2-Le catharisme dans le monde

Croyant cathare aujourd’hui

2-3-Le catharisme au quotidien
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Croyant cathare aujourd’hui

L’étude des témoignages devant l’Inquisition nous permet de tracer le portrait de ce qu’était un croyant cathare au Moyen Âge. Ces personnes étaient littéralement transcendées par leur foi, mais leur mondanité dominait encore leur approche du monde et leurs comportements s’en ressentaient.Read more

La justice, la vengeance, etc.

2-3-Le catharisme au quotidien
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La justice, la vengeance, etc.

La justice et la vengeance ne sont pas des termes courants en catharisme qui préfère mettre en avant la Bienveillance. Pour autant, comme nous vivons dans ce monde, il semble utile de s’y intéresser afin de voir ce qu’ils recouvrent et comment ils sont compris et utilisés.

Dans la mythologie grecque, la déesse associée à la justice est Thémis, déesse de la justice de la loi et de l’équité est la fille d’Ouranos et de Gaia, ce qui fait d’elle la tante de Zeus. Elle serait aussi la mère de Prométhée qui offrit le feu aux hommes. Celle qui est associée à la vengeance est Némésis que Zeus aurait séduite par ruse en se transformant en cygne quand elle-même se cachait sous l’apparence d’une oie sauvage. De cette union forcée serait née Hélène, future femme de Pâris, fils de Priam le roi de Troie et cause de la guerre entre les cités grecques et cette ville que nous relate Homère dans l’Iliade.

La justice

Il est difficile de définir la justice, car elle dépend de paramètres variables : la loi, l’équité, etc. qui changent selon les peuples et les époques. Mais de nos jours, la justice est bien plus qu’un concept. C’est aussi un outil social qui vise à maintenir la cohésion sociale en empêchant chacun d’appliquer ses propres règles.

Le problème de la justice de nos jours est de maintenir le sentiment d’équité au sein de la population qui passe son temps à modifier les équilibres de façon à mettre en avant certains éléments, quitte à leur accorder plus d’importance qu’à d’autres, ce qui constitue de fait une rupture d’équité. Ainsi, la justice vise à faire appliquer la loi qui définit ce qui est autorisé et ce qui est interdit, de façon directement exprimée ou de façon tacite, de manière à éviter que certains individus ne créent des ruptures d’équité.

Qu’est-ce que l’équité ?

Naturellement l’équité est censée être une situation d’équilibre entre les individus qui leur garantit un traitement impartial et égalitaire. Mais, face au constat que notre société développe des attitudes discriminatoires, l’équité est aussi considérée comme une rupture volontaire de cet équilibre envers les personnes discriminées, afin de leur offrir une sorte de compensation. Dès lors qu’une discrimination est identifiée : ethnique, sexuelle, religieuse, sociale, sanitaire, etc. la justice la reconnaît et adapte son appréciation des dommages infligés à ces individus pour leur accorder une meilleure compensation qu’elle ne l’aurait fait s’ils n’appartenaient pas à une catégorie discriminée.

Donc, l’équité est une volonté de la justice qui ne peut être atteinte qu’en essayant de modifier l’appréciation faite des individus au risque d’introduire volontairement une iniquité calculée. L’équité est donc une sorte de vœu pieux impossible à atteindre en ce moment pétri d’iniquité.

Qu’est-ce que la loi ?

La loi est une règle établie par une autorité souveraine de façon à organiser la vie des membres qu’elle a la charge d’administrer. Pour que cette loi puisse être considérée comme relevant de la justice, elle doit veiller à l’équité entre ses administrés. La loi ne prend pas en compte les individus, mais ne s’occupe que de l’ensemble de la population, voire à la rigueur, certains groupes sociaux.

Mais la loi ne s’occupe pas forcément de justice. Elle fixe des règles par lesquelles elle exprime des choix — qui seront mis en avant dans les décisions de justice —, comme étant forcément estimés justes et équitables. Malheureusement, la loi ne parvient jamais à faire rimer obligations et équité. Dans les démocraties, ce sont les représentants désignés par le peuple qui définissent les lois. La loi fixe également les sanctions applicables à ceux qui ne respectent pas les lois et les compensations destinées à ceux qu’un non-respect de la loi aurait lésés.

Les défauts de la justice

Ce qui pose problème avec la justice c’est qu’elle ne parvient pas à créer et à maintenir l’équilibre, c’est-à-dire l’équité entre les personnes qu’elle prétend concerner. En effet, comme dans tout système dit en équilibre, elle doit compenser les troubles qui se produisent obligatoirement afin de rétablir un semblant d’équité.

La préoccupation naturelle de la justice devrait donc se limiter à éviter les problèmes quand on peut les anticiper et à en compenser les conséquences pour les victimes quand il n’a pas été possible de les éviter. Cela s’appelle la prévention et la réparation.

Nous voyons bien que cela n’est quasiment pas réalisé dans nos sociétés forcément injustes puisque peuplées d’individus qui ne conçoivent l’équité qu’en fonction de leurs intérêts personnels.

La vengeance

Quand la justice ne peut pas fonctionner la société se rabat sur la vengeance pour donner un sentiment de justice aux victimes. Le cas le mieux connu est celui du code d’Hammurabi, stèle de basalte rédigée par le roi de Babylone (vers 1750 ans avant e. c.) qui fixe une condamnation basée sur les dégâts constatés, appelée loi du talion.

En quoi notre société moderne a-t-elle évoluée par rapport à la loi du talion ? Aujourd’hui on ne crève pas l’œil de celui qui a éborgné son voisin et on ne tue plus celui qui a tué. La règle est la compensation, souvent financière, du préjudice infligé et l’exclusion sociale par l’emprisonnement quand l’infraction est jugée de nature à mettre la société en danger. Mais quand la compensation n’est pas possible. Bizarrement, quand la victime ne peut plus être indemnisée des dommages qui lui ont été infligés, c’est la société qui prétend s’en arroger le bénéfice, voire les ayants droit de la victime. En quoi est-ce juste ? Cela relève plus de la vengeance que de la justice. Au Moyen Âge l’Inquisition condamnait les personnes suspectes de soutien au catharisme à effectuer des pèlerinages dans des lieux saints catholiques, non pas pour compenser qui que ce soit, mais pour ruiner les condamnés en raison des frais fort élevés qu’occasionnaient ces voyages.

La vengeance se place au niveau du plan de conscience de celui qui se considère comme lésé, mais pas forcément dans l’intérêt de justice de la société. L’exemple le plus évident est le désir de voir un délinquant passer en procès et être condamné, même si cela n’aura aucun effet, ni pour lui ni pour sa victime, notamment si elle est morte. On retrouve ici le concept de victime émissaire qui permet au groupe de mettre un terme au conflit mimétique causé par l’infraction commise. Quand un délinquant agit en raison d’une maladie psychiatrique qui le prive de discernement, le juger et le condamner officiellement n’aura aucun effet sur lui, voire sur sa victime si elle est morte. Mais, régulièrement, la population s’insurge que la loi a prévu de ne pas juger les « fous ». C’est donc bien la société qui réclame vengeance au lieu de rechercher la justice qui voudrait que pour rétablir l’équité on cherche des moyens de prévention de nature à empêcher la réédition d’un tel acte. C’est à la fois l’expression d’un désir primal et le constat d’échec de notre système sociétal.

Tenter de remettre de l’équilibre dans le monde

En fait, ce qui est régulièrement visible dans notre société, c’est le besoin que nous ressentons à formaliser nos souffrances et à mettre en œuvre des mesures compensatrices, y compris si elles sont totalement dénuées de sens. Cela est vrai lorsqu’un proche décède et que nous organisons ses funérailles. Le défunt n’en a rien à faire, mais ce sont les proches et parfois la société qui en ont besoin. En matière de justice les choses sont comparables. Quand la victime est décédée la compensation n’est plus possible, mais la société réclame vengeance et la peine vise à stigmatiser le coupable au-delà du temps d’exclusion qui lui est imposé. Le concept d’avoir payé sa dette à la société est purement verbal. En réalité, la société crée une discrimination volontaire envers le coupable qui a pour objet de lui rendre le reste de sa vie plus difficile qu’elle ne l’est pour les autres.

Pourquoi un tel choix ? La raison en est simple ; dans ce monde où le Mal domine, la société ne sait comment faire pour établir l’équité et la loi.

La prévention

Pour maintenir l’équité, la prévention est sans doute le meilleur outil. En supprimant les causes d’inégalité entre les membres d’une même communauté, on évite l’apparition du désir mimétique et donc les germes du conflit à venir. Mais les causes d’inégalité sont nombreuses et variées. Cela concerne le statut social, les capacités de réalisation de vie (sociale, familiale, professionnelle), l’état de santé, sans oublier le stress lié à une mémoire affectée (injustices ethniques, religieuses, etc.).

Cela confine à l’impossible dans un monde où l’esprit d’appartenance égalitaire n’est pas génétiquement acquis. C’est pour cela que la loi prévoit des compensations préalables au jugement en créant des discriminations positives vis-à-vis des victimes d’infractions ayant eu pour motivation un état d’inégalité. Mais ces compensations ne règlent pas la situation d’inégalité, surtout que celle-ci évolue d’une personne à une autre selon les lieux et les époques.

La compensation

La compensation est elle aussi impossible à assurer, car la plupart du temps, le sentiment de préjudice va varier d’une personne à une autre. En outre, quand la victime n’est plus là pour réclamer la compensation de son dol, la société l’exige néanmoins pour se rassurer sur son idée de la justice.

En outre la compensation est difficile quand le préjudice ne peut être compensé. La perte d’un œil ne se chiffre pas normalement. La perte de chance non plus ; ce qui est perdu ne peut être récupéré.

La justice ne semble pas possible en ce monde et c’est sans doute pour cela que sa représentation symbolique met en avant les trois éléments qui la caractérisent :

  • La balance où elle devrait mettre en équilibre le monde pour viser à l’équité ;
  • Le bandeau qui l’aveugle et qui montre son impuissance à faire son office ;
  • L’épée qui lui sert à exercer la vengeance faute d’avoir pu éviter les crimes.

Cet aveu d’impuissance devrait nous rendre modestes et humbles quand nous nous laissons aller à réclamer justice, c’est-à-dire en fait vengeance, en oubliant combien nous sommes tous des délinquants quotidiens dans presque tous les actes de notre vie.

Et le catharisme dans tout cela ?

Pour les cathares, la justice n’est qu’un pis-aller visant à limiter partiellement les méfaits de ce monde malin. C’est aussi un outil de gouvernance et c’est pour cela qu’ils suivent Marcion de Sinope qui définit le démiurge comme un dieu juste par opposition au principe du Bien qu’ils appellent le Dieu bon.

Forcément, s’ils veillent à ne pas s’opposer aux obligations légales qui leur sont soumises, ils ne comptent en aucune façon sur la justice pour les aider dans leur cheminement. Bien au contraire, c’est souvent au nom de la justice qu’ils savent être pourchassés et tués.

Aujourd’hui, nous respectons les lois de ce monde tant que nous y sommes maintenus, à l’exception de situations particulières qui pourraient nous obliger à trahir nos fondamentaux doctrinaux, comme la participation à des actions violentes. Nous n’attendons rien de ce monde, car nous ne recherchons pas la justice. Ce que nous recherchons c’est la Bienveillance et le salut.

La justice de ce monde ne saurait donc nous concerner en rien.

Guilhem de Carcassonne le 26 avril 2021

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La prison idéale

2-2-Cosmogonie & Mythes
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La prison idéale

Ainsi que j’en discutais avec un ami, la plupart des gens sont victimes d’un phénomène d’autant plus terrible qu’il ne le perçoivent pas. En effet, la prison mondaine qui nous contraint n’est pas visible et n’est pas ressentie par la quasi-totalité de la population. C’est la prison idéale que celle dont le prisonnier ignore l’existence !

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Pourquoi l’éveil est-il difficile ?

2-3-Le catharisme au quotidien
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Pourquoi l’éveil est-il difficile ?

Si je n’ai pas créé le concept de la parabole, j’en saisi totalement l’intérêt pour rendre accessibles à tous des concepts qui, s’ils étaient directement exprimés depuis ce qu’ils sont dans ma tête, seraient totalement incompréhensibles.
Aussi vais-je vous parler d’un point crucial, qui est à mon avis la cause principale de l’échec dans leur avancement des sympathisants, déterminant dans le passage au statut de croyant : l’éveil.

La victoire du Malin

Quand le Malin fit tomber dans la fange de sa création les esprits saints de l’empyrée céleste, il mit au point la plus extraordinaire supercherie possible. Cela a-t-il marché ? Jugez vous-même ; cela fait des centaines de milliers d’années que cette escroquerie perdure en étant à peine écornée par quelques résistants qui ont su la révéler, sans que les autres victimes ne les croient.

Mais quelle est cette escroquerie si extraordinaire ?
Elle consiste dans le fait de prendre des entités spirituelles, de leur faire oublier leur origine céleste, de leur imposer un univers mondain et de les convaincre que cet univers est, non seulement unique, mais aussi le meilleur monde dont elles peuvent rêver. En clair emprisonner quelqu’un en lui faisant oublier son état de prisonnier et en lui faisant confondre sa prison avec le paradis.

Dans un de ses derniers livres, Jean d’Ormesson dit : « Le présent est une prison sans barreaux, un filet invisible, sans odeur et sans masse, qui nous enveloppe de partout. »
Bien entendu, je partage cet avis, mais je l’étend à tous les temps du monde et non seulement au présent.
Comme je ne suis pas certain que cet auteur soit accessible à tous, je vais aller chercher ma parabole dans le monde du cinéma. Connaissez-vous le film américain : The Truman show ? Ce « spectacle Truman » nous conte l’histoire d’un agent d’assurance, Truman Burbank, marié à une gentille infirmière, Meryl, qui vit dans une petite ville américaine campagnarde, Seahaven, entouré de toute une population très sympathique. Les besoins de ce citoyen étant comblés en tous points, il ne lui vient même pas à l’esprit de s’interroger sur cette situation. Les choses se gâtent quand il aura envie de quitter ce cocon douillet pour explorer le monde, car il découvrira alors que cela est impossible : les routes reviennent toutes au centre-ville et le grand lac s’avère difficile à naviguer à l’approche de l’horizon. En fait, ce que ne sait pas Truman, c’est qu’il est depuis sa naissance le sujet principal d’une émission de télé-réalité ; que le monde qui l’entoure est factice et constitue un immense plateau de télévision fonctionnant en permanence, et que sa femme, ses amis, ses voisins sont des acteurs.

Voilà comment le Malin nous tient prisonnier : il nous a convaincus que nous étions ici de notre propre initiative et qu’il n’y a rien d’autre.

Sommes-nous des victimes innocentes ?

Vous vous dites que ce pauvre Truman est une innocente victime. C’est vrai, jusqu’au moment où il commence à avoir des doutes. Nous sommes donc nous-mêmes innocents de la farce que nous joue le Malin. Oui, mais à une seule condition. Celle de n’avoir jamais eu le plus petit doute sur le fait d’avoir été trompé par le Mal. Par contre, quand Truman constate que quelque chose ne tourne pas rond, il ne se retient pas de chercher à comprendre et, quand il comprend ce qui se passe, il ne retourne pas gentiment à cette vie idéale qui ne présente aucun risque pour lui et qui ne lui impose aucune contrainte excessive. Non, il choisit de savoir et de vivre libre quel qu’en soit le prix.

La victime n’est innocente qu’à deux conditions. Soit elle ignore être victime, comme le décrit Jean d’Ormesson, soit elle le sait et elle lutte, avec ou sans réussite, pour échapper à sa prison, comme le fait Truman.
Une victime qui accepte sa condition pour ne pas prendre de risque ou parce qu’elle pense que la liberté sera moins confortable que la captivité n’est plus vraiment une victime à proprement parler. Cette situation débute dès l’instant où le moindre doute s’insinue en nous. En effet, si à ce moment nous ne cherchons pas à comprendre la situation, nous devenons complices de notre geôlier. Ce point est essentiel. En effet, comme dans la caverne de Platon , si nous entrevoyons une faiblesse dans le roman bâti pour nous leurrer et que nous ne cherchons pas à approfondir cette information, nous devenons complices par lâcheté.

Comme Truman, nous devons chercher à comprendre si la vie qui se déroule devant nous est cohérente ou pas. Pour cela nous devons passer au crible toutes les informations disponibles et nous devons apprendre à les étudier de façon à ne plus nous laisser manipuler et berner par un système culturel taillé pour cela.

À partir de là, la vérité va commencer à se dérouler devant nous ; comme Truman nous toucherons le fond du décor au bout du lac et comme l’homme de la caverne nous gravirons le chemin vers la lumière. Il ne manquera pas d’obstacles à notre progression. Les vagues et les conseils apparemment bienveillants d’un côté, la douleur de la progression et l’aveuglement de la lumière de l’autre. Les bonnes raisons d’abandonner ne manqueront pas et si nous renonçons les éloges et les récompenses pleuvront, alors que si nous persistons ce sont les avanies et les injures qui seront notre lot.
Mais si nous abandonnons, nous serons notre propre geôlier et nous perdons tout droit à nous plaindre et à rêver d’un avenir meilleur.

Et si la vérité était pire que le mensonge ?

Quand vous étiez enfant peut-être avez-vous eu l’occasion d’entrer dans la cuisine familiale pendant que votre mère (à mon époque c’était surtout elle) préparait une tarte au citron. Si vous goûtiez un peu de farine, de blanc d’œuf ou de citron, vous faisiez la grimace tant ces mets offraient peu de satisfaction gustative. Aussi quelle n’était pas votre surprise, si en dévorant une part de cette tarte meringuée dont vous saviez qu’elle était faite de ces trois éléments, vous la trouviez parfaitement délicieuse.
De même que la vérité de la tarte est d’être constituée d’éléments qui, pris individuellement et sans préparation ni cuisson, ont un goût détestable ; de même sa vérité de plat constitué et préparé s’avère être délicieuse. Mais cela, une personne n’ayant jamais eu connaissance de ce que sont la pâtisserie et la tarte au citron ne peut pas le dire.
De même, quand on découvre que l’on nous ment, il est cohérent d’imaginer que c’est pour nous cacher quelque chose. Si ceux qui nous mentent semblent bienveillants, il est logique de penser que ce qui nous est caché est mauvais et que le découvrir nous fera souffrir. Si notre état actuel est satisfaisant, pourquoi lâcher la proie pour l’ombre et s’engager dans un voyage sans retour vers une vérité désagréable ? Comme Nemo dans Matrix® , ce qui pousse à prendre ce risque c’est l’espoir. Or, l’espoir est d’autant plus fort que la situation actuelle est difficile. Mais, le monde moderne a créé un système qui ferme la porte à cet espoir et le redirige vers lui-même. Au lieu de laisser espérer en un monde meilleur, on vous explique que dans ce monde vous pouvez changer de position, soit par votre travail (le rêve américain), soit par l’héritage (l’oncle d’Amérique), soit par la chance (loterie, paris, etc.). Du coup, l’espoir placé dans la spiritualité disparaît petit à petit ; les gens préférant un espoir à court terme à un espoir plus tardif.

Le mensonge ne peut pas faire le bonheur

Le mensonge induit par ce faux espoir ne fait que retarder le moment où chacun devra faire son introspection et s’apercevra que le chemin du bonheur mondain est une voie sans issue. Le seul bonheur est de pouvoir retourner à son état initial au sein de l’Esprit unique. Et pour cela il faut faire le chemin complet qui va de l’éveil à la prise de conscience de son état de pécheur, de la conscience à la contrition et de la contrition à l’amende honorable en vue de l’accès au salut.

Nous savons tous que la voie cathare est, sans doute, l’une des plus ardues qui existent pour s’approcher du salut. Pourtant les cathares disaient que nous serons tous sauvés. Alors pourquoi se donner tant de mal ? La raison en est toute simple et lève clairement cette apparente contradiction. Plus nous tardons à nous arracher à ce monde, plus l’effort nécessaire sera difficile et le résultat incertain. Il ne faut donc pas gâcher la chance que nous donne l’éveil en remettant à demain la décision d’agir pour notre salut.

C’est pourquoi nous devons abandonner la voie du mensonge et agir au mieux pour mériter la grâce du père en cette incarnation. La voie cathare nous paraît offrir les meilleures chances d’être dans la justice et la vérité jusqu’à l’instant ultime, car elle ne laisse rien au hasard et ne s’autorise aucune licence dans l’effort en vue du salut. Certes, celui ou celle qui va s’éveiller à la voie cathare va devoir fournir plus d’efforts, passer par plus de difficultés et subir les plus gros doutes quant à son succès, mais s’il surmonte cela il aura sans doute les meilleures conditions possibles pour aller au bout du chemin.

Par contre, si l’éveil nous touche et que nous tergiversons pour commencer la route, nous jetons aux orties cette chance exceptionnelle que l’Esprit nous a donnée. Nous sommes victimes du Malin, mais l’éveil nous a donné les clefs de la cellule et le plan vers la sortie de la prison. Ne pas s’en servir est pire que de ne pas les avoir reçus.
À chacun d’interroger sa conscience pour savoir s’il se sent éveillé et, si oui, que faire pour mettre à profit cet avantage unique qui nous est donné contre la volonté du Mal.

Guilhem de Carcassonne, le 17/01/2021.

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