22e dimanche du temps ordinaire

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Lecture des textes de la liturgie catholique

Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.

22e dimanche du temps ordinaire

1re lecture :

Deutéronome : 4, 1-2. 6-8

1 – « Et maintenant, Israël, écoute les préceptes et les sentences que je vous enseigne, pour les mettre en pratique, afin que vous viviez et que vous entriez, pour le posséder, dans le pays que vous donne Iahvé, le Dieu de vos pères !
2 – Vous n’ajouterez rien à la chose que je vous commande et vous n’en retrancherez rien, en observant les commandements de Iahvé, votre Dieu, que je vous commande.
6 – Vous les observerez et les pratiquerez, car c’est votre sagesse et votre intelligence aux yeux des peuples qui entendront tous ces préceptes et diront : Ce ne peut être qu’un peuple sage et intelligent, cette grande nation !
7 – Car quelle est la nation assez grande pour que des dieux lui soient proches comme l’est Iahvé, notre Dieu, toutes les fois que nous l’invoquons ?
8 – Et qu’elle est la nation assez grande pour qu’elle ait des préceptes et des sentences aussi justes que toute cette Loi que je mets aujourd’hui devant vous ?

Mon commentaire :
Le Dieu des juifs est un Dieu juste, comme disait Marcion. Ce n’est pas le Dieu de l’Amour (Bienveillance), mais le Dieu de la Loi. Bien entendu, nous savons que Dieu, lui, ne s’est jamais donné à voir aux hommes et ne leur a jamais transmis la moindre loi. Cette Loi « divine » est en fait une constitution humaine destinée à organiser un peuple en nation. Ce n’est pas une faute en soi que de proposer des préceptes à des hommes voulant vivre ensemble dans l’harmonie et la concorde. La faute est d’attribuer cette loi à Dieu pour la rendre indiscutable.

Psaume : 15 (Vulgate 14) 2-3a, 3bc-4ab, 4d-5

Le bonheur en Iahvé
1 – À mi-voix. De David. Garde-moi, ô Dieu, car je m’abrite en toi,
2 – j’ai dit à Iahvé : « Tu es mon Seigneur, pas de bonheur pour moi en dehors de toi ! »
3 – Les saints qui sont dans le pays, c’est en eux que le Puissant se complaît.
4 – Que d’autres multiplient leurs idoles à la hâte, je ne répandrai pas leurs libations de sang et je ne porterai pas leur nom à mes lèvres !
5 – Iahvé est la part de mon héritage et de ma coupe, c’est toi qui maintiens mon lot !

Mon commentaire :
Malgré la trituration proposée par l’Église catholique ce psaume reste une ode à l’avilissement de l’homme face à Dieu et sa demande d’éternité.
Cette profession de foi est classique mais elle met en avant la bénédiction divine en faveur des saints, c’est-à-dire ceux qui pratiquent sans réfléchir.

2e lecture :

Lettre de Jacques : 1, 17-18. 21b-22. 27

17 – tout beau don, toute donation parfaite vient d’en haut, descend du Père des lumières chez qui n’est ni changement ni ombre de variation.
18 – Sciemment il nous a engendrés d’une parole de vérité pour que nous soyons prémices de ses créatures.

Mon analyse :
Jacques rappelle que le vrai bien dans ce monde vient de Dieu. Nous savons que cela n’est pas possible, car cela justifierait que le Mal soit plus puissant que Dieu en ce monde.

21 – Rejetez donc toute crasse et reste de méchanceté et accueillez avec douceur la parole implantée qui peut sauver vos âmes.
22 – Et cette parole, mettez-la en pratique. L’écouter seulement serait s’abuser.
27 – La religion pure et incorruptible devant Dieu le Père est de visiter les orphelins et les veuves dans leur affliction et de se garder net du monde.

Mon commentaire :
Jacques invite donc les hommes à se modérer mais surtout à mettre en pratique ce qu’ils comprennent de la voie voulue par Dieu. Le vrai croyant va vers ceux qui souffrent et se tient à l’écart des tentations mondaines.
Ce texte, vraisemblablement écrit à la fin du 2e siècle, ne peut être du Jacques — frère de Jésus — dirigeant de la communauté jusqu’à son exécution en 62. Cependant, il est représentatif de sa pensée et présente un caractère anti-paulinien (dans les prochains chapitres) qui reflète bien l’opinion de la communauté ébionite.

Évangile selon Marc : 7, 1-8.14-15.21-23

1 – Les pharisiens et quelques scribes venus de Jérusalem se rassemblent auprès de lui.
2 – Comme ils voient quelques-uns de ses disciples manger leur pain avec des mains profanes, c’est-à-dire non lavées,
3 – car les pharisiens et tous les Juifs, s’ils ne se sont pas soigneusement lavé les mains, ne mangent pas, ils tiennent à la tradition des anciens,
4 – et quand ils reviennent du marché ils ne mangent pas sans s’être aspergés, et il y a beaucoup d’autres choses auxquelles ils tiennent par tradition, immersion des coupes, des pots, des plats,
5 – les pharisiens et les scribes, donc, lui demandent : Pourquoi tes disciples ne marchent-ils pas selon la tradition des anciens ? car ils mangent leur pain avec des mains profanes !
6 – Il leur dit : Isaïe prophétise bien de vous, comédiens, ainsi qu’il est écrit : Ce peuple m’honore des lèvres mais leur cœur est loin de moi.
7 – Ils me révèrent en vain puisqu’ils enseignent pour enseignements des commandements d’hommes.
8 – Vous laissez le commandement de Dieu pour tenir la tradition des hommes.
14 – Et il rappelle la foule. Il leur dit : Écoutez-moi tous et comprenez :
15 – rien de ce qui est extérieur à l’homme et qui entre en lui ne peut le profaner ; mais c’est ce qui sort de l’homme qui profane l’homme.
21 – Car c’est de l’intérieur et du cœur des hommes que sortent les mauvaises raisons, les prostitutions, les vols, les meurtres,
22 – les adultères, l’avidité, les lâchetés, la ruse, la débauche, le mauvais œil, le blasphème, l’orgueil, la sottise.
23 – Tous ces maux sortent de l’intérieur et profanent l’homme.

Mon commentaire :
Ce que révèle Jésus dans cette altercation avec les autorités juives, c’est que les religions crées par les hommes afin de conduire les hommes se modifient avec le temps et altèrent le message originel. Alors que si l’on suit le message divin, il demeure inaltéré. Les règles ne doivent pas avoir pour raison d’être de créer une catégorie d’hommes qui se considèrerait comme différente, voire supérieure aux autres, mais simplement de mettre en pratique le message divin le plus simple.

Voici comment je reçois ces textes.

Guilhem de Carcassonne.

 

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