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3e dimanche de carême

Lecture des textes de la liturgie catholique

Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.

Messe dominicale du 3e dimanche de carême

1re lecture :

Exode 17, 3-7

3 – Et le peuple eut soif d’eau et le peuple murmura contre Moïse ; il dit : « Pourquoi nous as-tu fait monter d’Égypte pour me faire mourir de soif avec mes fils et mes troupeaux ? »
4 – Moïse cria vers Iahvé, en disant : « Que ferai-je pour ce peuple ? Encore un peu et ils me lapideront ! »
5 – Iahvé dit à Moïse : « Passe en avant du peuple et prends avec toi des anciens d’Israël ! Prends en ta main ton bâton avec lequel tu as frappé le Nil et tu iras !
6 – Voici que, moi, je me tiens là devant toi sur le rocher, à Horeb ; tu frapperas sur le rocher, il en sortira de l’eau et le peuple boira ! » Moïse fit ainsi, aux yeux des anciens d’Israël.
7 – On appela l’endroit du nom de Massah et Meribah, à cause de la querelle des fils d’Israël et parce qu’ils tentèrent Iahvé, en disant : « Est-ce que Iahvé est au milieu de nous ou non ? »

Mon analyse :
Cet épisode fameux montre que Iahvé est sans cesse en train de torturer ceux qui lui ont fait confiance. D’abord le peuple hébreu qui souffre d’avoir suivi Moïse au nom de Iahvé ; ensuite Moïse lui-même, à qui il demande de subir les critique du peuple au lieu de lui donner d’emblée les moyens de valider son statut d’envoyé de Iahvé. Là, le peuple souffre de la soif. Il demande à boire et Moïse se retourne vers Iahvé qui met à profit cette situation pour affirmer son pouvoir en réalisant son miracle devant les représentants du peuple. Au lieu de mettre à disposition de l’eau, il exige un cérémonial destiné à asseoir son pouvoir. Nous savons qu’ensuite il prendra comme prétexte une hésitation de Moïse à cet instant pour lui interdire l’accès à la terre promise. Quel dieu pitoyable !

Psaumes : 95 (Vulgate 94), 1-2, 6-7ab, 7d-8a. 9

1 – Venez, poussons des cris de joie vers Iahvé, acclamons le rocher de notre salut,
2 – présentons-nous devant lui avec des actions de grâces, acclamons-le par des psaumes !
6 – Entrez, prosternons-nous, inclinons-nous, mettons-nous à genoux en présence de Iahvé qui nous a faits !
7 – Car il est notre Dieu et nous sommes… le troupeau sous sa main.
8 – n’endurcissez pas votre cœur comme à Meribah,…
9 – où m’ont tentés vos pères, où ils m’ont éprouvé, bien qu’ils aient vu mon œuvre !

Mon analyse :
Ce psaume est en totale résonnance avec le chapitre 17 de l’Exode. Iahvé garde rancune aux Hébreux du comportement de leurs pères dans le désert, quand ils ont demandé de l’eau. Quelle haine tenace pour celui qui se veut le créateur et le père de ces hommes.

2e lecture :

Lettre de Paul aux Romains : 5, 1-2.5-8

1 – Justifiés donc en vertu de la foi, soyons en paix avec Dieu par notre seigneur Jésus Christ
2 – par qui nous avons eu accès à travers la foi à cette grâce où nous sommes, et nous vantons d’espérer la gloire de Dieu.
5 – or l’espérance ne fait pas honte, car l’amour de Dieu a été versé dans nos cœurs par l’Esprit saint qui nous a été donné.

Mon analyse :
En l’absence d’information supplémentaire de la part de Marcion, dont l’œuvre ne nous est parvenue que de façon très restreinte, essayons de voir ce que nous pouvons tirer de ce texte. Ces cinq premiers versets sont conformes à la pensée de Paul. La foi nous justifie envers Dieu par l’intermédiaire du Christ qui s’est présenté ainsi dans les évangiles. Cette foi nous permet d’espérer la grâce de Dieu qui nous permettra de revenir à ses côtés le moment venu

6 – Quand en effet nous étions encore faibles, le Christ à son heure est mort pour des impies.
7 – À peine meurt-on pour un homme juste ; peut-être supporterait-on de mourir pour un homme de bien.
8 – Or l’amour de Dieu pour nous, c’est que le Christ est mort pour nous quand nous étions encore pécheurs.

Mon analyse :
On a l’impression qu’à chaque fois que Paul émet une opinion dans sa lettre, le scribe intervient par de longs développements pour l’orienter dans le sens judéo-chrétien qui est le sien. Là, il nous rappelle sa lecture sacrificielle de la passion allant jusqu’à en faire une volonté divine. Or, Dieu ne peut vouloir la mort et la souffrance de personne et si Christ fut condamné par les Juifs, ce n’est pas en vertu de la volonté de Dieu mais en raison des prescriptions de Iahvé et de la Loi positive.

Évangile selon Jean : 4, 5-42 (ou brève : 4, 5-15. 19b-26. 39a. 40-42)

5 – Il vient à une ville de Samarie, nommée Sychar, près du domaine que Jacob avait donné à son fils Joseph.
6 – Là était la source de Jacob. Jésus, fatigué du chemin, s’était assis contre la source. C’était vers la sixième heure.
7 – Une femme de Samarie vient puiser de l’eau. Jésus lui dit : Donne-moi à boire.
8 – Car ses disciples étaient allés à la ville acheter de la nourriture.
9 – La Samaritaine lui dit : Comment toi qui es Juif me demande-tu à boire à moi qui suis Samaritaine ?

Mon analyse :
Ce passage manifeste que Jésus ne respecte pas les prescriptions de la loi juive qui considère que les Samaritains ne sont pas des Juifs fréquentables. Non seulement, il ne fait pas de distinction mais en plus, il va montrer sa préférence pour eux.

10 – Jésus lui répondit : Si tu savais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : Donne-moi à boire, c’est toi qui lui aurais demandé et il t’aurait donné de l’eau vive.
11 – Elle lui dit : Seigneur, tu n’as rien pour puiser et le puits est profond. D’où as-tu de l’eau vive ?
12 – Es-tu plus grand que notre père Jacob qui nous a donné ce puits ? et il y a bu avec ses fils et son bétail.
13 – Jésus lui répondit : Quiconque boit de cette eau aura encore soif,
14 – mais qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura plus jamais soif et l’eau que je lui donnerai sera en lui une source d’eau qui jaillira en vie éternelle.
15 – La femme lui dit : Seigneur, donne-moi cette eau pour que je n’aie plus soif et ne vienne plus puiser ici.

Mon analyse :
Dans un premier temps la femme semble ne pas comprendre ce que Jésus lui dit, et c’est normal. Mais quand il propose une eau désaltérante éternelle, elle réagit avec sa simplicité et en demande sans réfléchir de façon logique comme elle le faisait au verset 11.

16 – Il lui dit : Va appeler ton mari et reviens.
17 – La femme lui répondit : Je n’ai pas de mari. Jésus lui dit : Tu dis bien : Je n’ai pas de mari,
18 – car tu as eu cinq maris et celui que tu as maintenant n’est pas ton mari, tu dis vrai.
19 – La femme lui dit : Seigneur, je vois que tu es prophète.

Mon analyse :
Jésus révèle à la femme sa prescience et elle le reconnaît comme prophète.
Pour autant il ne porte aucun jugement sur elle et sur son mode de vie.

20 – Nos pères ont adoré sur cette montagne et vous dites que c’est à Jérusalem qu’on doit adorer.
21 – Jésus lui dit : Crois-moi, femme, l’heure vient où ce n’est ni sur cette montagne ni à Jérusalem que vous adorerez le Père.
22 – Vous ne savez pas ce que vous adorez, nous savons ce que nous adorons, car le salut vient des Juifs,
23 – mais l’heure vient, et c’est maintenant, où les véritables adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité, car le père cherche de tels adorateurs.
24 – Dieu est esprit et ceux qui adorent doivent adorer en esprit et en vérité.

Mon analyse :
Là encore, profitant d’un des motifs de division entre Juifs et Samaritains, Jésus oppose les croyances des Juifs en vue du salut et la véritable croyance en un Dieu spirituel. Ce faisant il invalide le temple et tout ce qui matérialise la foi juive.

25 – La femme lui dit : Je sais que vient le messie, c’est-à-dire le christ. Quand il sera venu, il nous annoncera tout.
26 – Jésus lui dit : Je le suis, moi qui te parle.
27 – Là-dessus, ses disciples vinrent et ils s’étonnaient qu’il parlât avec une femme. Personne pourtant ne dit : Que cherches-tu ? ou : Pourquoi parles-tu avec elle ?
28 – Alors la femme laissa sa cruche et courut à la ville dire aux gens :
29 – Venez voir un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait. Ne serait-il pas le christ ?
30 – Ils sortirent de la ville et ils venaient vers lui.
31 – Entre-temps, les disciples lui demandaient : Rabbi, mange.
32 – Mais il leur dit : J’ai à manger un aliment que vous ne connaissez pas.
33 – Les disciples se disaient entre eux : Quelqu’un lui aurait-il apporté à manger ?
34 – Jésus leur dit : Mon aliment est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé et de finir son œuvre.
35 – Ne dites-vous pas : Encore quatre mois et ce sera la moisson ? Et bien, je vous dis : Levez les yeux et voyez que les champs sont déjà blancs pour la moisson.
36 – Le moissonneur reçoit le salaire et amasse du fruit pour la vie éternelle, pour que le semeur se réjouisse avec le moissonneur.
37 – Le proverbe a cela de vrai qu’autre est le semeur, autre le moissonneur.
38 – Je vous ai envoyé moissonner où vous n’avez pas travaillé. D’autres ont travaillé et vous êtes entré dans leur travail.

Mon analyse :
Après s’être révélé à la femme qui va avertir les hommes du bourg, Jésus s’adresse aux disciples qui semblent moins compréhensifs que ne l’était la femme samaritaine.
Concernant la nourriture, ils sont comme la femme concernant l’eau ; ils pensent matériel quand Jésus parle spirituel. Jésus leur explique sa mission : moissonner ici-bas pour le compte de Dieu. De même il annonce aux disciples leur futur apostolat : moissonner auprès de peuples qu’ils ne connaissent pas. N’est-ce pas une prédiction de l’apostolat envers les nations (les païens) ?

39 – Beaucoup de Samaritains de cette ville se fièrent à lui sur ce témoignage de la femme : Il m’a dit tout ce que j’ai fait.
40 – Une fois près de lui, les Samaritains lui demandèrent de demeurer chez eux. Il y demeura deux jours.
41 – Et beaucoup plus eurent foi sur sa parole.
42 – Ils disaient à la femme : Ce n’est plus sur tes dires que nous avons foi, car nous l’avons entendu et nous savons qu’il est vraiment le sauveur du monde.

Mon analyse :
Les Samaritains sont présentés comme plus aptes à croire en Jésus que ne le sont les Juifs. C’est une critique du système extrêmement normé que les Juifs ont mis en place, dont les codes et les règles finissent par tuer la foi.

Voici comment je reçois ces textes.

5e dimanche du temps ordinaire

Lecture des textes de la liturgie catholique

Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.

5e dimanche du temps ordinaire

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4e dimanche du temps ordinaire

Lecture des textes de la liturgie catholique

Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.

4e dimanche du temps ordinaire

1re lecture :

Sophonie : 2, 3 ; 3, 12-13

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3e dimanche du temps ordinaire

Lecture des textes de la liturgie catholique

Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.

1re lecture :

Livre d’Isaïe : 8, 23b – 9, 3

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2e Dimanche du temps ordinaire

Lecture des textes de la liturgie catholique

Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.

1re lecture :

Livre d’Isaïe : 49, 3. 5-6

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Dimanche, solennité de l’Épiphanie

Lecture des textes de la liturgie catholique

Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.

Messe dominicale du dimanche, solennité de l’Épiphanie

1re lecture :

Livre d’Isaïe 60, 1-6

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4e dimanche de l’Avent

Lecture des textes de la liturgie catholique

Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.

Messe dominicale du 4e dimanche de l’Avent

1re lecture :

Isaïe : 7, 10-16

10 – Iahvé recommença à parler à Achaz pour dire :
11 – « Demande un signe à Iahvé ton Dieu, cherche-le soit au tréfonds de Sheol, soit situé au plus haut. »
12 – Mais Achaz dit : « Je n’adresserai pas de demande et je ne tenterai pas Iahvé. »
13 – Alors il dit : « Écoutez donc, maison de David ! Est-ce trop peu pour vous de lasser les hommes, pour que vous lassiez aussi mon Dieu ?
14 – Aussi Adonaï vous donnera-t-il lui-même un signe : voici que la jeune femme va être enceinte et va enfanter un fils ; tu lui donnera pour nom Emmanuel.
15 – Il mangera du beurre et du miel, jusqu’à ce qu’il sache rejeter le mal et choisir le bien.
16 – Mais, avant que l’adolescent sache rejeter le mal et choisir le bien, le territoire à propos duquel tu es épouvanté, à cause de ses deux rois, sera laissé à l’abandon.

Mon analyse :
Achaz est désireux de trouver la paix avec les Assyriens. Les rédacteurs de ces textes, prisonniers à Babylone, réécrivent l’histoire en dénigrant ceux qui ont cherché la paix avec puissant voisin et en exaltant ceux qui ont cherché une indépendance impossible, même si cela a provoqué la ruine du pays. La ruine est donc annoncée, d’autant plus facilement que le texte est postérieur, et l’enfant est l’annonce du renouveau sur les bases pastorales (beurre et miel), puisque l’agriculture sera ravagée.

Psaumes : 23 (Vulgate 22), 1-2, 3-4ab, 5-6

1 – Psaume de David. Iahvé est mon pasteur, je ne manque de rien :
2 – sur des prés de gazon il me parque, près des eaux reposantes il me mène,
3 – il ranime mon âme, il me conduit sur les sentiers de la justice en vertu de son nom.
4 – Même si je marche dans un val ténébreux, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi,
5 – Devant moi tu dresses une table, face à mes adversaires, tu oins d’huile ma tête, ma coupe est débordante.
6 – Oui, le bonheur et la grâce m’accompagneront tous les jours de ma vie et j’habiterai dans la maison de Iahvé à longueur de jours.

Mon analyse :
L’homme est littéralement pantelant entre les mains de Iahvé. C’est la vision idéalisée d’un peuple qui ne veut aucune initiative mais s’en remet à son Dieu dont il attend tout.

2e lecture :

Lettre de Paul aux Romains : 1, 1-7

1 – Paul, esclave du christ Jésus, apôtre appelé et mis à part pour annoncer l’évangile que Dieu
2 – avait promis par ses prophètes dans les saintes écritures
3 – au sujet de son fils, né de la semence de David selon la chair
4 – et établi fils de Dieu avec puissance selon l’esprit de sainteté par sa résurrection d’entre les morts, Jésus Christ notre seigneur,
5 – par qui nous avons reçu grâce et mission afin que la foi soit obéie pour son nom dans toutes les nations,
6 – dont vous faites partie, vous, les appelés de Jésus Christ,
7 – à tous les aimés de Dieu qui sont à Rome, appelés à la sainteté. À vous, grâce et paix de Dieu notre père et du seigneur Jésus Christ.

Mon analyse :
Dans son introduction et salutation Paul se présente comme apôtre reconnu mais séparé des autres pour une mission spécifique. N’oublions pas que le terme évangile désigne une bonne nouvelle. Or, Paul semble avoir pris ce terme en son sens premier et ne s’est pas lancé comme d’autres dans une biographie de Jésus.
Le verset 3 comporte un ajout « selon la chair » destiné à contrecarrer Marcion, comme l’explique Paul-Louis Couchoud[1]. D’ailleurs le terme Jésus Christ semble être une construction intervenue lors de la récupération de ses écrits par les Catholiques désireux de lui retirer ce qui en faisait un hérétique aux yeux de beaucoup car, en effet, Paul n’a pas connu Jésus et ne connaît que la révélation de Christ qu’il reçut sur le chemin de Damas.
Il s’adresse à une communauté romaine dont il sait qu’elle est composite. Il est même probable qu’il y ait plusieurs communautés. le verset 7 montre que certains membres ne sont pas encore considérés comme chrétiens (appelés à la sainteté) et Paul ne parle pas de membres d’un plus haut niveau (les teleios) ni d’apôtres.

Évangile selon Matthieu : 1, 18 – 24

18 – Et voici les origines de Jésus Christ. Marie sa mère était fiancée à Joseph ; avant qu’ils soient ensemble, elle se trouva enceinte par l’Esprit saint.
19 – Joseph son époux, qui était juste et ne voulait pas la diffamer, décida de la renvoyer en secret.
20 – Comme il y pensait, voilà qu’un ange du Seigneur lui apparut en songe et dit : Joseph fils de David, ne craint pas de prendre Marie ta femme, car ce qu’elle a conçut est de l’Esprit saint.
21 – Elle enfantera un fils et tu l’appelleras Jésus car il sauvera son peuple de leurs péchés.
22 – Tout cela arriva pour remplir cette parole du Seigneur qui dit par le prophète :
23 – Voici, la vierge sera enceinte et enfantera un fils, et lui, on l’appellera Emmanuel, ce qui veut dire : Dieu avec nous.
24 – Réveillé, Joseph fit comme l’ange du Seigneur lui avait prescrit, il prit sa femme

Mon analyse :
Le fait pour une femme mariée, mais également pour une fiancée, de se retrouver enceinte, était considéré comme un adultère. Si donc Joseph avait été juste, il l’aurait dénoncée et elle aurait été lapidée. De même, dire qu’elle était enceinte sans qu’il y fut pour quelque chose n’aurait pas été de la diffamation. Cependant la décision de renvoyer sa promise dans sa famille provoque la réaction de Dieu qui envoie un ange. En fait cette construction vise à attacher solidement la tradition christique à la tradition juive.

Voici comment je reçois ces textes.

[1] Paul-Louis Couchoud : La première édition de Saint Paul in www.Radikalkritik.de – Berlin 2002

3e dimanche de l’Avent

Lecture des textes de la liturgie catholique

Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.

Messe dominicale du 3e dimanche de l’Avent

1re lecture :

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33e dimanche du temps ordinaire

Lecture des textes de la liturgie catholique

Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.

1re lecture :

Deutéronome 12, 1-3

« Voici les préceptes et les sentences que vous veillerez à mettre en pratique, dans le pays que Iahvé, Dieu de tes pères, t’a donné pour le posséder, durant les jours que vous vivrez sur le sol.
Vous devrez faire disparaître tous les lieux où les nations que vous allez déposséder ont servi leurs dieux, sur les montagnes hautes et sur les collines, ainsi que sous tout arbre verdoyant.
Vous démolirez leurs autels et vous briserez leurs stèles, vous brûlerez leurs Ashérah par le feu et vous abattrez les idoles de leurs dieux, vous ferez disparaître leur nom de ce lieu.
 »

Comme souvent dans l’Ancien Testament, l’auteur ne s’embarrasse pas de fioritures dans son expression. Pour servir Iahvé, point n’est besoin d’être bon ni d’être juste. Il suffit simplement d’éradiquer ce qui déplaît à Iahvé. Cette description a tout de ce que nous appelons de nos jours, une purification ethnique. Ce qui nous interpelle, ce n’est pas la violence du procédé, car toutes les époques portent en elles une telle violence. Non, ce qui marque c’est le fait que ceux qui servent Iahvé sont en fait extrêmement inquiets du manque de crédibilité que leur foi porte en elle. En effet, il leur semble systématiquement nécessaire de faire disparaître toute trace de la religion qui a précédé de peur qu’elle ne conserve plus de crédit que celle de Iahvé. Nous retrouvons cela tout au long de l’histoire du judéo-christianisme. Notamment dans la fixation de certaines fêtes légales. Noël est utilisé pour masquer la date la plus importante de la religion païenne de Mithra, celle de Sol invictus. Cette inquiétude tient au fait que, même ceux qui se disent convaincus de la validité de la divinité de Iahvé, sont en fait conscients du caractère bancal de cette affirmation. Comme nous le montre son histoire, Iahvé n’a à peu près aucune des caractéristiques que l’on s’attend à trouver chez le Dieu créateur de toutes choses. Il n’est donc pas étonnant que faute de s’imposer par la logique et la cohérence, ce Dieu en soit réduit à s’imposer par la force et en faisant le vide autour de lui.

Psaumes : 15, 5.8, 9-10, 11

« Iahvé est la part de mon héritage et de ma coupe, c’est toi qui maintient mon lot !
Il m’est échu en partage des lieux de délices ; mon patrimoine me fait bien plaisir.
Je bénis Iahvé qui me conseille ; même durant les nuits, mes reins m’avertissent.
Je place sans cesse Iahvé devant moi, car, s’il est à ma droite, je suis inébranlable.
C’est pourquoi mon cœur est joyeux et mon foie jubile, même ma chair demeure en sécurité,
car tu n’abandonneras pas mon âme au Sheol, tu ne permettras pas que ton dévot voie la fosse.
 »

Ce psaume vient rappeler la contrepartie du contrat qui unit Iahvé au peuple qu’il a choisit. En échange de sa docilité et de son obéissance aveugle aux lois de Iahvé, ce peuple reçoit en exclusivité un traitement de faveur et une garantie de protection.
Et personne ne se demande ce que Iahvé fait des autres peuples qu’il a aussi créés. Comment s’étonner dès lors que les peuples, dont la religion s’appuie sur ce concept d’un Dieu exclusif et d’un abandon de la majeure partie de la création, ne soient pas tentés, un jour ou l’autre, de recourir à la violence pour imposer leur thèse ? Personnellement, je ne m’en étonne plus.

2e lecture :

Hébreux 10, 11-14.18

« Tout prêtre se tient chaque jour en fonction à offrir maintes fois les mêmes sacrifices qui ne peuvent jamais ôter les péchés,
mais celui-ci a offert un seul sacrifice pour les péchés et s’est assis à perpétuité à la droite de Dieu
à attendre que ses ennemis soient le marchepied de ses pieds.
Il a en effet parfait les sanctifiés à perpétuité par une seule offrande.

Or, où il y a rémission des péchés, il n’y a plus d’offrande expiatoire. »

Dans sa parfaite logique judéo-chrétienne, le narrateur mélange deux concepts aussi incroyables l’un que l’autre et totalement empreints de mondanité. Le premier est la « professionnalisation » du rôle du prêtre qui fait d’un moment d’échange entre le pécheur et son Dieu, un outil d’activité professionnelle. L’autre, est la recherche de compétition dans cette activité. De fait, ce qui est censé constituer l’épicentre de la relation homme/Dieu, le sacrifice, est complètement dissocié de sa fonction et réorienté vers une recherche de bénéfice et de gloire.
Pour compléter le tableau, comme on le voit dans le Deutéronome, Dieu est recherché comme moyen de dominer les autres hommes de façon violente. Enfin, la bénédiction divine est acquise durablement, tout au moins pour les fautes passées.

Évangile : Marc 13, 24-32

« Mais en ces jours-là, après cette affliction-là, le soleil s’obscurcira, la lune ne donnera plus sa clarté,
les étoiles se mettront à tomber du ciel et les puissances qui sont dans les cieux s’agiteront.
Alors on verra le fils de l’homme venir sur des nuées avec beaucoup de puissance et de gloire.
Alors il enverra les anges et rassemblera ses élus, des quatre vents et du bout de la terre au bout du ciel.
Apprenez du figuier cette parabole : dès que sa branche devient tendre et pousse ses feuilles, vous savez que l’été est proche.
De même, vous aussi, quand vous verrez ces choses arriver, sachez qu’il est proche, aux portes.
Oui je vous le dis, cette génération ne passera pas, que tout ne soit arrivé.
Le ciel et la terre passeront mais mes paroles ne passeront pas.
Mais le jour ou l’heure, personne ne les sait, ni les anges au ciel, ni le Fils, si ce n’est le Père.
 »

Ce texte nous montre que l’école qui l’a produit est typiquement judéo-chrétienne. La seconde parousie ressemble à s’y méprendre à une annonce messianique. À croire que l’expérience de Jésus n’a servi à rien. En outre, là encore il s’agit de favoriser une partie de la création, les élus. C’est en opposition totale avec la parabole de la brebis perdue.
La seconde partie est clairement apocalyptique. Cependant, nous pouvons en retenir l’idée qu’il ne sert à rien de repousser à demain notre engagement en vie chrétienne. Car le salut ne peut être obtenu que si l’on est prêt quand notre destin amènera la mort du corps physique qui nous contraint. Il faudra qu’à ce moment nous soyons prêts, c’est-à-dire en paix avec nous-même et avec le monde, ouverts à la grâce divine et humble dans notre situation, comme le fils prodigue envers son père. Si l’ouvrier de la dernière heure obtient le salaire complet, la vierge qui a laissé sa lampe s’éteindre, perd son droit d’entrée à la noce.
La dernière phrase est intéressante car elle sous-entend que le Fils n’est pas le Père, ce qui contredit l’hypothèse trinitaire.

Voici comment je reçois ces textes.

32e dimanche du temps ordinaire

Lecture des textes de la liturgie catholique

Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.

Messe dominicale du 32e dimanche du temps ordinaire

1re lecture :

2 Maccabées 7, 1-2. 9-14

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