larrons

Évangile selon Luc – Chapitre 23

4-2-Bible
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Ce texte est tiré du Nouveau Testament publié dans la collection La Bibliothèque de la Pléiade des éditions NRF Gallimard.
Introduction de Jean Grosjean, textes traduits, présentés et annotés par Jean Grosjean et Michel Léturmy avec la collaboration de Paul Gros.
Afin de respecter le droit d’auteur, l’introduction, les présentations et les annotations ne sont pas reproduites. Je vous invite donc à vous procurer ce livre pour bénéficier pleinement de la grande qualité de cet ouvrage.

ÉVANGILE SELON LUC

Chapitre 23

1 – Ils se levèrent en masse et le menèrent devant Pilate.
2 – Et ils commencèrent à l’accuser, ils disaient : Nous l’avons trouvé en train de pervertir notre nation, d’empêcher qu’on paie les impôts à César et de se faire passer pour un christ roi.
3 – Et Pilate le questionna : Es-tu le roi des Juifs ? Il lui répondit : Tu le dis.
4 – Et Pilate dît aux grands prêtres et aux foules : Je trouve aucun motif contre cet homme.
5 – Mais ils insistaient : II soulève le peuple, il enseigne dans toute la Judée, et même depuis la Galilée, où il a commencé, et jusqu’ici.
6 – À cette parole, Pilate demanda si l’homme était galiléen
7 – et, ayant reconnu qu’il était du ressort d’Hérode, il le renvoya à Hérode qui, ces jours-là, était aussi à Jérusalem.
8 – Hérode se réjouit fort de voir Jésus. Car il y avait bon temps qu’il voulait le voir, à cause de ce qu’il en entendait, et il espérait qu’il y aurait à voir quelque signe de lui.
9 – Il lui posa donc bon nombre de questions, mais Jésus, ne lui répondit rien.
10 – Mais les grands prêtres et les scribes étaient là, qui l’accusaient serré.
11 – Hérode, avec ses troupes, le méprisa, il se moqua de lui, il le vêtit d’un habit splendide et il le renvoya à Pilate.
12 – Le jour même, Hérode et Pilate devinrent amis, alors qu’auparavant ils se haïssaient.
13 – Pilate convoqua donc les grands prêtres, les chefs et le peuple
14 – et leur dit : Vous m’avez présenté cet homme comme détournant le peuple et voilà que moi qui l’ai jugé devant vous, je n’ai trouvé contre cet homme aucun des motifs dont vous l’accusez.
15 – Et Hérode non plus, puisqu’il nous l’a renvoyé. Voilà que rien de ce qu’il a fait ne mérite la mort.
16 – Je vais donc le faire corriger et le relâcher.
17 – Or il lui fallait, à chaque fête, leur relâcher quelqu’un.
18 – Mais ils hurlèrent tous en chœur : Enlève-le ! Relâche-nous Barabbas !
19 – Celui-ci avait été jeté en prison pour une insurrection qu’il y avait eue dans la ville, et pour meurtre.
20 – Pilate, qui voulait relâcher Jésus, les interpella encore
21 – mais ils vociféraient : Crucifie-le ! Crucifie-le !
22 – Pour la troisième fois il leur dit : Mais qu’a-t-il fait de mal ? Je n’ai trouvé en lui rien qui motive la mort, je vais donc le faire corriger et le relâcher.
23 – Mais ils se faisaient pressants et demandaient à grandes voix qu’on le crucifie, et leurs voix furent les plus fortes ;
24 – Pilate se prononça en faveur de leur demande :
25 – il relâcha celui qui avait été jeté en prison pour insurrection et pour meurtre, et qu’ils demandaient, et leur livra Jésus à volonté.

Mon analyse :
Cette version insiste sur la responsabilité du peuple et des autorités juives dans la condamnation à mort de Jésus et disculpe Pilate et même Hérode. Contrairement aux autres versions l’armée romaine semble extérieure aux événements.

26 – Comme ils l’emmenaient, ils prirent un certain Simon de Cyrène, qui revenait des champs, et lui imposèrent de porter la croix derrière Jésus.
27 – Une grande multitude de peuple le suivait, et aussi des femmes qui se lamentaient et gémissaient sur lui.
28 – Jésus se retourna vers elles et dit : Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi, pleurez plutôt sur vous et sur vos enfants ;
29 – car voilà que viennent des jours où on dira : Magnifiques les stériles, les ventres qui n’ont pas enfanté, et les seins qui n’ont pas nourri !
30 – Alors on commencera à dire aux montagnes : Tombez sur nous ! et aux collines : Couvrez-nous !
31 – Car si c’est là ce qu’on fait du bois vert, qu’en sera-t-il du bois sec ?

Mon analyse :
Jésus revient sur ses prédictions apocalyptiques et y ajoute la menace eschatologique à l’encontre de ce peuple réfractaire à sa prédication (bois vert, bois sec).

32 – Et on menait aussi deux autres malfaiteurs à supprimer avec lui.
33 – Quand ils arrivèrent au lieu-dit du Crâne, ils l’y crucifièrent avec les malfaiteurs, l’un à droite et l’autre à gauche.
34 – Et Jésus disait : Père, remets-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font. Ils partagèrent ses vêtements et les tirèrent au sort.
35 – Et le peuple était là, qui observait. Et les chefs aussi le narguaient, ils disaient : Il a sauvé les autres ; qu’il se sauve lui-même, s’il est le christ de Dieu, l’élu !
36 – Et les soldats aussi se moquaient de lui, ils s’approchaient, lui présentaient du vinaigre
37 – et disaient : Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même !
38 – Il y avait aussi une inscription au-dessus de lui : CELUI-CI EST LE ROI DES JUIFS.
39 – Et l’un des malfaiteurs pendus le blasphémait : N’es-tu pas le christ ? Sauve-toi toi-même et nous avec !
40 – L’autre le tança et lui répondit : Ne crains-tu pas Dieu toi qui es sous la même condamnation ?
41 – Pour nous, c’est justice et nous recevons ce que nous avons mérité, mais lui n’a rien fait de criminel !
42 – Et il disait : Jésus, souviens-toi de moi quand tu arriveras dans ton règne.
43 – Et Jésus lui dit : Oui, je te le dis, aujourd’hui tu vas être avec moi au paradis.

Mon analyse :
Les différentes étapes de la crucifixion sont présentées de manière brouillonne comme si elles avaient été copiées sur Marc ou Matthieu. Par contre Luc est le seul à nous présenter l’un des larrons comme accessible à la grâce.

44 – C’était déjà environ la sixième heure, et il y eut des ténèbres sur toute la terre jusqu’à la neuvième heure ;
45 – le soleil manqua, le rideau du sanctuaire se fendit par le milieu.
46 – Et Jésus vociféra à grande voix et dit : Père, je remets mon esprit entre tes mains. Et, ce disant, il expira.
47 – Et le centurion, voyant ce qui arrivait, glorifia Dieu et dit : Vraiment, cet homme était juste !
48 – Et toutes les foules qui, accourues à ce spectacle, observaient ce qui arrivait, s’en retournaient en se frappant la poitrine.
49 – Quant à ses connaissances et aux femmes qui l’avaient suivi depuis la Galilée, elles se tenaient toutes au loin, pour voir.
50 – Et voilà qu’un homme appelé Joseph, qui était du Conseil, homme bon et juste,
51 – qui n’avait donné son accord ni à leur dessein ni à leur action, qui était de la ville juive d’Arimathie et attendait le règne de Dieu,
52 – s’approcha de Pilate, demanda le corps de Jésus
53 – et, après l’avoir fait descendre, l’enveloppa d’un linceul et le mit dans un tombeau taillé dans la roche et où il n’y avait jamais eu personne.
54 – C’était le jour de la Préparation, aux premières lumières du sabbat.
55 – Les femmes, celles qui l’avaient accompagné depuis la Galilée et avaient tout suivi, regardèrent le tombeau et comment le corps avait été mis
56 – et elles s’en retournèrent apprêter les aromates et des parfums. Et le sabbat, elles se tinrent tranquilles selon le commandement.

Mon analyse :
Là aussi on sent une sorte de précipitation dans la présentation des faits.

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