Archives de catégorie : Année liturgique

6e Dimanche de Pâques

Lecture des textes de la liturgie catholique

Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.

6e Dimanche de Pâques

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5e Dimanche de Pâques

Lecture des textes de la liturgie catholique

Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.

Messe dominicale du 5e dimanche de Pâques

1re lecture :

Actes des apôtres : 6, 1 – 7.

1 – Ces jours-là, comme le nombre des disciples s’amplifiait, les Hellénisants se mirent à murmurer contre les Hébreux parce que dans le service journalier on négligeait leurs veuves.

Mon analyse :
Les Hébreux sont les Juifs de souche palestinienne alors que les Hellénisants sont les Juifs de la diaspora.

2 – Les douze appelèrent donc la multitude des disciples et leur dirent : Il n’est guère plaisant pour nous de laisser la parole de Dieu pour servir à table.
3 – Trouvez donc parmi vous, frères, sept hommes de renom, pleins d’esprit et de sagesse, et que nous préposerons à cette besogne ;
4 – et nous nous réserverons pour la prière et le service de la parole.
5 – Ce langage plut à toute la multitude, et on choisit Étienne, homme plein de foi et d’Esprit saint, Philippe, Prochore, Nicanor, Timon, Parménas, et Nicolas, prosélyte d’Antioche ;
6 – on les plaça devant les apôtres qui, après avoir prié, posèrent les mains sur eux.
7 – La parole de Dieu croissait, le nombre des disciples, à Jérusalem, s’amplifiait fort et une grosse foule de prêtres obéissait à la foi.

Mon analyse :
Une nouvelle dérive se met en place dans la communauté. Les disciples se placent au-dessus des autres et se dispensent des tâches ménagères. Les Cathares étaient quant à eux très attachés au respect de la règle d’humilité qui veut que tout le monde participe à toutes les tâches selon ses possibilités.

Psaumes : 33 (Vulgate 32), 1 – 2, 4 – 5, 18 – 19

1 – Poussez des cris de joie, ô justes, en l’honneur de Iahvé : à ceux qui sont droits convient sa louange.
2 – Rendez grâce à Iahvé sur la cithare, psalmodiez pour lui sur la harpe à dix cordes,
4 – Car la parole de Iahvé est droite et toute son œuvre est empreinte de vérité ;
5 – il aime la justice et le droit, la terre est pleine de la grâce de Iahvé.
18 – Voici l’œil de Iahvé sur ceux qui le craignent, sur ceux qui espèrent en sa grâce :
19 – c’est pour délivrer leur âme de la mort et les faire vivre durant la famine.

Mon analyse :
Comme d’habitude, ce texte nous montre un rapport qui fait de l’homme un esclave devant Iahvé, incapable de se prendre réellement en mains. Iahvé de son côté, ne cherche pas à éduquer mais veut être craint. Il n’y a pas d’amour dans cette relation, uniquement du pouvoir.

2e lecture :

Première lettre de Pierre : 2, 4 – 9

4 – de la pierre vivante rejetée par les hommes, mais élue et précieuse devant Dieu
5 – et, pierres vivantes vous-mêmes, vous serez bâtis en maison spirituelle, en sainte prêtrise pour offrir les sacrifices spirituels que Dieu accepte par Jésus Christ.
6 – En effet on trouve dans l’écriture : Voici, je place en Sion une pierre angulaire, élue, précieuse, et qui s’y fie n’aura pas honte.
7 – Honneur donc à vous les fidèles. Mais pour les infidèles : La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue tête d’angle,
8 – pierre d’achoppement, roche d’embûche, ils choppent contre les paroles qu’ils refusent, ils ont été faits pour cela.
9 – Vous au contraire, vous êtes une race élue, une royale prêtrise, une nation sainte, un peuple acquis pour proclamer les vertus de celui qui vous a appelés des ténèbres à son étonnante lumière.

Mon analyse :
Pierre essaie de reprendre la citation des Psaumes utilisée par Jésus à la fin de la parabole des vignerons (Matth. 21, 42-44, Marc 12, 10-11 et Luc 20, 17-18). La pierre angulaire, vue par Jésus, montrait que ceux qui ne le reconnaissaient pas faisaient une erreur. Pour Pierre c’est moins clair. Il y voit effectivement un point de blocage pour ceux qui ne suivent pas la parole de Dieu, mais aussi une séparation entre les croyants et les autres. C’est même un repère placé par Dieu ; la pierre tête d’angle ressort du mur par rapport aux autres. Et ce mur c’est la bâtisse que forme la communauté des croyants abreuvée au lait de la parole. Il termine en louant les croyants, sans doute pour les aider à supporter les avanies dont ils sont victimes au quotidien.

Évangile selon Jean : 14, 1 – 12

1 – Que votre cœur ne se trouble pas. Vous vous fiez à Dieu, fiez-vous aussi à moi.
2 – Il y a beaucoup de demeures dans la maison de mon Père, sinon je vous l’aurais dit, moi qui vais vous préparer une place.
3 – Quand je serai allé vous préparer une place, je reviendrai vous prendre avec moi pour que vous soyez où je suis.
4 – Et vous savez le chemin où je vais.

Mon analyse :
Il y a certainement plusieurs façons de comprendre ce que dit Jésus. Pour ma part, je mets l’accent sur le verset 2 et j’y vois deux éléments. D’abord, il y a de la place pour tous au sein de la création divine. Cela vient en opposition avec le système judéo-chrétien et celui de la plupart des religions qui veulent exclure une partie plus ou moins grande de l’humanité de la possibilité du Salut. Ensuite, chacun trouvera sa place, quelle que soit sa démarche accessoire, mais aucune de ces voies d’accès n’est la Vérité en elle-même. La « maison du Père » dépasse largement tout ce que nous pouvons imaginer. Enfin, Jésus annonce son retour, la seconde parousie, qui coïncidera avec le salut pour tous les esprits saints tombés en cet enfer.

5 – Thomas lui dit : Seigneur, nous ne savons où tu vas, comment saurions-nous le chemin ?
6 – Jésus lui dit : Je suis le chemin, la vérité et la vie. Personne ne vient au Père que par moi.
7 – Si vous me connaissez, vous connaîtrez aussi mon Père. Dès maintenant, vous le connaissez et vous l’avez vu.
8 – Philippe lui dit : Seigneur, montre-nous le Père, cela nous suffit.
9 – Jésus lui dit : Depuis si longtemps que je suis avec vous, tu ne me connais pas, Philippe ? Qui m’a vu a vu le Père. Comment dis-tu : Montre-nous le Père ?
10 – Ne crois-tu pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ? Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même. Et le Père qui demeure en moi fait ses œuvres.
11 – Croyez m’en, je suis dans le Père et le Père est en moi, croyez-le du moins à cause des œuvres.
12 – Oui, oui, je vous le dis, qui se fie à moi fera les œuvres que je fais, et il en fera de plus grandes, car je vais au Père.

Mon analyse :
À ses disciples qui semblent n’avoir toujours pas compris, Jésus indique de façon incontournable quel est le sens réel de la spiritualité qu’il porte. Il n’y a pas de repère mondain, de lieu sacré, de pratiques et de rites initiatiques ou de connaissance ésotérique difficilement maîtrisable. Il n’y a qu’une seule référence, lui ! Tout simplement parce qu’il apporte à la fois le message du Salut et le mode d’emploi pour sa réalisation. Ce message vise aussi à prévenir les possibles dérives auxquelles les disciples sont susceptibles de se laisser aller par leur nature juive très portée sur toutes ces formes spirituelles annexes. La foi est essentielle et les œuvres viennent confirmer la foi.

Voici comment je reçois ces textes.

4e Dimanche de Pâques

Lecture des textes de la liturgie catholique

Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.

Messe dominicale du 4e dimanche de Pâques

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3e Dimanche de Pâques

Lecture des textes de la liturgie catholique

Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.

Messe dominicale du 3e Dimanche de Pâques

3e Dimanche de Pâques

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2e Dimanche de Pâques ou de la Miséricorde

Lecture des textes de la liturgie catholique

Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.

Messe dominicale du 2e dimanche de Pâques

1re lecture :

Actes des apôtres : 2, 42-47

42 – Et ils étaient assidus à l’enseignement des apôtres, et à s’associer pour rompre le pain et prier.
43 – Et toute âme était dans la crainte car il se faisait, par les apôtres, beaucoup de prodiges et de signes.
44 – Et tous ceux qui avaient foi étaient ensemble et avaient tout en commun ;
45 – ils vendaient leurs propriétés et leurs biens et en partageaient le prix entre tous selon qu’on en avait besoin.
46 – Ils étaient chaque jour au temple, assidus et unanimes, ils rompaient le pain à la maison et prenaient leur nourriture avec allégresse et simplicité de cœur ;
47 – ils louaient Dieu et avaient la faveur de tout le peuple ; et chaque jour le Seigneur ajoutait au groupe ceux qui étaient sauvés.

Mon analyse :
La mise en place de la communauté se fait par l’adhésion des nouveaux venus qui donnent leurs biens à la communauté. Pierre s’est posé comme chef de la communauté, attribue ses miracles aux références de la Torah et rétablit le baptême par immersion ! Les disciples n’ont rien retenu de l’enseignement de Christ.

Psaumes : 118 (Vulgate 117), 2-4, 13-15b, 22-24

2 – « Que [la maison] d’Israël dise : car sa grâce dure à jamais !
3 – Que la maison d’Aaron dise : car sa grâce dure à jamais !
4 – Que ceux qui craignent Iahvé disent : car sa grâce dure à jamais !…
13 – On m’avait poussé, pour que je tombe, mais Iahvé m’a secouru.
14 – Iah est ma force et l’objet de mon hymne, il a été pour moi le salut !
15 – Écho de cris de joie et de triomphe, dans les tentes des justes ;
22 – La pierre qu’avaient rejetée les bâtisseurs, elle est devenue tête d’angle,
23 – c’est par Iahvé que cela s’est fait, c’est merveille à nos yeux !
24 – Voici le jour que Iahvé a fait, exultons et réjouissons-nous en lui !

Mon analyse :
Ce psaume vient renforcer la nécessité pour Iahvé d’être reconnu et valorisé par le peuple qu’il s’est choisi. Lequel peuple de son côté affirme sa soumission sans limites. C’est une relation typique entre esclaves et maître.

2e lecture :

Première lettre de Pierre : 1, 3-9

3 – Béni soit Dieu, le Père de notre seigneur Jésus Christ, qui, selon sa grande miséricorde, en ressuscitant Jésus Christ d’entre les morts, nous a régénérés pour une espérance vivante,
4 – pour l’héritage indestructible, incorruptible, immarcescible qui vous est réservé dans les cieux ;
5 – vous que la puissance de Dieu garde par la foi pour un salut prêt à se dévoiler au dernier instant ;
6 – un salut dont vous exultez bien que diverses épreuves doivent encore vous attrister un moment
7 – afin que la preuve de votre foi, beaucoup plus précieuse que l’or qui est périssable quoique éprouvé au feu, vous vaille louange, gloire et honneur au dévoilement de Jésus Christ ;
8 – lui que vous aimez sans l’avoir vu et à qui, sans le voir encore, vous vous fiez dans l’exultation d’une joie inexprimable et pleine de gloire ;
9 – vous les bénéficiaires de cette fin de votre foi qu’est le salut de votre âme ;

Mon analyse :
Cette phrase immense, quoique tronquée ici de trois versets, fait le point sur la situation des croyants de ces communautés. Selon la tradition ils sont sauvés par le sacrifice de Jésus et sa résurrection qui le fonde comme envoyé de Dieu. Nulle trace ici de l’Amour que Jésus est venu nous enseigner. Ce dévoilement de Jésus rejaillit sur ceux qui se fient à lui et leur fait espérer de grands bienfaits à la fin des temps, même si aujourd’hui la situation leur est pénible. Et c’est la souffrance d’aujourd’hui qui justifiera les bienfaits de demain. Nous sommes encore en plein dans une lecture sacrificielle dont l’Amour est exclu.

Évangile : Jean 20, 19-31

19 – Le soir de ce même jour, le premier de la semaine, Jésus vint où les disciples, par crainte des Juifs, se tenaient, portes fermées. Et debout au milieu d’eux, il leur dit : Paix à vous.
20 – Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Et les disciples se réjouirent de voir le Seigneur.
21 – Il leur dit encore : Paix à vous. Je vous envoie comme le Père m’a envoyé.
22 – Après cette parole, il leur souffla dessus et leur dit : Recevez l’Esprit saint.
23 – Les péchés seront remis à qui vous les remettrez, retenus à qui vous les retiendrez.
24 – Thomas, un des douze, appelé Didyme, n’était pas avec eux quand vint Jésus.
25 – Les autres disciples lui dirent : Nous avons vu le Seigneur. Mais il leur dit : Je ne le croirai pas à moins de voir à ses mains la marque des clous, de mettre mon doigt à la place des clous et de mettre ma main dans son côté.
26 – Huit jours après, les disciples se tenaient encore à l’intérieur et Thomas avec eux. Jésus vint, portes fermées et dit, debout au milieu d’eux : Paix à vous.
27 – Puis il dit à Thomas : Avance ton doigt ici, voici mes mains. Avance ta main, mets-la dans mon côté. Et ne sois pas méfiant, mais fidèle.
28 – Thomas lui répondit : Mon Seigneur et mon Dieu.
29 – Jésus lui dit : Tu as foi parce que tu me vois. Magnifiques ceux qui ont foi sans voir.
30 – Jésus à encore fait, devant ses disciples bien d’autres signes qui ne sont pas écrits dans ce livre.
31 – Mais on a écrit ceux-ci pour que vous croyiez que Jésus est le christ, le Fils de Dieu, et qu’ainsi vous ayez vie en son nom.

Mon analyse :
Par contraste cette partie montre comment Jésus, le jour même vient auprès des disciples assemblés et se fait reconnaître d’eux, non pas du simple fait d’être entré en un lieu, au mieux secret, voire totalement fermé, et de leur avoir parlé — comme ce fut le cas avec Marie — mais en leur montrant ses stigmates. Cela en dit long sur le peu de cas qu’il semble faire de leur capacité à croire. Comme pour adoucir leur cas, on nous montre Thomas tout aussi incrédule, mais en réalité, pas plus que les autres. En effet, eux aussi ont cru après avoir vu, alors que Marie croit sur la foi d’une parole. Pourquoi Thomas est-il ainsi mis à part ? Peut-être pour signifier que la communauté chrétienne de l’époque où fut rédigé ce texte ne voyait plus en lui un membre adhérent. Cela expliquerait la découverte d’un évangile qui lui est spécifiquement attribué, comme il en existe un attribué à Marie. Pour autant, ce qui est valorisé c’est la foi sans preuves matérielles.

Voici comment je reçois ces textes.

Dimanche de Pâques – Résurrection du seigneur

Lecture des textes de la liturgie catholique

Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.

Messe dominicale du dimanche de Pâques – Résurrection du seigneur

1re lecture :

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Dimanche des rameaux et de la passion du seigneur

Lecture des textes de la liturgie catholique

Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.

Messe dominicale du dimanche des rameaux

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5e dimanche de carême

Lecture des textes de la liturgie catholique

Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.

Messe dominicale du 5e dimanche de carême

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4e dimanche de carême

Lecture des textes de la liturgie catholique

Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.

Messe dominicale du 4e dimanche de carême

1re lecture :

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3e dimanche de carême

Lecture des textes de la liturgie catholique

Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.

Messe dominicale du 3e dimanche de carême

1re lecture :

Exode 17, 3-7

3 – Et le peuple eut soif d’eau et le peuple murmura contre Moïse ; il dit : « Pourquoi nous as-tu fait monter d’Égypte pour me faire mourir de soif avec mes fils et mes troupeaux ? »
4 – Moïse cria vers Iahvé, en disant : « Que ferai-je pour ce peuple ? Encore un peu et ils me lapideront ! »
5 – Iahvé dit à Moïse : « Passe en avant du peuple et prends avec toi des anciens d’Israël ! Prends en ta main ton bâton avec lequel tu as frappé le Nil et tu iras !
6 – Voici que, moi, je me tiens là devant toi sur le rocher, à Horeb ; tu frapperas sur le rocher, il en sortira de l’eau et le peuple boira ! » Moïse fit ainsi, aux yeux des anciens d’Israël.
7 – On appela l’endroit du nom de Massah et Meribah, à cause de la querelle des fils d’Israël et parce qu’ils tentèrent Iahvé, en disant : « Est-ce que Iahvé est au milieu de nous ou non ? »

Mon analyse :
Cet épisode fameux montre que Iahvé est sans cesse en train de torturer ceux qui lui ont fait confiance. D’abord le peuple hébreu qui souffre d’avoir suivi Moïse au nom de Iahvé ; ensuite Moïse lui-même, à qui il demande de subir les critique du peuple au lieu de lui donner d’emblée les moyens de valider son statut d’envoyé de Iahvé. Là, le peuple souffre de la soif. Il demande à boire et Moïse se retourne vers Iahvé qui met à profit cette situation pour affirmer son pouvoir en réalisant son miracle devant les représentants du peuple. Au lieu de mettre à disposition de l’eau, il exige un cérémonial destiné à asseoir son pouvoir. Nous savons qu’ensuite il prendra comme prétexte une hésitation de Moïse à cet instant pour lui interdire l’accès à la terre promise. Quel dieu pitoyable !

Psaumes : 95 (Vulgate 94), 1-2, 6-7ab, 7d-8a. 9

1 – Venez, poussons des cris de joie vers Iahvé, acclamons le rocher de notre salut,
2 – présentons-nous devant lui avec des actions de grâces, acclamons-le par des psaumes !
6 – Entrez, prosternons-nous, inclinons-nous, mettons-nous à genoux en présence de Iahvé qui nous a faits !
7 – Car il est notre Dieu et nous sommes… le troupeau sous sa main.
8 – n’endurcissez pas votre cœur comme à Meribah,…
9 – où m’ont tentés vos pères, où ils m’ont éprouvé, bien qu’ils aient vu mon œuvre !

Mon analyse :
Ce psaume est en totale résonnance avec le chapitre 17 de l’Exode. Iahvé garde rancune aux Hébreux du comportement de leurs pères dans le désert, quand ils ont demandé de l’eau. Quelle haine tenace pour celui qui se veut le créateur et le père de ces hommes.

2e lecture :

Lettre de Paul aux Romains : 5, 1-2.5-8

1 – Justifiés donc en vertu de la foi, soyons en paix avec Dieu par notre seigneur Jésus Christ
2 – par qui nous avons eu accès à travers la foi à cette grâce où nous sommes, et nous vantons d’espérer la gloire de Dieu.
5 – or l’espérance ne fait pas honte, car l’amour de Dieu a été versé dans nos cœurs par l’Esprit saint qui nous a été donné.

Mon analyse :
En l’absence d’information supplémentaire de la part de Marcion, dont l’œuvre ne nous est parvenue que de façon très restreinte, essayons de voir ce que nous pouvons tirer de ce texte. Ces cinq premiers versets sont conformes à la pensée de Paul. La foi nous justifie envers Dieu par l’intermédiaire du Christ qui s’est présenté ainsi dans les évangiles. Cette foi nous permet d’espérer la grâce de Dieu qui nous permettra de revenir à ses côtés le moment venu

6 – Quand en effet nous étions encore faibles, le Christ à son heure est mort pour des impies.
7 – À peine meurt-on pour un homme juste ; peut-être supporterait-on de mourir pour un homme de bien.
8 – Or l’amour de Dieu pour nous, c’est que le Christ est mort pour nous quand nous étions encore pécheurs.

Mon analyse :
On a l’impression qu’à chaque fois que Paul émet une opinion dans sa lettre, le scribe intervient par de longs développements pour l’orienter dans le sens judéo-chrétien qui est le sien. Là, il nous rappelle sa lecture sacrificielle de la passion allant jusqu’à en faire une volonté divine. Or, Dieu ne peut vouloir la mort et la souffrance de personne et si Christ fut condamné par les Juifs, ce n’est pas en vertu de la volonté de Dieu mais en raison des prescriptions de Iahvé et de la Loi positive.

Évangile selon Jean : 4, 5-42 (ou brève : 4, 5-15. 19b-26. 39a. 40-42)

5 – Il vient à une ville de Samarie, nommée Sychar, près du domaine que Jacob avait donné à son fils Joseph.
6 – Là était la source de Jacob. Jésus, fatigué du chemin, s’était assis contre la source. C’était vers la sixième heure.
7 – Une femme de Samarie vient puiser de l’eau. Jésus lui dit : Donne-moi à boire.
8 – Car ses disciples étaient allés à la ville acheter de la nourriture.
9 – La Samaritaine lui dit : Comment toi qui es Juif me demande-tu à boire à moi qui suis Samaritaine ?

Mon analyse :
Ce passage manifeste que Jésus ne respecte pas les prescriptions de la loi juive qui considère que les Samaritains ne sont pas des Juifs fréquentables. Non seulement, il ne fait pas de distinction mais en plus, il va montrer sa préférence pour eux.

10 – Jésus lui répondit : Si tu savais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : Donne-moi à boire, c’est toi qui lui aurais demandé et il t’aurait donné de l’eau vive.
11 – Elle lui dit : Seigneur, tu n’as rien pour puiser et le puits est profond. D’où as-tu de l’eau vive ?
12 – Es-tu plus grand que notre père Jacob qui nous a donné ce puits ? et il y a bu avec ses fils et son bétail.
13 – Jésus lui répondit : Quiconque boit de cette eau aura encore soif,
14 – mais qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura plus jamais soif et l’eau que je lui donnerai sera en lui une source d’eau qui jaillira en vie éternelle.
15 – La femme lui dit : Seigneur, donne-moi cette eau pour que je n’aie plus soif et ne vienne plus puiser ici.

Mon analyse :
Dans un premier temps la femme semble ne pas comprendre ce que Jésus lui dit, et c’est normal. Mais quand il propose une eau désaltérante éternelle, elle réagit avec sa simplicité et en demande sans réfléchir de façon logique comme elle le faisait au verset 11.

16 – Il lui dit : Va appeler ton mari et reviens.
17 – La femme lui répondit : Je n’ai pas de mari. Jésus lui dit : Tu dis bien : Je n’ai pas de mari,
18 – car tu as eu cinq maris et celui que tu as maintenant n’est pas ton mari, tu dis vrai.
19 – La femme lui dit : Seigneur, je vois que tu es prophète.

Mon analyse :
Jésus révèle à la femme sa prescience et elle le reconnaît comme prophète.
Pour autant il ne porte aucun jugement sur elle et sur son mode de vie.

20 – Nos pères ont adoré sur cette montagne et vous dites que c’est à Jérusalem qu’on doit adorer.
21 – Jésus lui dit : Crois-moi, femme, l’heure vient où ce n’est ni sur cette montagne ni à Jérusalem que vous adorerez le Père.
22 – Vous ne savez pas ce que vous adorez, nous savons ce que nous adorons, car le salut vient des Juifs,
23 – mais l’heure vient, et c’est maintenant, où les véritables adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité, car le père cherche de tels adorateurs.
24 – Dieu est esprit et ceux qui adorent doivent adorer en esprit et en vérité.

Mon analyse :
Là encore, profitant d’un des motifs de division entre Juifs et Samaritains, Jésus oppose les croyances des Juifs en vue du salut et la véritable croyance en un Dieu spirituel. Ce faisant il invalide le temple et tout ce qui matérialise la foi juive.

25 – La femme lui dit : Je sais que vient le messie, c’est-à-dire le christ. Quand il sera venu, il nous annoncera tout.
26 – Jésus lui dit : Je le suis, moi qui te parle.
27 – Là-dessus, ses disciples vinrent et ils s’étonnaient qu’il parlât avec une femme. Personne pourtant ne dit : Que cherches-tu ? ou : Pourquoi parles-tu avec elle ?
28 – Alors la femme laissa sa cruche et courut à la ville dire aux gens :
29 – Venez voir un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait. Ne serait-il pas le christ ?
30 – Ils sortirent de la ville et ils venaient vers lui.
31 – Entre-temps, les disciples lui demandaient : Rabbi, mange.
32 – Mais il leur dit : J’ai à manger un aliment que vous ne connaissez pas.
33 – Les disciples se disaient entre eux : Quelqu’un lui aurait-il apporté à manger ?
34 – Jésus leur dit : Mon aliment est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé et de finir son œuvre.
35 – Ne dites-vous pas : Encore quatre mois et ce sera la moisson ? Et bien, je vous dis : Levez les yeux et voyez que les champs sont déjà blancs pour la moisson.
36 – Le moissonneur reçoit le salaire et amasse du fruit pour la vie éternelle, pour que le semeur se réjouisse avec le moissonneur.
37 – Le proverbe a cela de vrai qu’autre est le semeur, autre le moissonneur.
38 – Je vous ai envoyé moissonner où vous n’avez pas travaillé. D’autres ont travaillé et vous êtes entré dans leur travail.

Mon analyse :
Après s’être révélé à la femme qui va avertir les hommes du bourg, Jésus s’adresse aux disciples qui semblent moins compréhensifs que ne l’était la femme samaritaine.
Concernant la nourriture, ils sont comme la femme concernant l’eau ; ils pensent matériel quand Jésus parle spirituel. Jésus leur explique sa mission : moissonner ici-bas pour le compte de Dieu. De même il annonce aux disciples leur futur apostolat : moissonner auprès de peuples qu’ils ne connaissent pas. N’est-ce pas une prédiction de l’apostolat envers les nations (les païens) ?

39 – Beaucoup de Samaritains de cette ville se fièrent à lui sur ce témoignage de la femme : Il m’a dit tout ce que j’ai fait.
40 – Une fois près de lui, les Samaritains lui demandèrent de demeurer chez eux. Il y demeura deux jours.
41 – Et beaucoup plus eurent foi sur sa parole.
42 – Ils disaient à la femme : Ce n’est plus sur tes dires que nous avons foi, car nous l’avons entendu et nous savons qu’il est vraiment le sauveur du monde.

Mon analyse :
Les Samaritains sont présentés comme plus aptes à croire en Jésus que ne le sont les Juifs. C’est une critique du système extrêmement normé que les Juifs ont mis en place, dont les codes et les règles finissent par tuer la foi.

Voici comment je reçois ces textes.