21e dimanche du temps ordinaire

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Lecture des textes de la liturgie catholique

Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.

Messe du 21e dimanche du temps ordinaire

1re lecture :

Isaïe : 22, 19-23

19 – Je t’expulserai de ton poste, de ta position je te renverserai.
20 – Et il adviendra en ce jour-là que j’adresserai un appel à Élyaquim, fils de Hilquiabou.
21 – Je le revêtirai de ta tunique, je le serrerai avec ta ceinture et ton autorité, je la remettrai en sa main ; il sera un père pour l’habitant de Jérusalem et pour la maison de Juda.
22 – Je mettrai la clé de la maison de David sur son épaule : il ouvrira sans que personne puisse fermer, il fermera sans que personne puisse ouvrir.
23 – Je l’enfoncerai comme une cheville en un emplacement résistant, et il sera un trône de gloire pour la maison paternelle.

Mon commentaire :
Isaïe se sert des invasions assyriennes, dont celle qui mènera une grande partie des Hébreux à Babylone, pour manifester sa puissance, alors qu’il n’a rien fait pour empêcher la catastrophe. Après avoir expulsé l’envahisseur, Iahvé désigne un remplaçant qui est attaché à la terre. Ainsi, il refonde la hiérarchie à partir des ruines qu’il a laissé paraître. Drôle de façon d’aider un peuple que d’attendre qu’il soit effondré pour lui annoncer le salut.

Psaumes : 137 (Vulgate 136), 1-2a, 2bc-3, 6. 8bc

Chant de l’exilé
1 – Près de fleuves de Babel, c’est là que nous étions assis et que nous pleurions, en nous souvenant de Sion.
2 – Aux saules qui s’y trouvent, nous avions suspendu nos cithares.
3 – C’est alors que nos vainqueurs nous demandèrent les paroles d’une chanson et nos bourreaux, un chant joyeux : « Chantez-nous un chant de Sion ! —
6 – Que ma langue se colle à mon palais, si je ne me souviens pas de toi, si je n’élève pas Jérusalem au comble de ma joie !
8 – Fille de Babel, qui sera dévastée, heureux celui qui t’infligera le traitement que tu nous as infligé,

Mon commentaire :
Il n’est pas besoin d’aller chercher très loin pour comprendre d’où les cathares tiraient l’épisode cosmogonique selon lequel le démiurge décida d’enfermer les esprits, qu’il venait d’enlever, dans des tuniques de chair afin de leur faire oublier leur patrie d’origine, Sion. En effet, il les avait surpris en train de chanter les louanges de Sion. Cela nous signale que nous devons garder à l’esprit que nous sommes prisonniers en terre étrangère et qu’il n’est pas temps de fraterniser et de nous soumettre à notre ravisseur.

2e lecture :

Lettre de Paul aux Romains : 11, 33-36

33 – Ô profondeur de la richesse, de la sagesse et de la science de Dieu ! qu’insondables sont ses jugements et indéchiffrables ses chemins !
34 – Car qui a connu la pensée du Seigneur ou qui a été son conseiller ?
35 – ou qui l’a comblé le premier pour en être comblé en retour ?
36 – Tout est de lui, par lui et pour lui. À lui la gloire dans les âges, amen.

Mon commentaire :
Cette dernière partie pourrait avoir été ajoutée par le scribe, compte tenu de son caractère vétéro-testamentaire. Les citations partielles d’Isaïe y contribuent et donnent à l’ensemble cet aspect si caractéristique de la Torah où l’homme fait de Dieu une sorte de despote insondable. En effet, si Paul pouvait éventuellement considérer que les Juifs apparaissent coupables en raison de la foi qui est née chez les païens, on ne peut imaginer que les païens aient remplacé les Juifs par un effet de chaise musicale et encore moins que Dieu pousse les hommes à la faute pour mieux leur pardonner quand ils se repentent.

Évangile selon Matthieu : 16, 13-20

13 – Comme il venait dans la province de Césarée de Philippe, Jésus questionna ses disciples, il dit : Qui est le fils de l’homme, au dire des hommes ?
14 – Ils répondirent : Pour les uns, Jean Baptiste, pour d’autres, Élie, pour les autres, Jérémie ou un des prophètes.
15 – II leur dit : Et vous, qui dites-vous que je suis ?
16 – Simon Pierre répondit : Tu es le christ, le fils du Dieu vivant.
11 – Et Jésus lui répondit : Tu es magnifique, Simon Bar-Jona, parce que ce ne sont pas la chair et le sang qui t’ont dévoilé cela, mais mon père qui est dans les cieux.
18 – Et moi je te dis que tu es Pierre, et sur cette roche je bâtirai mon église, et les portes de l’Hadès ne seront pas plus fortes qu’elle.
19 – Je te donnerai les clés du règne des cieux, et tout ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux.
20 – II enjoignit alors aux disciples de ne dire à personne que c’était lui le christ.

Mon commentaire :
Pierre est valorisé dans ce passage. Il est celui qui comprend la question et qui propose la réponse adéquate. Jésus fait de Pierre une sorte de lien entre la terre et les cieux. Difficile de penser que ce passage soit authentique dans un texte écrit par l’école de Jacques qui n’avait pas pour Pierre une grande estime. Peut-être s’agit-il d’une interpolation.

Voici comment je reçois ces textes.

Guilhem de Carcassonne.

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