Messe du jeudi saint – Cène du Seigneur

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Lecture des textes de la liturgie catholique

Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.

Messe du jeudi saint – Cène du Seigneur

Ce premier jour du triduum pascal — les trois jours saints précédant le dimanche de Pâques — vise à mettre les chrétiens en condition pour cette fête majeure de la liturgie catholique.
Le jeudi saint est articulé au tour de l’événement principal qui est le dernier repas pris en commun par Jésus et ses disciples : la cène.
Ce sont les textes lus en soirée pour commémorer ce repas qui figurent ici.

1re lecture :

Exode : 12, 1-8. 11-14

1 – Iahvé parla à Moïse et à Aaron, au pays d’Égypte, en disant :

2 – « Ce mois est pour vous le début des mois, c’est pour vous le premier des mois de l’année.
3 – « Parlez à toute la communauté d’Israël, en disant : « Au dix de ce mois, qu’ils se procurent chacun un agneau par maison paternelle, un agneau par maison !
4 – Que si la maison est trop peu nombreuse pour un agneau, elle s’adjoindra son voisin, le plus proche de la maison, d’après le nombre des personnes ; suivant ce que chacun mange, vous calculerez ce que doit être l’agneau.
5 – « Ce sera pour vous un agneau parfait, mâle, né dans l’année ; vous le choisirez parmi les ovidés ou parmi les capridés.
6 – « Vous l’aurez en réserve jusqu’au quatorzième jour de ce mois, et tout l’ensemble de la communauté l’immolera entre les deux soirs.
7 – « On prendra du sang et on en mettra sur les deux jambages et sur le linteau des maisons dans lesquelles on le mangera.
8 – « On mangera, cette nuit-là, la chair rôtie au feu ; avec des azymes et avec des herbes amères on la mangera.
11 – « Et voici comment vous le mangerez : vous aurez les reins ceints, vos sandales à vos pieds, votre bâton dans votre main et vous le mangerez à la hâte. C’est la Pâque pour Iahvé !
12 – Je passerai par la terre d’Égypte en cette nuit-là et je frapperai tout premier-né en terre d’Égypte, depuis l’homme jusqu’à la bête ; je ferai justice de tous les dieux d’Égypte, moi Iahvé !
13 – « Le sang sur vos maisons sera pour vous le signe que vous êtes là : je verrai le sang et je sauterai au-delà de vous, il n’y aura pas chez vous plaie d’extermination quand je frapperai la terre d’Égypte.
14 – « Ce jour sera pour vous en mémoire et vous le fêterez comme fête de Iahvé : suivant vos générations vous le fêterez par un rite éternel !

Mon commentaire :
Ce passage, très célèbre, nous montre la perversité des hommes qui se croient favorisés par Dieu. Perversité de ceux qui l’on inventé et écrit et perversité de ceux qui le lisent et y croient. Le Dieu y est présenté comme un monstre sanguinaire, avide de violence et de sang, de façon totalement gratuite et pervers au point d’impliquer les hommes dans son crime pour en faire ses complices. Et pour parachever l’ensemble, il exige que ce forfait soit célébré éternellement. Et les judéo-chrétiens, au lieu de se démarquer, vont le reprendre à leur compte en modifiant l’histoire mais en en conservant les codes sacrificiels. Décidément, c’est bien la période de la désolation.

Psaumes : 116 (Vulgate 115), 12-13, 15-16bc, 17-18

12 – Que rendrai-je à Iahvé pour tous ses bienfaits envers moi ?
13 – Je lèverai la coupe des délivrances et j’invoquerai le nom de Iahvé,
15 – Elle a du prix aux yeux de Iahvé, la mort de ses dévots.
16 – Ah ! Iahvé, parce que je suis ton serviteur, moi, ton serviteur, le fils de ta servante, tu as délié mes liens !
17 – Je te sacrifierai un sacrifice d’action de grâces et j’invoquerai le nom de Iahvé.
18 – J’accomplirai mes vœux à Iahvé, en présence de tout son peuple,

Mon commentaire :
À l’éclairage du texte précédent, difficile de se réjouir du comportement du dévot, qui envisage même sa propre mort pour satisfaire son Dieu. Décidément, rien ne change vraiment au fil des siècles.

2e lecture :

Première lettre de Paul aux Corinthiens : 11, 23-26

23 – Car moi, j’ai reçu du Seigneur et vous ai transmis que le seigneur Jésus, la nuit où il fut livré, prit du pain,
24 – rendit grâces, le rompit et dit : c’est mon corps qui est pour vous, faites cela en mémoire de moi.
25 – De même après le dîner, il prit aussi la coupe et dit : cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang; chaque fois que vous boirez, faites cela en mémoire de moi ;
26 – car chaque fois que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous annoncez la mort du Seigneur jusqu’à ce qu’il vienne.

Mon commentaire :
Là encore le scribe intervient pour intercaler un passage de Luc afin de lier Paul et Luc et de rendre ce dernier plus crédible. Mais Paul n’a jamais connu Jésus et ne s’y réfère pas. Il aurait reçu ce message de Dieu lui-même ? C’est une façon très maladroite d’essayer de lier Paul au judéo-christianisme.

Évangile selon Jean : 13, 1-15

1 – Avant la fête de la Pâque, sachant venue son heure de passer de ce monde au Père, Jésus qui avait aimé les siens dans ce monde, les aima jusqu’à la fin.
2 – Pendant le dîner, comme le diable avait déjà mis au cœur de Judas Iscariote, fils de Simon, de le livrer,
3 – lui qui savait que le Père lui avait tout donné dans les mains et que, venu de Dieu, il s’en allait à Dieu,
4 – se lève de table et il pose ses vêtements. Il prit un linge et il s’en ceignit,
5 – puis il jeta de l’eau dans le bassin et il commença à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge dont il était ceint.
6 – Il vient alors à Simon Pierre qui lui dit : Seigneur, toi, me laver les pieds !
7 – Jésus lui répondit : Pour l’instant tu ne sais pas ce que je fais, mais après tu le sauras.
8 – Pierre lui dit : Jamais tu ne me laveras les pieds. Jésus lui répondit : Si je ne te lave pas, tu n’as pas de part avec moi.
9 – Simon Pierre lui dit : Seigneur, non seulement les pieds, mais les mains et la tête.

Mon commentaire :
Souvent dans l’évangile de Jean, Pierre est montré comme totalement ignorant du fond de la parole et de la pensée de Jésus. Il incarne typiquement pour le judéo-christianisme la foi du charbonnier. L’évangile de Jean montre ainsi ceux qui ont part à l’enseignement direct de Jésus, comme Jean, et ceux qui ne sont que des aveugles soumis.

10 – Jésus lui dit : Qui s’est baigné, n’a pas à se laver, il est tout entier pur. Et vous êtes purs aussi mais pas tous.
11 – Car il savait qui allait le livrer, c’est pourquoi il dit : Vous n’êtes pas tous purs.
12 – Après leur avoir lavé les pieds, avoir repris ses vêtements et s’être remis à table, il leur dit : Savez-vous ce que je vous ai fait ?
13 – Vous m’appelez maître et seigneur, et vous dites bien car je le suis.
14 – Alors si moi, le seigneur et le maître, je vous ai lavé les pieds, vous devez aussi vous laver les pieds les uns aux autres,
15 – car je vous ai donné l’exemple pour que vous fassiez comme je vous fais.

Mon commentaire :
Dans ce chapitre, Jésus livre son testament à ses disciples. La première partie concerne l’état d’esprit qui doit présider à l’action et la manière d’agir. L’épisode du bain de pieds révèle l’humilité. Nul n’est suffisamment pur pour ne pas être humble au service de ses frères. Et l’exemple est la façon dont doit se faire l’enseignement. Je fais ce que je souhaite voir fait par les autres car, si je ne le fais pas, je ne peux prétendre le voir faire aux autres. Cette démarche, que l’on trouve exactement dans la philosophie grecque et qui tend à disparaître à l’époque de Jésus de la philosophie latine au profit d’une scolastique néo-grecque, est également en rupture avec le judaïsme où la loi prévaut sur l’exemple.

Voici comment je reçois ces textes.

Guilhem de Carcassonne

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