15e dimanche du temps ordinaire

Lecture des textes de la liturgie catholique

Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.

15e dimanche du temps ordinaire

1re lecture :

Le livre d’Isaïe : 55, 10-11

10 – De même que la pluie et la neige tombent des cieux et ne retournent pas là-bas sans avoir abreuvé la terre, sans l’avoir fait enfanter et donner des pousses, en sorte qu’elle fournisse la semence au semeur et le pain à celui qui mange,
11 – de même ma parole qui sort de ma bouche : elle ne retourne pas à moi sans effet, sans avoir accompli ce que je voulais et réalisé ce pour quoi je l’avais envoyée.

Mon analyse :
Non seulement Isaïe se présente en oracle de Iahvé mais il indique que sa prédication porte ses fruits et n’est pas vaine. C’est une façon d’impressionner l’auditoire et de le forcer à accepter ce qu’il annonce et prédit.

Psaumes : 65 (Vulgate 64), 10abcd, 10e-11, 12-13, 14

1 – Pour le coryphée. Psaume. De David. Chant.
10 – … tu prépares le froment des hommes. C’est ainsi que tu prépares la [terre] :
11 – abreuvant ses sillons, aplanissant ses glèbes, tu la détrempes par des averses, tu bénis sa germination.
12 – Tu as couronné ta bonne année, tes sentiers ruissellent de graisse ;
13 – elles ruissellent les prairies du désert, de jubilation se ceignent les collines.
14 – Les prés sont revêtus de petit bétail et les vallées se couvrent de blé, elles poussent des cris, bien plus, elles chantent !

Mon analyse :
Là où Isaïe se servait d’une image bucolique pour se valoriser aux yeux des hommes comme interprète de Iahvé, le psaume utilise la même image pour faire de Iahvé celui à qui les hommes doivent tout ce qui leur est donné.

2e lecture :

Lettre de Paul aux Romains : 8, 18–23

18 – Je compte en effet que les souffrances de ce moment sont sans proportion avec la gloire qui va nous être dévoilée.
19 – Et l’impatience de la création attend le dévoilement des fils de Dieu.
20 – Car la création a été soumise à la vanité à cause de celui qui l’y a soumise malgré elle, mais avec l’espérance
21 – qu’elle aussi, la création, sera libérée de l’esclavage de la destruction pour la liberté de la gloire des enfants de Dieu.
22 – Nous savons en effet que jusqu’à présent toute la création gémit dans les douleurs
23 – et non seulement elle, mais nous qui avons les prémices de l’Esprit, nous gémissons aussi en nous-mêmes, en attente de l’adoption et du rachat de notre corps.

Mon analyse :
Ce passage est à mettre au compte du scribe en raison de son emphase et de sa longueur. Certes, Paul qui est souvent présenté comme apocalyptique aurait pu avoir cette expression d’annonce de la fin des temps. Mais ce texte est au final assez proche de l’Apocalypse de Jean, ce qui fait pencher pour une intervention du scribe judéo-chrétien.

Évangile selon Matthieu : 13, 1-23 (ou bien : 1-9)

1 – Ce jour-là Jésus sortit de la maison et s’assit au bord de la mer.
2 – Et de grosses foules se rassemblèrent auprès de lui, de sorte qu’il entra s’asseoir dans un bateau, et toute la foule se tenait sur la plage.
3 – Et il leur parla de beaucoup de choses, en paraboles ; il disait : Voilà que le semeur est sorti semer.
4 – De ses semences, les unes sont tombées le long du chemin, et les oiseaux sont venus et les ont dévorées,
5 – D’autres sont tombées parmi la rocaille, où elles n’avaient pas beaucoup de terre, elles ont levé aussitôt, faute d’avoir épais de terre,
6 – mais au lever du soleil elles ont été brûlées et, n’ayant pas de racines, elles ont séché.
7 – D’autres sont tombées parmi les épines ; et les épines ont monté et les ont étouffées.
8 – D’autres sont tombées dans la bonne terre et ont donné du fruit, celle-ci cent, celle-là soixante, celle-là, trente.
9 – Entende qui a des oreilles !
10 – Les disciples s’approchèrent et lui dirent : Pourquoi leur parles-tu en paraboles ?
11 – II répondit : Parce qu’à vous il a été donné de connaître les mystères du règne des cieux, tandis qu’à eux ce n’est pas donné.
12 – Car on donnera à celui qui a et il aura en plus, mais celui qui n’a pas, on lui enlèvera même ce qu’il a.
13 – Voilà pourquoi je leur parle en paraboles, parce qu’ils regardent sans regarder et entendent sans entendre ni comprendre.
14 – En eux est remplie cette prophétie d’Isaïe qui dit : Vous entendrez ce que vous entendrez, mais vous ne comprendrez pas, vous regarderez ce que vous regarderez, mais vous ne verrez pas.
15 – Car le cœur de ce peuple s’est encrassé, ils se sont fait durs d’oreille et se sont bouché les yeux de peur de voir de leurs yeux, d’entendre de leurs oreilles, de comprendre avec leur cœur et de se retourner et que je les guérisse.
16 – Mais magnifiques vos yeux, ils regardent, et vos oreilles, elles entendent !

Mon analyse :
La parabole explique bien les choses mais elle se limite à la présentation exotérique. Pour la comprendre chacun a besoin d’une correspondance, comme celle que Jésus va proposer aux disciples à partir du verset 18. Mais Jésus sait qu’il ne vont pas comprendre, même avec cette explication. C’est pourquoi il les prévient que s’ils ne comprennent pas, ils sont comme le peuple qui s’est fermé à la connaissance et à la foi. Depuis qu’ils le suivent, ils sont censés avoir progressé, donc ils doivent comprendre.

17 – Oui je vous le dis, beaucoup de prophètes et de justes ont désiré voir ce que vous regardez et ne l’ont pas vu, entendre ce que vous entendez et ne l’ont pas entendu.
18 – Vous, donc, entendez la parabole du semeur.
19 – Chaque fois que quelqu’un entend la parole du Règne sans la comprendre, le mauvais vient et s’empare de ce qui a été semé dans son cœur, c’est-à-dire le long du chemin.
20 – Ce qui a été semé parmi la rocaille, c’est celui qui entend la parole et la reçoit aussitôt avec joie,
21 – mais il n’a pas de racine en lui, il est inconstant, arrive une affliction ou une persécution à cause de cette parole, aussitôt il est scandalisé.
22 – Ce qui a été semé parmi les épines, c’est celui qui entend la parole, mais le tracas de l’âge et le leurre de la richesse étouffent la parole, et elle devient stérile.
23 – Ce qui a été semé sur la bonne terre, c’est celui qui entend a parole et la comprend ; aussi porte-t-il du fruit : l’un produit cent, l’autre soixante, un autre trente.

Mon analyse :
Comme toujours chez Matthieu, que ce soit pour les miracles ou les paraboles, il apparaît nécessaire de multiplier pour mieux faire passer le message. La première parabole indique que la réception de la parole fait la qualité de son action Normalement, les disciples doivent avoir ainsi une compréhension complète du message.

Voici comment je reçois ces textes.