18e dimanche du temps ordinaire

Dédicace Catharisme d'aujourd'hui

Lecture des textes de la liturgie catholique

Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.

18e dimanche du temps ordinaire

1re lecture :

Deutéronome : 7, 9-10. 13-14

9 – « Tu sais donc que Iahvé, ton Dieu, est l’Élohim, le Dieu fidèle, qui garde l’alliance et la grâce jusqu’à mille générations pour ceux qui l’aiment et qui gardent ses commandements,
10 – mais qui rend la pareille à chacun de ceux qui le haïssent, pour le faire périr en personne : il ne tarde pas à atteindre celui qui le hait, il lui rend la pareille, à sa personne !
13 – … il t’aimera, te bénira, te multipliera, il bénira le fruit de ton ventre et le fruit de ton sol, ton froment, ton moût et ton huile fraîche, la parturition de tes vaches et les portées de tes brebis, sur le sol qu’il a juré à tes pères de te donner.
14 – Béni seras-tu plus que tous les peuples ! Il n’y aura chez toi et dans ton bétail aucun mâle stérile, aucune femelle stérile.

Mon analyse :
Ce passage éclaire la véritable personnalité de Iahvé. Tout en se prétendant Dieu, il se comporte à l’inverse de l’idée même de Dieu. Soit disant créateur universel, il réserve ses faveurs à certains. Soit disant plénitude de l’amour et de la miséricorde, il bout de violence et de volonté de vengeance quand on ne lui obéit pas. Il marchande l’amour de son peuple élu contre des avantages qu’il ne pourra d’ailleurs pas tenir. C’est bien un démiurge jaloux de sa réalisation et prêt à tout pour empêcher ses créatures d’exister par elles mêmes.

Psaumes : 97 (Vulgate 96), 1-2, 4-5, 6. 9

1 – Iahvé est roi ! Qu’exulte la terre et que se réjouissent les îles nombreuses !
2 – Un épais nuage est autour de lui, justice et jugement sont la base de son trône.
4 – Ses éclairs illuminent le monde, la terre le voit et tremble,
5 – les montagnes fondent comme de la cire, en présence de Iahvé, en présence du Seigneur de toute la terre.
6 – Les cieux annoncent sa justice et tous les peuples voient sa gloire ;
7 – ils ont honte, tous ceux qui se servent des images, qui se vantent de leurs idoles, tous les dieux se prosternent devant lui !
8 – Sion l’entend, elle se réjouit, elles exultent, les filles de Juda, à cause de tes jugements, Iahvé.
9 – Car toi, Iahvé, Très-Haut sur toute la terre, tu t’élèves bien au-dessus de tous les dieux !

Mon analyse :
Ce psaume rétablit la réalité. Iahvé est roi ! Et l’erreur est de confondre le roi et Dieu. Comme tous les rois, il a la haute main sur la justice et ses jugements sont terribles. Marcion l’avait dit : Iahvé est un dieu juste (c’est-à-dire qui rend la justice), quand Dieu est un dieu bon (c’est-à-dire Bienveillant). On remarque le refus des images (iconoclasme) qui est le critère initial du Christianisme et qui s’est perpétué chez les Pagano-chrétiens alors qu’il a fini par disparaître chez les judéo-chrétiens. On remarque aussi, que Iahvé n’est pas considéré comme Dieu unique, mais simplement comme Dieu supérieur.

2e lecture :

Deuxième lettre de Pierre : 1, 16-19

16 – En effet ce n’est pas suivant des mythes sophistiqués que nous vous avons fait connaître la puissance et l’avènement de notre seigneur Jésus Christ, c’est pour nous être aperçus de sa magnificence.
17 – Oui, il reçut de Dieu le Père honneur et gloire quand, de la gloire magnifique, lui parvint cette voix : Celui-ci est mon fils, mon aimé, celui que j’ai bien voulu.
18 – Cette voix venue du ciel, nous l’avons entendue quand nous étions avec lui sur la sainte montagne ;
19 – aussi tenons-nous plus fermement la parole prophétique à laquelle vous faites bien de prendre garde comme à une lampe qui brille dans un lieu misérable jusqu’à ce que transparaisse le jour et que se lève dans vos cœurs Lucifer.

Mon analyse :
Pierre fixe la reconnaissance du caractère divin de Jésus à la transfiguration dont il fut témoin avec Jean et Jacques (le disciple et non son frère). Mais alors, Pierre lui-même n’avait rien compris et voulait ériger des tentes pour les autres visions. Pierre met en avant l’écriture prophétique sur toute autre approche et verrouille ainsi toute possibilité d’interprétation ultérieure ; en cela il fonde le judéo-christianisme dogmatique.

Évangile selon Matthieu : 17, 1-9

1 – Six jours après, Jésus prend Pierre, Jacques et Jean, son frère, et les emmène sur une haute montagne, à l’écart.
2 – Et il fut transfiguré devant eux, sa face brilla comme le soleil, ses vêtements devinrent blancs comme la lumière,
3 – Et voilà qu’ils virent Moïse et Élie parler avec lui.
4 – Pierre dit à part à Jésus : Seigneur, il est bon d’être ici, si tu veux, je vais faire ici trois abris, un pour toi, un pour Moïse et un pour Élie.
5 – Comme il parlait encore, voilà qu’une nuée lumineuse les couvrit et que, de la nuée, une voix dit : Celui-ci est mon fils, l’aimé dont je suis content, écoutez-le.
6 – À cette parole, les disciples tombèrent sur la face et furent fort effrayés,
7 – Jésus s’approcha, les toucha et leur dit : Relevez-vous et ne vous effrayez pas.
8 – Ils levèrent les yeux et ne virent plus personne sinon Jésus seul.
9 – Comme ils descendaient de la montagne, Jésus leur commanda : Ne parlez de cette vision à personne, jusqu’à ce que le fils de l’homme se relève d’entre les morts.

Mon analyse :
Jésus emmène avec lui trois témoins pour qu’ils assistent à sa transfiguration. D’une part, cela permet de confirmer que la pure logique voudrait que l’on admette que Jésus n’a pas un corps charnel. En fait, c’est sa vraie nature qui apparaît. Deux autres esprits apparaissent aussi. D’autre part, les disciples venus pour témoigner plus tard, ne comprennent pas ce qu’ils voient et entendent. Au point que Pierre propose d’établir un campement pour ces êtres dont il sait pourtant qu’ils sont morts depuis longtemps. Et quand la voix se fait entendre, ils prennent peur. Cela confirme que les disciples, même les plus proches de Jésus, sont clairement incapables de se hisser intellectuellement au niveau requis pour transmettre correctement le message christique. Seul Paul atteindra ce niveau.

Voici comment je reçois ces textes.