Cathare ! Vous avez dit cathare ?

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C’était à l’été 1957, j’avais 15 ans et  le « hasard », Jocelyn et une poignée de camarades Scouts de France avaient guidé mes pas au pied du pog de Montségur.

Mais que c’était-il passé sur ces lieux pour que j’en sois tout retourné et pour qu’une petite lumière se mette à briller au fond de mon cœur et ne veuille plus s’éteindre ?
Ce que voulurent bien m’en dire les « grands », de retour au campement, c’était qu’au moyen âge, des Cathares avaient sévi sur ces terres, c’étaient des hérétiques, des ennemis du Dieu de la Sainte Bible.

Les Croisés puis l’Inquisition les avaient chassé à travers tout le pays comme des bêtes immondes, torturés, brûlés les vivants comme les morts et les avaient exterminés jusqu’au dernier !
Les derniers le furent précisément au pied de ce château.
Mon trouble n’en fut pas pour le moins effacé et de retour à la maison, je me senti obligé d’en parler à mes parents, et maman me confia que l’avi — mon grand-père Catalan — lui avait dit un jour, que notre famille, les Tolosa, avions des liens avec ces hérétiques.
Je cherchais alors à en savoir un peu plus, et en ces années là ce ne fut pas sans mal.

Contrairement à ce que l’on m’avait fait comprendre les Cathares n’étaient pas des barbares envahisseurs assoiffés de sang, de biens, de pouvoir. C’était même tout à l’opposé.

Ce pays, l’Occitanie c’était le leur depuis longtemps. Ils s’appelaient entre eux bons hommes et bonnes femmes. Ils se disaient chrétiens et pratiquaient l’enseignement du Christ des premiers siècles. Seul l’Evangile de Jean comptait pour eux. Notre monde était l’enfer et était la création d’un Dieu mauvais, celui de l’ancien testament. Ils détestaient la croix, instrument de torture, l’hostie ne représentait rien, le baptême d’eau n’avait aucune valeur.
Voilà à peu près ce que j’avais pu savoir à cette époque, en 1957 ou 1958.
Ouais ! A vrai dire, toute cette histoire ne me paraissait pas très « catholique ».

Grand- père devait décéder quelque temps après et je n’oublierai pas l’aversion qu’il avait pour cette église et son clergé, ses jurons préférés étant : me cago en Déu ou ostia pute.
En tant qu’érudit, et il l’était mon grand-père, je réussirai à me rappeler d’une de ses citations : « Dans ce vil monde, rien n’a changé, la chair se nourrit de la chair, le pouvoir du mensonge, les puissants des faibles et des ignorants, et qui saura reconnaître Dieu du diable ? »

Et d’une de ses mises en garde :
« Le jour où les yeux se dessilleront, le choc sera dévastateur. »

J’avais promis à l’avi de ne jamais oublier que j’étais un Catalan et je lui promettais aussi, en secret que je me souviendrais que notre famille avait des liens avec ces soit disant « mécréants » nomenats  Catars.
Le temps passant, le doute sur le bien fondé d’exactions aussi meurtrières et féroces envers d’autre chrétiens est allé en s’amplifiant.
J’ai alors commencé à m’intéresser de très près à la Bible, à l’Ancien Testament et tous les ouvrages connexes, l’histoire de Sumer, d’Egypte, des Hébreux, du Papyrus d’Ipuwer, des Manuscrits de la mer morte, etc.
J’ai passé au crible tous les textes du Nouveau Testament, toutes les Histoires de Jésus, l’histoire de l’église de Rome, son catéchisme et ses dogmes, les manuscrits de Nag Hammadi, etc.
Ce faisant, il devenait de plus en plus évident que pour moi, grand-père avait raison.

Aujourd’hui, il y a l’église de Rome, de Pierre et du Pape qui ment, qui domine, qui accuse, qui condamne et puni.
Et il y a bien longtemps, il y avait une autre église, celle du Christ et de l’Evangile, faite de justice et de vérité, qui elle bénissait et pardonnait.

L’église catholique, judéo-chrétienne est une mystification faite aux dépens du Christ, au service du démiurge.

À partir de ce moment là, j’ai rejeté cette église, et refait le chemin à la recherche du Dieu bon.

De cette étude minutieuse qui m’aura pris de nombreuses années et rempli les rayons de ma  bibliothèque d’une centaine d’ouvrages sur le sujet, si nombre de paroles de Jésus sonnent justes dans mon cœur, il y en a très peu à l’endroit de l’ancien et du nouveau testament et de la « soupe » des évangiles choisis et mijotée par l’église de Rome.

J’ai dans le même temps, et en pensant à mon grand-père, sillonné de long en large la région, visitant les villages et les ‘châteaux’ qui avaient en leur temps abrité des bons chrétiens, en France, en Catalogne, en Italie.

À la cinquantaine, il m’est arrivé comme à d’autres, quelques expériences, telle celle-ci que je me suis empressé de noter sur l’instant et qui ressemble sur de nombreux points à une EMI.

Il doit être aux alentours de 6 heures et je sors de mon sommeil. Je n’ouvre pas les yeux de suite, cela m’arrive fréquemment. Je me sens particulièrement bien ce matin, tellement bien que je ne sent même pas mon corps.
C’est bizarre, je vois sa forme, foncée « flotter » à 10 cm au dessus du lit.

Soudain, j’aperçois le bout de mon pied s’éclairer. Une lumière blanche et douce gagne petit à petit tout mon pied, ma cheville, mon autre pied et commence à remonter très lentement vers ma tête. Mon corps est maintenant entièrement lumineux et je vois se dessiner à ma droite la silhouette sombre d’un visage et d’une épaule reconnaissable entre mille : Jésus. Ce que je ressens et reçois en ces instants est INDICIBLE. J’ouvre les yeux.
Le jour se lève. C’est le plus beau et plus important matin de ma vie.

Je crois, et cela depuis longtemps, c’est mon éducation, ma culture, et aujourd’hui mon expérience, que ce monde visible, matériel, dégradable est l’enfer.
Même si elle est attirante et me semble belle, cette planète n’est que ruses, mensonges, violences, et l’Adam en a fait le royaume de l’argent, des lois, du droit.

On nous a habillé de chair  pour souffrir et faire souffrir.

Seul Satan peut avoir fait cela.
Et le Christ est venu nous le dire, ce monde n’est pas le nôtre. C’est dans l’autre monde, invisible et éternel, après nous être dépouillés de tout, après la mort, mais oui, que nous pourrons, peut-être, rejoindre le Père, le Saint Esprit.
En tant que croyant, j’ai fait mon choix depuis longtemps, mon église est celle du Christ, du pur Amour, de la non violence.
Elle n’a pas de toit, de loi, de dogme, de cérémonial, de richesse, elle est pauvre et  n’a que faire de mondanités.
Elle ressemble comme deux gouttes d’eau à celle des « Cathares ».

Depuis la fin de la dernière guerre, l’histoire de la croisade des Albigeois n’est plus faites que des seuls  écrits et commentaires de ses vainqueurs et assassins.
De nombreux chercheurs, historiens, philosophes, romanciers, poètes, travaillent sur le sujet.
On croyait ne pouvoir retrouver aucun document original sur le catharisme, l’église ayant absolument tout détruit.
Mais il n’en est rien. Des archives, des manuscrits ont été découverts, des fouilles, des témoignages vivants permettent en fin de compte de retracer l’histoire de ces Bons Chrétiens.

Pour moi, pas de doute, l’Eglise de Rome, en bonne « fille », le Pape et le roi de France en bons princes et suppôts de Satan se sont rendus coupables du plus abominable des crimes contre l’humanité, l’extermination au nom du Christ de leurs frères et sœurs les meilleurs parmi eux et la chrétienté.

Montségur est devenu mon lieu de pèlerinage où je me rend tous les ans le 16 Mars, pour me recueillir devant la stèle de ces vrais et Bons Chrétiens qui font tant mon admiration.
Depuis une dizaine d’années, nous sommes de plus en plus nombreux, à nous retrouver sur ces chemins, pas seulement pour nous promener et nous rencontrer, mais pour certains, à la recherche de ces Bons hommes et Bonnes femmes, que nous savons, « nous », qu’ils n’ont jamais totalement disparus, l’Esprit de Dieu étant éternel, soufflant où il veut et quant il veut.

A Pentecôte 2009, le laurier reverdissait. Et enfin, ils étaient de retour.

Ce que je veux maintenant, c’est, en silence, aller vers eux, marcher avec eux, prier avec eux.
Si cette « Eglise » avait perduré, ce monde serait aujourd’hui beaucoup moins repoussant  et l’avenir de nos enfants un peu plus radieux.

13 Septembre 2009

Demain septuagénaire, je suis et resterai un bouseux, un nul, un marginal, un extrémiste, un enfoiré. Mais à chacun son chemin de justice et de vérité, en respectant la vie, toutes les vies.
Convaincu que celui des Bons Chrétiens était le bon, il est devenu le mien, *ara, i més que mai.
(*maintenant, et plus que jamais.)

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