hérésie

Vers une nouvelle interprétation de l’histoire ? !

6-4-Controverses
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Vers une nouvelle interprétation de l’histoire ? !

Polémique !

Jean-Paul Rehr/Julien Théry contre Annie Cazenave/Jean Duvernoy.

ms 609

Voilà qui promet un débat houleux !

D’un côté, cette information, sous forme de non-événement, où l’on apprend que Jean-Paul Rehr prépare une thèse à Lyon dan

s le cadre de Sciences Sociales sous la direction de Julien Théry à partir du Manuscrit 609 (bibliothèque municipale de Toulouse) et, de l’autre, les historiens qui ont déjà travaillé sur la ms609 dont Annie Cazenave, historienne agrégée, médiéviste et qui rappelle à  J.-P. Rehr ce que les historiens doivent à Jean Duvernoy, spécialiste incontesté de l’histoire et de la religion des Cathares et du ms609 en particulier.

Les données de recherches de J.-P. Rehr sont puisées dans le site de l’édition digitale de la bibliothèque municipale de Toulouse : De Heresi.

La ms609 et les documents connexes du XIIIe siècle constituent la base de la thèse en préparation de Jean-Paul Rehr dont le titre est « Hérésie, Inquisition, et politique Toulouse – ms609 et la Grande Inquisition de 1245-46 ».

Cet effet d’annonce d’un travail qui prétend souligner le contexte social des accusations pendant les premières décennies de l’inquisition apparaît immédiatement douteux puisque l’auteur conclut d’ores et déjà à l’instar des Théry et autre Biget, historiens révisionnistes du catharisme, que la vie personnelle, sociale et politique de ces personnes trouvées dans la SP 609 peut être tracée dans d’autres documents de la même période, mais attention ; JeanPaul Rehr, s’empresse d’affirmer que ses travaux devraient changer radicalement notre compréhension de la nature de l’inquisition. Vrai qu’il apparait à certains qu’il faille redorer le blason des inquisiteurs !

Sa transcription de la ms609 devrait être terminée au début de 2021, nous informe l’auteur qui arrive après la bataille puisque la ms 609 n’est pas la « trouvaille inédite » de Jean-Paul Rehr, loin s’en faut, et c’est bien à Jean Duvernoy qu’il faut rendre la paternité des traductions des textes, nous rappelle Annie Cazenave dont nous publions ci-dessous la contribution en forme de réponse à un auteur (J.-P. Rehr) qui selon elle a « l’outrecuidance de se targuer de travailler sur le Manuscrit 609, ce qui bien après les travaux reconnus de Duvernoy est ahurissant et confondant de prétention » !

Patrick du Come, Président de l’association Rencontres de Montségur

Zoom sur un doublon

Le registre d’enquêtes en Lauragais est un document unique, par son originalité et son ampleur, conservé à la Bibliothèque municipale de Toulouse sous la cote ms 609. Son originalité : comme la terre concernée a été déclarée « generaliter corrupta », à l’inverse des autres enquêtes, formées par les interrogatoires personnels de chaque témoin, les deux inquisiteurs procèdent, sur place, village après village, en questionnant tous les habitants, l’un après l’autre, les filles à partir de douze ans et les garçons à partir de quatorze. De ce procédé découle son ampleur. Il présente donc un intérêt exceptionnel.

Jean-Paul Rehr, étudiant de Julien Théry, a entrepris de mettre en ligne le ms 609, avec sa traduction en anglais. Il a présenté son œuvre, qui n‘en est qu’à son tout début, lors du dernier colloque de Fanjeaux. Petit problème : J. Duvernoy, dans son inépuisable générosité, a déjà mis le ms 609 en ligne : http://jean.duvernoy.free.fr/text/pdf/ms609_a.pdf ou http.jean.duvernoy.free.fr/text/listetexte.htm.accessed 2017-08-01

Il suffit de cliquer, on peut à son aise le consulter depuis son ordinateur.

« L’historien de profession » a traité avec hauteur « l’avocat toulousain » Il semblerait qu’un juriste soit précisément qualifié pour comprendre un document appartenant à l’histoire du droit. Cependant, l’historien se réclame du petit groupe apparu depuis le colloque de Nice de 1999 : « Inventer l’hérésie », ce qui le dispense d’une bibliographie sérieuse. À la suite de Pegg, « historien anthropologue », il adopte en effet une lecture originale pour « démontrer le rôle joué par les cisterciens dans la diabolisation d’une hérésie supposée ». Et nous montre ainsi les 5 500 habitants des 106 villages qui « ont voyagé à pied, à cheval ou en charrette » pour aller se faire interroger à Toulouse. En réalité, ce sont les inquisiteurs qui se sont déplacés : ils ont pris la suite, et le chemin, des inquisiteurs assassinés à Avignonet, justement pour éliminer le danger que leurs enquêtes représentaient aux yeux des insoumis. Les registres des tués ont disparu avec eux.

Les Occitans du XIIIéme s. ignoraient la persévérance de l’administration : ils ont eu droit à leurs successeurs. Ceux-ci commencent à enquêter en 1246, au lendemain de la chute de Montségur, dans une région sous le choc.

Jean-Paul Rehr s’intéresse au manuscrit « conservé dans les coffres de la Bibliothèque municipale de Toulouse ». Mais il rencontre son écueil : « le problème pour l’étude de l’Inquisition est que les Cathares n’ont pas existé ». Sic ! C’est du Ionesco.

Donc il a identifié les Cathares aux faidits. Et ils « n’étaient pas autorisés à entendre les accusations portées contre eux » : car les inquisiteurs « ont construit une contre église, avec ses propres évêques, et ses prêtres », dont ils ne trouvent aucune autre trace sinon  celles qu’ils ont fantasmées. Jean-Paul Rehr a lu les serments prêtés dans les villages en 1243 après l’échec de la rébellion et s’est demandé pourquoi Raimond VII ne s’est pas opposé à cette vaste enquête. Parce qu’il ne le pouvait pas !

Et il y a trouvé les mêmes noms de villageois, dont des boni homines, que la malveillance a transformé en hérétiques, et constaté, surpris, que dans ces villages les habitants étaient plus nombreux que les nobles. Ces « petits groupes de personnes » l’intéressent, à juste titre, et il s’interroge sur « l’orientation des inquisiteurs, qui recherchent des informations spécifiques sur des personnes très spécifiques ». Sic !

Il prend pour exemple la déposition d’Arnaud Granier, qui n’a d’autre intérêt que pratique : située au début du manuscrit, elle est donc connue de lui ; et il en tire une intéressante conclusion : « les formulaires des inquisiteurs deviennent limpides après la lecture de quelques dépositions !… les événements individuels sont pratiquement tous structurés selon le même schéma ! »

Annie Cazenave, Docteur en histoire, Docteur en histoire de l’art, retraitée du CNRS.

Pour en savoir plus sur la côte ms 609

Documents de l’hérésie et de l’Inquisition dans l’Europe du XIIIe siècle

Et la liste des personnes interrogées dans http://medieval-inquisition.huma-num.fr/MS609/list

De Heresi est le foyer de l’édition numérique de ms609 de la Bibliothèque municipale de Toulouse, le plus ancien document original existant de la première génération d’inquisition (inquisitio heretic pravitatis, ou « Inquisition dans la dépravation hérétique » ce manuscrit massif contient le registre de la « Grande Inquisition » de 1245-46, et présente les déclarations des interrogatoires de plus de 5 500 personnes de plus de 100 villages autour de Toulouse. Les dépositions couvrent un large éventail de sujets, de l’hérésie à la vie quotidienne au XIIIe siècle.

De Heresi contient l’édition numérique des sélections d’autres archives pour aider les chercheurs à mieux comprendre le contexte social des personnes soumises aux premières inquisitions. L’architecture de ce site permet aux chercheurs de retracer les personnes, les événements et les idées à travers différents documents.

Ces documents comprennent :

  •  phrases de la même inquisition, trouvées dans MS Latin 9992, Bibliothèque nationale ;
  • autres dépositions connexes du Fonds Doat, Bibliothèque nationale ;
  • chartes et serments du Trésor des Chartes, Archives nationales ;
  • chartes de diverses archives départementales dont la Haute-Garonne et l’Aude.

Tous les documents sont présentés comme des éditions critiques dans leur langue d’origine (latin, parfois occitan), ainsi que des traductions, avec des images haute résolution des documents originaux.

rencontresmontsegur 25/08/2020

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Il est courant, et assez général dans les activités humaines, quand on pratique une discipline astreignante avec motivation et compétence, de finir par attribuer à cette discipline des qualités qu’elle n’a pas forcément.
Ce qui définit le caractère scientifique d’une discipline c’est son adossement à des lois qui rendent reproductibles et vérifiables les expériences menées dans son champ d’application par lesquelles on pourra obtenir une connaissance exacte et approfondie du sujet observé.Read more

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Introduction

Ce titre a quelque chose du pléonasme. En effet, l’hérétique est celui qui prend la liberté de ne pas suivre la voie bétonnée de la dogmatique imposée par les religions dominantes. Son choix est ailleurs ; dans la recherche d’une voie singulière, tracée à l’aide de connaissances ou d’intuitions qui ne peuvent qu’étonner et parfois même révolter ceux qui se croyaient sur la seule route possible et qui, en découvrant ces choix différents, sentent quelque peu les contraintes qu’ils ignoraient jusque là d’une voie dogmatique souvent déficiente, comme le chien de la fable sent tout à coup son collier face à la liberté du loup1.

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