2-4-Le monde vu par le catharisme

À l’épreuve des faits

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À l’épreuve des faits

Le recul des compétences naturelles

Il est encore beaucoup trop tôt pour se lancer dans de grandes analyses, mais il me semble intéressant de proposer quelques pistes de réflexion à tout un chacun.

Les événements actuels nous ramènent à des considérations sur la nature humaine et sur les concepts souvent abscons de la philosophie et de la religion que nous avons oubliées depuis longtemps… trop longtemps.

L’être humain moderne est fragile, très fragile, mais il n’en a pas conscience. Aux débuts de l’humanité, c’est en prenant conscience de sa fragilité que l’être humain a fait des choix qui lui ont permis de survivre dans un environnement hostile en faisant usage de capacités pourtant peu adaptées aux difficultés rencontrées.

Se couvrir d’une peau de bête pour compenser une toison trop fragile, se regrouper en nombre suffisant pour optimiser la recherche de nourriture et améliorer la défense contre les prédateurs, fabriquer des objets manufacturés pour compenser l’absence de griffes et de crocs suffisamment puissants, se tenir debout pour voir l’environnement faute de disposer d’une ouie et d’un odorat efficaces, sont des moyens qui nous ont permis de survivre et de dépasser les autres espèces. Mais, en même temps cela a permis à un animal peu adapté de prospérer quand la règle naturelle est la survie du plus fort, du plus adapté et du plus à même de supporter des changements brutaux.

Plus nous avons amélioré notre environnement, pour le rendre conforme aux besoins de notre fragilité, plus nous avons conforté un statut anti-naturel. En outre, nous avons également modifié l’environnement qui s’est fragilisé et nous avons aboli les frontières naturelles qui permettaient de développer la diversité des espèces animales et végétales garantie d’évolution. En effet, si les continents étaient restés soudés comme au temps de la Pangée, les modèles auraient été bien moins nombreux et seules deux ou trois espèces de prédateurs auraient subsisté, de même de la flore aurait vu sa diversité fortement diminuer et aurait entraîné une raréfaction des espèces herbivores. Or, cette diversité nous l’avons supprimée par la mondialisation des transports et des échanges. C’est pour cela que des espèces endémiques se sont étendues à tous les continents et on supplanté des espèces locales moins bien préparées à leur résister. Il en résulte une diversification des maladies qui s’étendent et qui peuvent tester leur capacité à toucher plus ou moins d’êtres vivants sur l’ensemble de la planète et dans la diversité des climats.

L’extension, la mondialisation biologique, le recours systématique à la technologie pour résoudre les problèmes, nous ont conduits à une impasse. Mais ce n’est pas obligatoirement le plus grave.

L’individualisme, prélude à l’extinction

Quand l’homme se savait faible face au monde, il a eu l’excellente idée de se regrouper en systèmes plus complexes. Certes, comme nous l’a très bien montré René Girard, cela a provoqué des problèmes, mais cela a permis l’évolution de notre espèce qui aurait sans aucun doute disparu sans ce choix essentiel.

Le regroupement permet d’améliorer la protection de chacun par la démonstration de force, comme ces poissons qui dans les océans nagent en bancs serrés pour dissuader les prédateurs. Il permet aussi d’améliorer la recherche de ressources alimentaires. Avant ces regroupements les hommes étaient des cueilleurs de baies et de racines et, quand la chance était avec eux, ils pouvaient trouver un animal mort pour améliorer leur ordinaire. Avec le regroupement, le piégeage d’animaux plus gros est devenu possible et, une fois l’animal pris au piège, on le tuait à coup de pierre. Le regroupement facilité le partage d’idées et d’expériences qui débouche sur des choix comportementaux et sur des inventions qui améliorent grandement la vie.

L’individualisme n’a pas sa place dans la nature. On le voit chez de nombreuses espèces, l’animal malade ou trop vieux est exclu du groupe, ou s’exclut de lui-même, pour vivre une existence aussi solitaire que courte. Même les animaux apparemment solitaires pour des raisons de territoires nécessaires à la recherche de proies, se regroupent régulièrement.

Mais l’homme a inventé l’individualisme à partir du moment où il s’est rendu compte qu’il pourrait toujours trouver ce qu’il ne pouvait pas produire et se l’accaparer grâce aux échanges commerciaux. En fait l’individualisme est l’enfant de la civilisation.

Comme dans une pyramide des âges, l’élévation dans la chaîne alimentaire, que procure l’intelligence supérieure de l’homme, lui a également créé un handicap majeur et mortel. En effet, plus il s’élève et plus il s’isole. Or, plus on s’isole et plus on perd l’avantage de l’expérience et des inventions des autres. Les dinosaures dominaient la planète, mais ne vivaient qu’à sa surface quand de nombreuses espèces alternaient la vie en surface et en sous-sol. Quand est survenu l’accident que l’on sait, la vie en surface est devenue impossible pendant une longue période. Du coup les petits animaux qui ont su se mettre à l’abri ont survécu et les dinosaures qui en étaient incapables ont disparu.

L’homme, dinosaure moderne, est dans la même situation. Incapable subvenir individuellement à tous ses besoins, il ne peut survivre qu’à condition qu’un groupe structuré lui apporte ce qui lui est nécessaire en échange de ses propres apports. Mais l’argent est venu modifier sensiblement cette équation plutôt vertueuse. Initialement destiné à simplifier le troc de produits et services utiles contre d’autres tout aussi essentiel, il est devenu petit à petit un produit en soi. Or, l’argent ne se mange pas, on ne peut s’en vêtir, il ne permet aucune défense ni n’aide à se protéger de l’environnement. L’argent n’est utile qu’autant que l’on trouve quelqu’un qui souhaite se l’approprier en se délestant des éléments essentiels dont nous avons besoin.

L’immense majorité des hommes est ainsi devenue incapable de s’auto-suffire et ne compte que sur la bonne volonté de nombreux autres pour y parvenir. Ce n’est pas de la solidarité, c’est de la dépendance. On le voit, dès qu’un élément jugé essentiel vient à manquer, ceux qui en disposent ne le mettent pas au profit de ceux qui en manquent : ils se contentent de les exploiter en en rendant l’accès beaucoup plus cher ! L’individualiste ne réfléchit pas plus loin que le bout de son nez.

Celui qui se procure de façon illégitime des masques isolants, pour essayer de les revendre à prix d’or, pense à son profit immédiat, mais il ne se demande pas ce qui pourrait lui arriver si son comportement abouti à une extension de la maladie dont il finira par être lui-même victime !

Quand vous mettez des rats dans un environnement riche en nourriture, ils se reproduisent rapidement pour s’étendre, mais si vous restreignez brutalement la nourriture, ils tuent les plus faibles pour adapter leur population aux ressources. C’est brutal, mais terriblement efficace. Pas étonnant qu’ils aient survécu à tant de catastrophes qui nous ont décimées.

La vision de l’avenir

L’individualisme empêche de se projeter dans l’avenir pour anticiper les catastrophes annoncées. Comme l’instinct de survie fait perdre toute cohérence aux comportements et conduit parfois à un résultat pire que le danger initial, comme les moutons qui se jettent d’une falaise pour échapper à un prédateur, l’individualisme pousse ses adeptes à nier les risques à venir au profit d’un avantage mineur immédiat.

Pourtant à quoi sert-il de gagner facilement de l’argent tout de suite si je dois mourir bientôt d’une maladie que mon comportement aura permis de se diffuser plus largement, y compris jusqu’à moi ?

La vision de l’avenir n’est pas de voir loin, mais de voir globalement. En haut de la pyramide on voit loin, mais on ne voit pas la globalité de ce que l’on domine. Du coup, les messages d’alerte nous échappent et la vision lointaine ne sera jamais réalisée car nous serons tombés avant de l’atteindre.

La vision de l’avenir développe la réflexion, la cohérence et la logique. Ces trois qualités sont essentielles à la survie. Elles évitent la panique face à un événement immédiat, mais permettent de l’analyser et d’y trouver une solution qui n’entraîne pas des conséquences encore plus néfastes. Elles permettent de comprendre en quoi un comportement actuel peut donner lieu à une catastrophe non encore réalisée. Elles donnent des orientations visant à améliorer durablement l’évolution de l’espèce.

Or l’humanité a toujours fait exactement le contraire. Nous sommes comme les habitants de l’île de Pâques, plus préoccupés de manifester leur supériorité sur les autres tribus plutôt que de préserver l’écosystème qui assurait leur survie. On connaît le résultat. Sauf que nous avons globalisé ce comportement à l’échelle de la planète. Or, nous n’avons pas de base de repli en cas de catastrophe.

La vision de l’avenir est de savoir rester humble face à un environnement qui nous dépasse de loin. Mais l’homme, conscient à l’extrême de son extraordinaire évolution, ne supporte pas l’idée qu’il ne soit pas le dieu de la terre. Donc, ignorant ce qui le dépasse, il prétend au contraire le contrôler. Mais on ne contrôle pas ce que l’on ne maîtrise pas. Du coup, l’homme méprise ce qu’il ne maîtrise pas jusqu’à ce qu’il réussisse à le contrôler et là, au lieu d’admirer sa découverte, il casse son jouet trop fier d’avoir su être le plus fort.

Mais la nature est patiente ! Elle sait faire le dos rond, comme le roseau de la fable, et attendre des jours meilleurs. Comme le prisonnier qui scrute ses gardiens jour après jour, la nature attend patiemment de découvrir nos failles et elle les exploite pour se protéger de nos agissements à son encontre. Il est quand même amusant que personne ne se soit interrogé sérieusement sur quelques phénomènes inquiétant. Par exemple, plus le niveau de vie s’élève et augmente la durée de vie, plus la fertilité diminue. Au lieu de chercher des alternatives à la procréation naturelle, ne pourrions-nous pas nous interroger sur ce phénomène ? Plus nous créons des outils pour nous faciliter la vie, plus leur fonctionnement dégrade notre environnement et nous promet une vie future plus difficile. Ne pourrions-nous pas, au lieu d’empiler les technologies pour que chaque niveau tente de compenser les défauts du précédent, essayer de trouver un juste équilibre entre avantage et inconvénients ?

Changer ou disparaître

Notre avenir va se jouer à l’épreuve des faits.

Si nous ne revenons pas à nos fondamentaux d’une vie plus harmonieuse avec son environnement, d’une solidarité active basée sur le bien-être général au lieu de l’accumulation de produits incapables de nous aider directement, nous allons à l’extinction rapide de notre espèce. Cela ne fait qu’un petit million d’années que notre espèce (Homo) est sur terre et nous entrevoyons déjà notre fin.

Aujourd’hui un virus relativement peu destructeur nous met en panique, faute d’avoir la capacité à réagir intelligemment collectivement. Demain, imaginez-en un autre, avec la mortalité d’Ébola (+ de 50%). Non seulement sa croissance exponentielle exposerait à une mort rapide plus de la moitié de la population, mais la désorganisation liée à l’individualisme conduirait la plupart des autres à la mort par incapacité à s’adapter au phénomène. Et, le nombre restant sera trop faible pour survivre longtemps. Au total, un seul petit virus pourrait nous effacer de cette planète à cause de notre attitude et non pas en raison de sa virulence réelle.

On le voit aujourd’hui. Pour des raisons strictement économiques — c’est-à-dire dans le simple but d’économiser ou de gagner de l’argent — les pays se sont réorganisés en se spécialisant. Les uns consomment, les autres produisent. Mais il suffit de les producteurs se voient obligés de stopper leur production et les consommateurs sont impactés à leur tour. Imaginez que chaque pays produise et consomme ce dont il a besoin. Les échanges seraient beaucoup plus faibles et ne toucheraient que des produits très spécifiques non essentiels. Du coup quand un pays se trouve impacté par un problème sanitaire ou physique, les autres conservent leurs capacités intrinsèques et peuvent manifester leur solidarité au pays concerné. La perte d’un maillon de ce type de chaîne n’entraîne pas la rupture de toute la chaîne. Certes cela aurait comme conséquence de mettre au chômage les spéculateurs et les intermédiaires qui gèrent des produits fabriqués par les uns et consommés par les autres sans jamais avoir eu à faire quoi que ce soit d’autre que de prélever leur bénéfice au passage. Mais pour produire localement, il faut plus de bras dans les champs et dans les entreprises. Ils pourraient facilement trouver du travail dont la finalité leur apparaîtrait enfin.

Nous n’avons pas beaucoup de temps pour changer ou disparaître.

Éric Delmas – 20/03/2020

Le merchandising du Catharisme va de pair avec sa négation

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Le merchandising du catharisme va de pair avec sa négation

Quand le commerce de masse prend le pas sur l’éducation culturelle

Une manne financière qui dérape

Le département de l’Aude, qui était sinistré sur le plan industriel et commercial voici quelques décennies, s’est auto-attribué le titre ronflant de Pays cathare, il ne l’a pas fait par un désir de promotion de l’aspect culturel d’une période de son histoire. Non, cela relevait simplement d’une démarche politique visant à attirer la manne commerciale touristique, suite à l’engouement du public attiré par la médiatisation du catharisme à travers une émission de télévision historique des années soixante et à un ouvrage de Michel Roquebert, mettant en avant les châteaux audois.

Mais le catharisme n’est pas un « produit commercial » comme un autre.

Cet engouement touristique a provoqué un regain d’intérêt pour les événements qui se sont déroulés dans la région au Moyen Âge

Malheureusement, ses promoteurs avaient oublié que cet engouement populaire allait forcément réactiver celui des chercheurs désireux de mieux connaître ce phénomène cathare.

Une figure locale de grande renommée, René Nelli, obtint en 1983 l’ouverture d’un centre de recherche moderne et efficace, confié à l’archiviste paléographe Anne Brenon, dont la réputation de chercheuse n’est plus à faire. Malgré le décès rapide de René Nelli, ce centre travailla efficacement à la mise en exergue d’une connaissance du catharisme que l’historien Jean Duvernoy avait enfin débarrassé des vieilles lunes augustiniennes de manichéisme pour lui redonner sa place de christianisme authentique.

Une reprise en main énergique

Mais cela commença à faire grincer quelques dents. Anne Brenon, poussée vers la porte, fut remplacée par Pilar Jimenez — peut-être jugée moins gênante en raison de ses attaches universitaires et de son approche plus « nuancée » du sujet. Malgré tout, l’intérêt de chercheurs sérieux pour ce sujet était insupportable. Madame Jimenez fut remerciée et le nouveau directeur, Nicolas Gouzy, se vit intimer la mission de se limiter à la « vulgarisation » du catharisme à l’intention du grand public. Là encore, cela dû sembler insuffisant et une campagne d’extinction de la recherche scientifique sur le sujet se mit en marche.
La bibliothèque d’études, située au-dessus du musée de la ville, ferma pour une restructuration qui s’éternise tant que les archives stockées dans un village proche de Carcassonne risquent de ne pas revoir le jour de si tôt, et le financement du Centre d’études cathares fut tellement réduit que ce dernier se retrouva en faillite. Les archives, un temps menacées de vente à l’encan, furent transférées pour partie aux Archives départementales — où les répertoires n’en font toujours pas mention —, ce qui n’empêche pas d’en retrouver régulièrement sur les étals des bouquinistes de Montolieu, le village du livre tout proche.

Ainsi, tout semblait être rentré dans l’ordre. Le catharisme, largement dévalorisé par une surexploitation touristique associée à une démarche d’acculturation menée à marche forcée, est si peu identifié par les visiteurs de la cité médiévale que beaucoup ne savent même pas le lien entre les deux.

Les récentes décisions prises au niveau national visant à dévaloriser le métier de guide touristique en autorisant des personnes n’ayant pas le niveau de formation requis (Master de niveau 2) et donc, bien entendu, pas le niveau culturel minimum espéré, à effectuer des visites guidées, participe clairement à la volonté d’abêtir la population afin de la concentrer sur sa mission économique à grand coup de vente de bonbons, de glaces et de vêtements, tout en la maintenant la plus éloignée possible des centres culturels comme la librairie du château inaccessible pour les nombreux visiteurs qui ne paient pas l’entrée du monument.

Une résistance organisée et active

Malheureusement, quelques trublions sont venus gripper cette machine à vider les cerveaux.

Sous l’impulsion de Jean Duvernoy et Anne Brenon, entre autre, des chercheurs organisèrent des opérations de maintien du niveau culturel en s’entourant de chercheurs internationaux et locaux qui continuèrent à porter haut le flambeau d’une recherche cathare de qualité.

Et cela fonctionna avec l’aide notamment de régions et de villes périphériques, comme Mazamet qui confia à ces chercheurs la mise en place de son musée du Catharisme et accueillit plusieurs colloques de grande qualité.

Quand j’arrivais dans la région c’est cette situation que je découvris et cela me donna envie d’étudier le sujet.

Plus récemment, pour contrebalancer la mort du Centre d’études cathares, Anne Brenon et Pilar Jimenez mirent en place le CIRCAED qui tente de relancer les recherches et qui vient de publier sur Internet le premier numéro de la revue Heresis, ancien organe de diffusion des travaux du centre disparu.

De mon côté, bien plus modestement, j’ai mis en place ce site afin d’essayer de maintenir l’intérêt pour la recherche sur le catharisme et l’association Culture et études cathares que j’ai contribué à créer en 2011 propose désormais aux chercheurs une documentation de plus en plus fournie dont la numérisation, lente mais continue, permet aux plus éloignés d’avoir accès aux documents nécessaires à leurs travaux.

Un négationnisme réactionnel

Mais les vieux ennemis du catharisme ne sont pas que politiques et commerciaux.

La recherche sur le catharisme, longtemps considérée comme secondaire et insignifiante, fut boudée par les chercheurs universitaires dans leur grande majorité. C’est pour cela que les noms devenus célèbres dans ce domaine ne sont pas ceux d’historiens officiels et universitaires mais de personnes aux compétences annexes ou connexes, mais motivées par ce travail. Philosophes et poètes, docteurs en droit et archivistes paléographes se saisirent de ce sujet délaissé et lui redonnèrent ses lettres de noblesse.

Pourtant certains historiens conscients d’avoir laissé passer une occasion de briller voulurent rattraper le train de l’histoire en investissant le sujet. Seulement, comment exister si l’on se met dans les pas de personnes jugées moins aptes et moins brillantes, si ce n’est en s’opposant à elles ?

C’est alors qu’est née l’idée d’une « déconstruction » de l’histoire du catharisme. Malheureusement pour ses promoteurs issus d’universités du sud (Nice, Montpellier et Toulouse), il restait encore suffisamment de personnes compétentes pour répondre à ces théories fumeuses et ridicules. La mort récente de Jean Duvernoy et le retrait progressif des autres grands noms du sujet, permet néanmoins à quelques personnes, appuyées par des groupes plus discrets, notamment issus de certains franges de l’Église catholique, de tenter de discréditer toutes les recherches réalisées sur le catharisme. Certaine presse de vulgarisation leur ouvrant régulièrement ses colonnes tout en écartant les autres points de vue, donne à leur propos un vernis de respectabilité.

J’ai récemment relaté l’attitude de l’évêque de Carcassonne qui, au mépris du Code du commerce, m’avait refusé la location d’une salle de conférence, avait ainsi montré que l’opposition n’est pas seulement politique et universitaire, mais qu’elle relève d’alliances plus diffuses et plus larges. Je dois néanmoins noter la courageuse démarche de l’évêque de Pamiers et du Cousserand qui, à la demande de ses paroissiens à tenu une cérémonie de repentance envers le martyre des victimes du bûcher de 1244 à Montségur en octobre dernier.

Une résistance de tous les moments

La volonté de faire taire tout ce qui peut aider à une meilleure connaissance du sujet cathare est telle qu’elle coagule de nombreuses volontés, auxquelles on peut aussi ajouter des organismes officiels comme le Centre des Monuments Nationaux (CMN) de Carcassonne.

Le dernier épisode presque comique en la matière est mon éviction de la Cité médiévale où j’étais autorisé depuis deux ans à présenter, vendre et dédicacer mon livre Catharisme d’aujourd’hui.
Muni d’une autorisation municipale en bonne et due forme, je présentais mon ouvrage — même si mon activité principale était surtout de parler du catharisme à des visiteurs souvent peu au fait du sujet — à l’entrée principale de la ville médiévale.
Voici deux semaine, le représentant du ministère de la Culture (cela ne s’invente pas), administrateur du CMN, se présenta à moi et m’indiqua que j’exerçais en un lieu interdit, quoique figurant explicitement sur mon autorisation écrite. Prenant contact avec la mairie, je découvrit effectivement que cette dernière était en infraction. Dimanche dernier, je me déplaçais donc sur une zone relevant de son autorité, mais la semaine suivante je reçu une lettre recommandée m’annonçant l’interdiction de poursuivre mon activité. J’ai déjà diffusé cette lettre dont le contenu confine au comique, ainsi que ma réponse qui en relève toutes les incohérences. La presse locale s’en est faite l’écho également.

C’est bien la volonté d’éduquer et de cultiver les connaissances de la population qui est mise en cause. Les activités strictement touristiques et commerciales sont promues et validées par des organismes qui devraient, au contraire, valoriser l’éducation des visiteurs mais qui suivent une politique visant à imposer des notions qui font consensus entre les désirs commerciaux des uns et les souhaits d’amoindrissement des comportements haineux de groupes religieux qui, en leur temps, ont participé à une entreprise monstrueuse dont ils ont encore honte aujourd’hui.

Il va sans dire que du point de vue cathare cela est ridicule, car comment reprocher à nos contemporains des erreurs commises par des personnes agissant en d’autres temps et avec d’autres conceptions du monde ?

Malgré tout, cela nous conforte dans la volonté de poursuivre cette œuvre d’éducation que les responsables nationaux et locaux ne veulent pas assurer et qu’ils combattent autant qu’ils le peuvent.

Pour autant, tout comme il est impossible d’empêcher une idée de renaître, il sera impossible de museler l’information que nous souhaitons diffuser. Il reviendra ensuite à chacun, en son âme et conscience, de s’en saisir ou pas.

Éric Delmas, 29 septembre 2017.

Le catharisme « Canada dry »

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Voici quelques décennies une boisson sans alcool, de couleur brunâtre, avait basé sa publicité sur le slogan « Il a la couleur de l’alcool, mais ce n’est pas de l’alcool. ». Si la boisson n’a pas eu un succès planétaire, le slogan est devenu une sorte de référence et s’est appliqué à de nombreuses situations désirant différencier l’original d’une copie, plus ou moins qualitative.

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Montségur 1244, l’incompréhension spirituelle

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Le 16 mars à Montségur entre 220 et 225 Bons-Chrétiens, dont une bonne vingtaine récemment consolés — c’est-à-dire ayant reçu le baptême d’esprit par imposition des mains — étaient arrachés de ce lieu qui avait été leur dernier refuge pendant le plus long siège qu’a jamais connu la croisade contre les albigeois. Ils sont conduits au pied du pog où ils défilent devant des clercs catholiques qui leur intiment l’ordre de renier leur foi et, suite à leur refus, ils sont conduits devant un vaste enclos cerné de pieux et rempli de paille enflammée dans lequel ils sont contraints de se jeter après avoir gravi de force une courte échelle.

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