Le catharisme, une réalité concrète

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Le catharisme, une réalité concrète

Nous le martelons à longueur de temps, le catharisme d’aujourd’hui ne peut se contenter de rester une approche philosophique strictement intellectuelle.

Elle doit s’accompagner d’une mise en œuvre concrète par l’installation de communautés de vie évangélique en total respect des critères de la règle de justice et de vérité, dont les éventuels aménagements ne doivent concerner que des points sur lesquels les Bons-Chrétiens médiévaux manquaient d’informations que nous possédons aujourd’hui. À terme ces communautés devront s’unir dans le cadre administratif d’une Église cathare de France.

Cet objectif n’est pas celui d’une infime minorité qui déciderait de reconstituer des communautés pendant que les croyants les regarderaient faire comme cela se passe dans les communautés catholiques où les cénobites sont en quelque sorte en charge du salut de l’ensemble des chrétiens catholiques qui eux continuent tranquillement leur vie mondaine.
Chez les chrétiens cathares tout le monde doit avoir en tête qu’il veut rejoindre à terme une communauté de vie évangélique afin d’y faire sa bonne fin. Certes, cela peut se faire in extremis au moment de l’agonie, comme on voyait au Moyen Âge des croyants transportés dans la maison des Bons-Chrétiens où il recevait sa Consolation avant de mourir.

Mais ce qui importe c’est la signification qu’une telle conception individuelle de son objectif spirituel impose. En effet, chez les croyants cathares la communauté de vie évangélique est aussi importante que peut l’être le bâtiment ecclésial chez les catholiques. C’est le lieu où vivent ceux qui ont franchi ce pas, que tout croyant veut franchir un jour, et ce lieu est d’une importance vitale pour le maintien de la communauté ecclésiale. Car sans communauté ecclésiale, pas de communauté évangélique digne de ce nom et sans communauté évangélique la communauté ecclésiale n’a pas de sens.

Mais l’installation d’une communauté de vie évangélique nécessite que des croyants se sentent suffisamment avancés dans leur cheminement pour désirer ardemment intégrer une telle structure. De nos jours c’est encore plus compliqué puisqu’il faudra mettre en place une communauté évangélique qui n’existe encore qu’à l’état embryonnaire.
Cependant, nous savons que plusieurs d’entre-nous parlent sérieusement de s’installer en communauté. Encore faudra-t-il que ces installations soient en accord avec la règle de justice et de vérité pour mériter le nom de communautés cathares. Vu le faible nombre de personnes concernées, le départ risque de poser un autre problème, celui du nombre de participants. Il est clair qu’une communauté de vie évangélique devrait compter au minimum deux personnes, si possible de même sexe. Pour autant, les circonstances ont parfois conduits les Bons-Chrétiens à ne pas respecter cette règle même s’ils y attachaient une grande importance comme le montre l’attitude d’Arnaude de Lamotte qui à la mort de sa socia en fait chercher une autre de toute urgence. Mais d’autres allaient seuls, dans l’espoir de trouver un compagnon de route, espoir parfois déçu malgré leurs efforts. C’est le cas de Bélibaste qui s’est intégré à la communauté de Morella sans y trouver de compagnon. Aujourd’hui, la communauté évangélique de Carcassonne ne compte qu’un seul novice.

L’autre point important est que la communauté évangélique est au service de la communauté croyante ce qui implique qu’elle cultive avec cette dernière un réseau de communication aussi dense que possible afin de ne pas laisser les croyants abandonnés à leur propre sort. L’histoire nous le montre, ce sont les Bons-Chrétiens qui allaient au-devant des croyants et pas l’inverse. Ceux qui se lanceront dans cette aventure devront donc avoir l’humilité de ne pas attendre que les autres viennent à eux mais devront toujours rechercher le contact avec tous les croyants sans exception. Les réseaux sociaux et les outils de communication moderne permettent de créer et de maintenir ce lien. Il n’y a donc aucune excuse à rester dans l’ombre, si ce n’est le fait se savoir que l’on n’est pas dans le bon cheminement.

Lors de la Rencontre de Roquefixade de juin 2014 un premier pas important vers cette dynamique d’une communauté ecclésiale active qui agit autant pour elle que pour les prochaines communautés de vie évangéliques a été franchi avec la proposition d’une organisation de futures structures visant à soutenir et organiser le fonctionnement des communautés et à mettre en place une association cultuelle cathare (loi de 1905).

Ce qui importe c’est donc que chacun d’entre-nous s’interroge, en son âme et conscience, afin de déterminer s’il est un croyant cathare, c’est-à-dire quelqu’un qui est motivé et prêt à s’engager à la mesure de ses compétences et de ses moyens dans un travail concret visant à installer des communautés de vie évangélique. S’il s’agit d’une personne qui ne désire que bénéficier d’informations et participer à des réunions ponctuelles, il faut comprendre que ce n’est absolument pas un croyant mais, au mieux, un sympathisant.

À chacun de savoir quelle est sa position personnelle et, s’il se considère comme croyant, d’agir en cohésion avec son choix, c’est-à-dire de manifester sa volonté de participer activement à la mise en place de cette communauté. Cependant le sympathisant peut participer à son niveau, notamment en rejoignant les structures administratives qui formeront l’ossature légale de ces outils visant à la résurgence cathare.

Pour ma part, je ai assumé mon engagement de l’époque en entrant en noviciat en 2016. Son déroulement, forcément beaucoup plus long, en raison de l’absence d’un groupe de Bons-chrétiens susceptibles de m’aider, est néanmoins efficace. En 2019 j’ai été reçu dans le rituel de sainte Oraison dominicale, dernière étape avant la Consolation. Je tiens à signaler combien mon cheminement est aidé par tous les croyants qui s’attachent m’accompagner dans ma démarche.

Je suis bien entendu ouvert à proposer à l’ensemble des membres de la communauté ecclésiale qui envisageraient d’entrer également en noviciat, de me rejoindre quand les conditions requises seront réunies pour eux. Sinon, je mènerai mon noviciat à son terme seul et participerai à reconstruire tous les éléments d’une Église cathare formelle qui n’aura plus qu’à mettre en œuvre les obligations légales pour devenir officielle.

Pour cela nous aurons besoin d’un grand nombre de volontaires, prêts à s’engager officiellement au sein d’une association de type 1905, pour établir une Église cathare de France dont les membres et les administrateurs : consolés, croyants et sympathisants, constitueront l’ossature légale reconnue par les autorités administratives françaises. Cela permettra une reconnaissance qui limitera les risques de dénigrement sectaire et nous obligera à une totale transparence, en parfait accord avec les prescriptions christiques.

Il vous revient donc de déterminer votre stade d’avancement personnel et de définir votre implication dans ce projet.

Éric Delmas.

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