Histoire du catharisme

Le tympan de Perse et les cathares

Histoire du catharisme

L’auteur, qui fait suivre son nom (P. Blanc) des lettres s. j. (Societatis Jesu) qui désigne l’ordre des Jésuites (Compagnie de Jésus), revient dans le Bulletin d’Espalion du 7 juillet 1967, sur des publications antérieures faites par lui dans lesquelles il émettait l’hypothèse d’une “contamination cathare” du tympan de l’église de Perse d’Espalion (Aveyron, France).

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Évêques chrétiens cathares (France et Occitanie)

Catharisme médiéval

C’est à l’occasion de la rencontre de Saint-Félix de Caraman (1167) que furent institués de façon formelle les évêchés cathares de France et d’Occitanie. Nous en avons la trace indiscutable dans la Charte de Niquinta qui montre que les églises d’Occitanie ont ressenti le besoin de faire intervenir un évêque bogomile pour valider les choix des communautés cathares en terme de représentation et pour cautionner les négociations de bornage entre l’évêché de Toulouse et celui de Carcassonne.

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Chronologie du catharisme

Histoire du catharisme
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La chronologie que je vous propose est réalisée en mixant celle proposée par Anne Brenon dans son ouvrage « Le vrai visage du catharisme » ré-édité récemment aux éditions La Louve et avec des informations glanées sur internet.

Fin Xe : Traité de Cosmas contre les bogomiles en Bulgarie
1000 : Communautés hérétiques dénoncées à travers l’Europe (le paysan Leutard prêche en Champagne)
1022 : 10 chanoines brûlés à Orléans, dont le confesseur de la reine
1025 : Bûchers à Turin, à Toulouse et en Aquitaine
1033 : Bûcher à Milan
Vers 1100 : premier bûcher d’un hérésiarque bogomile à Constantinople
1101 : Fondation de l’ordre de Fontevrault
1114 : Deux paysans hérétiques brûlés en Soissonnais
1115 à 1125 : Bûchers d’hérétiques à Toulouse
1120 à 1125 : Prédication de Pierre de Bruis de la vallée du Rhône jusqu’au Languedoc (bruxisme)
1135 à 1145 : Prédication du moine Henri en toulousain
1135 : Bûchers à Liège. Première mention de communautés cathares avec une hiérarchie épiscopale
1143 : Bûcher de dualistes à Cologne
1144 : Bûcher de dualistes à Liège
1145 : Mission de Bernard de Clairvaux en Toulousain et Albigeois. Présence de communautés hérétiques dans les bourgades
1152 : Vaudès et les Pauvres de Lyon sont chassés par l’archevêque Jean de Bellesmains
1157 : Concile de Reims contre l’hérésie
1163 : Bûcher à Cologne. Eckbert de Schönau crée l’appellation “cathare”
1165 : Conférence de Lombers, en Albigeois. Présence d’un évêque cathare occitan (Sicard Cellerier)
1167 : Assemblée de Saint Félix en Lauragais. Organisation de quatre évêchés cathares occitans
Avant 1170 : Conversion de Vaudès de Lyon
1178-1181 : Mission cistercienne en Toulousain et Albigeois. Expédition du cardinal-évêque Henri de Marcy ; siège de Lavaur et abjuration de l’évêque cathare du Toulousain
1184 : Décrétales de Vérone. Mesures anti-hérétiques à l’échelle européenne. Première étape de l’Inquisition
1190 : Somme anti-hérétique d’Alain de Lille
1194-1222 : Raymond VI de Toulouse. Apogée du catharisme occitan
1198-1216 : Pontificat d’Innocent III
1199 : Innocent III assimile l’hérésie au crime de lèse-majesté envers Dieu
Vers 1200 : Liber anti-heresis de Durand de Huesca
1202-1206 : Échec des missions cisterciennes envoyées par le pape en Languedoc
1204 : Ordination des dames de Fanjeaux par Guilhabert de Castres. Colloque contradictoire de Carcassonne
1205 : Colloque contradictoire de Servian
1206 : Colloque contradictoire de Montréal. Assemblée de 600 parfaits à Mirepoix. Début de la contre-prédication de Dominique. Fondation du monastère de Prouille
1208 : Assassinat du légat Pierre de Castelnau. Appel du pape à la croisade contre les hérétiques
1209 : Début de la croisade. Massacre de Béziers, prise de Carcassonne, mort de Raymond Roger Trencavel. Simon de Montfort vicomte de Carcassonne. Bûcher de Casseneuil. “Fraternité” de François d’Assise reconnue par Innocent III
1210 : Prise et bûcher de Minerve (140 brûlés). Prise de Termes par Simon de Montfort
1211 : Prise de Lavaur par Simon de Montfort. 80 chevaliers égorgés, 400 hérétiques brûlés. Bûcher des Cassés (60 brûlés)
1212 : Conquête de l’Agenais, du Comminges et du Quercy par Simon de Montfort.
1213 : Bataille de Muret. Mort du roi d’Aragon. Déroute occitano-aragonaise
1215 : Quatrième concile de Latran : investiture du comté de Toulouse à Simon de Montfort. Officialisation des ordres mendiants
1216 : Début de la reconquête de Raymond VI de Toulouse et son fils
1218 : Simon de Montfort meurt en assiégeant Toulouse
1219 : Croisade du prince Louis de France, massacre de Marmande
1220 : Durand de Huesca devenu “pauvre catholique” écrit Liber contra Manicheos
1220-1221 : Reconquête du comté de Toulouse, rétablissement de l’Église cathare
1221 : Mort de Dominique à Bologne. Mort de Raymond VI
1223 : Reconquête de Carcassonne par Raymond Trencavel
1224 : Armaury de Montfort vaincu, regagne Paris et cède ses droits à la couronne de France
1226 : Croisade royale de Louis VIII. Soumission de nombreux vassaux de Raymond VII. Concile cathare de Pieusse et création de l’évêché de Razès. Bûcher de Pierre Isarn, évêque de Carcassès, à Caunes Minervois. Mort de François d’Assise. Massacre de Labécède par Humbert de Beaujeu.
1226-1270 : Louis IX (Saint Louis) roi de France.
1227 : Mission pré-inquisitoriale de Conrad de Marbourg en Allemagne
1227-1229 : Guerres de Cabaret et de Limoux
1229 : Traité de Meaux-Paris. Fin de la croisade contre les albigeois. Capitulation de Raymond VII. Création de l’université de Toulouse, confiée aux frères prêcheurs et codification de la répression anti-hérétique. Sénéchaussées royales françaises à Carcassonne, à Béziers, à Beaucaire, Nîmes. Les églises sont clandestines
1232 : À la demande de Guilhabert de Castres, Montségur devient «la tête et le siège» de l’Église interdite
1233 : Fondation par Grégoire IX de l’Inquisition confiée aux ordres mendiants
1235 : Soulèvements contre l’Inquisition à Toulouse, Albi et Narbonne
13 mai 1239 : Bûcher du Mont Aimé en Champagne (183 brûlés). Fin de l’Église cathare de France
1240 : Échec de Raymond Trencavel de reprise de Carcassonne
1242 Attentat d’Avignonet contre l’Inquisition par les chevaliers de Montségur, signal de l’entrée en guerre de Raymond VII. Le pays se soulève
1243 : Les alliés de Raymond VII sont battus. Traité de Lorris. Début du siège de Montségur
1244 : Le 16 mars, bûcher de Montségur (225 brûlés). Fin des églises cathares organisées en Occitanie. Systématisation de l’Inquisition à partir de ses sièges de Carcassonne, Albi et Toulouse.
1249 : 80 croyants Cathares brûlés à Agen sur ordre de Raymond VII qui meurt la même année
1255 : Chabert de Barbaira rend Quéribus, dernière place forte cathare.
De 1262 à 1263 : Guilèm Pagès de retour de Lombardie prêche en Carcassès et Cabardès
1268 : Victoire des Guelfes sur les Gibelins : l’Inquisition peut agir librement en Italie
1270 : Mort de Louis IX
1271 : Mort de Jeanne de Toulouse et d’Alphonse de Poitiers. Rattachement du comté de Toulouse au domaine royal
1276 : Rafle de Sirmione (Italie)
1278 : 200 cathares brûlés dans les arènes de Vérone
1280-1285 : Procédures irrégulières de l’inquisition à Carcassonne et Albi. Complot contre les archives de l’inquisition à Carcassonne
1295 : Pierre et Guilhem Authié rejoignent l’Église occitane en Italie
1300 : Bernard Délicieux et la “rage carcassonnaise”
1301 à 1310 : Début de la reconquête spirituelle des frères Authié en Occitanie
1309 : Jacques et Guilhem Authié, Arnaud Marty, Prades Tavernier, Amiel de Perles, Philippe d’Alairac et Raymond Fabre, capturés et brûlés. Guilhem Bélibaste s’enfuit de l’autre côté des Pyrénées
1310 : Pierre Authié est brûlé à Toulouse
1315 à 1330 env. : Bûchers de franciscains Spirituels et de béguins en Languedoc
1318 à 1325 : Campagne d’inquisition de Jacques Fournier, évêque de Pamiers et futur Benoît XII
1321 : Bûcher de Guilhem Belibaste à Villerouge-Termenes
1325 : Bûcher d’une croyante cathare à Carcassonne
1329 : Bûcher de 3 croyants cathares à Carcassonne
Vers 1375 : Rédaction d’un dernier Rituel Cathare en occitan
1412 : Dernières sentences contre les cathares italiens
1415 : Bûcher de Jean Hus à Constance
1463 : Conquête de la Bosnie par les Turcs : fin du catharisme bosniaque
1532 : Synode de Chanforans. Les vaudois adhèrent à la Réforme
1618 : L’historiographe protestant Jean-Paul Perrin publie à Leyde son Histoire des Vaudois et Histoire des Chrestiens albigeois qui, méconnaissant les spécificités des deux grands mouvements dissidents du Moyen Âge, les fond dans un évangélisme général de précurseurs de la Réforme
1660 : Guillaume Besse publie à Paris son Histoire des ducs, marquis et comtes de Narbonne qui contient incidemment, aux pages 483-486, le texte de la charte de Niquinta
1681 : Bossuet, dans son Histoire des variations des Églises protestantes, est le premier à reconnaître, dans les albigeois, des “manichéens” bien distincts des vaudois. Il jette ainsi les bases de l’historiographie catholique du catharisme
1692 : Le protestant Philippe à Limborch publie, en annexe à son Historia Inquisitionis qui paraît à Amsterdam, le livre des sentences de Bernard Gui
1849 : Publication à Strasbourg de l’Histoire et doctrine des cathares du théologien luthérien Charles Schmidt. Il s’agit du premier ouvrage d’érudition objectif sur le sujet
1871-1872 : Le pasteur Napoléon Peyrat, le “Michelet du Midi”, publie les trois premiers volumes de son Histoire des albigeois, qui lance le mythe de Montségur
1890 : L’érudit évêque Ignaz von Döllinger fait paraître à Munich sa Geschichte der gnostisch-manichäischen Sekten in fruheren Mittelalter (Histoire des sectes gnostico-manichéennes du haut Moyen Âge) inspiré des hérésiologues dominicains médiévaux
1939 : Découverte et publication du Livre des deux Principes par le Père Antoine Dondaine
1949 : Fondation de la Société du Souvenir et des Études Cathares et de sa publication les Cahiers d’Études Cathares par Déodat Roché
1959 : Première édition, chez Denoël, d’Écritures cathares de René Nelli. Première session d’Histoire médiévale du C.N.E.C. Mouvements dissidents et novateurs du christianisme médiéval, sous la présidence d’André Vauchez
1967 : Publication du Traité Cathare Anonyme par Christine Thouzellier, et du Rituel de Dublin par Théo Venckeleer
1965 : Fondation des Colloques de Fanjeaux par le Père Marie Humbert Vicaire
1965 : Édition latine, en trois volumes, du Registre d’Inquisition de Jacques Fournier par Jean Duvernoy
1965 : Publication du 3e Colloque de Fanjeaux, consacré au catharisme (Cathares en Languedoc) qui reprend largement les anciennes thèses de l’historiographie catholique
1975 : René Nelli publie chez Payot : La philosophie du catharisme, le dualisme radical au XIIIe siècle, qui analyse la pensée de Jean de Lugio
1976-77 : Publication de la somme en 2 volumes de Jean Duvemoy : Le catharisme. l. La religion des cathares ; 2. L’Histoire des cathares, qui marque un renouveau dans la recherche sur le catharisme
1982 : Fondation du Centre National d’Études Cathares à Carcassonne par René Nelli, Robert Capdeville et Pierre Racine

Catharisme médiéval : glossaire

Catharisme médiéval
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Noms donnés aux cathares selon les régions

Albanistes (Albanenses en latin) : cathares absolus de l’église de Desenzano, près du lac de Garde (Italie). Jean de Lugio — auteur du Livre des deux principes — en fut évêque en 1230.

Albigeois : nom donné aux cathares, dès la fin du XIIe siècle, dans l’ensemble du midi de la France.

Bagnolistes : cathares italiens de la région de Milan (partisans d’Otton de Bagnolo) dont la foi se serait situé entre celle des absolus et celle des mitigés.

Bogomiles : nom attribué aux hérétiques du royaume de Bulgarie et de l’empire Byzantin dès le Xe siècle siècle.

Bougre : initialement destiné à désigner les bulgare, ce terme fut très vite utilisé comme synonyme de débauché et sodomite pour désigner les hérétiques en Occident.

Cathares : nom donné par un moine rhénan, Eckbert de Schönau, aux hérétiques. Ce terme serait péjorativement destiné à les assimiler aux «chatiers» ou «chatistes» – adorateur du diable représenté sous la forme d’un chat blanc ailé — dont la traduction allemande donnait «Katers». On pense aussi qu’il pourrait s’agir de les assimiler à une secte manichéenne appelée «catharistes» ou «cathaphrygiens» dont les membres se déclaraient «purs», ce qui se dit «catharos» en grec.

Chrétiens : seul nom sous lequel les bogomiles et les cathares se désignaient entre-eux. Ce terme était réservé aux seuls baptisés. Les croyants n’étaient pas considérés comme chrétiens et n’avaient aucune des obligations de ces derniers.

Garatistes (Garatenses en latin) : cathares italiens de l’église de Concorezzo, près de Milan (Italie). Fondée autour de l’évêque Garatus, elle prêche un catharisme mitigé, moins opposé sur certains point au christianisme officiel du XIIIe siècle.

Parfaits : nom donné aux cathares baptisés par l’Inquisition afin de les assimiler aux manichéens et aux gnostiques, qui se revendiquaient tels, et pour désigner le plus haut degré possible dans l’hérésie.

Patarins : nom donné aux cathares d’Italie du nord mais initialement porté par des révoltés de soulèvements populaires contre les abus des prélats.

Phoundagiagites (porteurs de besace) : nom donné aux bogomiles d’Asie Mineure au début du XIe siècle.

Piphles (joueur de flute ?) : nom injurieux donné aux cathares des Flandres et, plus largement, du nord de la France.

Publicains (Publicani ou Popelicani en latin) : terme péjoratif désignant les cathares de Champagne et de Bourgogne. Nom possiblement en rapport avec les agents du fisc (publicains) évoqués dans le Nouveau Testament.

Revêtus : terme employé dans les archives inquisitoriales pour désigner les cathares (en référence à leur robe noire) et les différencier des simples croyants.

Tisserands : terme péjoratif utilisé pour désigner les hérétiques, d’abord dans le nord puis dans toute la France, en référence aux ariens. On pense aussi qu’il pouvait rappeler que les cathares pratiquaient souvent cette activité artisanale, notamment dans le sud.

Les textes cathares

L’Interrogatio Johannis, habituellement appelé La cêne secrète, est le plus ancien document attribué aux bogomiles.

Le livre des deux principes est attribué à Jean de Lugio évêque cathare italien de l’église de Desenzano.

Le rituel de Dublin contenant l’église de Dieu et la glose du pater.

Le rituel occitan de Lyon, en ajout à la Bible en langue occitane des cathares.

Le rituel de Florence en latin.

Le traité cathare anonyme.

Les pratiques cathares

Amélioration (melhorier ou melhorament) : rite de demande de bénédiction du croyant à un Bon-Chrétien ou d’un Bon-Chrétien à un ministre.

Service (aparelhament ou servici) : cérémonie de pénitence collective mensuelle réalisée par l’ancien de la communauté devant le diacre et en présence de croyants.

Baiser de paix (caretas) baiser réalisé entre Bons-Chrétiens et croyants de même sexe intervenant en clôture des rituels cathares.

Consolation (consolament ou consolamentum) : baptême d’esprit réalisé par imposition des mains.

Bénédiction du pain : cérémonie rappelant la dernière cène du Christ sans aucun rapport avec la transsubtantiation judéo-chrétienne.

Carême : période de jeûne ou d’abstinence rituelle. Les cathares observaient trois carêmes annuels. La première semaine est jeunée de façon stricte, les autres écartent tout corps gras et les friandises.

Convenence (convenenza) : pacte passé par un croyant auprès d’un Bon-Chrétien pour se voir accordé la Consolation en cas d’incapacité majeure du récipiendaire le moment venu.

Endura : période de jeûne au pain et à l’eau — généralement d’au moins trois jours (trépassement) — suivant la Consolation. Interprétée à tort comme un suicide des cathares des dernières années de la répression.

Jeûne : abstinence alimentaire permettant aux cathares de marquer leur détachement du monde.

Adoration (veniae) : génuflexions rituelles effectuées par les cathares devant leur hiérarchie en signe de pénitence lors du rituel ou du service ou par les croyants devant les cathares en signe d’humilité lors de l’Amélioration.

Organisation de l’église

L’église cathare est une ecclesia chrétienne par excellence, c’est à dire une communauté d’hommes et de femmes engagés dans un même chemin.

Toute société humaine se fonde sur des valeurs communes et s’organise en conséquence. L’Église cathare ne fait pas exception mais exclue toute notion de hiérarchie au sens où ce terme est généralement entendu de nos jours et même au sein d’autres communautés ecclésiales.

Rien ne distingue un Bon-Chrétien d’un autre, si ce n’est sa fonction dans l’Église.
Les énoncés ci-dessous, tentant de classifier les divers états ou fonctions de l’Église cathare, sont arbitraires mais tentent simplement, dans la mesure du possible, de coller au vocable que les cathares utilisèrent eux-mêmes, ou du moins, de donner un équivalent évocateur.

Ce que les cathares appelaient tout simplement sous le nom de chrétien ou de chrétienne recouvrait des distinctions induites qui mérite d’être relevé.

Auditeur : Personne sympathisante du catharisme mais qui n’y adhère pas encore, elle l’écoute mais sans plus. Elle ne fait pas partie de l’Église. Cela est visible au fait qu’elle n’effectue pas le « melhiorer ». Elle ne participe pas non plus à la fraction du « pain béni ».

Croyant : Personne convaincue de la validité de la foi cathare et qui accepte d’en recevoir l’enseignement. Cela correspond au catéchumène, elle se prépare à devenir un jour chrétien à son tour. Elle fait donc partie de l’Église, le « melhiorer » en est le signe visible. Avec la foi grandissante, elle prend une part de plus en plus active au soutien de l’Église et par étapes successives se voit acceptée au partage du « pain béni », et même en stade ultime, à la prière collective avec les Parfaits.

Novice : Croyant affermi qui désire devenir Chrétien et qui suit un stage probatoire et de parachèvement de sa formation de son futur état de Chrétien. La formation ne peut pas être inférieure à trois carêmes (un an), mais n’a pas de limite de durée.
Il vit comme un Bons-Chrétiens, à leur côté, mais sans l’être encore.

Compagnon (en occitan socius) : Après son noviciat, le Bon-Chrétien qui vient d’être reconnu comme tel par le baptême de l’imposition des mains, la Consolation (appelée consolament en occitan), est associé à un Ministre confirmé qui va parachever sa formation. Par décision de l’ancien, du diacre ou de l’évêque, il sera le « second » de plusieurs Chrétiens pour qu’il puisse être enrichi par la pratique de chacun d’entre eux.
Si le compagnon est un Chrétien à part entière, mais il n’est pas encore reconnu comme « Ministre » de l’Église, c’est-à-dire quelqu’un capable de catéchiser, de prêcher ou de baptiser, bien qu’il est en droit de le faire en cas de nécessité extrême.

Ministre : Si un Bon-Chrétien est reconnu comme apte à catéchiser, prêcher et baptiser, il est autorisé à le faire par l’évêque ou son représentant, le diacre. Cette nouvelle fonction dans l’Église est signifiée par une nouvelle imposition des mains. On lui adjoint alors un autre Bon-Chrétien qui sera son compagnon, son socius.

Ancien : Il est l’autorité responsable de la cellule de base de l’Église, c’est-à-dire la maisonnée, qui regroupe en un même lieu de vie communautaire une douzaine de Bons-Chrétiens tout au plus. Si son élection semble avoir été collégiale, il en était toutefois confirmé par l’imposition des mains du diacre ou de l’évêque.

Diacre : Il est le représentant de l’évêque et gère le suivi spirituel de plusieurs maisonnées dans un même secteur géographique. Cette fonction au sein de l’Église était également signifié par une l’imposition des mains de l’évêque. C’est probablement lui, avec l’accord des anciens, qui veillaient à la bonne formation et à la répartition des paires de Bons-Chrétiens, et bien entendu au bon équilibre de chaque maisonnée. Comme particularité, il avait l’autorité pénitentielle, le service (appelé apparelhament ou servici en occitan) qu’il était d’usage de faire une fois par mois dans chaque maisonnée.
Comme les autres, il ne se déplaçait pas seul, mais accompagné de son compagnon.
Comme les autres Bons-Chrétiens, il devait vivre de ses mains au sein d’une communauté. Sa maisonnée était celle tenue par l’évêque, dont les membres étaient composés des diacres et de leurs seconds, mais il était en fait plus souvent sur les routes et les maisons de son district qu’auprès de son évêque.

Évêque : C’est un responsable désigné pour servir au sein d’une zone géographique plus étendue. Il est assisté de deux futurs remplaçants dans sa mission d’organisation et de cohésion de l’évêché considéré. L’un appelé fils majeur, l’autre fils mineur.
Si à la constitution des Églises occitanes, les évêques furent élus collégialement par la suite, il fut procédé autrement : le fils majeur était le successeur désigné de l’évêque.
À la succession, le fils mineur devenait majeur et on choisissait un autre fils mineur, un diacre en principe.

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