2e dimanche de carême


Lecture des textes de la liturgie catholique

Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.

Messe dominicale du 2e dimanche de carême

1re lecture :

Genèse : 12, 1-4a

1 – Iahvé dit à Abraham : « Va-t’en de ton pays, de ta patrie et de la maison de ton père vers le pays que je te montrerai.
2 – Je ferai de toi une grande nation, je te bénirai et je grandirai ton nom. Tu seras bénédiction :
3 – je bénirai ceux qui te béniront et maudirai quiconque te maudira ; en toi seront bénies toutes les familles du sol. »
4a – Abram s’en alla donc, comme le lui avait dit Iahvé, et Loth s’en alla avec lui.

Mon analyse :
Voici le moment où Iahvé demande à Abraham de quitter Harran pour Canaan. La lecture de ce texte, qui ne pose habituellement question à personne me choque. En effet, que voyons-nous ? Celui qui se fait passer pour Dieu devant Abraham lui demande de quitter son pays et d’abandonner les siens. Est-ce un effort qu’il lui demande afin d’accomplir une mission importante ? On ne le sait pas encore mais il est surprenant que Dieu fasse un marché sélectif avec Abraham. En effet, il lui offre des avantages personnels en échange de sa mission. Est-ce bien normal que Dieu fasse ainsi un marché préférentiel avec une de ses créatures ? Je ne le pense pas. Dieu ne fait pas de favoritisme.

Psaumes : 33 (Vulgate 32), 4-5, 18-19, 20. 22

4 – Car la parole de Iahvé est droite et toute son œuvre est empreinte de vérité ;
5 – il aime la justice et le droit, la terre est pleine de la grâce de Iahvé.
18 – Voici l’œil de Iahvé sur ceux qui le craignent, sur ceux qui espèrent en sa grâce :
19 – c’est pour délivrer leur âme de la mort et les faire vivre durant la famine.
20 – Notre âme est dans l’attente de Iahvé, c’est Lui notre secours et notre bouclier,
22 – que ta grâce, Iahvé, soit sur nous, comme nous l’espérons de toi !

Mon analyse :
Ce dieu qu’est Iahvé est bien un dieu juste, comme le disait Marcion. Il est craint comme un juge et l’homme espère de lui une bonne décision comme le justiciable espère la décision qui lui sera favorable. Iahvé aime la justice et le droit mais il se méfie des hommes et se fait craindre d’eux. Ce ne peut pas être le Dieu bon.

2e lecture :

Deuxième Lettre de Paul à Timothée : 1, 8b-10

8 – … Avec moi, au contraire, souffre pour l’évangile, selon la puissance du Dieu
9 – qui nous a sauvés et appelés d’un saint appel, non pas selon nos œuvres mais selon son dessein et sa grâce. Celle-ci, qui nous a été donnée dans le christ Jésus pour les temps éternels,
10 – a été maintenant manifestée par la manifestation de notre sauveur le christ Jésus, qui a aboli la mort, et a éclairé la vie et l’indestructibilité par cet évangile

Mon analyse :
En quatre verset Paul résume son apostolat : il est le serviteur humble de Christ qui a sauvé les hommes par la grâce et non en raison de leurs pratiques rituelles et qui en manifestant sa victoire sur la loi mosaïque a fait triompher son évangile, c’est-à-dire son appel à l’amour universel. Ce passage est conforme à la compréhension de Paul ; nous avons donc une fois encore un texte, ou fragment de texte, authentique dans lequel le scribe est venu intercaler des éléments judéo-chrétiens. Le choix liturgique fait disparaître l’entame en 8 où Paul manifeste son humilité et le verset 11 où il se dit le porte parole de Christ.

Évangile selon Matthieu : 17, 1-9

1 – Six jours après, Jésus prend Pierre, Jacques et Jean, son frère, et les emmène sur une haute montagne, à l’écart.
2 – Et il fut transfiguré devant eux, sa face brilla comme le soleil, ses vêtements devinrent blancs comme la lumière,
3 – Et voilà qu’ils virent Moïse et Élie parler avec lui.
4 – Pierre dit à part à Jésus : Seigneur, il est bon d’être ici, si tu veux, je vais faire ici trois abris, un pour toi, un pour Moïse et un pour Élie.
5 – Comme il parlait encore, voilà qu’une nuée lumineuse les couvrit et que, de la nuée, une voix dit : Celui-ci est mon fils, l’aimé dont je suis content, écoutez-le.
6 – À cette parole, les disciples tombèrent sur la face et furent fort effrayés,
7 – Jésus s’approcha, les toucha et leur dit : Relevez-vous et ne vous effrayez pas.
8 – Ils levèrent les yeux et ne virent plus personne sinon Jésus seul.
9 – Comme ils descendaient de la montagne, Jésus leur commanda : Ne parlez de cette vision à personne, jusqu’à ce que le fils de l’homme se relève d’entre les morts.

Mon analyse :
Jésus emmène avec lui trois témoins pour qu’ils assistent à sa transfiguration. D’une part, cela permet de confirmer que la pure logique voudrait que l’on admette que Jésus n’a pas un corps charnel. En fait, c’est sa vraie nature qui apparaît. Deux autres esprits apparaissent aussi. D’autre part, les disciples venus pour témoigner plus tard, ne comprennent pas ce qu’ils voient et entendent. Au point que Pierre propose d’établir un campement pour ces êtres dont il sait pourtant qu’ils sont morts depuis longtemps. Et quand la voix se fait entendre, ils prennent peur. Cela confirme que les disciples, même les plus proches de Jésus, sont clairement incapables de se hisser intellectuellement au niveau requis pour transmettre correctement le message christique. Seul Paul atteindra ce niveau.

Voici comment je reçois ces textes.