Notre maison cathare

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Notre maison cathare

À l’heure où nous nous apprêtons à consacrer notre Rencontre annuelle à la communauté ecclésiale, il me semble important de faire le point sur la mise en place prochaine d’une communauté évangélique qui sera le point d’orgue de cette communauté ecclésiale.
En effet, comme nous aurons l’occasion de le dire, les croyants ont pour objectif personnel de se diriger sur le chemin qui mène à la bonne fin, or cette dernière ne peut se réaliser que dans une vie évangélique au sein d’une communauté réunissant novices et bons-chrétiens. Il est donc clair que pour l’ensemble des croyants, la mise en place de telles communautés est essentiel à leur propre avenir car, s’ils ne permettent pas à ceux qui sont prêts à entrer en noviciat de le faire, ils se ferment pour eux-mêmes tout espoir de bonne fin.

Éléments structuraux

Pour structurer une communauté évangélique cathare il faut plusieurs éléments essentiels. Les deux premiers sont des éléments humains, c’est-à-dire des croyants qui vont s’investir selon leurs capacités pour permettre l’installation physique et le développement technique de l’espace de vie et de formation des novices, et des novices qui vont faire le choix de vivre dans le respect de la règle de justice et de vérité de façon quotidienne et surtout permanente, loin de nos rendez-vous ponctuels ou d’expériences limitées dans le temps.

Le choix des éléments matériels dépendra des deux premiers que je viens de citer. Combien sommes-nous réellement de croyants, c’est-à-dire de personnes qui sont non seulement intimement convaincues de la validité des choix doctrinaux du catharisme, mais qui sont également disposés à mettre toutes leurs forces au service de cette résurgence. Car l’un ne va pas sans l’autre et je dirais même que c’est la conjonction de ces deux éléments qui détermine l’état de croyant — quand ils sont réunis — de celui de sympathisant (ou d’auditeur) quand il n’y a que le premier. Combien parmi nous sont prêts, en toute liberté et sans la moindre contrainte à s’engager dans un noviciat respectueux des critères déterminés par la doctrine cathare ? Car il n’y a pas que les croyants qui ont des obligations. Le catharisme n’est pas une auberge espagnole où l’on viendrait s’installer en ne prenant que ce qui nous convient de la règle de justice et de vérité et en adaptant le reste à nos envies de confort ou de tranquillité.

Maintenant se pose une vraie question. Les bons-chrétiens ne demeuraient jamais seuls. Est-ce que cette obligation impose de ne mettre en place une communauté qu’à partir du moment où il y aura au moins deux candidats à un tel engagement ? Pour ma part, je pense qu’aucune contrainte mondaine ne doit venir contrecarrer une démarche spirituelle car le catharisme ne doit rien au monde. Par conséquent, surtout si l’on considère que le noviciat est une période où l’on demeure un simple croyant, je ne vois aucune nécessité de retarder un engagement personnel et donc de restreindre une aspiration pour des motifs d’organisation mondaine. Donc, même s’il ne devait y avoir qu’une seule personne prête à s’engager en noviciat, elle ne devrait pas attendre que d’autres soient prêts à la rejoindre.

Sur le plan matériel, la ou les personnes qui feront le choix de s’engager en vie évangélique — selon la règle de justice et de vérité pleinement acceptée et mise en pratique — devront déterminer un espace où mener ce noviciat. S’il n’y a en pratique aucune limite à ce choix, qu’il s’agisse d’un appartement en location, d’une yourte dans un champ ou d’une construction en dur sur un terrain adapté, il faut que l’on ait à l’esprit la nécessité de donner à ce lieu la fonction ecclésiale qui lui reviendra de fait, à savoir pouvoir accueillir croyants et sympathisants désireux de participer à des retraites spirituelles et aux activités cultuelles.
C’est pourquoi, dans l’état actuel de mes réflexions, il me semble important de se doter d’emblée des outils permettant l’installation durable d’un espace d’accueil de la communauté ecclésiale. Cela passe donc à mon avis par l’achat d’un terrain où seront construits, d’emblée ou au fur et à mesure des locaux d’hébergement des novices en formation et, plus tard, des bons-chrétiens reconnus et des locaux destinés à la tenue des cultes, pour employer le terme réglementaire reconnu par les autorités civiles françaises. Cette présentation n’est pas anodine car elle permet de mettre ces locaux et ce terrain sous la responsabilité d’une association couverte à la fois par la loi de séparation des Églises et de l’État (loi de 1905) et par celle de la libre association de personnes (loi de 1901). La première présentant l’avantage d’autoriser les dons et legs permettant une déduction fiscale pour le donateur et une exemption de charges pour le récipiendaire. Il sera ainsi possible de mettre en commun nos moyens financiers à usage d’achat et de d’entretien des lieux réservés au culte et à l’accueil des « ministres du culte » et des personnes en formation sans voir ces fonds fortement amputés de taxes diverses. L’autre avantage sera que les novices et futurs bons-chrétiens pourront vivre sans être propriétaires de quoi que ce soit et ne devront que payer leur part pour le loyer et la pension sans pour autant devoir investir de grosses sommes pour s’installer.

Organisation des lieux

Cela fait longtemps que je cherche des moyens d’installation dont les coûts seraient compatibles avec les moyens forcément réduits qui seront les nôtres au début de ce projet.
Une des meilleures solutions, dans l’hypothèse d’un achat, serait de trouver un terrain constructible disposant d’une ruine qui nous donnerait droit à construction sur une surface au moins égale à celle de la ruine. Bien entendu, le plus important est de s’assurer auprès de la mairie d’un accord formel pour ce projet afin d’éviter d’engager des fonds et de se retrouver sans permis de construire au dernier moment.

Une fois le terrain acquis, la construction dépendra du nombre de personnes prêtes à s’engager en vie évangélique et des fonds dont nous disposerons pour la construction.
À titre d’exemple, une maison de 100 m2, revient entre 80 000 et 200 000 € selon le choix technique retenu et la part de réalisation individuelle que chacun peut effectuer.
Mais, s’il y a peu de moyens ou s’il n’y a pas suffisamment de candidats au noviciat, le choix d’une construction plus modeste peut s’avérer judicieux en attendant que les choses évoluent. J’avais dans un précédent document présenté l’hypothèse d’une construction individuelle à base de conteneur maritime de 12 m qui permet de réaliser un studio d’environ 25 m2, ce qui est largement suffisant pour une personne.

Une construction individuelle peut permettre de vivre sur place pour poursuivre à un rythme compatible avec les moyens disponibles la construction des autres locaux. Ce studio pouvant très bien ensuite devenir un lieu d’accueil pour des personnes de passage si le novice s’installe secondairement dans un lieu de vie commun avec d’autres novices qui l’auront rejoint ensuite.
Ce qui importe est de commencer l’ensemble des travaux de façon à ce que le permis de construire demeure valide et ne puisse être remis en question.

Problématiques relationnelles

Si la communauté ecclésiale ne doit s’inquiéter de ce sujet pour ce qui est de son fonctionnement interne, la Bienveillance qui nous unit aplanit bien des difficultés, il ne faut pas négliger les éventuelles réticences qu’une installation physique d’une telle communauté de vie ne manqueront pas de susciter. Ce n’est pas en mettant la tête dans le sable qu’elles disparaîtront comme par enchantement. D’autant que je trouve qu’elles peuvent être légitimes dans le contexte actuel qui voit régulièrement la chronique judiciaire s’enrichir d’affaires de manipulation et d’escroquerie sous couvert de communautés qui sont souvent des organisations sectaires.

Il est évident que le maire que nous contacterons, après avoir trouvé sur sa commune un terrain nous convenant, ne manquera pas de s’interroger sur notre démarche.
Il me semble indiscutable que nous ne pouvons pas cacher de quelque façon que ce soit notre objectif à ce maire sous prétexte d’éviter de l’inquiéter et de risquer son refus.

Il faut donc se mettre dans les meilleures conditions pour que ce maire dispose d’une information complète sur nos choix et qu’il comprenne que l’installation d’une communauté évangélique sera sans risque de troubles à la tranquillité de sa commune, mais devrait logiquement lui être bénéfique en raison du caractère pacifique et altruiste d’une telle communauté.
Il faut aussi bien choisir le moment pour faire notre demande afin que la maire soit dégagé des urgences liées à l’installation de son mandat et qu’il dispose du temps nécessaire pour démontrer à ses administrés que son choix s’est révélé effectivement positif et qu’ils n’ont pas à lui en tenir rigueur. C’est pourquoi je pense qu’il faut attendre au moins un an avant de lancer ce projet sans laisser passer plus de trois ans afin que la communauté puisse vivre sur le terrain au moins deux années avant les échéance électorales suivantes. Cela peut paraître trivial mais, comme dans bien des domaines dans ce monde, ceux qui ne partagent pas notre façon de voir aiment disposer de garanties sérieuses avant de s’engager et ce n’est pas à nous de les juger.

Bien entendu, une fois installée, la communauté évangélique devra veiller à créer et maintenir les meilleures relations possibles avec son entourage communal, à la fois par des échanges matériels et commerciaux et par des actions d’assistance et de soutien aux personnes qui en auraient besoin dans le cadre de nos pratiques bienveillantes. De même, les croyants et sympathisants en visite devront veiller à ne pas perturber la vie locale.

Organisation financière

Nous en avons déjà parlé mais ce point est trop important pour ne pas le mettre en avant régulièrement.
Dans ce monde il faut respecter les règles du pays où nous vivons et nous adapter à ses exigences réglementaires pour vivre en paix avec notre entourage.
Comme je l’ai dit, la loi de 1905 permet d’installer physiquement une Église cathare en mutualisant les moyens financiers dont chaque croyant dispose et en limitant les impôts et taxes qui obèreraient grandement l’enveloppe disponible.

Cependant, chacun de nos choix comportera des avantages et des inconvénients. La loi de 1905 est extrêmement restrictive quant à l’objectif donné à l’association cultuelle et à l’utilisation des fonds qu’elle va recueillir. Il faut donc veiller à bien respecter cette contrainte au risque sinon de nous voir refuser ce statut très avantageux par ailleurs. Il faudra aussi être d’une totale transparence en ce qui concerne la gestion financière de cette association. Cela aura d’ailleurs l’avantage de ne laisser planer aucun doute sur le limpidité de nos intentions. D’ailleurs les organismes aux objectifs obscurs évitent soigneusement ce mode d’organisation réglementaire pour cette raison.

Pour tout ce qui ne pourra pas entrer dans ce cadre étroit, il conviendra de créer des structures adaptées, comme des associations dédiées à chacune des nécessités que nous choisiront de retenir. Je pense notamment à l’hébergement des visiteurs, aux activités professionnelles que nous pourrions mettre en place, à l’achat de terrains non directement liés à la pratique des cultes, etc. Le statut associatif n’interdit pas de collecter de l’argent pour réaliser des actions tout en conservant aux donateurs la capacité de récupérer leurs fonds à terme et sans d’obligation en terme de taxes et d’imposition, sauf si le prêt se transforme en don ensuite. Une association de ce type (loi de 1901) peut très bien louer des locaux qu’elle aurait construit à l’association cultuelle (loi de 1905) qui en aurait l’usage pour réaliser les activités cultuelles (rituels) ou l’hébergement des « ministres du culte » et des novices en formation.

Il me semble important de lancer rapidement une action de collecte de fonds, d’abord par un travail d’économie individuel, puis d’ici un an environ par la constitution des structures dont je viens de parler afin de les doter de moyens financiers qui détermineront les capacités d’achat et donc, le choix du terrain et des locaux. Nous en avions déjà parlé et je sais que certains d’entre-nous ont déjà commencé à mettre de côté de l’argent dans ce but. C’est notre mission de croyant et participer à ce travail de collecte, sans mettre nos finances personnelles en danger et sans déborder sur la part qui revient légitimement à nos proches, tout au moins s’ils ne sont pas impliqués dans la projet ou pas en état d’émettre un avis.

Pour se faire une idée de la mise en œuvre de ce projet, il me semble qu’il serait bon que les personnes désireuses de participer se fassent connaître, sans indiquer le montant de leur participation mais simplement en indiquant qu’elles commencent à épargner dans ce but ou qu’elles disposent déjà de fonds qu’elles réservent à cet usage. D’ici un an nous feront alors le point sur le nombre de personnes impliquées et nous verront quelle structure juridique nous pouvons constituer pour mener notre projet à bien.

Posons en quelque sorte la première pierre de notre maison cathare !

Éric Delmas, le 23/02/2014.

Voir aussi le projet de construction d’un système avec deux conteneurs accolés pour répondre aux normes liées au handicap et à l’ajout de contenurs additionnels au fur et à mesure de l’engagement de nouveaux habitants.

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