Sainte-Marie, mère de Dieu

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Lecture des textes de la liturgie catholique

Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.

Messe dominicale de Sainte-Marie, mère de Dieu

1re lecture :

Nombres : 6, 22-27

22 – Puis Iahvé parla à Moïse, en disant :
23 – « Parle à Aaron et à ses fils en disant : Ainsi vous bénirez les fils d’Israël, vous leur direz :
24 – Que Iahvé te bénisse et te garde !
25 – Que Iahvé fasse briller sa face sur toi et te fasse grâce !
26 – Que Iahvé lève sa face vers toi et t’accorde la paix !
27 – Ainsi mettront-ils mon nom sur les fils d’Israël et, moi, je les bénirai. »

Mon commentaire :
La nécessité sacramentelle s’impose dans le Judaïsme ; rien ne peut être fait dans la simplicité et l’humilité. Les rites et les sacrifices sont présentés comme exigés par Iahvé alors qu’ils ne sont destinés qu’à frapper l’imaginaire d’un peuple très frustre. C’est une façon pour les élites de maintenir leur pouvoir.

Psaumes : 67 (Vulgate 66), 2-3, 5, 6-8

Psaume universaliste
2 – Qu’Élohim ait pitié de nous et nous bénisse, qu’il fasse briller sa face sur nous !
3 – Afin que l’on connaisse ta voie sur la terre, ton salut parmi toutes les nations.
5 – Que les peuplades se réjouissent et jubilent ! Car tu juges les peuples avec droiture et les peuplades, tu les guides sur la terre !
6 – Que les peuples te rendent grâce, Élohim, que tous les peuples te rendent grâce !
7 – La terre a donné ses produits, Élohim, notre Dieu, nous bénit :
8 – que nous bénisse Élohim et que le craignent tous les confins de la terre !

Mon commentaire :
Le choix du texte met en relation ce psaume avec le texte précédent. On y rajoute opportunément la nécessité de craindre Dieu. Ainsi la relation est claire ; elle n’est pas basée sur la Bienveillance mais sur la crainte.

2e lecture :

Lettre de Paul aux Galates : 4, 4-7

4 – et quand est venue la plénitude du temps, Dieu a envoyé son fils, né d’une femme, né sous la Loi,
5 – pour racheter ceux qui étaient sous la Loi, pour que nous recevions l’adoption.
6 – Et parce que vous êtes des fils, Dieu a envoyé dans nos cœurs l’esprit de son fils, qui crie : Abba ! Père.
7 – De sorte que tu n’es plus esclave mais fils, et si tu es fils ; tu es aussi héritier par Dieu.

Mon commentaire :
Le verset 4 semble être né sous le calame d’un scribe judéo-chrétien. En effet, il valide la fable du fils de Dieu né d’une femme. Certes, Paul aurait pu l’écrire dans le respect des récits qui se propageaient à son époque, mais le verset 6 introduit une autre hypothèse. Face au personnage bicéphale Jésus, homme et Dieu, il décrit une entité strictement spirituelle et qui s’adresse à notre propre spiritualité, comme cela s’est passé pour lui sur le chemin de Damas. Et c’est lui qui nous libère à la fois de nos chaînes mondaines et de nos croyances. Il est clair que cette partie est de Paul.

Évangile selon Luc : 2, 16-21

16 – Ils se dépêchèrent de venir, trouvèrent Marie et Joseph, et l’enfant couché dans la mangeoire.
17 – À cette vue, ils firent connaître ce qu’on leur avait dit de cet enfant.
18 – Et tous ceux qui les entendirent s’étonnèrent de ce que les bergers leur disaient.
19 – Et Marie gardait toutes ces paroles et y réfléchissait dans son cœur.
20 – Les bergers s’en retournèrent, ils glorifiaient et louaient Dieu de toutes les choses qu’ils avaient vues et entendues telles qu’on les leur avait dites.
21 – Le huitième jour, celui de sa circoncision, on l’appela Jésus, du nom que l’ange lui avait donné avant qu’il fût conçu.

Mon commentaire :
Ce chapitre montre le caractère tardif de sa rédaction. En effet, la naissance de Jésus fut inventée plus tardivement dans une tradition qui se concentrait sur la passion et quelques miracles. Or, les autres évangiles parlent peu ou pas de cette période. Le caractère merveilleux et misérable à la fois est clairement là pour l’édification des masses populaires. Enfin, le rappel à la loi mosaïque de la circoncision ancre cet événement fictif dans la tradition juive. Le seul point intéressant est le caractère peu glorieux de ce messie. Mais face à la réalité d’un personnage inventé, donc inconnu des contemporains, il était difficile d’en faire un être éclatant. David revenant comme messie guerrier aurait été plus prestigieux.

Voici comment je reçois ces textes.

Guilhem de Carcassonne.

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