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Cathars in question

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Le site Academia.edu publie un papier de Mme Alessia Trivellone qui suscite déjà des réactions que je vous propose ci-dessous.

Réaction de M. Michel Roquebert

Sur le site de l’AEC-René Nelli, dont il est le Président d’honneur, cet historien justement réputé publie cette analyse pertinente. Vous pouvez la lire en ligne directement : Dame Ava de Baziège s’est-elle « donnée aux hérétiques » ?

Réaction de Annie Cazenave

Annie Cazenave, qui a publié sa réaction sur le compte Facebook de Michel Jas (Cathares et protestants), m’a autorisé à la publier également ici afin que vous ayez une vue complète des différentes réactions. Je sais que Michel n’y verra aucun inconvénient et il peut faire de même s’il trouve certaines réactions que je publie dignes de son site.

Texte repris : Mon amie Annie Cazenave réagit à la recension, elle aussi agressive, d’Alessia Trivellone de Cathars in Question : « une évidence s’impose : l’enjeu de la controverse se situe au-delà de l’étude de l’hérésie médiévale et investit plus généralement la manière de faire l’histoire. En ce sens, il me semble surprenant de lire, dans une publication universitaire, tant d’études qui négligent les questionnements méthodologiques et épistémologiques les plus élémentaires et oublient de considérer les contextes sociaux et politiques dans lesquels des sources sont produites. Il est encore plus étonnant… de relever des fautes de traduction et d’interprétation dans des sources considérées comme centrales pour la démonstration. Il me semble qu’une telle insouciance envers le raisonnement et la méthode historique a de quoi décevoir non seulement les chercheurs qui étudient l’hérésie, mais tout historien ».

Après une telle tonitruante annonce nous attendons avec impatience la source inédite que Madame Alessia Trivellone ne manquera pas de nous offrir. Il nous semble que jusque là elle s’était contentée de commenter les travaux de ses prédécesseurs. Une telle assurance ne peut manquer de précéder une œuvre géniale. Et nous nous sentons sidérée devant cette assurance, totalement à l’opposé de l’enseignement reçu de nos professeurs : ils nous avaient appris que devant tout écrit l’historien, et particulièrement le médiéviste, devait adopter une attitude humble, scrupuleuse, attentive à tous ses aspects, extérieurs et internes, respectueuse du texte et du contexte, et occasionnellement consulter un collègue qui pourrait sembler plus érudit. Périmées, obsolètes, toutes ces précautions : désormais on claironne.

Annie Cazenave, médieviste ayant travaillé au laboratoire (CNRS) de Le Goff puis de de Gandillac.

Réaction de Gilles-Henri Tardy

La négation du catharisme et de l’unité bogomilo-cathare par Alessia Trivellone, maîtresse de conférence à l’université de Montpellier : “Si les choix de vocabulaire ne sont jamais anodins en histoire, appeler « cathares » les hérétiques du Midi a des inconvénients supplémentaires : cette dénomination en vient en effet à uniformiser les hérésies dénoncées en Italie du Nord, parfois désignées de cathares par les sources, et celles du Midi français, jamais qualifiées ainsi par les sources produites dans cette région. Utiliser le même nom en viendrait ainsi à créer, de manière arbitraire, un même phénomène hérétique cis- et transalpin – un piège dans lequel l’historiographie traditionnelle est déjà tombée maintes fois.”

Trivellone s’égare une fois de plus, son dernier article bien structuré à pour but de convaincre que les chercheurs qui n’ont, à juste titre, par sa vision sont dans la plus grande erreur… voici ce qu’elle en dit en forme de conclusion sans appel : “une évidence s’impose : l’enjeu de la controverse se situe au-delà de l’étude de l’hérésie médiévale et investit plus généralement la manière de faire l’histoire. En ce sens, il nous semble surprenant de lire, dans une publication universitaire, tant d’études qui négligent les questionnements méthodologiques et épistémologiques les plus élémentaires et oublient de considérer les contextes sociaux et politiques dans lesquels des sources sont produites. Il est encore plus étonnant de trouver des articles escamotant toute logique afin de contester des thèses le plus souvent mal comprises, ou de relever des fautes de traduction et d’interprétation dans des sources considérées comme centrales pour la démonstration. Il nous semble qu’une telle insouciance envers le raisonnement et la méthode historique a de quoi décevoir non seulement les chercheurs qui étudient l’hérésie, mais tout historien”.

C’est ainsi faire l’impasse sur les relations entre bonshommes d’Italie et les bogomiles, c’est faire aussi l’impasse sur les relations entre bonshommes d’Italie et d’Occitanie qui, eux-mêmes, avaient des relations en catalogne et en Rhénanie. En claire, je le dis tout net : Trivellone est soit incompétente soit une menteuse au service d’une idéologie passéiste de l’opus dei ou de je ne-sais-quoi de pas net chez les Cathos ! (G.H.Tardy)

 Les cathares en Occitanie, rattrapés par l’inquisition devait porter à vie cette croix jaune sur leur vêtement à hauteur d’épaule ; cela rappelle fâcheusement les fachos qui firent porter l’étoile jaune pendant la seconde guerre mondiale. (Porter la croix : ouf ! au moins on évitait le bûcher pour un temps… merci Trivellone de vouloir effacer cela de la mémoire collective, car en effet, c’est plus qu’abjecte et honteux).

Amistat,
Gilles-Henri
Info Humacoop- Amel-France
Humani Association
Tél. : 0033.(0)687265814

Réaction de Éric Delmas

Mme Trivellone a pour détestable habitude de reprocher aux autres ce qu’elle pratique en routine.

Elle reproche à deux auteurs de régler leurs comptes avec des écrivains dont elle considère les écrits comme importants. C’est son droit, mais je dois lui rappeler que ces auteurs n’ont rien fait d’autre à l’encontre des historiens du catharisme qui les avaient précédés. Quant à la valeur de leurs écrits, je signalerais, au moins pour M. Pegg qu’ils ont fait l’objet d’une critique qui a mis en avant les nombreuses erreurs qui les émaillaient. Certes, ayant elle-même l’habitude d’en commettre de même niveau, on ne s’étonne pas qu’elle n’ait pas vu les siennes.

Oui, les sources médiévales concernant les hérésies sont presque toujours d’origine religieuse. En effet, les nobles écrivaient peu et le peuple ne lisait pas la plupart du temps. Malheureusement, vous n’étiez pas née à l’époque Madame, ce qui nous prive de vos lumières pour nous raconter la Vérité.

Mais en quoi les sources religieuses seraient-elles si peu fiables ? Quand nous trouvons des sources dans d’autres domaines, sont-elles plus fiables ? La relation que nous fait Jules César dans La guerre des Gaules est-elle absolument fiable ? Pas du tout, car il a arrangé certains points selon ses intérêts personnels. La guerre qui a abouti à la chute de Jérusalem en 70, telle que nous la relate Flavius Josèphe dans La guerre des Juifs est-elle fiable ? Pas du tout pour les mêmes raisons.

C’est pour cela que l’on a inventé les historiens. Non pas pour jeter le bébé avec l’eau du bain, comme vous le faites, mais pour faire le tri et comparer avec d’autres sources pour voir ce que l’on peut retenir de fiable, ce que l’on garde avec prudence et ce que l’on rejette. Certes, ce n’est pas facile, mais c’est un métier.

Le fait qu’un texte douteux cite des faits démontrés par ailleurs, n’invalide pas les faits ; il signale simplement que son auteur doit être lu avec circonspection. La réalité des évêchés albigeois est démontrée, sinon pourquoi mettre en place une croisade, système lourd et organisé, s’il ne s’agissait que d’attraper quelques individus isolés ?

Le dualisme des chrétiens orientaux, manichéens et marcionnites par exemple, est également décrit par les auteurs arabes musulmans. Doit-on en conclure que les catholiques, les orthodoxes et les musulmans étaient liés afin de propager des erreurs que des historiens du 21e siècle allaient détecter sur la seule base de leur intuition personnelle ?

Oui, les auteurs médiévaux, peut soucieux de se compliquer la tâche en construisant des sommes anti-hérétiques adaptées aux cathares, les ont traités de manichéens car ils disposaient de la somme d’Augustin pour le faire. Et alors ? C’est notre rôle de faire la part des choses. Ce n’est pas parce qu’ils n’étaient pas manichéens qu’il faut croire qu’ils n’existaient pas. D’ailleurs les arabes faisaient clairement la différence entre manichéens et marcionnites, puisqu’ils avaient les deux groupes sous les yeux et qu’ils pouvaient comparer les doctrines.

De même, Pierre de Sicile commence son compte rendu en traitant les pauliciens de manichéens, puis il poursuit en montrant qu’au contraire ces derniers réfutent cette accusation.

Et l’étude de leur doctrine permet de le valider.

Donc quand Rainier Sacconi se prétend ancien cathare il ment, mais Augustin qui se prétend ancien manichéen ne ment pas ? Au passage, évitez de l’appeler saint Augustin, cela montre trop où penchent vos sympathies.

Que Sacconi exagère ou même mente parfois, comme le font souvent les nouveaux convertis pour prouver leur allégeance, personne n’en doute. Mais là encore, il suffit de croiser les documents pour relever ce qui tient de l’affabulation et ce qui est probable. Les confessions publiques devant le diacre étaient dans la règle monastique des cathares et leur nombre ne doit pas vous étonner, vu l’attrait que cette religion a eu dans la région.

Excusez-moi de vous faire remarquer que l’expression : exagération évidente est pour le moins douteuse si vous n’en apportez pas une contradiction argumentée. Une historienne compétente ne peut se contenter de son sentiment pour invalider un document. Et oui, faute de prouver une erreur, le témoignage d’une personne ayant vécu les fait a au moins autant de valeur que celle d’une personne vivant plusieurs siècles plus tard. Le mensonge est souvent motivé et rarement gratuit, car à l’époque Sacconi savait que l’on aurait pu facilement le ridiculiser sur des éléments majeurs s’il les avait pervertis de façon outrancière.

Je continuerais bien mon analyse point par point, mais je n’apporterai rien de plus dans ma démonstration de la légèreté de votre analyse. Moins vous connaissez un sujet, plus vous vous présentez comme experte. Vous avez le caractère de votre époque. Plus besoin de preuve ou d’argument sourcé ; il vous suffit d’avoir une conviction pour dénigrer le travail de vos prédécesseurs et pour asséner votre vérité. Ce n’est pas historienne que vous auriez dû choisir comme voie, mais journaliste ou romancière.

Éric Delmas, chercheur en catharisme, Président de Culture et études cathares, créateur de ce site et auteur de Catharisme d’aujourd’hui. Accessoirement, honteux représentant de la caste religieuse, dont les propos sont forcément faux quand on les compare aux vertueux historiens de Montpellier, Nice ou Toulouse.

Un mythe qui a la vie dure

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Voici ma réponse aux deux articles publiés dans le Figaro-Magazine du 2 août 2019.

Madame, Monsieur,

Je vous adresse ce courrier pour demander un droit de réponse aux deux articles publiés dans votre édition du 2 août dernier concernant le catharisme, ou plutôt sa négation devrais-je dire.

Le texte de l’article « Splendeurs et mystères du Pays cathare », écrit par M. Nicolas Ungemuth est littéralement pitoyable. Ce monsieur a sans doute fouillé les poubelles du web pour se « documenter ». En effet, il fait encore référence à l’apparentement du catharisme au manichéisme, théorie amplement et brillamment démontée par M. Jean Duvernoy dans son ouvrage « La religion des cathares » paru en… 1976 ! Ses allusions nauséabondes sur l’intérêt des nazis pour le catharisme, mériteraient quant à elles la lecture de M. Christian Bernadac sur Otto Rahn.

Pour essayer de m’élever un peu au-dessus de cette boue, je voudrais rappeler à ce monsieur, qu’effectivement les cathares ne se sont jamais appelés ainsi eux-mêmes. De même que les premiers chrétiens ne s’appelaient pas chrétiens ou que les protestants des Cévennes n’avaient pas choisi le sobriquet de parpaillots qui leur fut attribué. Ces termes sont des insultes provenant de leurs ennemis qui finissent souvent par être adoptés quand les personnes concernées surmontent les obstacles jetés sur leur route. Le mot cathare vient effectivement des catholiques, plus précisément d’un moine rhénan — Eckbert de Schönau — qui fit un jeu de mot visant à associer les hérétiques qu’il avait en face de lui à des adorateurs du diable ! Mais ce mot fut repris à de nombreuses occasions par les responsables de l’Église catholique pour désigner une catégorie bien précise d’hérétiques dont la doctrine était fondamentalement opposée à la leur. Je vous signale à l’occasion que le terme chrétien n’était pas la propriété exclusive des catholiques dans les premiers siècles. Comme nous le dit Walter Bauer dans son livre « Orthodoxie et hérésie au début du christianisme » (éd. Du Cerf), à Édesse au 2esiècle, ce sont les marcionites que l’on appelait chrétiens, car ils étaient les plus nombreux. Les catholiques locaux étaient appelés palutiens, du nom de leur évêque (Palut). Comme quoi se baser sur un nom pour établir une réalité historique est un manque de jugeotte. Votre « journaliste » met involontairement le doigt sur le point crucial de la campagne négationniste que connaît le catharisme. La volonté de développer le tourisme dans une région, longtemps sinistrée, conduit à vouloir transformer le catharisme en produit de consommation, ce qui implique de lui ôter tout caractère de réalité gênante. En effet, que dirait-on si l’Allemagne organisait un tourisme autour de la Shoah ? Mais le catharisme n’a plus une population fortement choquée par son éradication pour le défendre. Aussi est-il moins risqué pour de courageux historiens, politiques et journalistes de s’en prendre à lui. Bien entendu le « Pays cathare » est une invention du département de l’Aude, peu soucieux de s’attribuer un phénomène qui s’est manifesté dans bien d’autres lieux (Ariège, Haute-Garonne, Hérault, mais aussi Champagne, Orléanais, Flandres, Rhénanie, Bosnie, etc.).

Le plus triste est l’intervention d’un autre journaliste, M. Jean Sévillia, sous le titre « Un mythe qui a la vie dure ».

Ce monsieur se réfère à une exposition itinérante, organisée par Mme Alissia Trivellone, universitaire à Montpellier, mais aussi membre d’un groupe actif dans la négation du catharisme, le GIS HéPoS (groupement d’intérêt scientifique Hérésie, Pouvoirs, Sociétés – Antiquité, Moyen Âge et Époque moderne) qui tente de poursuivre l’œuvre de révisionnisme amorcée à Nice par Mme Monique Zerner, largement démontée par MM. Duvernoy et Roquebert, entre autres. Comme elle, il joue sur les mots et tente de tromper le lecteur en faisant des raccourcis. Mme Trivellone a bénéficié de réponses hautement argumentées à ses assertions, auxquelles elle a évité de répondre dans le détail. On la comprend !

Si les cathares ne se sont jamais appelés cathares eux-mêmes — c’est l’Église catholique, pape en tête, qui les appelait ainsi —, l’étymologie grecque « katharos = purs » est douteuse, car on imagine mal les catholiques traiter leurs adversaires de purs, ce qui sous-entendrait que les autres chrétiens ne le sont pas ! Effectivement, les catholiques affublaient les cathares de noms variés et parfois fleuris, selon les régions où ils étaient repérés : piphles, tisserands, patarins, albigeois, bougres. Ces termes les désignant soit par leur activité principale, soit par leur zone géographique, voire en les traitant de menteurs (piphle = pipeau) ou de sodomites (bougre = bulgare = sodomite), permettait de les identifier et de les dissocier des groupes dissidents catholiques que la réforme grégorienne avait suscités, mais aussi de marquer l’incompréhension d’une religion dogmatique envers une religion disposant d’une certaine plasticité doctrinale. Mais notre culture judéo-chrétienne nous laisse croire que le christianisme est uniforme alors qu’il est divers depuis le premier siècle qui vit un schisme séparer ceux qui voulaient associer judaïsme et christianisme (judéo-chrétiens dont font partie les catholiques, les protestants et les orthodoxes d’aujourd’hui) et ceux qui voulaient ouvrir le christianisme à tous les peuples comme nouvelle religion émergente (pagano-chrétiens dont font partie les cathares).

Donc, oui les cathares sont des hérétiques si on les regarde du côté catholique de l’époque, mais ils ne sont pas des dissidents, car leur doctrine est depuis toujours fortement opposée sur beaucoup de fondamentaux, à celle des judéo-chrétiens. Si les cathares médiévaux n’avaient pas été une Église efficace et structurée, croyez-vous que les catholiques auraient ressenti la nécessité de créer des ordres religieux adaptés, comme les dominicains, pour s’opposer à eux sur le terrain des Écritures ?

Si votre journaliste avait lu M. Roquebert, il saurait que Simon de Montfort n’a pas mené la croisade, du moins pas avant Carcassonne où les conditions de la capture du vicomte Trencavel furent si peu glorieuses que les seigneurs, qui avaient prééminence sur lui, refusèrent tous ce cadeau jugé dégradant. Le légat a-t-il prononcé cette phrase ? nul ne peut l’affirmer ni le nier. Par contre, ce qu’il a dit aux chevaliers fut tout aussi clair à la vue du résultat sur la ville martyre de Béziers. Si la violence fut tout autant du côté des croisés que de celui des occitans, deux choses doivent être dites. D’une part la violence de l’agresseur est moins justifiable que celle des défenseurs, et d’autre part les cathares n’y ont jamais pris part, leurs vœux leur interdisant tout violence fut-ce à l’encontre d’un animal. Le valdéisme n’a pas remplacé le catharisme, car ils étaient concomitants ; il y eut même une dispute théologique les réunissant. Oui, la société médiévale, entièrement organisée autour du catholicisme, n’avait pas les moyens de répondre au catharisme qui prônait l’égalité des sexes, la non domination des classes sociales, le partage des biens, le travail de tous, etc. Ces idées, dont beaucoup sont encore utopiques de nos jours ne pouvaient obtenir de réponse et, les risques sociaux qu’elles faisaient encourir aux classes dominantes de l’époque portaient le germe de la violence qui s’est déchaînée contre elles.

Mais dire cela ne justifie pas le si piètre travail de gens dont la haute mission sociale est d’analyser et de présenter les choses de façon à éduquer la population, pas à servir ceux qui veulent l’abêtir pour libérer du « temps de cerveau » aux annonceurs publicitaires.

Je vous remercie de ne pas caviarder ma réponse.

Sincères salutations.

Éric Delmas, Président de Culture et études cathares, chercheur en catharisme et auteur de Catharisme d’aujourd’hui.

Vous avez dit « Cathare » ?

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Voici, ci-dessous, la réaction de M. Michel Roquebert, historien du catharisme incontesté depuis  de longues années et également connu pour ses interventions à l’encontre des nombreuses tentatives révisionnistes anti-cathares qui deviennent maintenant du négationnisme à l’encontre de cette religion.

VOUS AVEZ DIT « CATHARE » ?

Sur quelques interviews d’Alessia Trivellone

Le 5 octobre 2018, trois mois après la parution chez Perrin de mon ouvrage « Figures du catharisme », Mme Alessia Trivellone, Maître de conférence en Histoire médiévale à l’Université Paul-Valéry de Montpellier, donnait au quotidien L’INDEPENDANT une interview pour annoncer l’exposition qu’elle allait présenter du 6 au 13 dans les locaux de ladite université, sous le titre « Le catharisme : une idée reçue ». Car, explique-t-elle, ce n’est qu’un mythe né au XIXe siècle, les prétendus « cathares » ayant servi « comme catalyseurs d’une identité régionale ». Et Mme Trivellone de s’étonner qu’encore aujourd’hui tant de personnes se reconnaissent « dans ces figures d’une histoire fantasmée ». Elle revint à la charge le 28 octobre, dans les colonnes de LA DEPECHE DU MIDI, pour reprendre l’idée que l’histoire du catharisme est une pure « mythologie contemporaine », mais expliquant cette fois que le mythe « est né au Moyen Age même », le XIXe siècle n’ayant fait que le récupérer pour en nourrir en quelque sorte la quête, dans le Midi, d’une identité régionale

Si la position de Mme Trivellone est claire, les arguments sur lesquels elle s’appuie sont en revanche bien étranges.

Aucune source historique, affirme-t-elle, ne parle des « cathares » à propos du Midi ; les procès-verbaux de l’Inquisition parlent seulement d’« hérétiques », mais « c’est en extrapolant des données de ces procès-verbaux que des historiens ont voulu voir l’existence d’une Eglise hérétique organisée en communautés ». Ces procès-verbaux posent en effet un problème : « Il s’agit de dépositions d’accusés privés des droits fondamentaux de défense, extorquées parfois sous la torture, par des inquisiteurs à la fois accusateurs et juges. On a le devoir d’être sceptiques, d’autant plus que ces mystérieux “hérétiques” ne nous ont laissé aucune source de leur côté ».

Faut-il s’attarder à répondre aux deux derniers arguments, celui qui concerne le crédit à accorder aux sources inquisitoriales, et celui qui nie l’existence de sources « hérétiques » ? Personne ne croira jamais que Mme Trivellone ignore que quiconque est un peu familiarisé avec les interrogatoires conservés, qui s’étalent de l’enquête de Bernard de Caux et Jean de Saint-Pierre sur le Lauragais en 1245 et 1246 aux procédures conduites par Jacques Fournier en comté de Foix entre 1318 et 1325, sait à peu de choses près mesurer le degré de fiabilité des dépositions. Qui prendrait par exemple pour argent comptant toutes celles faites devant Jean Galand puis Guillaume de Saint-Seine, de 1283 à 1291 ? Qui récuserait Bernard de Caux ou Jacques Fournier sous prétexte qu’ils auraient pu, peut-être, faire torturer leurs « témoins » ? Mais admettons qu’une interview donnée à un quotidien ne laisse pas le temps d’entrer dans les détails et condamne peu ou prou à grossir le trait. A beaucoup plus de perplexité nous conduit l’affirmation péremptoire que les hérétiques « ne nous ont laissé aucune source de leur côté ». Mme Trivellone jette-t-elle donc aux orties le Livre des deux principes, le Traité cathare anonyme, le Rituel latin de Florence, édités et étudiés par Christine Thouzellier, le Rituel occitan de Lyon, le Traité de l Eglise de Dieu et la Glose du Pater, en occitan eux aussi, qui ont curieusement échoué à Dublin, tous textes savamment édités, traduits et étudiés par René Nelli, Jean Duvernoy, Anne Brenon, Enrico Riparelli et bien d’autres ? Mais comme il serait absolument impensable qu’elle n’en ait jamais entendu parler, essayons encore de lui accorder le bénéfice du doute : peut-être a-t-elle voulu dire que les hérétiques méridionaux qu’on appelle – à tort, selon elle – « cathares », n’ont laissé aucun écrit, tous les textes que nous avons cités provenant peut-être, dans son esprit, de pays autres que le Midi. Hélas ! il est impossible de lui faire cette concession, car d’où peuvent provenir les textes occitans, si ce n’est du pays d’Oc ? « Oublier » les preuves qui contredisent votre thèse est quand même une bien étrange pratique, surtout quand on prétend, comme les tenants de la « Nouvelle Histoire », avoir enfin découvert la vérité, ce qui rend définitivement obsolète tout ce qui a été écrit avant vous. Or c’est à propos de l’appellation même de « cathares » que Mme Trivellone commet les oublis les plus incompréhensibles.

Tout le monde sait, depuis longtemps, que les hérétiques de cette Provincia qu’on nommera Languedoc ou Midi de la France ne se sont jamais appelés entre eux « cathares ». De là à croire que personne ne les a appelés ainsi, il y a loin ! Rappelons les sources qui montrent que le mot était loin d’être inconnu quand il s’agissait de désigner les hérétiques du pays d’Oc :

1°) – Canon 27 du IIIe Concile œcuménique du Latran (mars 1179) : « Dans la Gascogne albigeoise, le Toulousain, et en d’autres lieux, la damnable perversion des hérétiques dénommés par les uns cathares (catharos), par d’autres patarins, publicains, ou autrement encore, a fait de si considérables progrès… » (Texte dans J.D. Mansi, Sacrorum conciliorum nova et amplissima collectio, t. XXII, 231 .Traduction française par Raymonde Foreville dans Histoire des conciles œcuméniques, Paris, l’Orante, 1965, t. VI, p. 222.)

2°) – Le 21 avril 1198, le pape Innocent III écrit aux archevêques d’Aix, Narbonne, Auch, Vienne, Arles, Embrun, Tarragone, Lyon, et à leurs suffragants : « Nous savons que ceux que dans votre province on nomme vaudois, cathares (catari), patarins… ». Or cette bulle pontificale s’adresse à des prélats qui sont tous en exercice au sud de la Bourgogne ; il est bien évident, comme le notent d’ailleurs les plus récents éditeurs allemands de la correspondance d’Innocent III, que le mot de ., catari est dès cette époque une Allgemeinbezeichnungfùr die Hâretiker des 12. und 13. Jh,, une appellation générique pour désigner les hérétiques des XIIe et XIIIe siècles, et appliquée ici à ceux du pays d’oc. (Texte dans Migne, Patrologie latine, t. 214, col. 82, et dansO. Hageneder et A. Haidacher, Die Register Innozens ‘III, vol. I, Graz/Cologne, 1964, bulle n° 94, p. 135-138. Cf. p. 136, note 4).

3°) – Dans le Liber contra Manicheos, attribué (sous les réserves formulées par Annie Cazenave) à Durand de Huesca, on trouve : « … les manichéens, c’est-à-dire les modernes cathares qui habitent dans les diocèses d’Albi, de Toulouse et de Carcassonne… » (« … manichei, id est moderni kathari qui in albiensi et tolosanensi et carcassonensi diocesibus commorantur. » Texte édité par Christine Thouzellier, Une somme anti-cathare : le Liber contra manicheos de Durand de Huesca, Louvain, 1964, p.217.)

4°) – On a confirmation, à la fois, de l’emploi du mot « cathares » à propos des hérétiques languedociens, et de sa signification générique, puisqu’il s’adresse aussi aux cathares d’Italie et « de France », dans la Summa de Rainier Sacconi ; après avoir dénoncé les erreurs de l’Eglise des cathares de Concorezzo, l’ancien dignitaire cathare repenti, entré chez les Frères Prêcheurs, titre un des derniers paragraphes de son ouvrage : Des Cathares toulousains, albigeois et carcassonnais. Il enchaîne : « Pour finir, il faut noter que les cathares de l’Eglise toulousaine, de l’albigeoise et de la carcassonnaise tiennent les erreurs de Balesmanza et des vieux Albanistes » etc. (« Ultimo notendum est quod Cathari ecclesiae tholosanae, et albigensis et carcassonensis tenent errores Belezinansae. », Summa de Catharis, édit. Franjo Sanjek, in Archivum Fratrum Praedicatorum, n° 44, 1974.)

5°) – On citera enfin le théologien cistercien Alain de Lille, qui enseignait à Paris, mais qui fit vers 1200 un séjour à Montpellier. Ce fut alors, vraisemblablement, qu’il écrivit sa Summa quadripartita, cette « Somme en quatre parties » intitulée Sur la foi catholique, qu’il dédia au seigneur des lieux, Guilhem VIII. S’il a pris soin, dans le Livre I de son ouvrage, de rechercher l’étymologie du mot cathare afin d’en saisir le sens exact, c’est que ce mot lui était familier, mais ne manquait pas de l’intriguer. Rien n’indique cependant, dans son texte, qu’il parle uniquement d’hérétiques étrangers au pays où il séjourne. Le plus probable même, c’est qu’il s’est intéressé à ce vocable parce qu’il l’a entendu prononcer à propos des hérétiques locaux.

Comme j’avais cité les quatre premières sources dans une «réponse» qu’a publiée L’INDEPENDANT, Mme Trivellone n’a pu éviter de les prendre en compte dans le texte qu’elle a donné ensuite à LA DEPECHE. Elle l’a fait dans les termes que voici :

« Les sources produites dans le Midi, comme les procès-verbaux des interrogatoires menés par l’Inquisition ou les chroniques de la croisade contre les Albigeois, ne parlent jamais de “cathares”. Face à ce silence, des “historiens du catharisme” essaient de faire valoir quatre ou cinq sources produites ailleurs. Une poignée de sources écrites ailleurs nomment en effet des cathares dans le Midi, mais ni les milliers de témoins qui parlent devant les inquisiteurs méridionaux ni les chroniqueurs qui suivent les croisés ne voient la trace de ces cathares… N’est-ce pas étonnant ? En réalité, plusieurs historiens ont démontré que ces quelques sources écrites ailleurs ne peuvent pas être prises au pied de la lettre. »

Qu’est-ce à dire ? En citant ces quatre sources, je ne cherchais pas à leur faire dire plus que ce qu’elles disent ; et elles disent clairement que les pères conciliaires de Latran III en 1179, la chancellerie pontificale en 1198, l’auteur du Liber contra Manicheos aux environs de 1225, et l’Italien Rainier Sacconi vers 1250, ont utilisé le mot de « cathares » pour désigner les hérétiques du Midi de la France. Qu’ils l’aient fait à tort, stricto sensu, dans la mesure où le mot n’était pas d’usage courant dans le Midi, où l’on parlait beaucoup plus volontiers d’ « albigeois », n’empêche pas qu’ils se sont crus autorisés à l’utiliser, ce qui est aisément explicable : c’est qu’ils savaient très bien quelles parentés profondes unissaient les églises hérétiques d’Italie — bien connues, elles, sous cette appellation de « cathares » — aux églises hérétiques du pays d’Oc. Ils savaient très bien qu’il s’agissait, à des nuances près, certes, aussi bien dans les positions dogmatiques que dans l’organisation ecclésiale, des variantes régionales d’un vaste mouvement d’évangélisme anti sacerdotal. L’histoire de l’émigration languedocienne en Lombardie sous l’Inquisition, sa vaine résistance aux côtés des cathares lombards à Sirmione, jusqu’à sa fin sur le bûcher de Vérone en 1278 — toutes choses auxquelles, pardonnez-moi Mme Trivellone, je consacre un long chapitre dans mes « Figures du catharisme » — disent assez l’impossibilité de ne pas prendre en compte, par-delà la diversité de fait, l’unité de principe qui n’a pas échappé aux contemporains.

Et puis, une chose encore oubliée par Mme Trivellone : sur la quarantaine d’ouvrages de polémique antihérétique qui nous sont parvenus, dont les rédactions s’étalent de la fin du XIIe siècle à la deuxième moitié du XIIIe, huit au moins s’intitulent Adversus catharos. Personne n’a jamais démontré, ni n’a d’ailleurs cherché à démontrer, qu’ils excluaient de leur attaques les hérétiques languedociens.

En fait, ce débat autour du mot « cathare » me paraît assez puéril. Tout le monde sait de quoi on parle quand on le prononce ou l’écrit. Mais certains auteurs très pointilleux le récusent parce que son emploi donnerait, paraît-il, l’illusion que l’Occident eut à faire face à un vaste mouvement unique de dissidence religieuse, de la Rhénanie et des Flandres à l’Italie et au Languedoc ; c’est-à-dire l’illusion que partout les « cathares » pensaient exactement la même chose et étaient organisés de la même façon, voire qu’ils appartenaient tous à une « Église » unique. C’est là, à coup sûr, une vision tout à fait caricaturale des choses. C’est comme si on pensait que tous les peintres que nous appelons « gothiques » avaient eu les mêmes maîtres et peignaient de la même façon, ou que toutes les églises ainsi nommées elles aussi répondaient à un modèle unique. Au demeurant, aucune dénomination n’est plus artificielle que ce mot de « gothique », ni plus injuste, car, postérieur aux temps « gothiques », il fut à l’origine très dépréciatif, voire méprisant.

Qui aurait cependant l’idée de demander sa suppression en Histoire de l’art ?

Michel ROQUEBERT – Novembre 2018

Pour une recherche complète des « sources » du Catharisme

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Pour une recherche complète des « sources » du Catharisme

Mesdames et Messieurs,

Au soir de cette première journée d’étude des sources du Catharisme, je ne peux taire ma frustration quand je vois tant de brillants chercheurs s’égarer comme vous le faites.
David Zbiral nous l’a dit le 25 au château comtal de Carcassonne, vous êtes des enquêteurs ! Mais dans quelle enquête, fut-elle policière ou médicale, verrait-on les policiers ou les médecins se passionner pour un document en méprisant d’aller à la recherche de l’origine des événements ayant conduit au crime ou de l’anamnèse de la pathologie ?
Aussi, je vous lance maintenant cet appel vibrant : Redevenez de vrais enquêteurs et remettez à plus tard ces querelles picrocholines qui semblent occuper tout votre temps aujourd’hui !

Le Catharisme est clairement identifié comme une religion chrétienne. Avant de le classer sans recherche dans les dissidences, interrogez-vous sur ce que vous avez omis d’aller chercher : ses sources !
En effet, nous savons que son frère aîné, le Bogomilisme, est cité pour la première fois par un prêtre, Cosmas qui, dans une lettre datée des environs de 967, dénonce un certain Bogomil et nous apprend également que cette hérésie a déjà mis en place cinq évêchés. Donc, le Bogomilisme est bien antérieur à cette date. Pourquoi ne pas aller en chercher la véritable origine ?
Vous pourriez vous posez une question que j’ai croisé dans mes propres recherches : Pourquoi au XIsiècle voit-on des Bogomiles partir en pèlerinage depuis la Bulgarie jusqu’à la ville de Téphrik située dans la partie orientale de l’actuelle Turquie, soit près de 1 000 km plus loin, quand on sait que cette ville fut le siège séculaire de l’hérésie des Pauliciens ?
Ces mêmes Pauliciens qui combattirent les armées de l’Empire romain d’Orient pendant plusieurs siècles et furent déportés en deux vagues dans la région frontalière de la Thrace, entre ce même Empire et la Bulgarie, où ils furent en contact avec les païens bulgares et slaves locaux qui formeront justement ces Bogomiles. Après leur défaite et la chute de Téphrik en 872, par la trahison d’un des leurs, Pouladès, ils seront également répartis dans les armées de l’Empire, tant leurs compétences guerrières étaient appréciées. On retrouvera notamment certains noms connus en Italie du Sud, auprès de Phocas l’ancien, général et grand-père de l’empereur.
Mais ces Pauliciens, adeptes de Paul de Tarse et non de Paul de Samosate ou de Manès, étaient eux-mêmes apparus aux alentours de Mannanalis, région proche de Mélitène et Téphrik, suite à la conversion d’un païen, Constantin, qui y rencontra un diacre récemment libéré de prison à Damas, aux alentours de 640. Comme vous le savez mieux que moi, Damas fut prise par le deuxième calife, Umar ibn al Khattab en 638 et il libéra sans doute les prisonniers, notamment pour motifs religieux qu’il laissa partir s’ils ne voulaient ni se convertir à l’Islam, ni adopter le nouveau statut qu’il venait de créer : la Dhimma.
Ce diacre remit à Constantin deux ouvrages : l’Évangile et l’Apôtre. Or, à cette époque le canon romain comportait certes les lettres de l’apôtre Paul, mais quatre évangiles et non un seul. Par contre Marcion de Sinope avait rédigé en 144 un Évangile (l’Évangélion) et un traité apostolique paulinien (l’Apostolikon). Ainsi évangélisé, ce Constantin prit le nom d’un des disciples de Paul, Silouanos.
On le voit, il semble bien y avoir des liens possibles entre les Marcionites, les Pauliciens et les Bogomiles. Et encore, n’ai-je pu explorer plus avant le devenir des troupes qu’Alexis Comnène offrit à Raimond IV de Saint-Gilles, comte de Toulouse, lors de la première croisade, dont une partie rentra à Toulouse après la mort du comte en expédition. Si l’on peut croire que des Pauliciens en faisaient partie, cela pourrait expliquer l’éclosion du Catharisme occitan, dès le début du XIsiècle, dans cette région.

Pour pousser plus loin, comme j’ai tenté de le faire avec un ami, Ruben Sartori, vous découvrirez que Marcion — qui se disait disciple de Paul, mort un siècle plus tôt —, fut formé par Satornil, lui-même disciple de Ménandre qui construisirent la doctrine du démiurge maléfique, créateur du monde visible et des corps de matière. Eux-mêmes eurent avant eux Cérinthe, dont on ne sait s’il a vraiment existé ou si ce n’était que le pseudonyme d’Appolos d’Alexandrie qui à la suite de Paul évangélisa la ville de Corinthe en poussant la théorie paulinienne de l’invalidité de la Torah comme loi divine, jusqu’à affirmer que Iahvé n’était pas Dieu mais le diable, comme le proposent ces chercheurs qui lui attribuent le quatrième évangile, celui de Jean qui en fait mention au chapitre 8, verset 44.

Enfin, Paul lui-même ne fit que rejoindre à Damas, ces apôtres qui durent s’enfuir de Jérusalem, suite à l’exécution d’Étienne — lapidé pour blasphème par les Juifs — car ils étaient eux-mêmes blasphémateurs de ce judaïsme que décidèrent de suivre scrupuleusement les adeptes de Pierre et de Jacques, fondateurs du courant judéo-chrétien qui nous a donné le Catholicisme, l’Orthodoxie et l’Église Réformée. Cela initia une séparation entre ces deux courants qui fut formalisée en 49 lors du Concile de Jérusalem, après l’incident qui opposa Pierre et Paul à Antioche, qui prit alors la tête du courant pagano-chrétien qui rejetait l’obligation de lier Judaïsme à ce qui s’appellerait Christianisme deux siècles plus tard.

Ceci nous montre deux choses :

  • Il y eut bien deux courants chrétiens parallèles qui depuis les origines évoluèrent, tant bien que mal, l’un martyrisant l’autre, à partir du quatrième siècle et qui se perpétuèrent au fil des siècles ;
  • Les cathares avaient raison de dire qu’ils étaient les héritiers d’une transmission apostolique ininterrompue qui remontait aux origines du christianisme.

Voilà les domaines où j’aimerais voir vos talents d’historiens des faits et des hommes, d’historiens des religions, de théologiens, de philologues, etc. se développer pour rendre enfin au Catharisme son indépendance dans un Christianisme trop longtemps monopolisé par un seul de ses courants et pour faire taire ceux qui veulent en faire un objet touristique vidé de toute substance.

Pour ma part, en raison de mes limites linguistiques et culturelles, je ne peux aller plus loin dans mes recherches, d’autant plus qu’après deux années et demi de noviciat, il me reste un chemin infiniment plus difficile et plus exaltant à parcourir.

Merci de m’avoir écouté et en espérant que vous m’aurez également entendu.
Avec mon profond respect et mon infinie Bienveillance.

Éric Delmas, Carcassonne.

Remis aux organisateurs et participants de la seconde journée d’étude des sources du Catharisme à Mazamet le 27 octobre 2017.
Adressé à plusieurs revues historiques, dont « L’Histoire » et publié sur le site Catharisme d’aujourd’hui.

Communication de M. Michel Roquebert

Revue de presse
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Le grand historien de la croisade et le philosophe du Catharisme que nous connaissons tous, fait circuler cette lettre destinée à faire le point sur la « Nouvelle histoire », comme il l’appelle et que nous connaissons aussi sous le nom de « déconstructionnisme historique ».
Puisqu’il le propose, je me permets de la diffuser ici.Read more

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