25e dimanche du temps ordinaire

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Lecture des textes de la liturgie catholique

Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.

Messe dominicale du 25e dimanche du temps ordinaire

1re lecture :

Livre d’Isaïe : 55, 6-9

6 – Cherchez Iahvé tandis qu’il se laisse trouver, invoquez-le quand il est près.
7 – Que le méchant abandonne sa voie et l’homme inique ses pensées, qu’il revienne vers Iahvé qui aura pitié de lui, vers notre Dieu car il pardonne abondamment.
8 – Mes pensées ne sont pas vos pensées et vos voies ne sont pas mes voies, oracle de Iahvé.
9 – En effet comme les cieux sont élevés au-dessus de la terre, ainsi mes voies sont élevées au-dessus de vos voies et mes pensées au-dessus de vos pensées.

Mon analyse :
Cette portion de texte insiste sur le caractère à la fois inaccessible et proche de Iahvé. L’homme ne peut le trouver qu’avec son accord, mais il peut s’en rapprocher car Iahvé est magnanime. Iahvé est bien la maître du jeu et l’homme sa marionnette. Et cela est justifié par le verset 9 qui rappelle que Iahvé est loin au-dessus des hommes. Cela est à mettre en contraste avec Christ qui lui fait le choix inverse en se mettant au même niveau que les hommes.

Psaumes : 145 (Vulgate 144), 2-3, 8-9, 17-18

2 – Chaque jour je te bénirai et je louerai ton nom à jamais, à jamais.
3 – Il est grand, Iahvé, et très digne de louange, sa grandeur est insondable.
8 – Miséricordieux et clément est Iahvé, longanime et abondant en grâce.
9 – Iahvé est bon pour tous et ses miséricordes sont sur toutes ses œuvres.
17 – Iahvé est juste en toutes ses voies et bienveillant en toutes ses œuvres.
18 – Iahvé est proche de tous ceux qui l’invoquent, de tous ceux qui l’invoquent avec sincérité.

Mon analyse :
On retrouve ici la même thématique que dans le texte précédent. Les louanges envers Iahvé ont du mal à ne pas montrer le total abandon de l’homme qui n’est qu’un pantin réduit à s’écraser pour espérer un traitement supportable de son Dieu. Où est le libre-arbitre si cher à nos amis judéo-chrétiens ?

2e lecture :

Lettre de Paul aux Philippiens : 1, 20c-24. 27a

20 – … comme maintenant et toujours, que le Christ 
grandira très franchement dans mon corps, soit par ma 
vie soit par ma mort ;
24 – mais demeurer dans la chair est plus nécessaire à cause de vous.
27 – Seulement, comportez-vous d’une manière digne de l’évangile du Christ, …

Mon analyse :
Paul signale que parmi ceux qui annoncent Christ s’en trouve certains qui le font dans une mauvaise intention. On peut considérer que des judéo-chrétiens sont donc en train d’essayer de profiter de sa captivité pour tenter de reprendre en mains les communautés qui lui sont acquises. Cependant Paul ne semble pas inquiet, comme s’il considérait que les Philippiens ne risquent pas de changer d’orientation spirituelle. Il se laisse aller à un désir de finir sa vie terrestre pour enfin rejoindre Christ, mais il croit que cela n’est pas à l’ordre du jour. Cela ne nous renseigne pas plus car, même à Rome, Paul pensait sortir vainqueur de son procès.
Cette dernière exhortation n’est pas inquiète mais seulement réconfortante, ce qui confirme la confiance de Paul dans cette communauté.

Évangile selon Matthieu : 20, 1-16

1 – Car le règne des cieux est pareil à un maître de maison qui est sorti à l’aube engager des ouvriers pour sa vigne.
2 – Il s’est entendu avec les ouvriers sur un denier la journée, et les a envoyés à sa vigne.
3 – En sortant vers la troisième heure, il en a vu d’autres qui restaient oisifs sur le marché ;
4 – il leur a dit : Allez-vous-en vous aussi à ma vigne, et je vous donnerai ce qui est juste.
5 – Et ils y sont allés. Il est sorti encore vers la sixième et la neuvième heure et il a fait de même.
6 – En sortant vers la onzième heure il en a trouvé d’autres qui restaient, il leur a dit : Pourquoi restez-vous ici oisifs toute la journée ?
7 – Ils lui disent : Parce que personne ne nous a engagés. Il leur dit : Allez-vous-en vous aussi à ma vigne.
8 – Le soir venu, le seigneur de la vigne a dit à son régisseur : Appelle les ouvriers et paie-les en commençant par les derniers et jusqu’aux premiers.
9 – Ceux de la onzième heure sont venus et ont reçu chacun un denier.
10 – Quand les premiers sont venus ils ont cru qu’ils recevraient plus, et ils ont reçu eux aussi chacun un denier,
11 – En le recevant ils murmuraient contre le maître de maison
12 – et disaient : Ceux-ci, les derniers, n’ont fait qu’une heure, et tu les fais nos égaux, à nous qui avons porté le poids du jour et de la chaleur.
13 – Il a répondu à l’un d’eux : Camarade, je ne te fais pas de tort, est-ce que tu ne t’es pas entendu avec moi sur un denier ?
14 – Enlève le tien et va-t-en. Je veux donner à ce dernier-là autant qu’à toi.
15 – Est-ce que je n’ai pas le droit de faire ce que je veux de mon bien ? ou as-tu l’œil mauvais parce que je suis bon ?
16 – Ainsi les derniers seront premiers, et les premiers, derniers. Car il y a beaucoup d’appelés mais peu d’élus.

Mon analyse :
Ce texte est subtil. Il s’y cache deux approches. La première, que tout le monde connaît est de considérer que peu importe le temps que nous passons à nous rapprocher de Dieu, ce qui importe est la situation dans laquelle nous nous trouvons au moment crucial, c’est-à-dire au moment où notre esprit est libéré du corps qui l’emprisonne. La seconde est liée à la référence horaire. En fait les heures annoncées sont celles des rituels monastiques. Elles sont calculées depuis le lever du soleil. La première heure (prime) correspond à l’heure qui suit le lever du soleil, la troisième heure (tierce) se situe en milieu de matinée (vers 9h30), la sixième vers 12h30 et la dernière heure, la douzième est celle qui correspond aux vêpres. Le message s’adresse non seulement aux croyants qui vivent ces heures dans le monde, mais aussi à ceux qui les vivent dans le cadre religieux. Ce qui est juste est différent de ce que chacun calcule par rapport à son temps de travail ou d’engagement spirituel. Il faut donc regarder à faire ce que l’on doit et ne pas vouloir hiérarchiser tout, et surtout pas la grâce divine.

Voilà comment je reçois ces textes.