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Rencontres de Montségur : Spiritualité du catharisme

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Rencontres de Montségur : Spiritualité du catharisme

Lieu et date

L’association Rencontres de Montségur a proposé à l’Église cathare de France d’organiser une journée de conférences et d’échanges sur ce sujet taillé sur mesure pour notre organisation. C’est d’autant plus courageux que ce sujet est souvent traité en marge des discussions sur le catharisme, quand il n’est pas carrément oublié.
Mais il faut reconnaître que les rendez-vous de cette association, que ce soit à Montségur ou à Cailhaux, ont toujours essayé de faire une place à l’expression spirituelle, même si ce n’est pas le sujet maître de leurs discussions et si une bonne partie de leurs membres ne sont pas forcément engagés spirituellement dans le catharisme ou ailleurs.

Ce rendez-vous s’est tenu le samedi 5 novembre 2022 à la salle des fêtes de la mairie de Peyrens (Aude).

1 – Origines du catharisme, du proto-christianisme à l’aube du catharisme. Éric Delmas

Les images se lisent de gauche à droite et de haut en bas.

2 – Le Consolamentum – Le Consolateur – Le Consolament cathare : un état d’esprit. Gilles-Henri Tardy

Fichier PDF de la conférence : Consolamentum

3 – Le catharisme au 21e siècle. Guilhem de Carcassonne.

Les images se lisent de gauche à droite et de haut en bas.

4 – Les axes de la recherche : Gilles-Henri Tardy.

Fichier PDF de la conférence : L’Axe de recherche

Utilisez les forums pour discuter de cette journée.

Rencontres de Montségur, Association loi de 1901 : 157, village – 09300 Montségur – 06 62 67 79 23

rencontresdemontsegur@gmail.com  — (20+) Les rencontres de Montségur / Facebook

Réunion des 4 et 5 juin à Le Sautel

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Cathares & catharisme

Rencontre et échanges

4 et 5 juin 2022 au Sautel (09300) Ariège

Programme

Modérateur-animateur : Gilles-Henri TARDY

Samedi 4 juin :

  • 9 h 00 : Accueil par Gilles-Henri Tardy et par M. Richard Moretto, maire du Sautel
  • 9 h 30 : Moment de recueillement pour la paix dans le monde
  • 9 h 45 : L’Histoire au-delà des mythes :
    Présentation des livres de Gilles-Henri Tardy ; « Les Amis de Dieu », une fresque sur les origines de nos religions monothéistes suivie de « La Dame Elue ou le féminin sacré » les vérités orientalistes et orthodoxes sur Marie-Madeleine.10 h 45 : Pause
  • 11 h 00 : Les origines du catharisme du 1er siècle au Moyen Âge, par Éric Delmas de Culture et Études Cathares
  • 11 h 45 : Questions-réponses
  • 12 h 15 : Pause déjeuner

*

  • 14 h 00 : Table-ronde : le quotidien des cathares au Moyen-Âge : les différentes approches (auditeurs, croyants, novices, consolés), la vie quotidienne (métiers, habillement, nourriture, éducation, …)
  • 16 h 00 : Pause
  • 16 h 30 : La spiritualité : Bienveillance, humilité, non-violence, etc. par Guilhem de Carcassonne de l’Église cathare de France
  • 17 h 15 : Questions-réponses suivis d’une conclusion pour cette première journée
  • 19 h 30 : Dîner-buffet (facultatif) au lieu-dit « Touloumy » chez Gilles-Henri Tardy et Françoise et Michel Lozano, avec feu de camp (selon météo), lecture de poésie, musique (apporter vos instruments si vous le souhaitez).

Dimanche 5 juin :

  • 9 h 00 : Accueil
  • 9 h 30 : Expression spirituelle : Le Père Saint par un croyant cathare d’aujourd’hui
  • 9 h 45 : Présentation de la journée
  • 9 h 50 : La continuité apostolique par Gilles-Henri Tardy
  • 10 h 15 : Table-ronde sur la justification d’une communauté cathare
  • 10 h 45 : Présentation de l’Église cathare de France par Guilhem de Carcassonne
  • 11 h 30 : Questions-réponses
  • 12 h 00 : Pause déjeuner
  • 13 h 30 : Table-ronde avec questions-réponses sur le catharisme aujourd’hui
  • 14 h 15 : intervention libre
  • 15 h 00 : Mot de clôture par Gilles-Henri Tardy

Un seul choix: avancer

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Un seul choix : avancer

Depuis mon dernier témoignage bien des choses ont changées. En 2014, je vous disais avoir clairement rejoint les rangs des croyants depuis mon premier témoignage de 2009 et me préparer à un noviciat que j’entrevoyais à l’horizon de ma future retraite.

J’ai suivi cette voie, qui pour moi était totalement enténébrée vu que personne n’avait témoigné l’avoir suivie depuis sept siècles. Je devais faire seul ce que beaucoup d’autres avaient échoué à réussir alors qu’ils étaient bien encadrés et soutenus par une communauté ecclésiale et une Église encore sur pieds. Je craignais que ma démarche fut plus le fait de ma vanité que d’un engagement spirituel sincère.

Cependant, j’ai cherché à compenser mes défauts et mes manques par une pratique rituelle rigoureuse et une étude approfondie et quotidienne. La première année, je l’ai consacrée à l’étude du Nouveau Testament, chapitre par chapitre, jour après jour. Ensuite j’ai élargi mon champ d’étude aux textes chrétiens et à la recherche historique pour approfondir les preuves des origines des cathares que je venais de publier dans mon livre. Enfin, j’ai étudié plusieurs auteurs chrétiens, élargi mes connaissances philosophiques et dans les autres sciences humaines. La dernière année fut consacrée essentiellement à l’introspection et à la préparation de ce qui m’attendait.

En effet, ayant passé le cap du rituel de la sainte oraison dominicale, mes heures étaient désormais rythmées par le Pater que je venais de produire à partir d’une étude approfondie de la glose. Je savais que j’avais acquis suffisamment de connaissances pour me concentrer sur l’approfondissement de mon engagement spirituel afin de me rendre accessible à la grâce que voudrait peut-être me faire le Saint-Esprit paraclet si je m’en montrais digne. Ce fut le cas en ce début d’année. Je sus alors que mon noviciat arrivait à sa fin. Cela fut officialisé à la Pentecôte suivante par ma Consolation.

Maintenant j’entre dans la partie de mon cheminement que j’imagine la plus difficile. Non seulement je ne dois pas me relâcher dans mon travail spirituel personnel, mais je dois aussi remettre sur pieds une Église cathare disparue voici sept siècles dans d’autres circonstances et dans un autre environnement. Je dois aussi rechercher les croyants déclarés ou encore inconnus qui en formeront l’ossature. Si le maître de ce monde m’en laisse le temps, j’essaierai de laisser à d’autres un outil d’organisation spirituelle capable de redonner toute sa vigueur à une Église cathare d’aujourd’hui qui confirmera mon intuition de 2007 qui me fit choisir pour mon site le titre : Catharisme d’aujourd’hui !

Guilhem de Carcassonne le 24/07/2021.

Mon chemin

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Mon chemin

Depuis que j’ai lu ou relu les philosophes, parfois des personnes dont je m’étais éloignée depuis longtemps, parfois des personnes que je redécouvrais avec leurs failles que je n’avais vues avant, ou encore des personnes que je n’avais jamais lues et que je découvrais avec, je crois, le même regard que celui de mes dix-sept ans lorsque j’avais entrevu les pensées de Socrate, Descartes, Kant, Montaigne, Nietzsche, Sartre… (études obligatoires : le lycée). Mais revenir à la philosophie c’est revenir à la vie, à la lumière, enfin le « cogito » se réveille à se délecter dans la pensée profonde. Il a l’impression d’avoir beaucoup trop dormi, il est temps de réagir !

Alors arrive assez vite la question à laquelle on pensait le moins : Et ma vie spirituelle, où en est-elle ? Ô question insondable ? Un grand vide m’habite depuis bientôt quatre ans, un chagrin, qui par courtoisie, se fait de plus en plus calme. Un vide m’habite, ou plus exactement un manque spirituel qui ne trouve aucun écho en ce monde, et bien que le chemin devant moi soit brouillardeux, je m’y reconnecte naturellement, sans même y penser dès que je pars au bois. Ce chemin mondain est agréable à suivre car il sinue sous de grands arbres montant tout droit vers le ciel, tout en se penchant, bienveillants, généreux de leur ombre pour la marcheuse silencieuse. Pourtant c’est grâce à lui qu’une partie de la vie mondaine se trouve alors agréablement loin de nous, oh ! pas très longtemps bien-sûr, au plus une heure à pied mais on ne peut s’empêcher de se dire : Liberté ! Où, peut-être : libérée ! C’est alors le moment propice, « La liberté alors, c’est une bouchée de pain, une gorgée d’eau fraîche, un paysage ouvert. » Frédéric Gros : « Marcher, une philosophie, éd. Champs poche)

Et, surtout le silence ! « L’évidence retrouvée du silence, d’abord comme transparence… » écrit F. Gros, puis comme respiration retrouvée, ajouterai-je. C’est alors, vraiment dans la solitude que surgissent les questions importantes et parfois les éléments de réponses.

J’ai essayé de penser avec méthode tout en suivant tes conseils, et aussi, il me semble, en suivant tes pas, sans perdre de vue les paroles d’Antonio Machado ; « El camino se hace caminando. » En effet, je sais que dans ce chemin, chacun, chacune est seul(e) dans son « avancement ».

Je t’ai relu, j’ai relu aussi plusieurs fois les fondamentaux, notamment « La règle de justice et de vérité » ainsi que les deux principes qui font partie de ma réflexion depuis très longtemps. Je me rends compte aujourd’hui que les valeurs les plus importantes que j’ai au fond de moi viennent toutes du catharisme, cette religion que tu qualifies toi-même de « spirituelle ». C’est justement parce qu’elle est spirituelle qu’elle me convient, et aussi bien sûr pour le rôle important qu’elle confie à la philosophie permettant au croyant de se faire, comme tu l’as dit, « un costume sur mesure dans le prolongement de sa logique. » Elle est aussi une des rares religion, peut-être la seule même, à penser la femme égale de l’homme, et déjà en cela, on peut dire qu’elle est révolutionnaire ; en tout cas, elle en a acquis dans mon cœur ses lettres de noblesse (au sens premier du terme). Elle est en fait humaniste plus que toute autre par ses idéaux, par son message, par son salut. L’idée du salut m’interroge aussi depuis longtemps, m’ayant à plusieurs reprises, au cours de mon existence, rappelé avant d’agir de ne pas perdre le désir de « sauver mon âme ». Je constate que ses rappels se répètent plus souvent et j’en suis heureuse car ma conviction profonde est de devenir meilleure. Or ces rappels sont vraiment des aides, comme un Jiminy Cricket[1] de la bonne conduite. Ce qui est nouveau pour moi aussi, c’est de prononcer, d’écrire ce mot conviction qui n’appartenait pas à mon vocabulaire. Alors, lorsque je te lisais : « Étudier suffisamment sa propre conviction pour savoir ce à quoi notre intuition nous pousse. » dans ton article sur la foi, je me disais « je n’ai pas de conviction, je ne comprends pas ce qu’il veut dire… » La peur de l’introspection m’anesthésiait, je crois.

Pour pouvoir progresser à mon rythme, j’ai alors décidé de choisir dans chacun des articles que tu as écrits, un objectif que je pouvais légitimement viser. Pour celui de la foi, j’ai retenu celui-ci. « Le cheminement que l’on fera jusqu’au moment opportun, soit rejoindre une communauté pour y vivre ses dernières années, soit la rejoindre dans son agonie lors d’une consolation aux mourants, est essentiel à la réussite de ce dernier moment. »

En ce qui concerne l’ascèse alimentaire, je ne peux l’imaginer pour le moment que dans le cadre futur d’une retraite dans notre prochaine maison cathare, et en attendant je me prépare à l’idée d’une nourriture végétaliste, tout en « luttant » patiemment contre les peurs irraisonnées de mon entourage.

Le détachement, ce maître-mot, comme tu dis, pour devenir Bon-Chrétien, le détachement aux biens matériels ne me semblera pas, je crois, si difficile au moment venu, mais c’est plutôt ce détachement à la nature qui me montre le plus cruellement la difficulté à dépasser ; c’est pour cela que je commençais ma lettre en te parlant un peu de cet espace naturel qui m’est vital, dans le sens où, mais je ne l’ai peut-être pas assez clairement exprimé, c’est là que mon âme s’éveille le plus naturellement aujourd’hui. Je crois avoir compris que tu es loin de cela, aussi, il ne serait pas courtois de ma part de t’ennuyer avec de telles mondanités.

Je peux encore préciser que l’idée d’un Dieu étranger à ce monde me convient tout à fait et le Principe du Bien comme « représentation mentale d’un objectif spirituel destiné à nous faire comprendre notre nature réelle » (comme tu l’as si bien défini) m’a non seulement réconciliée avec l’idée du mot « religion », mais il m’a enfin permis de trouver la mienne.

Dans ce mélange hétérogène que nous sommes, je désire aujourd’hui lutter attentivement contre la part mondaine, pour chercher au plus profond de moi le Principe du Bien, afin d’éveiller mon étincelle divine.

Je sais que le chemin est long, mais aujourd’hui je sais aussi que c’est bien celui-là qui me convient. Si je peux aider à la vie de l’Église cathare, je me propose d’être toujours active, dans toute mission qu’elle pourra me confier, et si je trébuche sur le chemin, je sais que je ne serai pas seule, enfin si je n’en connais pas la destination finale, je sais que je serai toujours là pour défendre la pensée cathare et tout être humain qui la fera sienne.

Chantal Benne le 24/07/2021

[1] Personnage servant de conscience à Pinocchio dans le dessin animé éponyme de Walt Disney

Négation du catharisme

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Désinformation, négationnisme, « fake news »

Comme vous l’avez sans doute remarqué, la mode d’aujourd’hui est au négationnisme. Certes, pas celui qui vaudrait à ses auteurs de lourdes condamnations judiciaires, mais un autre pour lequel ils ne risquent rien, ce qui est — entre autre — la raison de leur acharnement.
C’est un mal profondément ancré dans notre société. Ce que l’on ne peut contrôler on cherche à le détruire.
Ce négationnisme est celui des cathares. Cela va de la mise en doute d’une structure ecclésiale organisée pour les plus prudents à l’affirmation de l’inexistence du catharisme, phénomène inventé de toutes pièces par l’Église catholique, dont nous savons tous qu’elle a besoin de justifier ses actes, comme l’histoire nous le montre au fil des siècles.
La disparition régulière des chercheurs qui ont révélé le catharisme sous ses facettes les mieux présentées et la prise d’âge de ceux et celles qui restent encore, a réveillé un courage prudent chez ceux qui veulent faire un sort à cette religion pour des raisons diverses. Peu enclins à sortir du bois eux-mêmes, ils se contentent en général d’envoyer au feu des étudiants ou des journalistes hâtivement brieffés et se gardent bien d’intervenir quand les spécialistes leur taillent des croupières en fournissant force documents et sources vérifiables.

Dans la mesure du possible, vous trouverez ici des études de publications et d’événements visant à porter atteinte au catharisme, mais contrairement à ce que font les médias traditionnels, ici nous laisserons aussi la parole à ceux qui répondent à ces comportements et qui le font avec des arguments et des sources, contrairement à ceux qui se drapent dans leur statut ou leurs diplômes pour tenter d’imposer leurs mensonges.

  1. « Les Cathares, une idée reçue », l’exposition qui démonte « le mythe » des Cathares – exposition itinérante de Alessia Trivelone, historienne de l’art de l’université de Montpellier. Réponses de : Michel Roquebert, Annie Cazenave, Roland Poupin, Michel Jas, Éric Delmas, Gilles Henri Tardy, Joël Lafaille, Dominique Dhenry, Anne Brenon et Pilar Jiménez.

  2. « Quelques notes sur les cathares et le catharisme » Bertran de La Farge fait un bilan du négationnisme dans un courrier adressé à l’administrateur du site.

  3. « Vers une nouvelle interprétation de l’histoire ? ! » et « Zoom sur un doublon ». Patrick du Come et Annie Cazenave commente une annonce de début de thèse à venir du groupe désormais dirigé par Julien Théry.

  4. Site d’étudiants de l’école des mines de Paris sur les polémiques autour du catharisme.

À suivre à n’en pas douter, malheureusement !

Agenda des événements liés au catharisme

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Agenda des événements

L’association Culture et études cathare organise régulièrement des actions visant à diffuser la culture cathare.
Vous trouverez ci-dessous des informations sur ces événements.
Si vous aussi vous organisez de tels événements, n’hésitez pas à le faire savoir en remplissant le formulaire ci-dessous pour que nous puissions les annoncer en profitant de notre visibilité sur Internet.

Si vous avez connaissance ou si vous organisez un événement traitant du catharisme, tel qu’il est présenté ici, c’est-à-dire loin des spéculations ésotériques ou d’organismes cultivant le secret, nous serons heureux d’en être les médiateurs.
Attention, si votre événement n’a pas de lien direct avec le catharisme, il ne sera pas publié. Les décisions de l’administration du site sont sans appel.
Pour proposer un événement à ajouter à l’agenda, utilisez le formulaire situé en bas de page.


Événements à venir

Rendez-vous de Carcassonne : L’association Culture et études cathares vous invite à venir échanger en visioconférence Skype® chaque mois en fin d’après-midi.

Amélioration collective des croyants de l’Église cathare de France, tous les mois 15 minutes avant le Rendez-vous de Carcassonne. Uniquement sur invitation personnelle.

Culte public de l’Église cathare de France : Le deuxième dimanche de chaque mois, le ministre du culte vous donne rendez-vous sur Youtube® pour un culte comprenant notamment un prêche sur le catharisme. Ce prêche est ensuite publié sur le site deux à trois semaines plus tard.


Proposer un événement

Si vous avez connaissance, voire que vous organisez, un événement en rapport direct avec le catharisme, vous pouvez nous le signaler pour que nous le fassions connaître de nos lecteurs.

    Votre nom (obligatoire)

    Votre email (obligatoire)

    Titre de l'événement

    Adresse de l'événement : site, adresse, ville, code postal, pays

    Date et heure de début et de fin

    Présentez votre événement en quelques lignes : nature, contenu, conditions de participation, etc.

    Adresse internet ou Facebook où l'événement est publié

    Culture

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    Culture

    Le catharisme est avant tout un domaine de culture, puisque pour l’instant il n’est plus un domaine religieux organisé. Cette culture se manifeste sous différentes formes, à commencer par des rendez-vous organisés par des organismes publics ou privés ou des personnalités qui le font à titre amateur ou professionnel.
    Il y a aussi des personnes qui expriment leur façon de voir et de comprendre le catharisme.
    Enfin, il ne manque pas de personnes, d’organismes officiels ou non pour dénigrer le catharisme.
    Nous ne prétendons pas interdire l’expression de qui que ce soit, aussi publions-nous tous les sujets, mais nous donnons notre avis quand cela nous semble justifié.

    Rendez-vous

    Expression

    Les événements organisés par Culture et études cathares sont indiqués ci-dessous :

    Rendez-vous de Carcassonne

    Rencontres cathares

    Autres événements

    L’art et la culture sont parfois inspirés par le catharisme, en positif ou en négatif :

    Chacun de nous aborde le catharisme par une voie qui lui est propre. Quelques personnes ont acceptées de nous faire connaître les leurs :

    Personnalités et courants

    Controverses

    Au cours du temps, des personnalités ont marqué le catharisme. La plupart n’avaient pas les moyens de bien connaître le catharisme et ont pu dériver de la doctrine originelle.

    Yves Maris

    Carnet du souvenir

    Personnalités décédées

    Le catharisme a toujours été l’objet de discussions, mais depuis une petite vingtaine d’années ses opposants se sont organisés, allant d’un pseudo-déconstructionnisme historique à un véritable négationnisme du fait cathare. Nous vous laissons lire les opinions et vérifier les arguments et les sources :

    Vers une nouvelle interprétation de l’histoire ? !

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    Vers une nouvelle interprétation de l’histoire ? !

    Polémique !

    Jean-Paul Rehr/Julien Théry contre Annie Cazenave/Jean Duvernoy.

    ms 609

    Voilà qui promet un débat houleux !

    D’un côté, cette information, sous forme de non-événement, où l’on apprend que Jean-Paul Rehr prépare une thèse à Lyon dan

    s le cadre de Sciences Sociales sous la direction de Julien Théry à partir du Manuscrit 609 (bibliothèque municipale de Toulouse) et, de l’autre, les historiens qui ont déjà travaillé sur la ms609 dont Annie Cazenave, historienne agrégée, médiéviste et qui rappelle à  J.-P. Rehr ce que les historiens doivent à Jean Duvernoy, spécialiste incontesté de l’histoire et de la religion des Cathares et du ms609 en particulier.

    Les données de recherches de J.-P. Rehr sont puisées dans le site de l’édition digitale de la bibliothèque municipale de Toulouse : De Heresi.

    La ms609 et les documents connexes du XIIIe siècle constituent la base de la thèse en préparation de Jean-Paul Rehr dont le titre est « Hérésie, Inquisition, et politique Toulouse – ms609 et la Grande Inquisition de 1245-46 ».

    Cet effet d’annonce d’un travail qui prétend souligner le contexte social des accusations pendant les premières décennies de l’inquisition apparaît immédiatement douteux puisque l’auteur conclut d’ores et déjà à l’instar des Théry et autre Biget, historiens révisionnistes du catharisme, que la vie personnelle, sociale et politique de ces personnes trouvées dans la SP 609 peut être tracée dans d’autres documents de la même période, mais attention ; JeanPaul Rehr, s’empresse d’affirmer que ses travaux devraient changer radicalement notre compréhension de la nature de l’inquisition. Vrai qu’il apparait à certains qu’il faille redorer le blason des inquisiteurs !

    Sa transcription de la ms609 devrait être terminée au début de 2021, nous informe l’auteur qui arrive après la bataille puisque la ms 609 n’est pas la « trouvaille inédite » de Jean-Paul Rehr, loin s’en faut, et c’est bien à Jean Duvernoy qu’il faut rendre la paternité des traductions des textes, nous rappelle Annie Cazenave dont nous publions ci-dessous la contribution en forme de réponse à un auteur (J.-P. Rehr) qui selon elle a « l’outrecuidance de se targuer de travailler sur le Manuscrit 609, ce qui bien après les travaux reconnus de Duvernoy est ahurissant et confondant de prétention » !

    Patrick du Come, Président de l’association Rencontres de Montségur

    Zoom sur un doublon

    Le registre d’enquêtes en Lauragais est un document unique, par son originalité et son ampleur, conservé à la Bibliothèque municipale de Toulouse sous la cote ms 609. Son originalité : comme la terre concernée a été déclarée « generaliter corrupta », à l’inverse des autres enquêtes, formées par les interrogatoires personnels de chaque témoin, les deux inquisiteurs procèdent, sur place, village après village, en questionnant tous les habitants, l’un après l’autre, les filles à partir de douze ans et les garçons à partir de quatorze. De ce procédé découle son ampleur. Il présente donc un intérêt exceptionnel.

    Jean-Paul Rehr, étudiant de Julien Théry, a entrepris de mettre en ligne le ms 609, avec sa traduction en anglais. Il a présenté son œuvre, qui n‘en est qu’à son tout début, lors du dernier colloque de Fanjeaux. Petit problème : J. Duvernoy, dans son inépuisable générosité, a déjà mis le ms 609 en ligne : http://jean.duvernoy.free.fr/text/pdf/ms609_a.pdf ou http.jean.duvernoy.free.fr/text/listetexte.htm.accessed 2017-08-01

    Il suffit de cliquer, on peut à son aise le consulter depuis son ordinateur.

    « L’historien de profession » a traité avec hauteur « l’avocat toulousain » Il semblerait qu’un juriste soit précisément qualifié pour comprendre un document appartenant à l’histoire du droit. Cependant, l’historien se réclame du petit groupe apparu depuis le colloque de Nice de 1999 : « Inventer l’hérésie », ce qui le dispense d’une bibliographie sérieuse. À la suite de Pegg, « historien anthropologue », il adopte en effet une lecture originale pour « démontrer le rôle joué par les cisterciens dans la diabolisation d’une hérésie supposée ». Et nous montre ainsi les 5 500 habitants des 106 villages qui « ont voyagé à pied, à cheval ou en charrette » pour aller se faire interroger à Toulouse. En réalité, ce sont les inquisiteurs qui se sont déplacés : ils ont pris la suite, et le chemin, des inquisiteurs assassinés à Avignonet, justement pour éliminer le danger que leurs enquêtes représentaient aux yeux des insoumis. Les registres des tués ont disparu avec eux.

    Les Occitans du XIIIéme s. ignoraient la persévérance de l’administration : ils ont eu droit à leurs successeurs. Ceux-ci commencent à enquêter en 1246, au lendemain de la chute de Montségur, dans une région sous le choc.

    Jean-Paul Rehr s’intéresse au manuscrit « conservé dans les coffres de la Bibliothèque municipale de Toulouse ». Mais il rencontre son écueil : « le problème pour l’étude de l’Inquisition est que les Cathares n’ont pas existé ». Sic ! C’est du Ionesco.

    Donc il a identifié les Cathares aux faidits. Et ils « n’étaient pas autorisés à entendre les accusations portées contre eux » : car les inquisiteurs « ont construit une contre église, avec ses propres évêques, et ses prêtres », dont ils ne trouvent aucune autre trace sinon  celles qu’ils ont fantasmées. Jean-Paul Rehr a lu les serments prêtés dans les villages en 1243 après l’échec de la rébellion et s’est demandé pourquoi Raimond VII ne s’est pas opposé à cette vaste enquête. Parce qu’il ne le pouvait pas !

    Et il y a trouvé les mêmes noms de villageois, dont des boni homines, que la malveillance a transformé en hérétiques, et constaté, surpris, que dans ces villages les habitants étaient plus nombreux que les nobles. Ces « petits groupes de personnes » l’intéressent, à juste titre, et il s’interroge sur « l’orientation des inquisiteurs, qui recherchent des informations spécifiques sur des personnes très spécifiques ». Sic !

    Il prend pour exemple la déposition d’Arnaud Granier, qui n’a d’autre intérêt que pratique : située au début du manuscrit, elle est donc connue de lui ; et il en tire une intéressante conclusion : « les formulaires des inquisiteurs deviennent limpides après la lecture de quelques dépositions !… les événements individuels sont pratiquement tous structurés selon le même schéma ! »

    Annie Cazenave, Docteur en histoire, Docteur en histoire de l’art, retraitée du CNRS.

    Pour en savoir plus sur la côte ms 609

    Documents de l’hérésie et de l’Inquisition dans l’Europe du XIIIe siècle

    Et la liste des personnes interrogées dans http://medieval-inquisition.huma-num.fr/MS609/list

    De Heresi est le foyer de l’édition numérique de ms609 de la Bibliothèque municipale de Toulouse, le plus ancien document original existant de la première génération d’inquisition (inquisitio heretic pravitatis, ou « Inquisition dans la dépravation hérétique » ce manuscrit massif contient le registre de la « Grande Inquisition » de 1245-46, et présente les déclarations des interrogatoires de plus de 5 500 personnes de plus de 100 villages autour de Toulouse. Les dépositions couvrent un large éventail de sujets, de l’hérésie à la vie quotidienne au XIIIe siècle.

    De Heresi contient l’édition numérique des sélections d’autres archives pour aider les chercheurs à mieux comprendre le contexte social des personnes soumises aux premières inquisitions. L’architecture de ce site permet aux chercheurs de retracer les personnes, les événements et les idées à travers différents documents.

    Ces documents comprennent :

    •  phrases de la même inquisition, trouvées dans MS Latin 9992, Bibliothèque nationale ;
    • autres dépositions connexes du Fonds Doat, Bibliothèque nationale ;
    • chartes et serments du Trésor des Chartes, Archives nationales ;
    • chartes de diverses archives départementales dont la Haute-Garonne et l’Aude.

    Tous les documents sont présentés comme des éditions critiques dans leur langue d’origine (latin, parfois occitan), ainsi que des traductions, avec des images haute résolution des documents originaux.

    rencontresmontsegur 25/08/2020

    Rendez-vous cathare

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    Rendez-vous cathare

    Affiche

    L’association Culture et études cathares propose, aux personnes intéressées, un rendez-vous mensuel, par visioconférence Skype®, pour échanger sur des thématiques liées au catharisme.

    Le logiciel Skype® est gratuit et peut fonctionner sur tous les supports : ordinateurs de bureau (PC ou Mac), tablettes et smartphones (Android® et Apple®).

    Le prochain rendez-vous est fixé au :

    04 décembre 2022 de 17h00 à 19h00

    Code à utiliser dans Skype®, après vous être connecté à votre compte Skype® :

    https://join.skype.com/Lk35gYq3ixe1

    Ci-dessous les propositions de thèmes pour la prochaine réunion. Nous en retiendrons trois au maximum, sur des sujets historiques, spirituels et pratiques. Utilisez le formulaire ci-dessous et venez sur les forums pour en discuter.

    1. Se situer sur son cheminement spirituel personnel (Chantal Benne)
    2. Intégrer un niveau débutant dans le site et les forums (Éric Delmas)

    Fonctionnement

    Pour permettre à chacun de participer sans contrainte de déplacement ou de problèmes sanitaires, les discussions se tiennent en visioconférence avec le logiciel Skype®. Une réunion sera ouverte et vous pourrez demander à y entrer en utilisant le code que vous trouverez ci-dessous environ une semaine plus tôt.

    Ci-dessus, vous trouverez, quelques jours avant la date retenue, le lien vous permettant d’accéder à la conversation.
    Les horaires dépendent du rituel des vêpres qui ont lieu à des horaires variables :
    – 16h00-18h00 de mai à juillet inclus (vêpres à 18h30);
    – 16h30 à 18h30 de août à octobre inclus et de février à avril inclus (vêpres à 19h00);
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      Sujets traités en 2022

      06 novembre

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      2. Matthieu,27-46,  Marc,16-34, Luc,24-46 : Comment expliquer une telle différence d’interprétation entre les deux premiers et Luc : Luc,22,35-38- le moment d’être équipé et armé: Comment expliquer ces paroles ?

      02 octobre

      1. Le concept de l’être (et de l’étant) selon Parménide et le concept cathare, sont-ils exactement les mêmes?

      04 septembre

      1. Qui était Jean de Lugio, auteur du « Livre des deux principes »? (Pierre Chambard)
      2. Commenter la Glose du Pater (1-2-4-5) in « Rituel occitan de Dublin » in « Les textes cathares »: sur le site, pour vous remettre les textes en mémoire.

      07 août

      1. Comment préparer la nécessaire formation et transition du site internet, de la boutique qui vend le livre de É. Delmas, et la gestion de la bibliothèque cathare (y compris la récupération des livres).

      03 juillet

      1.  Le service ou « Apparelhment »: étude des  phrases:  » Nous demandons miséricorde à Dieu, et à vous pour que vous priiez pour nous le principe parfait afin qu’il nous pardonne. » ;  » Prions devant Dieu et reconnaissons nos fautes et nos manquements à l’égard du Père et du Christ, et du Saint-Esprit. »

      12 juin

      1. Discussion à propos de la rencontre du Sautel de dimanche dernier
      2. Pour faire suite à la discussion proposée par Guilhem sur les rencontres du Sautel, animées par Gilles-Henri et Guilhem : Qu’est-ce exactement que la « communauté cathare orientale » que promeut Gilles-Henri ? Est-elle intégrée au sein de l’Eglise cathare de France, bien que de tendance dualiste mitigée, si je ne me trompe pas? En est-elle un courant ou en est-elle séparée? Je pose cette question car Gilles-Henri est « administrateur en charge du suivi des croyants » sur le règlement intérieur de l’ECF

      1er mai

      1. Qu’est-ce que la convenenza? Qui, de nos jours, pourrait en bénéficier ? Comment la mettre en oeuvre concrètement ?
      2. Le projet de Nouveau Testament cathare : point d’avancement, commentaires et suggestions.

      3 avril

      1. Le don des langues accordé aux apôtres à la Pentecôte. Y a-t-il une bonne lecture cathare de cet événement ? À mon avis, cela serait lié (pour l’inverser radicalement) à la malédiction de Babel…(José Reig Fenol)
      2. L’éveil qui constitue le premier pas vers l’Esprit unique doit être l’objet absolu de l’attention du croyant cathare (Guilhem de Carcassonne)
      3. Réflexion sur l’Amélioration (Guilhem de Carcassonne)

      6 mars

      1. Existe t-il une exégèse cathare de la « Transfiguration » ? Pourrait-on en faire une ensemble ?
      2. Qu’est-ce que l’éveil ?

      6 février

      1. Peut-on progresser dans sa foi sans tout pouvoir pardonner ?
      2. Les Jacques dans l’Histoire chrétienne: Jacques le mineur, Jacques le majeur, Jacques de Compostelle (leur généalogie et leur rôle dans le christianisme)
      3. Quelles relations établir au quotidien entre Guilhem de Carcassonne – et/ou d’autres éventuels revêtus – et les croyants et les sympathisants cathares, que ce soit par contact physique direct ou via les réseaux sociaux (Facebook, Skype, WhatsApp…) afin de progresser à leur contact, via leur enseignement et leur exemple, et d’ainsi compléter les prêches diffusés dans les cultes mensuels sur YouTube?

      2 janvier

      1. Matrix® : La parabole cathare extrême.

      Sujets traités en 2021

      5 décembre

      1. La cosmologie et la cosmogonie : espaces spirituels et espace temporel. (Guilhem)

      7 novembre

      1. Les expressions de la grâce divine chez les cathares

      3 octobre

      1. Que s’est-il passé du 3 au 16 mars 1244 à Montségur ?
      2. Le «kérygme» apostolique dans la prédication de Paul

      5 septembre

      1. Jésus, le corps pour les cathares
      2. Les  trois Jean
      3. L’apocalypse

      1er août 2021

      1. Le composé tripartite, humain et spirituel
      2. Le non-dit est-il assimilé au mensonge ?
      3. Lien entre la gnose cathare et la gnose chez les mystiques musulmans sunnite tel que Ibn Arabi, Ruzbehan… Existe-t-il des textes relatifs aux liens entre catharisme et ismaëlisme ?

      4 juillet 2021

      1. Quels sont les effets du jeûne prolongé sur la pensée et sur les sens ?
      2. Le projet de statuts de l’Église cathare de France

      6 juin 2021

      1. Le libre arbitre
      2. Installation physique d’une communauté cathare
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      2 mai 2021

      1. Admonestation du consolé au novice lors de la Consolation
      2. Présentation de la gnose et comparaison avec le catharisme
      3. La Bienveillance
      4. l’habillement, l’entretien corporel et l’alimentation des cathares.

      4 avril 2021

      1. Les pauliciens : leur passage en Languedoc à la suite de la mort de Raimond IV de Saint-Gilles, comte de Toulouse, lors de la première croisade ; leur influence sur l’émergence des bogomiles, des cathares italiens et leurs rapports avec les empereurs byzantins (Constantin IV Copronyme, Jean Timiczès et Alexis 1er Comnène).
      2. Le mensonge : sa compréhension élargie par les cathares ; comparaison avec la vision judéo-chrétienne et implications quotidiennes.
      3. La mise en œuvre de la Règle de justice et de vérité à notre époque où la prégnance mondaine semble de plus en plus forte.

      7 mars 2021

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      2. La laïcité et la liberté d’expression dans l’espace public
      3. L’éducation des enfants à la diversité religieuse et philosophique
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      7 février 2021

      1. Les chanoines d’Orléans (1022)

      3 janvier 2021

      1. La prise de Carcassonne (15 août 1209)
      2. Le Bien dans la théologie cathare
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      Sujets traités en 2020

      6 décembre 2020

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      2. L’homme naît-il bon ?
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      1er novembre 2020

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      3. Le prologue de l’Évangile selon Jean (versets 1 à 17) : le texte de référence cathare

      Paul, le salut par la foi (1e partie)

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      Paul, le salut par la foi (1e partie)

      Les affirmations ou hypothèses présentées ci-après sont argumentées et s’appuient sur des sources que vous trouverez listées dans les notes et en fin d’article. Ainsi vous pourrez vérifier par vous-même la validité des propos tenus ici.

      Par son activité missionnaire, Paul va susciter la création de communautés.
      Ses échanges avec ces communautés vont lui permettre de :

      • Préciser le message de Christ qu’il veut transmettre qui repose sur la Bonne nouvelle (évangile) reçue de ce dernier, à savoir l’Amour universel détaché de la chair ;
      • Corriger les éventuelles erreurs commises par les communautés qui lui reviennent par des messages ;
      • Marquer la différence entre son message et celui des apôtres de Jérusalem qui eux s’en tiennent aux obligations de la loi juive ;
      • Différencier le message christique de celui de la Torah juive qu’il va finalement discréditer comme émanation divine.

      Paul, théologien du christianisme ?

      Paul nous est surtout connu au travers des « épitres », des lettres adressées aux communautés qui s’étaient formées autour de sa vision du message de christ. Autant le dire, ces lettres étaient très nombreuses, bien plus que les vingt-sept que nous propose le Nouveau Testament.

      Ces lettres étaient transmises par des envoyés — la Poste® n’existait pas alors — qui les remettaient au responsable de la communauté ou qui les lisaient directement aux fidèles.
      Elles précédaient les visites de Paul ou lui servait à faire le bilan de sa visite récente.

      Nous savons des lettres figurant dans le Nouveau Testament qu’elles sont le plus souvent fausses ou fortement interpolées, nous dirions aujourd’hui qu’elles ont été falsifiées. Mais il faut se remettre dans le contexte de l’époque. Après la mort de Paul (env. 68 è.c.), ses lettres étaient célèbres sur tout la zone de la diaspora judéo-chrétienne et même en Israël ! Dans ces conditions, il était impossible de faire disparaître ces écrits comme ce sera le cas des écrits de Marcion, un siècle plus tard. Faute de pouvoir efficacement les détruire, le choix fut de les rendre compatibles avec le point de vue judéo-chrétien. Les scribes avaient-ils conscience de réaliser des faux ? Je ne le pense pas, d’autant que ces documents étaient réservés à l’élite capable de les lire ; le peuple devant se contenter d’une transmission orale.

      Mais comment rendre acceptables des propos jugés hérétiques ? Cela était très difficile, ce qui explique que souvent ces modifications soient grossières et que les fausses lettres ajoutées soient facilement détectables.

      Mais l’activité missionnaire de Paul en fait un personnage important dans la diffusion du christianisme autour du bassin méditerranéen. Il convient donc de bien comprendre quel message l’apôtre transmettait et non celui que l’on veut lui mettre en bouche.

      Les « épitres » de Paul

      Il y a quatorze lettres « pauliniennes » dans le Nouveau Testament. Les cathares disposaient d’un document qui en comptait une de plus et elles se situaient en fin d’ouvrage. D’après mes recherches, il semble que cette organisation soit antérieure au septième siècle. À l’occasion d’un remaniement de l’ouvrage, la lettre aux Laodicéens aurait été retirée et l’ordre du Nouveau Testament modifié, mettant les prédications de Paul juste après les Actes des apôtres et avant les lettres catholiques. On peut considérer cette modification comme de peu d’importance, mais rien n’est anodin s’agissant de documents aussi importants. Nous savons que la lecture d’un ouvrage conduit notre cerveau à quelques automatismes. Par exemple, on se souvient généralement bien du début de l’ouvrage et de sa fin. Ce qui se trouve au milieu est plus flou. Rien n’interdit de penser que ce constat a conduit à mettre Paul au milieu de l’ouvrage plutôt qu’à le laisser en fin. De même, Paul est l’auteur d’un grand nombre de lettres et les prédicateurs catholiques n’en ont produit que très peu de leur côté. La raison est simple, leur territoire de prédication était réduit ce qui leur permettait de prêcher en direct. Donc, en retirant une lettre de Paul de l’ouvrage on réduisait un peu l’évidente disproportion entre l’œuvre de l’apôtre sulfureux et celles des apôtres officiels.

      Ce choix semble se confirmer quand on observe le Nouveau Testament, en langue provençale[1], dont des chercheurs viennent de confirmer qu’il fut bien réalisé par les communautés cathares languedociennes, exilées en Italie du Nord à la fin du 13e siècle. En effet, ce document dispose les textes dans un autre ordre et ajoute aux épitres de la version moderne, celle aux Laodicéens. L’idée selon laquelle cette épitre serait en fait celle aux Éphésiens ou aux Colossiens perd sa valeur, puisque dans cette version on trouve les trois textes.

      Mais, parmi les lettres qui nous sont parvenues, combien sont authentiques ?

      Un choix difficile

      Parmi les chercheurs qui ont tenté de discerner les lettres authentiques des lettres fortement interpolées, voire fausses, le seul consensus actuellement attesté concerne l’Épitre aux hébreux qui est unanimement considérée comme fausse, qu’elle soit attribuée à un copiste judéo-chrétien ou à une « école » paulinienne tardive.

      Marcion de Sinope, venu à Rome en 140, travailla quatre ans à l’étude des textes pauliniens avant de rendre son verdict. Pour lui, sont authentiques, quoique interpolées, les lettres suivantes : la lettre aux Galates, les deux lettres aux Corinthiens, la lettre aux Romains, les deux lettres aux Thessaloniciens, la lettre aux Laodicéens (assimilée par von Harnack[2] à la lettre aux Éphésiens), la lettre aux Colossiens et la lettre aux Philippiens.

      Plus récemment, la majorité des chercheurs ont jugé authentiques sept lettres, dites épitres proto-pauliniennes : la lettre aux Romains, les deux lettres aux Corinthiens, lettre aux Galates, lettre aux Philippiens, première lettre aux Thessaloniciens et lettre à Philémon. Trois sont considérées comme écrites par des disciples de Paul : lettre aux Éphésiens, lettre aux Colossiens et seconde lettre aux Thessaloniciens. Enfin ; les épitres dites pastorales, semblent avoir été rédigées par des disciples encore plus tardifs : les deux lettres à Timothée et la lettre à Tite.

      Mais un tri encore plus sélectif a été réalisé, à l’occasion de sa thèse de doctorat de philosophie, par Yves Maris[3] qui ne reconnaît comme strictement pauliniennes que : la lettre aux Galates, les deux lettres aux Corinthiens, lettre aux Philippiens et lettre aux Romains. Il rejette la première lettre aux Thessaloniciens puisqu’elle est co-signée par Sylvain et Timothée.

      Une restitution complète impossible

      Prétendre restituer la pensée exacte de Paul est mission impossible. Marcion, qui avait l’avantage de vivre peu de temps après l’apôtre, s’y est attelé pendant quatre ans et a vu son travail rejeté sans analyse par les presbytres de l’Église de Rome, ce qui l’a poussé à fonder ses propres communautés. En outre, plusieurs points permettent de penser qu’il n’a pas totalement compris la pensée de l’apôtre, notamment concernant l’Évangile.

      Ce rejet en dit long sur la façon dont l’Église « officielle » considérait Paul et sur le fait qu’elle n’ignorait pas que ses écrits avaient fait l’objet de manipulations visant à transformer, dès sa mort, sa pensée réelle en un message acceptable par les judéo-chrétiens.

      Aujourd’hui que les écrits de Marcion ont été en grande partie perdus, les chercheurs se sont attelés à l’étude des lettres de Paul et des résultats intéressants en sont sortis, basés sur la construction des textes, les tournures de phrases, les mots employés, etc. Paul-Louis Couchoud, dans son étude publiée en 1928[4], a montré la difficulté à travailler sur les propositions de Marcion d’après les fragments récupérés par Harnack, notamment dans les écrits polémistes de Tertullien de Carthage[5].

      Faute de pouvoir retrouver la parole exacte de l’apôtre et éliminer intégralement les scories des copistes judéo-chrétiens, il reste possible de dégager de ces textes quelques lignes directrices de la pensée paulinienne, donc de son approche théologique.

      Les écrits apocryphes

      Composés de trois ouvrages : les Actes de Paul, la correspondance entre Paul et Sénèque et celle avec les Corinthiens, ces écrits sont potentiellement des faux qui ont eu un grand succès du 2e au 4e siècles.

      Parmi les tenants du faux, on trouve Bart D. Ehrman, auteur d’un ouvrage dédié à ce sujet[6]. Mais d’autres émettent également des doutes plus ou moins importants.

      Les Actes de Paul[7]

      Ce texte est presque trop beau pour être vrai. Tertullien de Carthage, Père de l’Église chrétienne, à la réputation sulfureuse, dénonce un faux réalisé par un presbytre d’Asie Mineure qui ayant reconnu la falsification, fut condamné et démissionna de son office. Pour une fois on serait tenté d’accorder foi aux propos de Tertullien, mais les choses ne sont pas si simples. Selon Salomon Reinach[8], cet ouvrage n’est pas un faux et les aveux du prêtre qui confesse avoir fabriqué l’histoire de Thècle sont suspects. Les compétences de cet anthropologue et philologue français, de la fin du 19e siècle et du début du 20e, sont réelles et justifient de prendre son argumentation au sérieux. La question est surtout de savoir si les personnages sont réels — l’« épopée » de Thècle étant clairement mythique — et s’ils ont pu se croiser. Le martyre de Paul est également largement empreint d’affabulations.

      Correspondance avec les Corinthiens

      Cet échange de deux lettres, secondairement insérées dans les Actes (entre les chap. X et XI), la première étant une réponse des Corinthiens à la deuxième lettre de Paul et la seconde étant appelée la 3e lettre aux Corinthiens, est également considéré comme un faux. Mais l’Église arménienne considère au contraire la 3e lettre aux Corinthiens comme authentique et la fait figurer dans son Nouveau Testament, soit après les 14 autres, soit directement après la 2e lettre aux Corinthiens.

      Selon M. P. Vetter, théologien catholique du Wurtemberg, professeur à l’Université de Tubingue : « Cette correspondance apocryphe a été composée en Syrie, probablement à Édesse, vers l’an 200, sous le règne du roi Abgar VIII et l’épiscopat de Palout (Palut), pour combattre la doctrine du gnostique Bardesane d’Édesse[9]. » Th. Zahn, professeur de théologie à l’Université de Leipzig, considère qu’il s’agit d’un texte initialement intégré aux Actes de Saint Paul et mentionné par Origène (père de l’Église chrétienne) qui remonterait au 2e siècle[10].

      Cet échange de lettres nous conduit à nous interroger sur leur nature. Alors que celles adressée à Paul par les Corinthiens évoque des prédicateurs gnostiques prônant des théories qui rappellent celles que les cathares valideront plus tard :

      • Pas de résurrection de la chair, mais de l’esprit seulement ;
      • Le corps n’est pas l’œuvre de Dieu ;
      • Le monde n’est pas la création de Dieu ;
      • Dieu ne connaît pas le monde ;
      • Jésus-Christ n’a pas été crucifié en réalité, mais uniquement en apparence ;
      • Il n’est pas né de Marie, ni de la semence de David.

      La réponse de Paul est strictement conforme au judaïsme le plus orthodoxe auquel s’ajoute la prédication judéo-chrétienne.
      Il convient donc de s’intéresser à cet échange dont on pourrait presque croire qu’il a été inversé.
      Sauf que Paul, s’il rejetait la loi mosaïque ne semblait pas avoir déjà atteint le niveau évoqué dans cette lettre. Donc, soit nous connaissons mal l’avancement de sa pensée, soit il s’agit d’un mélange des théories gnostiques chrétiennes qui vont se développer tout au long du premier siècle et qui sont présentées ici, telles qu’elles avaient été énoncées à l’époque de Ménandre et de Satornil.
      Cela serait cohérent avec l’hypothèse de lettres apocryphes, tant du côté des Corinthiens que de Paul. Nous verrons également que deux personnages ont été assimilés aux Corinthiens : Cérinthe, qui va émettre l’idée de la nature unique du christ et de Jésus (le docétisme) et Apollos d’Alexandrie qui va participer à l’exploration de la nature du Dieu des juifs au point de se voir attribuer la paternité de l’Évangile selon Jean.

      Correspondance avec Sénèque

      L’auteur Bart D. Ehrman pense qu’il s’agit d’un faux datant du 4e siècle et destiné à faire croire que Sénèque connaissait Paul. Mais son avis est discuté, notamment par Joël Schmidt, auteur d’un livre sur la relation des deux hommes[11], les considère comme possiblement vraies. Edmond Liénard doute également de l’authenticité de l’ouvrage[12]. Jérôme de Stridon et Augustin d’Hippone, tous deux Pères de l’Église catholique du 4e siècle, les considèrent comme authentiques. Tertullien de Carthage pense de son côté que Sénèque était proche du christianisme. En fait, cette correspondance eut un grand succès à l’occasion de sa « découverte » au 4e siècle, ce qui explique l’engouement des Pères de l’Église de l’époque, mais semble avoir été inconnue de Lactance, Père de l’Église du 1er – 2e siècle, contemporain de Sénèque et Paul et grand admirateur de ce dernier. Pourquoi aurait-il tu l’existence d’un tel document ?

      La lettre aux habitants d’Achaïe, citée par Sénèque, a-t-elle disparue ou est-elle une des lettres regroupées dans celles aux corinthiens ?

      Comme on le voit, il est difficile d’avoir un avis tranché sur l’authenticité de ces textes, sauf peut-être pour la correspondance avec Sénèque qui semble être effectivement un faux.

      Autres correspondances

      La lettre aux Laodicéens pose des problèmes relatifs à son origine. Plusieurs exégètes ont d’abord prétendu qu’elle n’existait pas, mais était confondue avec la lettre aux Éphésiens[13]. Le fait que nous ayons aujourd’hui un texte distinct invalide cette hypothèse. Léon Vouhaux (cf. supra n. 7) nous donne quelques informations. Selon Épiphane, cette lettre existerait, mais aurait été ajoutée par les marcionites à partir d’un document qui ne serait pas de l’apôtre. Selon Adamantius, ce serait initialement l’épitre aux Éphésiens que Marcion aurait renommée et que ses disciples auraient secondairement forgée, convaincus qu’elle avait bien existée. Ces hypothèses marcionites semblent peu crédibles au vu du contenu qui n’a rien à voir avec leur doctrine. D’autres hypothèses parlent d’une lettre adressée à plusieurs communautés. Elle pourrait dater du 3e siècle et avoir été écrite en Occident. Malgré tout elle reste très mystérieuse, mais figure pourtant dans le NT occitan de Lyon qui date pourtant de la fin du 13e siècle.

      La lettre aux Alexandrins est citée dans le Fragment de Muratori. Elle semble avoir totalement disparu, mais Th. Zahn (cf. supra n.10) pense en avoir retrouvé des parties dans le Sacramentarium et lectionarium Bobbiense du 7e siècle. Son argumentaire reste fragile, même si le fait qu’elle soit citée dans Muratori justifie de la rechercher. Le texte proposé par Zahn serait datable du 2e siècle.

      Cela nous conforte dans le fait que les textes de l’apôtre ont fait l’objet de diffusions multiples et d’autant de reprises, voire de forgerie de faux destinés, soit à le valoriser, soit à le discréditer.

      Pour comprendre Paul, il ne faut donc pas rechercher des documents précis, mais croiser ceux dont nous disposons afin d’en retirer la moelle de la pensée de l’apôtre.

      La mission de Paul

      Dieu a semble-t-il régulièrement attribué des missions à des hommes.

      Avant Paul

      Jean le baptiste annonçait son envoyé et préparait le terrain en baptisant les juifs par immersion. Ce faisant il créait une communauté susceptible de constituer le socle de l’ecclésia sur laquelle Christ pourrait s’appuyer dans sa mission. Il le faisait dans l’humilité et annonçait un grand bouleversement. Il annonçait quelqu’un de bien plus grand que lui et de redoutable (Mat. 3, 1-17). Jean annonçait Christ avec les codes de la Torah, la loi mosaïque qui jugeait les hommes sur des critères positifs ou négatifs.

      Un homme, ou tout au moins quelqu’un ayant l’apparence d’un homme vint. Il réunit des hommes de condition modeste et empreints de la loi positive. Ces premiers apôtres, après la mort de cet homme, formèrent cette ecclésia juive et diffusèrent un message accompagné d’un baptême d’eau, comme Jean, mais associé à un baptême d’Esprit par imposition des mains. Mais leur message était brouillé en raison de leur imprégnation juive qui les empêchait de mettre en œuvre le message de Christ. Pour ce faire il aurait fallu que s’accomplisse la Torah en eux et qu’une fois morts pour la Torah, ils puissent ressusciter par l’évangile de Christ. Ils en furent incapables, c’est pourquoi Christ choisit un autre apôtre.

      Saul-Paul

      Cet apôtre devait avoir plusieurs traits caractéristiques ; il devait être capable de laisser mourir en lui la Torah et il devait comprendre le message de l’évangile de Christ.

      Saul était allé au bout de ce que la Torah exigeait dans son imperfection. Il poursuivait ceux qui agissaient à la demande de l’envoyé de Dieu. Ce faisant il appliquait rigoureusement les prescriptions vétéro-testamentaires du Deutéronome :

      « S’il surgit en ton sein un prophète ou un songeur de songe et qu’il te propose un signe ou un prodige, même si se réalise le signe ou le prodige qu’il t’a prédit, en disant : « Allons à la suite d’autres dieux (que tu n’as pas connus) et servons-les ! »… Ce prophète ou ce songeur de songe sera mis à mort, car il a prêché la révolte contre Iahvé, votre Dieu… »[14].

      Il appliquait la Loi et même, paraît-il, assistait à l’exécution de ceux qui appelaient à un Dieu qui ne s’était pas fait connaître des hommes, par le nom duquel s’étaient réalisés de grands prodiges et qui proposait une loi sans jugement ni punition. Or, ce Dieu ne pouvait être Iahvé, puisqu’il s’était fait connaître des hommes et qu’il avait inspiré cette loi.

      Quand la règle que vous suivez vous pousse à renier votre conscience, au nom de cette même conscience qu’elle prétend contraindre, elle perd ce qui faisait sa force. C’est qui est arrivé à cet homme et ce qui l’a rendu capable de passer un cap essentiel.

      Aussi, quand il s’est retrouvé sur la route de Damas, agissant encore une fois au nom d’une loi dont les prescriptions la rendaient absurde — puisqu’il fallait pourchasser ceux qui se réclamaient d’un Dieu d’amour —, et démontrait qu’elle était dépassée, il vécut ce que l’on appelle l’éveil. C’est-à-dire, qu’il abandonna cette loi devenue lettre morte pour lui et ressuscita sa conscience au message d’une loi qui elle ne pouvait pas se renier : la bonne nouvelle de l’évangile de Christ !

      L’évangélisation prime sur le baptême

      Et lui reçut une mission spéciale, car il avait réussi le cheminement qui ouvre les portes d’une autre compréhension.

      Mais qu’elle était cette mission ? C’est dans la première lettre qu’il adresse aux Corinthiens qu’il nous en donne l’explication :

      D’abord il manifeste clairement que le baptême d’eau n’est pas à faire en son nom : « Je vous rends grâces de n’avoir immergé aucun de vous, à part Crispus et Gaïus ; ainsi personne ne peut dire que vous avez été immergés en mon nom. » (1Co. 1, 14-15).

      En effet, ce n’est pas sa mission : « Le Christ ne m’a pas en effet envoyé immerger mais évangéliser, et sans cette sagesse de langage qui rendrait vaine la croix du Christ. » (1Co ; 1, 17).

      Il n’est pas venu baptiser, car donner le baptême est à la portée de n’importe qui et est sans effet si celui qui le reçoit n’est pas dans les bonnes dispositions. Il est venu évangéliser, c’est-à-dire apporter l’évangile de Christ aux hommes. Or, l’évangile de Christ, c’est le commandement d’amour universel qui transcende la loi positive qui est une loi de mort en réalité puisqu’elle commande d’obéir à des règles difficiles et de tuer ceux qui ne s’y conforment pas.

      Mais cet évangile, il ne vient pas l’annoncer avec le talent des philosophes qui pratiquent la parole de sagesse, le logos, car l’adhésion qu’il obtiendrait peut-être serait due à son talent et non à la qualité intrinsèque du message.

      Sa mission est de transmettre un message qui se suffit à lui-même et que peuvent recevoir ceux qui se sont dépouillés de leurs anciens oripeaux, que ce soit ceux de la positive pour les juifs ou de la philosophie et de la sophistique pour les païens qui constituent une grande partie de la population grecque de Corinthe. Une fois qu’ils seront morts à ces pratiques qui les maintiennent dans le monde, ils pourront eux aussi ressusciter dans la loi d’amour qui les mènera à la vie éternelle.

      Mais en pratiquant ainsi, il sait qu’il sera toujours considéré comme un moins que rien, car ce message est stupidité aux yeux des sages et des philosophes. Le message de la croix, qui montrait l’absurdité d’une loi prétendument donnée par Dieu qui aboutissait à la mise à mort de l’envoyé direct de Dieu, était compris comme un sacrifice propitiatoire au lieu de l’être comme la dénonciation de cette loi positive.

      Cette mission Paul l’a accomplie comme il devait le faire, sans se vanter de son état ni de la grandeur de sa mission, mais en se considérant comme l’avorton de Dieu.

      Les outils de l’évangélisation

      Paul, notamment quand il s’adresse aux Corinthiens, semble remettre en cause les notions philosophiques essentielles que sont le logos et la gnosis, c’est-à-dire la parole exprimant la raison et la connaissance. En fait, face à une population du pays qui a vu naître la philosophie et qui la porte au pinacle de ses valeurs, il introduit un concept différent. Ce concept on le retrouve déjà en fait chez les grands philosophes grecs qui serviront à asseoir le message chrétien. Ce sont les philosophes qui utilisent le logos et la gnosis dans un but spirituel par opposition à ceux qui le faisaient dans un but mondain et souvent mercantile (les sophistes). Que ce soit Socrate, Platon ou Aristote, pour ne citer qu’eux, ces philosophes mettaient toujours dans leur discours philosophique et dans leur recherche d’une connaissance approfondie un objectif d’amélioration de l’homme et de rapprochement avec la divinité. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard s’ils ont fini par se rapprocher de l’hypothèse d’une divinité unique ou tout du moins principale. C’est d’ailleurs un des chefs d’inculpation de Socrate qui le conduira à la mort.

      Comme eux, Paul rejette la parole et la connaissance vaine[15], car limitées à l’usage en ce monde. Par contre, la parole et la connaissance qui visent à nous faire approcher Dieu ou à comprendre ce que nous devons faire pour nous en approcher, sont essentielles à ses yeux[16]. Tout au long du chapitre 2 de la première lettre qu’il adresse aux Corinthiens, Paul insiste sur le fait que le message divin que transmet Christ repose sur une inversion des valeurs mondaines que reconnaissent les juifs et les grecs. Là où les juifs valorisent la force de Dieu, le message est transmis par la faiblesse. Là où les grecs valorisent la supériorité du langage et de la sagesse, le message est transmis par un langage et une sagesse, qui sont inconnus des hommes, qui n’y voient que de la stupidité. Cela est voulu pour rappeler aux hommes que celui qui se vante des valeurs de la chair n’a pas grâce devant Dieu, alors que celui qui se vantera d’être en accord avec les valeurs de l’Esprit trouvera grâce devant Dieu[17].


      [1] Nouveau Testament, traduit au XIIIe siècle en langue provençale, suivi d’un Rituel cathare ; original conservé à la bibliothèque municipale de Lyon sous la côte ms PA 36. Copie effectuée par photolithographie par le procédé des frères Lumière et édité en 1888 par les éditions Ernest Leroux (Paris) avec traduction française du Rituel par Léon Clédat. Réédition par les éditions Slatkine en 1968 (Genève). Transcription intégrale avec commentaires par Yvan Roustit (2016), publiée à compte d’auteur.

      [2] Adolf von Harnack, Marcion, l’évangile du Dieu étranger. Contribution à l’histoire de la fondation de l’Église catholique, éditions J. C. Hinrich’sche Buchhandlung – Leipzig (1924) et éditions du Cerf – Paris (2003).

      [3] Yves Maris, En quête de Paul, thèse pour obtenir le grade de Docteur de l’Université Toulouse II, discipline : philosophie (1999). Diffusion par l’Atelier national de reproduction des thèses (Lille).

      [4] Paul-Louis Couchoud, La première édition de saint Paul, diffusée par le site allemand RadikalKritik (2002) et repris en français sur le site Catharisme d’aujourd’hui : https://www.catharisme.eu/Documents/publis/Couchoudfr.pdf

      [5] Tertullien de Carthage, Adversus Marcionem – Contre Marcion, (207) – traduction française : E.-A. de Genoude (1852), éditions du Cerf, (1990-1994), 3 vol. bilingues et FB éditions en français (réimpression 1872 par Amazon).

      [6] Bart D. Ehrman, Les christianismes disparus – La bataille pour les Écritures : apocryphes, faux et censures, éditions Oxford University Pres Inc. pour la version anglaise (2003) et Bayard (2007) pour la version française.

      [7] Actes de Paul et ses lettres apocryphes, Léon Vouaux, lib. Letouzey et Ané (1913) et éditions NRF Gallimard, collection de la Pléiade, in Écrits apocryphes chrétiens t. 1, sous la direction de François Boyon et Pierre Géoltrain (1997).

      [8] Cultes, mythes et religions, Salomon Reinach, éditions Ernest Leroux (1905), réédition Robert Laffont col. Bouquins (1999).

      [9] M. P. Vetter, La troisième épitre apocryphe aux Corinthiens ; traduction nouvelle et essai sur son origine, Cahiers de la Theologische Quartaschrift (1890).

      [10] Th. Zahn, Histoire du Canon du Nouveau Testament, – Geschichte des Neutestamentlichen Kanons. 2. Band, 2. Hatfte, 1. Abth. (1891).

      [11] Joël Schmidt, L’apôtre et le philosophe – Saint Paul et Sénèque, une amitié spirituelle, éditions Albin Michel (2000).

      [12] Edmond Liénard, « Sur la correspondance apocryphe de Sénèque et de Saint-Paul », Revue belge de philologie et d’histoire, vol. 11, no 1,‎ (1932).

      [13] Dans son écrit polémique, Adversus Marcionem – Contre Marcion, Tertullien de Carthage considère que Marcion aurait modifié le titre de la lettre aux Éphésiens pour faire croire à un écrit destiné aux Laodicéens. Cf. supra n. 5.

      [14] Deutéronome 13, 2-6.

      [15] 1Co. 1, 17 : « …et sans cette sagesse de langage qui rendrait vaine la croix du Christ. »

      [16] 1Co. 1, 5 : « car il vous a tous enrichis, en toute parole et en toute science. »

      [17] 1Co. 2, 1, 3-16.

      À suivre…

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