31e dimanche du temps ordinaire

Lecture des textes de la liturgie catholique

Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.

Messe dominicale du 31e dimanche du temps ordinaire

1e lecture :

Malachie : 1, 14b – 2, 2b. 8-10

14 – C’est que je suis un grand roi — a dit Iahvé des armées — et mon nom est terrible parmi les nations !
1 – Et maintenant à vous, ô prêtres, ce commandement :
2 – Si vous n’écoutez pas et si vous ne prenez pas à cœur de rendre gloire à mon nom — a dit Iahvé des armées — je lâcherai sur vous la malédiction et je maudirai votre bénédiction,
8 – Mais vous, vous avez dévié de la voie, vous avez fait trébucher contre la Loi bien des gens, vous avez annulé l’alliance du Lévite — a dit Iahvé des armées —
9 – aussi vous ai-je rendus méprisables et vils pour tout le peuple, puisque vous ne gardez pas mes voies et que vous faites acception de personnes dans la Loi.
10 – N’avons-nous pas un seul père ? N’est-ce pas un seul Dieu qui nous a créés ? Pourquoi nous trahissons-nous l’un l’autre, en profanant l’alliance de nos pères ?

Mon analyse :
On voit ici qu’au sein même d’Israël existe une forme d’opposition, ou tout au moins de résistance, à la Loi imposée par Iahvé. Les Lévites, qui avaient obtenu le pouvoir de direction spirituelle après l’épisode du veau d’or, semblent prendre leurs aises et Iahvé les menace. C’est le sort de tout pouvoir autoritaire ; seule la loi d’Amour est solide car l’adhésion qu’elle suscite est volontaire.

Psaumes : 131 (Vulgate 130), 1, 2, 3

1 – Cantique des montées. De David. Iahvé, mon cœur n’est pas hautain et mes yeux ne sont pas altiers ; je ne marche point parmi les grandeurs, ni parmi des merveilles qui me dépassent.
2 – N’ai-je pas l’âme égale et silencieuse, comme un enfant sevré sur le sein de sa mère ? Comme un enfant sevré, telle est mon âme en moi.
3 – Qu’Israël compte sur Iahvé, dès maintenant et à jamais !

Mon analyse :
Ce psaume n’exprime pas la simple et légitime humilité que nous devons tous manifester devant l’évidence de notre insuffisance. Non, l’humilité exprimée ici est celle liée à la crainte de l’abandon ressenti quand on n’est plus totalement pris en charge. Ici l’homme ne cherche pas à être par lui-même, il se contente de regretter son joug.

2e lecture :

Première lettre de Paul à Timothée : 2, 7b-9. 13

7 – pour lequel on m’a mis héraut et apôtre (je dis la vérité, je ne mens pas), et maître de foi et de vérité pour les nations.
8 – Je veux donc que les hommes prient en tout lieu, en levant pieusement les mains, sans colère ni raisonnements.

Mon analyse :
Dans le meilleur des cas, un scribe judéo-chrétien est venu intercaler des remarques destinées à renforcer certains points ou à les orienter différemment. Le verset 8 demande aux hommes de prier selon la coutume juive, ce que ne font certainement pas les pagano-chrétiens.

9 – Et que de même les femmes, en tenue décente, se parent, avec pudeur et bon sens, non de tresses ni d’or, ni de perles, ni de vêtements coûteux
13 – Car Adam a été fait le premier, et Ève ensuite ;

Mon analyse :
Là encore le scribe intervient pour redresser la parole de Paul envers les femmes. Nous savons en effet quelle place il leur faisait, ce qui devait hautement irriter les Judéo-chrétiens. Ces versets sont clairement judéo-chrétiens et ne reflètent pas l’opinion de Paul.

Évangile selon Matthieu : 23, 1-12

1 – Alors Jésus parla aux foules et à ses disciples,
2 – il leur dit : Les scribes et les pharisiens sont assis sur le siège de Moïse.
3 – Tout ce qu’ils vous disent, faites-le donc et gardez-le, mais ne faites pas leurs œuvres, car ils disent et ne font pas.
4 – Ils lient de lourdes charges et les posent sur les épaules des hommes, mais eux, ils ne veulent pas les bouger du doigt.
5 – Toutes leurs œuvres ils les font pour être remarqués par les hommes : ils élargissent leurs phylastères, ils allongent leurs franges,
6 – ils aiment la première place dans les dîners, les premiers sièges dans les synagogues,
7 – et se faire saluer sur les marchés, et appeler Rabbi par les hommes.
8 – Vous autres, ne vous faites pas appeler Rabbi, car vous n’avez qu’un maître et vous êtes tous frères.
9 – Et n’appelez Père aucun de vous sur la terre, car vous n’avez qu’un père, le céleste
10 – Ne vous faites pas non plus appeler Directeur, car vous n’avez qu’un directeur, le christ.
11 – Mais le plus grand d’entre vous sera votre serviteur.
12 – Celui qui se hausse sera abaissé et celui qui s’abaisse sera haussé.

Mon analyse :
Nous touchons là au cœur de la prédication cathare. Jésus dénonce la dichotomie entre la doctrine et la pratique des responsables Juifs. S’il reconnaît comme valable la doctrine fondamentale, c’est-à-dire les dix commandements, il dénonce l’absence de respect de cette loi dans la pratique. Il va jusqu’à les accuser de ne pratiquer, à la marge, la loi que par vanité et désir de pouvoir. Et, par opposition, il exhorte ceux qui veulent le suivre à faire l’inverse. C’est cela le catharisme, être convaincu que l’on est un parmi les autres, sans distinction particulière, sans valeur ni pouvoir spécifique. Il fait de l’humilité la première des qualité et de l’obéissance sa méthode d’expression face à la tentation de vanité. Aucun homme ne peut ici-bas être considéré ou se croire supérieur aux autres. Aucun titre honorifique ou hiérarchique ne peut avoir droit de cité dans la communauté des hommes. Les seules différences ne peuvent être que liées à l’utilité et au service des autres.

Voici comment je reçois ces textes.