5e dimanche de carême

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Lecture des textes de la liturgie catholique

Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.

Messe du 5e dimanche de carême

1re lecture :

Isaïe : 43, 16-21

16 – « Ainsi a dit Iahvé, lui qui ouvrit une route dans la mer, un chemin dans les eaux violentes,
17 – lui qui mit en campagne des chars et des chevaux, une armée et des forces militaires, — ils se sont couchés, ils ne se sont plus relevés, ils se sont éteints comme une mèche, ils se sont consumés — :
18 – Ne vous remémorez plus les premiers événements, ne réfléchissez plus aux choses passées :
19 – voici que moi je réalise une chose nouvelle, déjà elle se produit ; ne la reconnaîtrez-vous pas ? Oui, je vais mettre dans le désert une route, et des fleuves dans la steppe.
20 – Les bêtes sauvages me rendront gloire, les chacals et les autruches, car je mettrai de l’eau dans le désert, des fleuves dans la steppe, pour abreuver mon peuple, mon élu.
21 – Le peuple que je me suis formé racontera mes louanges. »

Mon commentaire :
Voilà une annonce qui ne saurait surprendre les cathares. Oui, Iahvé s’est bien construit un peuple à sa botte afin de réaliser son dessein malveillant. Et son pouvoir est immense, ce qui explique l’erreur des hommes encore endormis, car il avait toute l’apparence de ce qu’à l’époque on imaginait d’un Dieu. N’oublions pas que la Torah a été écrite vers 600 avant notre ère, à une époque où les seules références divines étaient les dieux mésopotamiens, grecs et égyptiens totalement anthropomorphiques.

Psaumes : 126 (Vulgate 125), 1-2ab, 2cd-3, 4-5, 6

Retour des déportés
1 – Cantique des montées. Quand Iahvé ramena les captifs de Sion, nous étions comme des gens qui rêvent.
2 – Alors notre bouche était pleine de rires, notre langue de cris de joie. Alors on se disait parmi les nations : « Iahvé a fait pour eux de grandes choses ! »
3 – Oui, Iahvé a fait pour nous de grandes choses, nous avons été dans la joie !
4 – Ramène, Iahvé, nos captifs, comme les cours d’eau dans le Négeb.
5 – Ceux qui sèment dans les larmes moissonnent avec des cris de joie :
6 – il marche tout en pleurant, celui qui porte la semence des semailles, puis il revient avec des cris de joie, quand il porte ses gerbes. »

Mon commentaire :
Ce psaume, que nous lisons ici dans son intégralité, vient à l’appui du texte d’Isaïe. Iahvé est le libérateur du peuple après l’avoir laissé se faire emprisonner. Comment ne pas voir dans cette louange de la souffrance et du sacrifice, l’ébauche de la mentalité sacrificielle judéo-chrétienne ? C’est ainsi que pendant des millénaires, les directeurs de conscience de l’Église de Rome ont convaincu la populace craintive que ses souffrances ici-bas lui vaudraient la félicité dans les cieux et que, par conséquent, toute révolte contre ses persécuteurs était vaine, voire dangereuse pour son salut.

2e lecture :

Lettre aux Éphésiens : 3, 8-14

8 – À moi, le moindre de tous les saints, a été donnée cette grâce d’annoncer aux nations l’indéchiffrable richesse du Christ
9 – et de mettre en lumière la gestion de ce mystère caché
depuis les âges en Dieu le créateur de tout,
10 – pour faire maintenant connaître, par l’église, aux
principautés et aux pouvoirs célestes la si diverse sagesse
de Dieu,
11 – selon le dessein éternel qu’il a formé dans le christ Jésus notre seigneur
12 – en qui, nous fiant à lui, nous avons franchise et approche confiante.
13 – Je vous demande donc de ne pas vous lasser de mes afflictions pour vous, elles qui sont votre gloire.
14 – C’est pourquoi je plie le genou devant le Père,

Mon commentaire :
Paul est celui que Dieu a choisi pour révéler son message, car il avait l’intelligence nécessaire à sa compréhension. Avant lui, personne n’avait reçu ce message, ce qui invalide les prophètes juifs. Mais ce mystère est maintenant offert à la fois aux juifs et aux païens (les nations) par l’entremise de Paul, pourtant le moins glorieux de tous. Mais cette faiblesse est la façon dont Dieu affirme sa gloire.

Évangile selon Jean : 8, 1-11

1 – mais Jésus alla au mont des Oliviers.
2 – Et au point du jour il était de nouveau au temple, et tout le peuple venait vers lui, et s’étant assis il les enseignait.
3 – Les scribes et les pharisiens amènent une femme surprise en adultère, la placent au milieu
4 – et lui disent : Maître, cette femme a été surprise en flagrant adultère.
5 – Dans la loi, Moïse nous ordonne de lapider ces femmes-là. Alors toi, que dis-tu ?
6 – Ils disaient cela pour l’éprouver, pour avoir à l’accuser. Jésus qui s’était penché écrivait du doigt sur la terre.
7 – Comme ils persistaient à le questionner, il se redressa et leur dit : Que celui de vous qui est sans péché lui jette la première pierre.
8 – Et, penché de nouveau, il écrivait sur la terre.
9 – À ces mots, ils se retirèrent un par un à commencer par les plus vieux. Il resta seul. Et la femme était toujours là.
10 – Jésus se redressa et lui dit : Femme, où sont-ils ? personne ne t’a condamnée ?
11 – Elle dit : Personne, seigneur. Jésus lui dit : Moi non plus je ne te condamne pas. Va, et maintenant ne pèche plus.

Mon commentaire :
Cet épisode bien connu nous apporte quelques informations. D’abord Jésus ne se commet pas avec ceux qui ne viennent pas à lui de cœur. Quand les scribes et les pharisiens lui parlent, il n’établit pas de contact comme cela se fait dans toute conversation ou échange, mais il est tête baissée en train d’écrire sur la terre. Les juifs cherchent à démontrer qu’il est en infraction avec la loi positive en le plaçant devant ce qu’ils croient être un dilemme entre l’amour et la sanction de la faute imposée par la loi mosaïque. Mais Jésus retourne aisément le piège contre ceux qui le lui tendaient. Outre le caractère amusant de la scène, il faut retenir que Jésus démontre ainsi que la loi reçue par Moïse, de son dieu, est en fait faillible puisqu’on peut la prendre en défaut. Alors que la loi d’amour n’est jamais prise en défaut, ce que prouve Jésus en ne jugeant pas non plus mais en accompagnant la femme d’un conseil d’amendement de sa vie. Cet épisode n’est pas là par hasard, il vient préparer la suite, c’est-à-dire la mise à mort des fondements de la croyance juive qui fait de Iahvé le Dieu absolu.

Voici comment je reçois ces textes.

Guilhem de Carcassonne.

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