23e dimanche du temps ordinaire

Lecture des textes de la liturgie catholique

Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.

Messe dominicale du 23e dimanche du temps ordinaire

1re lecture

Sagesse de Salomon : 9, 13-19

13 – Quel homme, en effet, connaîtra le conseil de Dieu ? Qui peut imaginer ce que veut le Seigneur ?
14 – Car les pensées des mortels sont basses et fragiles sont nos conceptions ;
15 – le corps corruptible, en effet, alourdit l’âme et la tente faite de terre appesantit l’esprit soucieux.
16 – C’est à peine si nous nous représentons ce qui est sur la terre et nous trouvons avec difficulté ce qui est dans nos mains : mais qui a découvert ce qui est dans les cieux ?
17 – Qui a connu ton conseil, si tu ne lui a donné la Sagesse et si tu n’as envoyé d’en haut ton esprit saint ?
18 – C’est ainsi qu’ont été redressés les chemins de ceux qui sont sur la terre et que les hommes ont appris ce qui te plaît et ont été sauvés par la Sagesse ».

Mon analyse :
Ce chapitre se termine au verset 18. La Sagesse nous y est présentée comme la voie unique qui mène à Dieu. on reconnaît la conception que l’on trouve chez Platon, notamment dans Phédon.

Psaumes : 88 (Vulgate 89) : 3-4, 5-6, 12-13, 14. 17abc

3 – Car tu as dit : « Pour toujours la grâce est édifiée, dans les cieux est établie ma fidélité.
4 – J’ai conclu une alliance avec mon élu, j’ai fait un serment à David, mon serviteur :
5 – J’établis pour toujours ta postérité et de génération en génération j’édifie ton trône. »
6 – Les cieux célèbrent tes merveilles, Iahvé, ainsi que ta fidélité dans l’assemblée des Saints.
12 – À toi les cieux, à toi aussi la terre, le monde et ce qui l’emplit ! C’est toi qui les as fondés !
13 – Le nord et le midi, c’est toi qui les as créés, le Thabor et l’Hermon acclament ton nom.
14 – À toi le bras doué de vaillance, ta main est puissante, ta droite est levée.
15 – Justice et jugement sont la base de ton trône, grâce et vérité marchent devant toi.
16 – Heureux le peuple qui connaît l’ovation ! À la lumière de ta face ils s’avancent, Iahvé,
17 – en ton nom ils jubilent tout le jour et par ta justice ils s’élèvent,

Mon analyse :
Comme d’habitude, le juif manifeste sa dévotion servile justifiée par une alliance spécifique entre son Dieu et lui. Nous sommes dans la religion basée sur une loi positive la plus classique possible.

2e lecture

Lettre à Philémon : 9b-10, 12-17

9 – C’est moi, Paul, vieillard et, maintenant, prisonnier du christ Jésus,
10 – qui fait appel à toi, pour mon enfant que j’ai engendré dans les liens : Onésime,
12 – Je te le renvoie, lui, c’est-à-dire mes entrailles.
13 – Je voulais le retenir auprès de moi pour qu’il me serve à ta place, dans mes liens pour l’évangile,
14 – mais je n’ai rien voulu faire sans ton avis, pour que ton bienfait ne sente pas la contrainte mais soit de bon gré.
15 – Car s’il a été séparé de toi une heure, c’est peut-être pour que tu le reçoives pour l’éternité,
16 – non plus comme esclave, mais mieux qu’un esclave, un frère, et qui m’est très cher, à moi, mais bien plus à toi, et dans la chair et dans le Seigneur.
17 – Si donc tu me tiens pour ton associé, reçois-le comme si c’était moi.

Mon analyse :
Bien entendu, Onésime n’est pas le fils de Paul, mais c’est lui qui l’a converti. Il le renvoie à Philémon, dont il était l’esclave et de chez qui il s’est enfui. Paul, prisonnier, renvoie donc Onésime à son ancien maître en lui demandant de le traiter désormais comme un frère en Christ et non plus comme un esclave évadé. C’est intéressant pour nous, car cela nous apprend que nous ne devons plus considérer les hiérarchies sociales mondaines, mais appliquer la loi d’amour qui nous fait tous égaux en Christ.

Évangile selon Luc : 14, 25-33

25 – Comme de grosses foules allaient avec lui, il se retourna et leur dit :
26 – Si quelqu’un vient à moi et ne déteste pas son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, ses sœurs et jusqu’à sa vie, il ne peut pas être mon disciple.
27 – Quiconque ne porte pas sa croix à ma suite ne peut pas être mon disciple.
28 – Car, qui d’entre vous, s’il veut bâtir une tour, ne s’assoit pas d’abord pour calculer la dépense et s’il a de quoi terminer ?
29 – De peur qu’après avoir posé les fondations il ne puisse pas finir et que tous ceux qui le verront ne commencent à se moquer de lui
30 – et à dire : Voilà un homme qui commence à bâtir et ne peut pas finir !
31 – Ou quel roi, s’il part en guerre contre un autre roi, ne s’assoit pas d’abord pour délibérer s’il est capable, avec dix mille hommes, d’aller au-devant de celui qui vient sur lui avec vingt mille ?
32 – Sinon, pendant que l’autre est encore loin, il envoie une ambassade demander la paix.
33 – Ainsi donc, quiconque d’entre vous ne se sépare pas de tous ses biens, ne peut pas être mon disciple.

Mon analyse :
Jésus revient sur la nécessité de se détacher du monde et de ses règles normatives. Nous ne devons pas rester liés à des appartenances mondaines car nous sommes liés à tous. Ceux qui nous sont proches dans le monde n’y perdront rien, mais nous devons traiter de la même façon ceux qui ne nous sont pas proches par le monde. Se détacher du monde est aussi se détacher des possessions car elles ne peuvent que nous gêner dans notre cheminement et ne seront pas plus utiles que du sel affadi.

Voici comment je reçois ces textes.