3e dimanche de carême

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Lecture des textes de la liturgie catholique

Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.

Messe du 3e dimanche de carême

1re lecture :

Exode : 3, 1-8a. 10. 13-15

1 – Moïse faisait paître le petit bétail de Jéthro, son beau-père, le prêtre de Madian. Il mena le petit bétail au fond du désert et arriva à la montagne d’Élohim, Horeb.
2 – L’Ange de Iahvé lui apparut dans une flamme de feu, du milieu d’un buisson, et Moïse regarda : voici que le buisson était embrasé par le feu mais il n’était pas dévoré !
3 – Moïse se dit : « Je vais faire un détour et voir ce grand phénomène : pourquoi le buisson ne brûle-t-il pas ? »
4 – Iahvé vit qu’il avait fait un détour pour voir et Élohim l’appela du milieu du buisson, il dit : « Moïse, Moïse », et celui-ci dit : « Me voici ! »
5 – Il dit : « N’approche pas d’ici, enlève tes sandales de tes pieds, car le lieu sur lequel tu te tiens debout est un sol de sainteté ! »
6 – Puis il dit : « Je suis le Dieu de ton père, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob ! » Moïse se voilà la face, car il craignait de regarda vers l’Élohim.
7 – Iahvé dit : « J’ai bien vu l’humiliation de mon peuple qui est en Égypte et j’ai entendu sa clameur en présence de ses exacteurs, car je connais ses douleurs.
8 – Je suis donc descendu pour le libérer de la main de l’Égypte et pour le faire monter de ce pays vers un pays beau et large, vers un pays ruisselant de lait et de miel, vers l’endroit où se trouvent le Cananéen, le Hittite, l’Amorrhéen, le Perrizien, le Hévéen et le Jébuséen.
10 – À présent, va ! Je t’envoie vers Pharaon, fais sortir d’Égypte mon peuple, les fils d’Israël ! »
13 – Moïse dit à l’Élohim : « Voici que moi, j’arriverai vers les fils d’Israël et je leur dirai : le Dieu de vos pères m’a envoyé vers vous ; et ils me diront : Quel est son nom ? Que leur dirai-je ? »
14 – Élohim dit à Moïse : « Je suis qui je suis ! » Puis il dit : « Tu parleras ainsi aux fils d’Israël : Je Suis m’a envoyé vers vous ! »
15 – Élohim dit encore à Moïse : « Ainsi tu diras aux fils d’Israël : Iahvé, le Dieu de vos pères, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob, m’a envoyé vers vous. C’est mon nom pour toujours et c’est mon titre de génération en génération.

Mon commentaire :
Voilà un épisode célèbre de la Bible. Essayons de le lire de façon plus approfondie. Déjà nous remarquons qu’il semble y avoir au moins un personnage en plus de Moïse et de Iahvé. En effet, on nous parle de l’ange de Iahvé, de Iahvé lui-même et d’Élohim. Cela nous rappelle la confusion qui règne avec les noms de Dieu. En effet, Élohim est un pluriel. Nous pouvons ainsi mieux comprendre qu’il se soit trouvé des hommes dans les deux premiers siècles pour envisager qu’il y ait, en plus de Dieu, des anges l’entourant dont un fut le démiurge. C’est le cas de Cérinthe, Ménandre et Basilide, Satornil pour sa part ayant été plus loin en dissociant le démiurge de la sphère divine, ce qui créa les conditions pour la mise en place de la vision théologique de Marcion.
On remarque aussi que ce texte met en place les conditions pour le rapport maître-esclave qui va perdurer tout au long de l’histoire d’Israël et qui deviendra la norme de la vision sacrificielle judéo-chrétienne.

Psaumes : 103 (Vulgate 102), 1-2, 3-4, 6-7, 8. 11

Bénédiction pour les bienfaits de Iahvé
1 – De David. Mon âme, bénis Iahvé, que tout mon être bénisse son saint nom !
2 – Mon âme, bénis Iahvé et n’oublie aucun de ses bienfaits !
3 – Lui qui pardonne toutes tes fautes, lui qui guérit toutes tes maladies,
4 – lui qui rachète ta vie de la fosse, lui qui te couronne de grâce et de miséricorde,
6 – Iahvé fait œuvre de justice, il fait droit à tous les opprimés,
7 – il a fait connaître ses voies à Moïse, ses hauts faits aux fils d’Israël.
8 – Iahvé est clément et miséricordieux, lent à la colère, abondant en grâce,
11 – Car autant les cieux sont élevés au-dessus de la terre, autant sa grâce l’emporte pour ceux qui le craignent ;

Mon commentaire :
Afin de valider les points susceptibles de heurter dans la Loi, ce psaume rappelle que Dieu est au-dessus des hommes et donc exempt de toute faute. On retrouve cela dans la phrase judéo-chrétienne : « Les voies de Dieu sont impénétrables. » Petite piqure de rappel à la fin : La référence à Iahvé n’est pas l’Amour mais la crainte.

2e lecture :

Première lettre de Paul aux Corinthiens : 10, 1-6. 10-12

1 – Car je ne veux pas que vous ignoriez, frères, que nos pères ont tous été sous la nuée, tous ont passé à travers la mer,
2 – tous ont, été immergés avec Moïse dans la nuée et dans la mer,
3 – tous ont mangé la même nourriture spirituelle,
4 – tous ont bu le même breuvage spirituel, car ils buvaient à une roche spirituelle qui les suivait, et cette roche était le Christ.
5 – Mais Dieu n’a pas été content de la plupart d’entre eux, puisqu’ils ont jonché le désert.
6 – C’est arrivé en exemple pour nous, pour que nous ne désirions pas le mal comme ils l’ont désiré.

Mon commentaire :
Ces premiers versets peuvent avoir été ajoutés par le scribe judéo-chrétien pour rattacher l’enseignement de Paul à la tradition juive.

10 – Ne murmurez pas comme certains ont murmuré, et le destructeur les a perdus.
11 – Tout cela leur est arrivé en exemple et c’est écrit pour notre instruction, nous qui touchons à la fin des âges.
12 – Que celui qui se croit debout prenne garde à ne pas tomber.

Mon commentaire :
Nous devons rester fidèles à la parole, car sinon, le résultat sera la chute.

Évangile selon Luc : 13, 1-9

1 – Au même moment, voilà que des gens lui annoncèrent ce qu’il en était de ces Galiléens dont Pilate avait mêlé le sang à celui de leurs sacrifices.
2 – Il leur répondit : Pensez-vous que ces Galiléens, pour avoir souffert cela, aient été autrement pécheurs que tous les Galiléens ?
3 – Non, je vous le dis ; mais si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous pareils.
4 – Et ces dix-huit, sur qui la tour de Siloé est tombée et qu’elle a tués, pensez-vous qu’ils aient été autrement endettés que tous les habitants de Jérusalem ?
5 – Non, je vous le dis ; mais si vous ne vous convertissez pas vous périrez tous de même.
6 – Et il leur disait cette parabole : Quelqu’un avait un figuier planté dans sa vigne ; il est venu y chercher du fruit et n’en a pas trouvé.
7 – Il dit donc au vigneron : Voilà trois ans que je viens chercher du fruit sur ce figuier et que je n’en trouve pas ! Coupe-le. Pourquoi encombre-t-il la terre ?
8 – Mais l’autre lui a répondu : Seigneur, laisse-le encore cette année, que je bêche autour et que j’y jette du fumier,
9 – si jamais il faisait du fruit ! sinon tu le couperas.

Mon commentaire :
Jésus rejette la valeur du sacrifice contrairement à ce que beaucoup pensent. La seule chose qui importe pour le salut c’est la foi ! Si nous ne donnons pas de bons fruits, nous ne pouvons pas être sauvés quoi qu’il nous arrive par ailleurs. Donc, il convient de nous mettre en situation de mériter le salut et non pas de considérer qu’une épreuve ou une souffrance nous permettra d’en faire l’économie.

Voici comment je reçois ces textes.

Guilhem de Carcassonne.

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