8e dimanche du temps ordinaire

1 722 vue(s)

Lecture des textes de la liturgie catholique

Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.

Messe du 8e dimanche du temps ordinaire

1re lecture :

Le Siracide (Ecclésiastique) : 27, 4-7

4 – Quand on secoue le crible, demeurent les déchets, ainsi les rebuts de l’homme se font voir dans sa pensée.
5 – Les vases du potier, la fournaise les éprouve, l’épreuve de l’homme est dans son raisonnement.
6 – Le champ qui porte l’arbre, son fruit le fait connaître, ainsi la parole révèle le sentiment du cœur de l’homme.
7 – Avant de connaître sa pensée, ne fais l’éloge de personne, car c’est là l’épreuve des hommes.

Mon commentaire :
Si l’idée de l’épreuve est clairement compréhensible dans les trois premiers versets, et se retrouve notamment dans Matthieu, à propos de l’arbre et du fruit, ils ne renseignent pas sur la nature de l’épreuve qui valide l’homme. Par contre, ce qui définit sa valeur est clairement précisé : il s’agit de ses vertus morales, sa pensée, son raisonnement et son cœur que l’on pourrait assimiler à ses sentiments. Après la critique de l’argent des premiers versets de ce chapitre, cette mise en avant des qualités morales est intéressante. Le judéo-christianisme reprend son mépris pour l’argent — qui n’est pas retenu par les juifs ou les musulmans —, mais insiste sur les qualités morales. Ce chapitre est donc plus chrétien que juif malgré son origine.

Psaumes : 92 (Vulgate 91), 2-3, 13-14, 15-16

Malheur des méchants et prospérité des justes
2 – Il est bon de rendre grâce à Iahvé et de psalmodier à ton nom, Très-Haut,
3 – d’annoncer ta grâce dès le matin et ta fidélité durant les nuits,
13 – Le juste fleurit comme le palmier, il s’élève comme un cèdre dans le Liban.
14 – Ils sont plantés dans la Maison de Iahvé, ils donnent des fleurs dans les parvis de notre Dieu ;
15 – dans la vieillesse ils portent encore des fruits, ils sont plein de sève et verdoyants,
16 – pour annoncer que Iahvé est droit, qu’il est mon Rocher, qu’il n’y a pas d’iniquité en lui.

Mon commentaire :
Contrairement au Siracide, il ne s’agit plus de définir les qualités de l’homme, mais de mettre en avant celles de Iahvé, afin de justifier la dévotion qui lui est due. Pour autant certains termes se rapprochent et expliquent d’où vient l’inspiration de certains évangélistes.

2e lecture :

Première lettre de Paul aux Corinthiens : 15, 54-58

54 – Quand ce destructible sera vêtu d’indestructibilité et que ce mortel sera vêtu d’immortalité, alors ce sera cette parole de l’écriture : La mort a été engloutie dans la victoire.
55 – Ô mort, où est ta victoire ? Ô mort, où est ton dard ?
56 – Or le dard de la mort c’est le péché, et la puissance du péché c’est la Loi.
57 – Mais merci à Dieu qui nous donne la victoire par notre seigneur Jésus Christ.
58 – Aussi, mes chers frères, soyez fermes, inébranlables, faites toujours davantage l’œuvre du Seigneur, vous savez que votre labeur n’est pas vain dans le Seigneur.

Mon commentaire :
Là on retrouve Paul dans l’idée que l’appartenance à la création divine fait surmonter la mort. Le verset 56 montre clairement que la Loi, c’est-à-dire la Torah juive, est porteuse de la mort spirituelle.

Évangile selon Luc : 6, 39-45

39 – Et il leur dit aussi une parabole : Un aveugle peut-il conduire un aveugle ? Ne vont-ils pas tous deux tomber dans un trou ?
40 – Le disciple n’est pas au-dessus du maître ; une fois formé, chacun sera comme son maître.
41 – Quoi ! tu regardes le fétu qui est dans l’œil de ton frère, mais tu ne considères pas la poutre qui est dans ton œil ?
42 – Comment peux-tu dire à ton frère : Mon frère, laisse que je retire ce fétu de ton œil, quand toi-même tu ne regardes pas la poutre de ton œil ? Comédien ! retire d’abord de ton œil la poutre ; après, tu y verras pour retirer le fétu de l’œil de ton frère.
43 – Car il n’y a pas de bel arbre qui fasse du fruit pourri, ni non plus d’arbre pourri qui fasse de beau fruit.
44 – On reconnaît chaque arbre à son fruit : on ne récolte pas de figues sur des épines et on ne vendange pas de raisin sur un buisson.
45 – L’homme bon, du bon trésor de son cœur, tire du bon ; et le mauvais, d’un mauvais, tire du mauvais ; car ce que dit sa bouche vient du trop-plein de son cœur.

Mon commentaire :
Enfin, Jésus termine son propos en demandant à ses disciples de l’humilité, de la cohérence et de la constance. On voit chez Luc l’inspiration du Siracide et du psaume précédent. Les cathares étaient attachés à l’obéissance due à l’ancien. Cependant, l’ancien était choisi par les autres Bons-Chrétiens et assumait sa part des tâches quotidiennes. Ainsi, l’humilité était-elle réciproque.

Voici comment je reçois ces textes.

Guilhem de Carcassonne.

Faites connaître cet article à vos amis !

Information

Contenu soumis aux droits d'auteur.

0