Nativité de saint-Jean baptiste

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Lecture des textes de la liturgie catholique

Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.

Messe de la nativité de saint Jean baptiste

Jean le Baptiste ou Jean Baptiste est un personnage majeur du christianisme et de l’islam. Sur le plan historique, il fut un prédicateur juif du temps de Jésus de Nazareth.
L’Évangile selon Jean localise l’activité du Baptiste sur les rives du Jourdain et à Béthanie au-delà du Jourdain. Jésus semble avoir recruté ses premiers apôtres dans son entourage. Les évangiles synoptiques synchronisent le début de l’activité de Jésus avec l’emprisonnement de Jean.
L’audience de ce prophète apocalyptique n’a cessé de croître, au point de susciter la réaction d’Hérode Antipas, qui, le voyant rassembler ses partisans, craint qu’il ne suscite une révolution. Dans les évangiles synoptiques, le Baptiste est mis à mort pour avoir critiqué le mariage d’Antipas avec Hérodiade.
Dans le christianisme, Jean le Baptiste est le prophète qui a annoncé la venue de Jésus de Nazareth. Il l’a baptisé sur les bords du Jourdain, laissant certains de ses disciples se joindre à lui. Précurseur du Messie, il est présenté dans les synoptiques comme partageant beaucoup de traits avec le prophète Élie, ce qu’il n’est pas dans l’Évangile selon Jean. Il est un saint. Deux fêtes lui sont consacrées dans le catholicisme : le 24 juin qui commémore sa naissance, fixée six mois avant Noël pour se conformer au récit d’enfance de l’Évangile selon Luc, et le 29 août qui célèbre la mémoire de sa décapitation ou sa décollation.
La religion mandéenne en fait son prophète principal. Il est considéré par l’islam comme un prophète descendant de ‘Îmran. (Source Wikipedia)

D’un point de vue cathare, les choses sont un peu différentes. Jean le baptiste est considéré, au mieux comme l’image de l’homme ancien, appelé à disparaître devant l’homme nouveau — symbolisé par Jésus — et au pire, comme un démon cherchant à égarer les hommes avec le baptême d’eau sans valeur face au baptême d’esprit. Dans l’Évangile selon Matthieu(XI, 11) Jésus dit : « Oui, je vous le dis, de ceux qui sont nés de femmes, il ne s’en est pas levé de plus grand que Jean Baptiste. Pourtant le plus petit dans le règne des cieux est plus grand que lui. » Il est donc présenté comme le plus grand prophète, mais aussi comme celui qui marque la fin du temps des hommes prisonniers du Mal. On note donc un temps de l’emprisonnement qui va de Adam à Jean Baptiste et un temps de l’éveil et de la résurrection qui commence à Christ.

1relecture :

Isaïe : 49, 1-6

1 – Îles écoutez-moi, peuplades au loin, soyez attentives : Iahvé m’a appelé, dès le ventre maternel ; dès les entrailles de ma mère, il a fait mention de mon nom.
2 – Il a rendu ma bouche semblable à un glaive tranchant, il m’a abrité dans l’ombre de sa main, il a fait de moi une flèche acérée, il m’a dissimulé dans son carquois,
3 – il m’a dit : « Tu es mon serviteur, Israël, toi par qui je me manifesterai glorieusement ».
4 – Mais, moi, j’ai dit : J’ai peiné pour rien, c’est pour le néant, c’est en vain que j’ai consumé ma force.  Cependant mon droit est auprès de Iahvé et ma récompense auprès de mon Dieu ;
5 – j’ai de la valeur aux yeux de Iahvé et mon Dieu est ma force. À présent Iahvé a parlé — lui qui m’a formé dès le ventre maternel pour être son serviteur, afin de ramener Jacob à lui et afin qu’Israël soit rassemblé auprès de lui —,
6 – et il a dit : « C’est peu que tu sois pour moi un serviteur, en relevant les tribus de Jacob et en ramenant ceux d’Israël qui ont été préservés ; je te destine à être la lumière des nations, pour que mon salut paraisse jusqu’à l’extrémité de la terre. »

Mon commentaire :
Cette partie est problématique car les traductions ont modifié la structure de la phrase. Cependant on peut noter que Iahvé commence par manifester un mépris envers Israël (qui est pour l’occasion à la fois homme et nation), alors que l’homme accepte cet état et en tire une certaine gloire. Finalement, Iahvé consent à rehausser l’homme mais toujours pour sa seule gloire. Comment voir en Iahvé un Dieu digne de ce nom ? En outre, Isaïe, par son manque de modestie, se fait voir comme une sorte de gourou sectaire.

Psaumes : 139 (Vulgate 138), 1-3. 13-14ab. 14c-15

L’omniprésence de Dieu
1 – Pour le coryphée ; De David. Psaume. Iahvé tu m’as scruté et tu me connais,
2 – tu sais quand je m’assieds et quand je me lève, tu discernes de loin ma pensée,
3 – tu m’examines, quand je voyage et quand je me couche ; de toutes mes voies tu es le témoin assidu
13 – C’est toi qui a créé mes reins, qui m’a tissé dans le ventre de ma mère.
14 – Je te rends grâce de ce que tu as accompli des prodiges merveilleux ; tes œuvres sont prodigieuses et mon âme le sait bien.
15 – Mes os ne t’étaient pas cachés, quand j’étais fait dans le secret, quand j’étais brodé dans les profondeurs de la terre.

Mon commentaire :
Ce psaume, sans doute choisi pour exprimer la création de l’être, est utilisé pour relier Jean à David et à la tradition qui en découle. Il est le « cousin » de Jésus.

2e lecture :

Actes des apôtres : 13, 22-26

22 – Puis Dieu l’a destitué et leur a suscité pour roi David, à qui il a rendu ce témoignage : J’ai trouvé David fils de Jessé, homme selon mon cœur et qui fera toutes mes volontés.
23 – C’est de la semence de cet homme que Dieu, selon sa promesse, a amené à Israël un sauveur, Jésus,
24 – alors que, dès avant son avènement, Jean proclamait un baptême de conversion à tout le peuple d’Israël.
25 – Et Jean, qui achevait sa course, disait : Je ne suis pas ce que vous supposez ! mais en voilà un qui vient après moi et dont je ne suis pas digne de délier la chaussure.
26 – Frères, vous les fils de la race d’Abraham, et vous qui craignez Dieu, c’est à vous que s’adresse cette parole qui sauve.

Mon commentaire :
Cette première partie de l’intervention de Paul montre une lecture de la mission de Jésus fortement anti judaïque car le verset 27 nous explique que la mort de Jésus fut l’accomplissement de la loi mosaïque et non un sacrifice. En même temps, elle est très judéo-chrétienne dans sa présentation d’un messie davidique. Il est donc clair qu’il s’agit d’un texte issu d’un scribe catholique désireux d’utiliser Paul à deux fonctions : soutenir les thèses catholiques et porter la responsabilité de l’antisémitisme judéo-chrétien.

Évangile selon Luc : 1, 57-66. 80

57 – Quand ce fut pour Élisabeth le temps d’enfanter, elle donna naissance à un fils.
58 – Ses voisins et ses parents apprirent que le Seigneur avait redoublé de miséricorde à son égard et ils se réjouissaient avec elle.
59 – Le huitième jour ils vinrent pour circoncire l’enfant et ils l’appelaient Zacharie, du nom de son père.
60 – Sa mère répondit : Non ! il s’appellera Jean.
61 – Ils lui dirent ; Il n’y a personne dans ta parenté qui soit appelé de ce nom !
62 – Ils demandaient par signes à son père comment il voulait qu’on l’appelle.
63 – Il demanda une tablette et écrivit : Son nom est Jean. Et ils furent tous étonnés.
64 – Mais tout de suite sa bouche s’ouvrit, sa langue se délia, il parlait et bénissait Dieu.
65 – La crainte fut sur tout le voisinage, toutes ces paroles étaient commentées dans toute la montagne de Judée,
66 – et tous ceux qui les entendaient les mirent dans leurs cœurs, ils disaient : Que sera donc cet enfant ? Car la main du Seigneur était avec lui.
80 – Et l’enfant croissait, son esprit se fortifiait ; il fut dans les déserts jusqu’au jour où il se présenta à Israël.

Mon commentaire :
Le détail des scènes qui précèdent vise à leur conférer un parfum d’authenticité et donc à nous convaincre de la réalité de la naissance de Jésus. Bien entendu, le rattachement à la tradition judaïque y est affirmé afin de faire taire la voix de Paul qui remettait en doute ce rattachement. Cependant on peut s’interroger sur ce Dieu qui impose sa volonté par la violence faite au père de Jean, puisqu’il est « baillonné » jusqu’à ce qu’il ait accepté les condition de ce Dieu et tellement terrorisé qu’il ne peut que le louer ensuite, une fois la voix retrouvée. Un précédent du syndrome de Stockholm ?

Voici comment je reçois ces textes.

Guilhem de Carcassonne.

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