Dimanche de la Sainte Famille

Lecture des textes de la liturgie catholique

Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.

Messe dominicale du dimanche de la Sainte Famille

1re lecture :

Genèse : 15, 1-6 ; 21, 1-3

1 – Après ces événements, la parole de Iahvé fut adressée à Abram, dans une vision, en ces termes : « Ne crains pas, Abram, je suis pour toi un bouclier ; ta récompense sera très considérable ! »
2 – Abram dit : « Adonaï lahvé, que peux-tu me donner, alors que je m’en vais sans enfant et que l’héritier de ma maison, c’est Éliézér de Damas ? »
3 – Abram dit : « Voici que tu ne m’as pas donné de postérité et que mon domestique héritera de moi. »
4 – Et voici que la parole de lahvé lui fut adressée en ces termes : « Ce n’est pas celui-ci qui héritera de toi, mais celui qui sortira de tes entrailles, c’est lui qui héritera de toi. »
5 – Puis il le fit sortir à l’extérieur et dit : « Regarde vers les cieux et compte les étoiles si tu peux les compter », et il lui dit : « Ainsi sera ta race. »
6 – Abram crut en Iahvé et Iahvé le lui imputa à justice.

1 – Iahvé visita Sarah comme il l’avait dit et Iahvé agit envers Sarah comme il l’avait dit.
2 – Sarah conçut et enfanta un fils à Abraham en sa vieillesse, à la date qu’avait dite Élohim.
3 – Abraham appela du nom d’Isaac son fils, celui qui lui était né, celui que lui avait enfanté Sarah.

Mon analyse :
Ce passage nous montre que la puissance de Iahvé peut tout. Il passe fort prudemment sur le fait que Sarah se montre haineuse envers l’esclave Hagar qui avait donné naturellement un enfant à Abraham et que Iahvé abonde dans son sens, obligeant Abraham à abandonner Hagar et son fils. Belle famille en effet !

Psaumes : 105 (Vulgate 104), 1-2, 3-4, 5-6, 8-9

1 – Rendez grâce à Iahvé, invoquez son nom, faites connaître parmi les peuples ses hauts faits,
2 – chantez-le, psalmodiez pour lui, méditez sur toutes ses merveilles,
3 – glorifiez-vous en son saint nom, que se réjouisse le cœur de ceux qui cherchent Iahvé !
4 – Recherchez Iahvé et sa puissance, cherchez sa face constamment,
5 – rappelez-vous les merveilles qu’il a opérées, ses prodiges et les sentences de sa bouche,
6 – race de son serviteur Abraham, fils de Jacob, ses élus !
8 – il se rappelle à jamais son alliance,
la parole qu’il a imposée à mille générations,
9 – l’alliance qu’il a conclue avec Abraham et son serment à Isaac,

Mon analyse :
Ce psaume destiné à glorifier Iahvé et à marquer son appui indéfectible envers les Juifs, contre les Égyptiens notamment, est ici retourné au profit des judéo-chrétiens en tronquant les parties qui permettraient de le re-situer précisément.

2e lecture :

Lettre de Paul aux Hébreux : 11, 8. 11-12. 17-19

8 – Par la foi, Abraham obéit à l’appel et partit pour le lieu dont il allait hériter. Il partit sans savoir où il allait.
11 – Par la foi aussi, Sara eut pouvoir d’enfanter malgré son grand âge parce qu’elle estima fidèle celui qui promettait.
12 – C’est pourquoi, d’un seul homme, qui était comme déjà mort, sont nés des hommes aussi nombreux que les étoiles du ciel, innombrables autant que le sable des rivages marins.

Mon analyse :
Tout d’abord c’est d’Abel à Abraham qu’est illustrée la puissance de la foi. Abel représente le peuple Hébreu alors que Caïn représente le peuple des plaines, les Cananéens. Adam est oublié puisqu’il a péché contre Dieu. Abraham, qui a suivi l’ordre de Iahvé, est comblé par son maître.

17 – Par la foi, Abraham, mis à l’épreuve, a offert Isaac. Ayant reçu les promesses, il offrit son fils unique
18 – dont on lui avait dit : C’est par Isaac que tu auras une semence de ton nom.
19 – Mais il compta que Dieu pouvait même le relever d’entre les morts. De là qu’il le recouvra et ce fut une parabole.

Mon analyse :
Si Abraham agit, y compris de façon paradoxale, en vue de la promesse d’une descendance, Isaac le sacrifié est lui le symbole de la promesse eschatologique : Si tu sacrifie ce que tu as de plus important, je t’en donnerai plus encore. On comprend pourquoi le judéo-christianisme place le sacrifice au centre de sa théologie ; en effet, son Dieu exige des sacrifices en preuve d’allégeance.

Évangile selon Luc : 2, 22-40 (ou brève : 22. 39-40)

22 – Et quand ce fut le jour de les purifier, selon la loi de Moïse, ils l’emmenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur ;
23 – comme il est écrit dans la loi du Seigneur : que tout premier-né mâle doit être consacré au Seigneur,
24 – et pour offrir en sacrifice, selon ce qui est dit dans la loi du Seigneur, une paire de tourterelles ou deux jeunes colombes.

Mon analyse :
Les rappels répétés à la loi mosaïque montrent bien la volonté de faire de Paul, le supposé maître de Luc, un inféodé à cette loi, ce qu’il invalidera clairement dans ses lettres.

25 – Et voilà qu’il y avait à Jérusalem un homme appelé Syméon ; cet homme juste et pieux attendait la consolation d’Israël et l’Esprit saint était sur lui ;
26 – il avait été averti par l’Esprit saint qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le christ du Seigneur.
27 – L’Esprit le fit venir au temple et, comme les parents amenaient l’enfant Jésus pour le soumettre aux coutumes légales,
28 – il le prit dans ses bras, bénit Dieu et dit :
29 – Maintenant, maître, renvoie ton esclave en paix, selon ta parole,
30 – car mes yeux ont vu le salut.
31 – que tu as apprêté à la face de tous les peuples,
32 – lumière de dévoilement pour les nations et gloire de ton peuple Israël.
33 – Son père et sa mère étaient étonnés de ce qu’on disait de lui.
34 – Syméon les bénit et dit à Marie sa mère : Quant à lui il est là pour la chute et pour le relèvement de beaucoup en Israël et pour être un signe de contradiction ;
35 – et toi, une épée te passera au travers de l’âme ; mais du moins les raisonnements de beaucoup de cœurs seront dévoilés.
36 – Il y avait aussi une prophétesse, Anne, fille de Phanouel, de la tribu d’Aser. Elle était d’âge très avancé. Après avoir vécu avec son mari sept ans depuis sa virginité,
37 – elle était restée veuve et, à quatre-vingt-quatre ans, elle ne s’éloignait pas du temple où, dans les jeûnes et les prières, elle servait nuit et jour.
38 – Survenant à l’heure même, elle remerciait Dieu et parlait de l’enfant à tous ceux qui attendaient le rachat de Jérusalem.
39 – Quand ils eurent tout fini selon la loi du Seigneur, ils s’en retournèrent en Galilée dans leur ville de Nazareth.
40 – Et l’enfant croissait, se fortifiait, se remplissait de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui.

Mon analyse :
Pour aller crescendo l’auteur, après l’appel aux bergers, fait intervenir des personnalités ayant des pouvoirs surnaturels. Les parents ont l’air surpris alors qu’ils ont été personnellement avisés par un ange et des songes. On se demande ce qui peut bien les étonner encore ?

Voici comment je reçois ces textes.