Saint-Joseph – époux de la vierge Marie

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Lecture des textes de la liturgie catholique

Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.

Saint-Joseph – époux de la vierge Marie

La tradition tardive visant à valoriser Joseph, personnage inventé pour permettre de créer une tradition faisant de jésus un être incarné, alors que seule la passion faisait l’objet d’une tradition orale auparavant, est clairement bancale. Il est difficile effectivement de rattacher un système social de l’époque avec l’idée d’une maternité divine. Les grecs se donnaient moins de mal avec les frasques de Zeus.

1re lecture :

Deuxième livre de Samuel : 7, 4-5a. 12-14a. 16

4 – Il arriva, en cette nuit-là, que la parole de Iahvé fut adressée à Nathan pour dire :
5 – « Va dire à mon seigneur David : Ainsi a parlé Iahvé : Est-ce toi qui me bâtiras une maison pour que j’y réside ?
12 – Quand tes jours seront accomplis et que tu te coucheras avec tes pères, alors je susciterai après toi ton rejeton, celui qui sortira de tes entrailles, et j’affermirai sa royauté.
13 – C’est lui qui bâtira une maison à mon nom et j’affermirai le trône de sa royauté à jamais.
14 – Je serai pour lui un père et il sera pour moi un fils, lui qui, s’il agit mal, je corrigerai avec la verge des hommes et par les coups que donnent les humains.
16 – Ta maison et ta royauté dureront à jamais devant moi, comme je l’ai retirée de Saül, lui que j’ai retiré de devant toi.

Mon commentaire :
Ce qui peut expliquer le choix de ce texte dans le contexte de cette journée, est que David représente le début d’une lignée de rois juifs après plusieurs errements, liés à l’aversion du prophète Samuel pour la royauté. Comme son prédécesseur, Saül, David n’est pas de lignée royale. Choisit par Dieu qui se détourne de Saül en raison de sa désobéissance, il sera le premier roi que les Juifs en captivité à Babylone voudront mettre en tête de leur lignée victorieuse. David, et son fils Salomon ont vraisemblablement existé et ont dirigé un royaume minuscule. Mais ils ont été mise en avant en raison de la volonté de vengeance des peuples hébreux (bergers des montagnes) à l’encontre des peuples de la plaine côtière (cananéens) responsables à leur yeux de la punition infligée par les assyriens. Rattacher Joseph à David vise à accréditer Jésus du rôle de messie biblique, même si en même temps, on fait de Joseph un père sans descendance réelle.

Psaumes : 89 (Vulgate 88), 2-3, 4-5, 27. 29

2 – Je chanterai à jamais les grâces de Iahvé, de génération en génération, je ferai connaître ta fidélité par ma bouche.
3 – Car tu as dit : « Pour toujours la grâce est édifiée, dans les cieux est établie ma fidélité.
4 – J’ai conclu une alliance avec mon élu, j’ai fait un serment à David, mon serviteur :
5 – J’établis pour toujours ta postérité et de génération en génération j’édifie ton trône. »
27 – « Lui, il m’invoquera : Tu es mon père, mon Dieu et le rocher de mon salut !
29 – je lui garderai ma grâce à jamais et mon alliance lui sera fidèle,

Mon commentaire :
Le narrateur rappelle que David est le préféré de Iahvé… et tant pis pour ses autres créatures.

2e lecture :

Lettre de Paul aux Romains : 4, 13. 16-18. 22

4 – Or si on travaille, le salaire n’est pas compté comme grâce mais comme dû ;
5 – mais si sans travailler on se fie en celui qui justifie l’impie, alors la foi est comptée pour justice.
6 – De même David dit la magnificence de l’homme à qui Dieu compte une justice sans les œuvres :
7 – Magnifiques ceux dont les iniquités sont remises et dont les péchés sont couverts !
8 – Magnifique l’homme à qui le Seigneur ne compte pas le péché !

Mon commentaire :
Ce chapitre n’est pas de Paul mais d’un scribe judéo-chrétien. Il cherche à rattacher la pensée de Paul à la tradition abrahamique puisqu’il vient de confirmer au chapitre précédent qu’elle n’était pas mosaïque. L’argument est que si Abraham a été reconnu par Dieu parce qu’il a eu foi alors que la Loi n’existait pas, c’est que la Loi n’est pas nécessaire à la grâce.

9 – Est-ce là une magnificence de circoncis ou de prépucé ? Nous disions que la foi a été comptée pour justice à Abraham.
10 – Comment donc a-t-elle été comptée ? Quand il était circoncis ou prépucé ? Il n’était pas circoncis mais prépucé,
11 – et il a reçu le signe de la circoncision comme sceau de la justice de sa foi de prépucé ; ainsi est-il devenu le père de tous les prépucés qui ont foi, en sorte que justice leur soit comptée,
12 – et le père des circoncis qui ne sont pas que circoncis mais qui vont sur les pas de la foi de prépucé de notre père Abraham.

Mon commentaire :
Quatre versets inutiles confirmant que l’appartenance à la religion juive, manifestée par la circoncision, est moins importante que la foi.

13 – Car il n’a pas été promis à Abraham ou à sa semence d’être héritiers du monde par la Loi, mais bien par la justice de la foi ;
14 – en effet s’ils sont héritiers par la Loi, vaine est la foi, abolie la promesse,
15 – puisque la Loi produit la colère. Où il n’y a pas de loi il n’y a pas de transgression.
16 – C’est pourquoi c’est par la foi : pour que ce soit par grâce et que la promesse soit assurée à toute la semence, non celle de la Loi seule mais celle de la foi d’Abraham, lui qui
17 – (comme il est écrit : j’ai fait de toi le père de beaucoup de nations) est notre père à tous devant celui en qui il s’est fié, Dieu, qui fait vivre les morts et qui appelle ce qui s’est pas comme si c’était.
18 – Il a eu foi, espérant contre toute espérance, ainsi est-il devenu le père de beaucoup de nations selon qu’il est écrit : telle sera ta semence.
22 – C’est pourquoi ce lui a été compté pour justice.

Mon commentaire :
De nouveau, l’auteur valide la suprématie de la foi sur la Loi. Au passage, il indique que la Loi provoque la transgression, ce qui n’empêche pas les Judéo-chrétien de fonctionner sur la base d’une loi positive. Sans renier clairement la loi positive (Moïse), il glisse vers Abraham afin de se libérer de l’emprise juive et de pouvoir valider la nouvelle religion comme seule vraiment ancrée dans la tradition. Cela permettra de déclarer que c’est le Catholicisme qui est la vraie religion de Dieu.

Évangile selon Matthieu : 1, 16. 18-21. 24a

16 – Jacob engendra Joseph, époux de Marie, de laquelle naquit Jésus appelé le Christ.

Mon commentaire :
Cet évangile est celui du courant de pensée juif chrétien, incarné par Jacques frère de Jésus. Logiquement, il tente de rattacher Jésus à la tradition juive. On note que l’origine est fixée à Abraham alors que dans Luc elle remonte à Adam, ce qui tend à confirmer que les premiers chapitres de Luc sont des faux outranciers. Ce que montre également la construction, est le souhait d’établir une symétrie entre les grandes périodes en y incluant quatorze générations.

18 – Et voici les origines de Jésus Christ. Marie sa mère était fiancée à Joseph ; avant qu’ils soient ensemble, elle se trouva enceinte par l’Esprit saint.
19 – Joseph son époux, qui était juste et ne voulait pas la diffamer, décida de la renvoyer en secret.
20 – Comme il y pensait, voilà qu’un ange du Seigneur lui apparut en songe et dit : Joseph fils de David, ne craint pas de prendre Marie ta femme, car ce qu’elle a conçut est de l’Esprit saint.
21 – Elle enfantera un fils et tu l’appelleras Jésus car il sauvera son peuple de leurs péchés.
24 – Réveillé, Joseph fit comme l’ange du Seigneur lui avait prescrit, il prit sa femme
25 – et il ne la connut pas jusqu’à ce qu’elle enfante un fils et il l’appela Jésus.

Mon commentaire :
Le fait pour une femme mariée, mais également pour une fiancée, de se retrouver enceinte, était considéré comme un adultère. Si donc Joseph avait été juste, il l’aurait dénoncée et elle aurait été lapidée. De même, dire qu’elle était enceinte sans qu’il y fut pour quelque chose n’aurait pas été de la diffamation. Cependant la décision de renvoyer sa promise dans sa famille provoque la réaction de Dieu qui envoie un ange. En fait cette construction vise à attacher solidement la tradition christique à la tradition juive, comme en atteste la suite où l’on utilise une prophétie sans tenir compte de la divergence des prénoms. Pour garantir la paternité divine, Joseph n’a aucune relation sexuelle avec Marie, même après leur mariage. Par contre, cela n’interdit pas de penser qu’ils en eurent ensuite et donc, qu’ils eurent d’autres enfants.

Évangile selon Luc : 2, 41-51a

41 – Ses parents se rendaient chaque année à Jérusalem pour la fête de Pâque.
42 – Quand il eut douze ans, ils y montèrent comme d’habitude pour la fête
43 – et, à la fin, comme ils s’en retournaient, l’enfant Jésus resta à Jérusalem à l’insu de ses parents.
44 – Ils crurent qu’il était dans la caravane et firent une journée de chemin. Ils le cherchaient parmi les parents, les connaissances et,
45 – ne le trouvant pas, ils s’en retournèrent le chercher à Jérusalem.
46 – Ils le trouvèrent au bout de trois jours, dans le temple, assis au milieu des maîtres, à les écouter et les questionner ;
47 – et tous ceux qui l’écoutaient s’extasiaient sur son intelligence et ses réponses.
48 – Ils furent frappés de le voir; sa mère lui dit : Enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Voilà que ton père et moi nous nous rongeons à te chercher.
49 – Il leur dit : Pourquoi me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas que je dois être aux affaires de mon père ?
50 – Et ils ne comprirent pas ce qu’il voulait dire.
51 – Il descendit avec eux et vint à Nazareth; et il leur était soumis.

Mon commentaire :
Alors là on touche au sublime. Voilà un enfant de douze ans qui passe trois, donc trois nuits, au temple parmi des adultes sans que personne ne s’inquiète. De plus, alors qu’il est parmi des maîtres juifs, il manifeste une intelligence et une compétence hors norme et il repart tranquillement et disparaît pendant dix-huit ans sans que personne ne cherche à mettre la main sur lui pour suivre son évolution et son éducation ?

Voici comment je reçois ces textes.

Guilhem de Carcassonne.

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