Le baptême du Seigneur

Lecture des textes de la liturgie catholique

Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.

Messe dominicale du baptême du Seigneur

1re lecture :

Le livre d’Isaïe : 55, 1-11

1 – Ah ! vous tous qui êtes altérés, venez vers l’eau, même celui qui n’a pas d’argent, venez ! Achetez et buvez, sans argent et sans paiement, du vin et du lait !
2 – Pourquoi dépensez-vous de l’argent pour ce qui n’est pas du pain et peinez-vous pour ce qui ne rassasie pas ? Écoutez-moi bien et mangez ce qui est bon : vous-mêmes vous vous régalerez de mets gras.
3 – Prêtez-moi l’oreille et venez à moi, écoutez et votre âme vivra ! Je conclurai avec vous une alliance perpétuelle, la bienveillance fidèle promise à David.
4 – Voyez : j’en avais fait un témoin pour des clans, un chef qui commande des peuplades, et voici que tu convoqueras une nation que tu ne connais pas et une nation qui ne te connaît pas accourra vers toi, à cause de Iahvé, ton Dieu, et du Saint d’Israël, car il t’a honoré.
6 – Cherchez Iahvé tandis qu’il se laisse trouver, invoquez-le quand il est près.
7 – Que le méchant abandonne sa voie et l’homme inique ses pensées, qu’il revienne vers Iahvé qui aura pitié de lui, vers notre Dieu car il pardonne abondamment.
8 – Mes pensées ne sont pas vos pensées et vos voies ne sont pas mes voies, oracle de Iahvé.
9 – En effet, comme les cieux sont élevés au-dessus de la terre, ainsi mes voies sont élevées au-dessus de vos voies et mes pensées au-dessus de vos pensées.
10 – De même que la pluie et la neige tombent des cieux et ne retournent pas là-bas sans avoir abreuvé la terre, sans l’avoir fait enfanter et donner des pousses, en sorte qu’elle fournisse la semence au semeur et le pain à celui qui mange,
11 – de même ma parole qui sort de ma bouche : elle ne retourne pas à moi sans effet, sans avoir accompli ce que je voulais et réalisé ce pour quoi je l’avais envoyée.

Mon analyse :
Ici il semble que Isaïe veuille rappeler la nécessité de se concentrer sur l’essentiel, tant pour ce qui relève de la nourriture que pour les relations avec Iahvé. On note aussi un rappel de la puissance du Dieu des Juifs qui peut faire et défaire les rois. L’alliance ne vaut que par la soumission du peuple à la loi divine.

Première lettre de Jean : 5, 1-9

1 – Quiconque croit que Jésus est le christ est né de Dieu et quiconque aime l’engendrant aime celui qui en est né.
2 – Nous ne connaissons que nous aimons les enfants de Dieu qu’en aimant Dieu et en pratiquant ses commandements,
3 – car l’amour de Dieu est de garder ses commandements. Et ses commandements ne sont pas lourds,
4 – car tout ce qui est né de Dieu est vainqueur du monde. Et la victoire qui est victorieuse du monde, c’est notre foi.
5 – Qui est vainqueur du monde sinon celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu ?

Mon analyse :
Ces cinq premiers versets sont admissibles par tous les Chrétiens. En commençant ainsi l’auteur cherche à se donner un caractère universel pour mieux fustiger ensuite ceux qu’il ne veut pas reconnaître comme Chrétiens.

6 – Oui, Jésus Christ est venu à travers l’eau et le sang, non dans l’eau seule, mais dans l’eau et dans le sang et c’est l’Esprit qui témoigne, car l’Esprit est vérité.
7 – Ainsi y a-t-il trois témoins :
8 – l’Esprit, l’eau et le sang, et les trois ne font qu’un.
9 – Si nous recevons le témoignage des hommes, le témoignage de Dieu est plus grand, car le témoignage de Dieu a été de témoigner de son Fils.

Mon analyse :
Maintenant il précise que seuls ceux qui croient que Jésus a été baptisé dans l’eau et est mort sur la croix sont de Chrétiens. Cela écarte ceux qui sont favorables à la théorie adoptianiste qui fait de Jésus un homme adopté par Dieu après son baptême. De même ceux qui pensent qu’il est un esprit qui n’est pas mort en chair sur la croix sont rejetés. Donc, tous ceux que l’on qualifiait alors de gnostiques sont rejetés du corps Chrétien. Bien entendu, seuls les Judéo-chrétiens seront sauvés.

Cantique d’Isaïe : 12, 2, 4bcd, 5-6

2 – Voici le Dieu qui me sauve : j’ai confiance, je n’ai plus de crainte. Ma force et mon chant, c’est le Seigneur ; il est pour moi le salut.
4 – Rendez grâce au Seigneur, proclamez son nom, annoncez parmi les peuples ses hauts faits ! Redites-le : « Sublime est son nom ! »
5 – Jouez pour le Seigneur, car il a fait les prodiges que toute la terre connaît.
6 – Jubilez, criez de joie, habitants de Sion, car il est grand au milieu de toi, le Saint d’Israël !

Mon analyse :
Ce texte qui relève des passages chantés de la liturgie ne figure pas dans l’Ancien Testament. Mais il en conserve bien le style, tout en louanges, comme on le voit dans les Psaumes.

Évangile selon Marc : 1, 7-11

7 – Et il proclamait : Celui qui est plus fort que moi vient derrière moi, je ne suis pas digne de me baisser pour délier le lacet de ses chaussures ;
8 – moi je vous ai immergés d’eau, lui vous immergera d’Esprit saint.
9 – En ces jours-là, Jésus vint de Nazareth de Galilée et il fut immergé par Jean dans le Jourdain.
10 – Aussitôt en remontant des eaux il vit les deux se fendre et l’Esprit descendre vers lui comme une colombe.
11 – Et une voix vint des deux : Tu es mon fils, l’aimé dont je suis content.

Mon analyse :
Marc donne à Jean une plus grande marque d’humilité en 1, 7 alors que Matthieu le fait plutôt en 3, 14. Dans les deux cas, Jésus reçoit bien le baptême d’eau de Jean. Manifestement Jean n’entend pas la voix de Dieu puisqu’il ne sait pas à qui il a à faire. En effet, ensuite, de sa prison, il enverra ses disciples demander à Jésus s’il est bien le messie. Incohérence des textes bricolés à partir de la tradition orale.

Voici comment je reçois ces textes.