du quatrième siècle.
Après, cinq siècles de silence et d’apparente disparition, ce christianisme retournait à l’oubli, apparemment de manière définitive.

Seconde résurgence du catharisme ?

Le catharisme, comme toute philosophie – c’est à dire comme n’importe quelle idée – ne peut mourir au prétexte que ceux qui l’ont porté au plus haut sont morts. Il suffit qu’une seule personne s’y intéresse pour qu’il reprenne de la vigueur.
Mais, comme les cathares avaient fait évoluer le marcionnisme pour l’adapter à leur époque, le catharisme d’aujourd’hui ne peut faire l’économie d’un travail d’adaptation qui, tout en privilégiant le respect de la doctrine chrétienne fondamentale – telle que l’avait théorisée les cathares médiévaux -, permette de tenir compte des particularités et des connaissances de notre siècle.
Contrairement à la plupart des autres christianismes et à de nombreuses religions, le catharisme n’est pas dogmatique. Sa doctrine doit donc évoluer avec les hommes qui la portent dans le respect des fondamentaux doctrinaux qui en ont fait la validité et la puissance spirituelle.

Comment faire évoluer le catharisme aujourd’hui ?

Ce site et ses forums ont donc pour objectif d’informer sur ce qu’était le catharisme médiéval, sur ses origines et les modes de pensée qu’il a côtoyé, aussi bien aux origines chrétiennes qu’au Moyen Âge, mais il veut aussi être un laboratoire où les personnes attirées par la philosophie cathare ou en chemin vers la religion elle-même puissent travailler à son renouveau.
Ce christianisme nouvellement réapparu, cinq siècles après la disparition officielle des derniers cathares européens, est désormais en phase de structuration et d’organisation.
Certes, n’étant pas en mesure ni en volonté d’imposer un quelconque dogme, il est victime d’accaparements par des intérêts mercantiles et des égarements pseudo-ésotériques qui n’ont rien compris de son message.
C’est donc à chacun de se donner les moyens de s’informer complètement avant de choisir sa voie, afin de ne pas s’égarer dans ses choix entre le bon grain et l’ivraie.

Éric Delmas, 13 mai 2008.

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