Saint Jean, apôtre et évangéliste

Lecture des textes de la liturgie catholique

Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.

Saint Jean, apôtre et évangéliste

Pour les judéo-chrétiens Jean est à la fois l’apôtre — mais aussi le disciple — et l’auteur de l’Évangile qui lui est attribué.
Une réflexion plus sérieuse permet d’en douter ; de tous les évangiles retenus dans le canon, celui de Jean est le moins conforme à l’idée d’un Jésus descendant de David venu valider la Torah et en accomplir la parole. D’autre part, le Jean qui apparaît dans les Actes des apôtres, après la mort d’Étienne, est clairement un juif orthodoxe puisque convoqué devant le Sanhédrin, il en ressort libre de toute accusation de blasphème, contrairement à Étienne et à… Jésus rappelons-le.
Il est fort probable que le Jean, disciple et apôtre, n’ait jamais existé et fasse partie de la construction élaborée une à deux générations après les faits pour « habiller » la doctrine d’un substrat historique qui puisse la soutenir.
Quant au Jean qui aurait écrit le texte évangélique, daté du début du deuxième siècle, certains chercheurs proposent qu’il s’agisse d’Apollos, le disciple de Paul que ce dernier semble juger un peu trop avant-gardiste dans ses idées, comparativement à lui. Ce serait cohérent pour les dates, si on considère que son propos fut d’abord strictement verbal, mais recopié un peu après sa disparition par des membres de son entourage. Cela permettrait de mieux comprendre le style — qui n’a rien à voir avec un modeste pécheur — et le caractère plutôt révolutionnaire de son contenu. On pourrait même imaginer que si Apollos a prêché ce genre de point de vue, il n’est pas étonnant que Paul s’en soit ému et inquiété.

1re lecture :

Première lettre de Jean : 1, 1-4

1 – Ce qui était dès le principe, ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé et que nos mains ont touché de la parole de vie
2 – (car la vie s’est manifestée, nous l’avons vue, nous l’attestons, nous vous annonçons cette vie éternelle qui était chez le Père et s’est manifestée à nous),
3 – ce que nous avons vu et entendu, nous vous l’annonçons pour que vous ayez société avec nous. Et notre société est avec le Père et avec son Fils Jésus Christ.
4 – Nous vous écrivons cela pour que notre joie soit complète.

Mon analyse :
En copiant le style du prologue de Jean, l’auteur de cette lettre veut valider son lien avec lui. Mais son propos est plus terre à terre et moins élevé. Il ne s’agit que de convaincre des foules de la valeur de sa lecture. Avec sa communauté il veut se faire le porteur d’un message direct.

Psaumes : 97 (Vulgate 96), 1-2, 5-6, 11-12

1 – Iahvé est roi ! Qu’exulte la terre et se réjouissent les îles nombreuses !
2 – Un épais nuage est autour de lui, justice et jugement sont la base de son trône.
5 – les montagnes fondent comme de la cire, en présence de Iahvé, en présence du Seigneur de toute la terre.
6 – Les cieux annoncent sa justice et tous les peuples voient sa gloire ;
11 – la lumière se lève pour le juste et la joie pour ceux qui ont le cœur droit.
12 – Justes, réjouissez-vous en Iahvé et rendez grâce à son saint nom !

Mon analyse :
À première vue on pourrait penser qu’il s’agit d’un texte de glorification de Dieu, mais certains détails montrent que l’on est en train de glorifier le démiurge. En effet, point de référence à l’amour, à la compassion, aux soutien des lus faibles. Non, ce qui est valorisé c’est la justice et le jugement ; en outre Iahvé provoque la destruction par sa seule présence. Aucun doute, ce dieu-là n’est pas Dieu !

Évangile selon Jean : 20, 2-8

2 – Alors elle court, et elle arrive près de Simon Pierre et de l’autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : Ils ont enlevé du tombeau le Seigneur et nous ne savons pas où ils l’ont mis.

Mon analyse :
Comme il est de coutume, dès que le sabbat se termine, les femmes vont réaliser les actes de thanatopraxie nécessaires à l’ensevelissement du corps. Mais là, c’est Marie Madeleine qui s’en charge. Or, elle n’est pas de la famille. Comment ne pas voir dans ce texte la reconnaissance d’une place particulière attribuée à Marie ? Pour autant, elle est respectueuse des usages et de sa place de femme dans la société juive : elle n’entre pas et va rendre compte à l’autorité de la communauté, c’est-à-dire Pierre.

3 – Pierre sortit avec l’autre disciple pour venir au tombeau.
4 – Ils couraient tous deux ensembles, mais l’autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau.
5 – Il se pencha et vit les bandelettes par terre, mais il n’entra pas.
6 – Simon Pierre qui le suivait arrive alors et entre dans le tombeau. Il voit les bandelettes par terre,
7 – et le suaire de la tête non pas par terre avec les bandelettes, mais roulé dans un lieu à part.
8 – Alors l’autre disciple qui était arrivé le premier au tombeau, entra aussi, regarda et eut foi.

Mon analyse :
Cette partie montre Jean sous un jour favorable. Jean arrive le premier au tombeau. Est-ce en raison d’une meilleure forme physique, car il est manifestement plus jeune ? Est-ce parce qu’il est porté par une foi plus grande ? Cependant, il respecte l’ancien et le laisse entrer en premier malgré le fait qu’il a constaté l’absence du corps de Jésus. Dès qu’il entre, contrairement à Pierre qui n’a fait que constater la situation, il comprend et il a foi. On comprend qu’il s’agit bien d’instituer la base de la foi judéo-chrétienne : Jésus homme, né d’une femme par la volonté de Dieu, est bien mort, mais il est ressuscité de façon indiscutable puisque validé par l’autorité supérieure de la communauté.

Voici comment je reçois ces textes.