Transfiguration de notre Seigneur

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Lecture des textes de la liturgie catholique

Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.

Messe de la transfiguration de notre Seigneur

L’épisode de la transfiguration est raconté dans les trois évangiles synoptiques. Plusieurs éléments de sa narration font référence à l’Ancien Testament (lieu et personnages), ce qui interroge sur sa validité et surtout sur ses objectifs. Il est clair qu’il vise avant tout à rattacher Jésus à la tradition vétéro-testamentaire, comme on le voit par les emprunts nombreux à Daniel.

1re lecture :

Le livre de Daniel : 7, 9-10. 13-14

9 – Je regardais jusqu’à ce que des trônes furent placés et qu’un ancien des jours s’assit : son habit, blanc comme la neige ; les cheveux de sa tête purs comme la laine ; son trône, des flammes de feu, et ses roues, de feu ardent.
10 – Un fleuve de feu coulait et jaillissait de devant lui. Mille milliers le servaient, et une myriade de myriades se tenaient debout devant lui. Le tribunal s’assit et les livres furent ouverts.
13 – Je regardais dans mes visions nocturnes, et voici, avec les nuées du ciel, venait comme un fils d’homme ; il s’avança jusqu’à l’ancien des jours et on le fit approcher devant lui.
14 – À lui furent donnés la domination, la gloire et le règne, et tous les peuples, les nations et les langues le servirent. Sa domination est une domination éternelle qui ne passera pas, et son royaume ne sera pas détruit.

Mon commentaire :
L’ancien des jours est le nom donné à Dieu, qui est là de tous temps. Nous retrouvons dans ce texte l’emphase destinée à pétrifier les âmes sensibles. Mais, et c’est ce qui nous interpelle, nous y retrouvons des éléments réutilisés dans les évangiles, ce qui confirme bien qu’elles ne sont en aucune façon des textes racontant un événement vécu au début de notre ère. L’expression : « comme un fils d’homme » est très importante, car elle confirme que Christ, appelé Jésus par certains n’a pu s’incarner réellement. Il s’agissait bien, au mieux, d’une apparence. Aujourd’hui nous dirions d’une illusion destinée à tromper le monde malin. D’ailleurs, seuls les démons s’avèrent capables de reconnaître Christ derrière Jésus, si l’on en croit les évangiles.
La domination, la gloire et le règne rappellent la doxologie injectée dans le Pater par la Didachè : À toi le règne, la puissance et la gloire ! Encore un point qui justifie de la retirer de notre texte.

Psaumes : 97 (Vulgate 96), 1-2, 4-5, 6. 9

Iahvé souverain roi
1 – Iahvé est roi ! Qu’exulte la terre et se réjouissent les îles nombreuses !
2 – Un épais nuage est autour de lui, justice et jugement sont la base de son trône.
4 – Ses éclairs illuminent le monde, la terre le voit et tremble
5 – les montagnes fondent comme de la cire, en présence de Iahvé, en présence du Seigneur de toute la terre.
6 – Les cieux annoncent sa justice et tous les peuples voient sa gloire ;
9 – Car toi, Iahvé, Très-Haut sur toute la terre, tu t’élèves bien au-dessus de tous les dieux !

Mon commentaire :
À première vue on pourrait penser qu’il s’agit d’un texte de glorification de Dieu, mais certains détails montrent que l’on est en train de glorifier le démiurge. En effet, point de référence à l’amour, à la compassion, aux soutiens des plus faibles. Non, ce qui est valorisé c’est la justice et le jugement ; en outre Iahvé provoque la destruction par sa seule présence. Aucun doute, ce dieu-là n’est pas Dieu !

2e lecture :

Seconde lettre de Pierre : 1, 16-19

16 – En effet ce n’est pas suivant des mythes sophistiqués que nous vous avons fait connaître la puissance et l’avènement de notre seigneur Jésus Christ, c’est pour nous être aperçus de sa magnificence.
17 – Oui, il reçut de Dieu le Père honneur et gloire quand, de la gloire magnifique, lui parvint cette voix : Celui-ci est mon fils, mon aimé, celui que j’ai bien voulu.
18 – Cette voix venue du ciel, nous l’avons entendue quand nous étions avec lui sur la sainte montagne ;
19 – aussi tenons-nous plus fermement la parole prophétique à laquelle vous faites bien de prendre garde comme à une lampe qui brille dans un lieu misérable jusqu’à ce que transparaisse le jour et que se lève dans vos cœurs Lucifer.

Mon commentaire :
Pierre montre bien la volonté de son groupe, valider sa position par référence à des événements merveilleux, comme nous venons de la voir dans Daniel. Il ne faut pas chercher plus loin la logique de ces « emprunts » aux textes vétéro-testamentaires.

Évangile selon Matthieu : 17, 1-9

1 – Six jours après, Jésus prend Pierre, Jacques et Jean, son frère, et les emmène sur une haute montagne, à l’écart.
2 – Et il fut transfiguré devant eux, sa face brilla comme le soleil, ses vêtements devinrent blancs comme la lumière,
3 – Et voilà qu’ils virent Moïse et Élie parler avec lui.
4 – Pierre dit à part à Jésus : Seigneur, il est bon d’être ici, si tu veux, je vais faire ici trois abris, un pour toi, un pour Moïse et un pour Élie.
5 – Comme il parlait encore, voilà qu’une nuée lumineuse les couvrit et que, de la nuée, une voix dit : Celui-ci est mon fils, l’aimé dont je suis content, écoutez-le.
6 – À cette parole, les disciples tombèrent sur la face et furent fort effrayés,
7 – Jésus s’approcha, les toucha et leur dit : Relevez-vous et ne vous effrayez pas.
8 – Ils levèrent les yeux et ne virent plus personne sinon Jésus seul.
9 – Comme ils descendaient de la montagne, Jésus leur commanda : Ne parlez de cette vision à personne, jusqu’à ce que le fils de l’homme se relève d’entre les morts.

Mon commentaire :
Jésus emmène avec lui trois témoins pour qu’ils assistent à sa transfiguration. D’une part, cela permet de confirmer que la pure logique voudrait que l’on admette que Jésus n’a pas un corps charnel. En fait, c’est sa vraie nature qui apparaît. Deux autres esprits apparaissent aussi. D’autre part, les disciples venus pour témoigner plus tard, ne comprennent pas ce qu’ils voient et entendent. Au point que Pierre propose d’établir un campement pour ces êtres dont il sait pourtant qu’ils sont morts depuis longtemps. Et quand la voix se fait entendre, ils prennent peur. Cela confirme que les disciples, même les plus proches de Jésus, sont clairement incapables de se hisser intellectuellement au niveau requis pour transmettre correctement le message christique. Seul Paul atteindra ce niveau.

Voici comment je reçois ces textes.

Guilhem de Carcassonne.

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