Saint Matthias, apôtre

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Lecture des textes de la liturgie catholique

Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.

Messe de saint Matthias, apôtre

Cet apôtre est souvent désigné par d’autres noms : la version syriaque d’Eusèbe de Césarée l’appelle « Tolmai » (ce qui pourrait indiquer qu’il est le père de Barthélemy, celui-ci étant souvent nommé bar Tolmai dans les sources en syriaque où bar signifie fils). Pour Clément d’Alexandrie Matthias est Zachée, qui signifie « le Juste » en araméen et pourrait donc être un pseudonyme. Hilenfeldpense qu’il s’agit de Nathanaël mentionné dans l’évangile attribué à Jean, alors que dans la tradition chrétienne Nathanaël et Barthélemy sont la même personne, l’indication de bar Tolmai pouvant signifier que Matthias (aussi appelé Tolmai) est le père de Nathanaël bar Tolmai.
D’après Nicéphore Calliste (Historia eccl. 2 40), Matthias prêcha la bonne parole en Judée, puis en Ethiopia (comprise comme un synonyme pour la Colchide) et fut crucifié en Colchide.
Le Synopsis de Dorothée contient cette tradition : « Matthias prêcha la bonne parole aux barbares et aux anthropophages en Ethiopia, où se trouve le port de mer d’Hyssus, à l’embouchure de la rivière Phasis. Il mourut à Sebastopolis, et y fut incinéré, près du Temple du Soleil ».
Les Actes d’André et de Matthias (apocryphe copte) situent également les activités de Matthias dans « la ville des cannibales », en Éthiopie.
Une autre tradition continue à affirmer que Matthias fut lapidé à Jérusalem par les Juifs, et qu’il fut ensuite décapité (cf. Tillemont, Mémoires pour servir à l’histoire ecclésiastique des six premiers siècles 1 406-7).

Cette œuvre est perdue, mais Clément d’Alexandrie (Stromates3 4) rapporte une phrase que les Nicolaitains attribuent à Matthias : « nous devons résister à notre chair, ne lui attribuer aucune valeur, et ne rien lui concéder pour la flatter, mais plutôt renforcer l’élévation de notre âme au moyen de la foi et la connaissance ».
L’Évangile de Matthias est cité par Origène (Homélie à Luc) ; par Eusèbe de Césarée (Histoire ecclésiastique 325), qui l’attribue à des hérétiques ; par Jérôme (Præf. in Matth.), et dans le Decretum Gelesianum (VI, 8) qui le déclare apocryphe. Il vient en fin de liste du Codex Barroccianus (206).
L’Évangile perdu est probablement le document dont Clément d’Alexandrie cita plusieurs passages, disant qu’’ils étaient empruntés aux Traditions de Matthias, Paradoseis « Paradoxes », témoignage qu’il prétendait avoir été évoqués par les hérétiques Valentinius, Marcion, et Basilide (Stromates717). D’après Philosophoumena7 20, Basilide cite des discours apocryphes qu’il attribue à Matthias. Ces trois écrits : l’évangile, les Traditions, et les Discours apocryphes furent identifiés par Zahn (Gesch. des N. T. Kanon, II, 751), mais Harnack (Chron. der altchrist. Litteratur, 597) la réfute. (source Wikipédia)

Mon avis :
Intéressant que ce personnage, pris comme pis-aller à la défection de Judas, ait pu prononcer cette phrase (en gras ci-dessus) tellement proches des idées cathares, au point d’avoir intéressé Valentin Marcion et Basilide.

1relecture :

Actes des apôtres : 1, 15-17. 20-26

15 – En ces jours-là, Pierre se leva au milieu des frères et dit (il y avait à cette réunion une foule d’environ cent vingt personnes) :
16 – Frères, il fallait que soit remplie cette écriture, que l’Esprit saint avait dite d’avance par la bouche de David, au sujet de Judas qui s’est fait le conducteur de ceux qui ont pris Jésus ;
17 – car on le comptait parmi nous, et le même service lui était échu.
20 – Car il est écrit, au livre des Psaumes : Que son enclos devienne désert et n’ait plus d’habitant, et : qu’un autre prenne sa charge.
21 – Il faut donc que, parmi les hommes qui ont été avec nous tout le temps que le seigneur Jésus allait et venait parmi nous,
22 – à commencer du baptême de Jean et jusqu’au jour où il nous a été enlevé, quelqu’un soit, avec nous, témoin de sa résurrection.
23 – Ils en retinrent deux : Joseph, appelé Barsabbas, qui a été surnommé Justus, et Matthias.
24 – Et ils prièrent ainsi : Seigneur, toi qui connais tous les cœurs, désigne, de ces deux-là, celui que tu as choisi
25 – pour prendre, dans ce service et cette mission, la place que Judas a laissée de côté pour s’en aller à sa propre place.
26 – On les fit tirer au sort et le sort tomba sur Matthias, qui fut adjoint aux onze apôtres.

Mon analyse :
Pierre revient à la loi juive pour justifier l’élection du remplaçant de Judas. Cependant, ce qui intrigue, c’est la description de la mort de Judas qui diffère totalement de celle décrite dans l’Évangile selon Matthieu (27, 5). La volonté d’en faire une sanction divine est manifeste alors que Matthieu insiste sur le remord. Le choix de Matthias comme apôtre du premier cercle repose sur un tri effectué par les disciples et une onction divine qui permet de la justifier aux yeux des foules. En effet, après la défection de Judas, il faut expliquer comment Jésus a pu st tromper. Cela est fait par le rappel aux Écritures et permet donc d’en faire une volonté divine, certes pour le moins perverse.
Du point de vue cathare, cela nous rappelle que l’on n’est jamais assuré de rien, et que même
parvenu au stade de Bon-Chrétien, la chute est toujours possible. Rainier Saconni en est un exemple terrible.

Psaumes : 113 (Vulgate 112), 1-2, 3-4, 5-6, 7-8

1 – Alléluia ! Louez, serviteurs de Iahvé, louez le nom de Iahvé !
2 – Que soit béni le nom de Iahvé, dès maintenant et à jamais !
3 – Du lever du soleil jusqu’à son couchant loué soit le nom de Iahvé !
4 – Il est élevé au-dessus de toutes la nations, Iahvé, sa gloire est au-dessus des cieux.
5 – Qui est comme Iahvé, notre Dieu, lui qui siège dans les hauteurs,
6 – qui s’abaisse pour regarder sur les cieux et sur la terre,
7 – lui qui relève le pauvre de la poussière, du fumier il fait remonter l’indigent,
8 – pour le faire asseoir avec les nobles, avec les nobles de son peuple,

Mon analyse :
Ce psaume est tout entier destiné à faire de Iahvé une description louangeuse, même si par moment on peut se demander ce que mérite Iahvé comme louange pour avoir seulement réparé ce qu’il a provoqué (la ruine du pauvre et de l’indigent). Pourquoi avoir omis la fin de phrase et du texte (v. 9) qui est exactement dans le même ton ? Mystère !

Évangile selon Jean : 15, 9-17

9 –Je vous ai aimé comme le Père m’a aimé. Demeurez en mon amour.
10 – Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez en mon amour, comme j’ai gardé les commandements de mon Père et demeure en son amour.
11 – Je vous l’ai dit pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit complète.
12 – Mon commandement est que vous vous aimiez les uns les autres comme je vous ai aimés.
13 – Personne n’a de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis.
14 – Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande.

Mon analyse :
Voilà le commandement. Il est seul et unique, simple et clair, profond et impératif. Il dépasse la valeur de toute chose mondaine, y compris la vie. Si quelque chose est vraiment fait par amour, peut importe ses répercussions sur le monde, y compris sur la vie de celui qui agit en amour.

15 – Je ne vous dis plus mes esclaves, car l’esclave ne sait pas ce que fait son seigneur, mais je vous dis amis, car je vous ai fait savoir tout ce que j’ai entendu de mon Père.

Mon analyse :
Encore un point crucial. Jésus n’enseigne pas un secret, il ne cache pas son message dans les méandres d’une théorie ésotérique mystique. Le message est clair car il est destiné à être entendu de tous et compris de tous. Tout ce qui doit être connu est dit. Ne cherchons pas un message caché car il pourrait nous empêcher de comprendre le message visible.

16 – Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis. Je vous ai établis pour que vous alliez porter du fruit, un fruit qui demeure, et pour que le Père vous donne ce que vous lui demanderez en mon nom.
17 –Ce que je vous commande, c’est de vous aimer les uns les autres.

Mon analyse :
Autre point, aussi peu aptes que nous soyons à comprendre le message de Jésus, c’est lui qui nous choisit pour le recevoir, le faire mûrir et le transmettre. Le commandement est encore répété afin d’en confirmer la simple vérité.

Voici comment je reçois ces textes.

Éric Delmas.

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