Journées d’études Internationales “Aux sources du Catharisme”

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Date/Time
Date(s) - 25/10/2018 - 27/10/2018
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Location
Château comtal

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Journées d’études Internationales organisées par le CIRCAED (Collectif International de Recherches sur la Catharisme et les Dissidences) en partenariat avec Le Centre des Monuments Nationaux (château de Carcassonne), le Musée du Catharisme de Mazamet, l’Université Radboud de Nimègue et la Région Occitanie .

NDLR : Le 25 octobre, les Journées de conférence auront lieu à Carcassonne, au Château Comtal. Le 26 octobre des visites sont organisées sur des sites de la région de Mazamet. Le 27 octobre, elles se dérouleront au Palais des Congrès de Mazamet.

Le phénomène historique connu sous le nom de « cathare » et aujourd’hui plus volontiers qualifié de « dissidence des Bons Hommes », a de tout temps fait couler beaucoup d’encre ; et toujours dans un climat de controverse et de tension. Au Moyen Age, la dénonciation et condamnation de l’hérésie – et des hérétiques – par le pouvoir religieux, s’est exprimée dans une littérature de réfutation théologique de caractère polémique ; s’en est suivie une abondante historiographie, de laquelle la recherche actuelle est encore, plus ou moins directement, tributaire. Depuis le milieu du XXe siècle, que l’étude de la dissidence médiévale échappe au monopole presque exclusif de l’historiographie catholique, les travaux qui lui sont consacrés continuent à susciter des réactions très vives ; ainsi, en 1977, de l’ouvrage de Jean Duvernoy, La religion des cathares, qui établissait la nature chrétienne, et non néo-manichéenne, de la dissidence – thèse qui fait aujourd’hui l’unanimité.

La recherche récente dans le domaine n’a fait qu’amplifier ce phénomène. En témoigne l’ouvrage Cathars in Question, Actes du dernier colloque organisé par nos collègues d’York (RU). Les questions sur la nature doctrinale du catharisme, sur ses origines historiques, etc., ont été évacuées, avant même d’être vraiment débattues, par des auteurs réclamant comme préalable une mise en cause de l’existence même de la dissidence au Moyen Age – que l’hérésie ait été une invention des clercs médiévaux ou même une construction historique du XIXe siècle, due pour l’essentiel à l’œuvre du pasteur strasbourgeois Charles Schmidt (Histoire et doctrine des cathares ou albigeois, 1848).

Les Journées d’études que nous proposons ont pour simple but de mettre les choses à plat. Nous sommes conscients qu’il est temps maintenant, sur un thème historique aussi controversé que le « catharisme », de revenir aux fondamentaux, en honnête confrontation de travaux. L’Histoire s’écrit sur l’étude critique des sources. Aux sources, il faut revenir, à commencer par les sources originales.

En effet, contrairement à certaines affirmations mal informées, le phénomène cathare est amplement documenté, et de manière diversifiée. Dans le double cadre d’une exposition « Aux Sources du catharisme », réalisée par le Service culturel des Monuments Nationaux (château de Carcassonne) et du Musée « Mémoire du catharisme » de Mazamet, nous mettrons ici un accent particulier sur les Sources originales – quatre manuscrits médiévaux très probablement « de main cathare », recueils de littérature religieuse en latin ou en occitan, qui ouvrent un accès direct à la religiosité dissidente – mais sont encore largement sous-utilisés par la recherche. On complètera par un bilan de l’apport des Sources judiciaires de l’Inquisition, qui éclairent, anthropologiquement et socialement, les dissidents eux mêmes ; hommes et femmes, religieux et laïcs, en Languedoc et en Italie.

Les travaux ici présentés sur ces sources n’ont pas tant pour objet d’y rechercher confirmation (ou infirmation) d’anciens topiques historiographiques sur la dissidence, que de poser sur elles un regard ouvert et neuf, propice à de nouveaux questionnements. C’est dans cette perspective, particulièrement ouverte, que les spécialistes internationaux participant à ces Journées d’études, proposeront ainsi le bilan très novateur de leurs recherches et réflexions sur la « dissidence des Bons Hommes ».

Vu la participation de l’université de Nimègue, je m’attends à y voir l’excellente Daniela Müller.

 

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