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Quelques notes sur les Cathares et le Catharisme

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Voici un an, Bertran de La Farge m’adressait ce courrier :

« Bonjour Eric,

Je continue à patauger dans les em… ments, avec quelques hauts et beaucoup de bas ! J’essaye d’émerger. Tu trouveras ci-joint une note que j’avais commencée il y a quelques mois. Elle reflète simplement mes pensées sur les éternels semeurs de zizanies et d’anathèmes dont la devises est : « Moi, j’suis contre ! » Cette note se termine par une copieuse liste, volontairement en vrac, de personnes régulièrement visées par les habituels agresseurs pathologiques. J’ai dû involontairement oublier quelques noms « d’amis » et volontairement « oublier » quelques autres… Vérifie quand même cette liste.
Bertran de La Farge »

Voici donc cette note qui retrouve encore plus d’actualité au vu des événements de ces derniers mois.

« Depuis le début de notre XXIe siècle, quelques chercheurs, essentiellement français, s’efforcent de convaincre le public que les Cathares n’ont jamais existé !

Aussi, qu’il me soit permis de porter à leur connaissance un très intéressant document bibliographique, parmi d’autres qui semblent leur faire défaut alors que de tels documents sont archiconnus et authentifiés depuis pas mal de temps (!), par plusieurs générations « d’historiographes ».
Qui a dit ? : « qui de damnata Catharorum heresi sunt vehementer suspecti et graviter infamati » ?
Premier indice : ce document fut rédigé le 21 novembre 1202
Deuxième indice : son auteur a écrit d’autres missives traitant du même sujet avec le même vocabulaire. Et, qui plus est, à la même époque, il ne fut pas le seul. Ce qui devrait nous conduire à déduire que sept années avant la sinistre Croisade (des) Albigeois, l’usage pouvait être d’identifier, de manière indélébile, certains « hérétiques » par le nom de Cathares !
Troisième indice : l’auteur de ces missives rédigées en latin, en 1202, fut un certain Giovanni Lotario de Segni, plus connu sous l’appellation d’Innocent III, 176e Pape, de 1198 à 1216, qui fut, en particulier, tout simplement, l’instigateur de la Croisade (contre) les Albigeois (!) et qui, d’une part, devait savoir de qui et de quoi il parlait et qui, d’autre part, n’avait aucune raison de s’abstenir d’utiliser personnellement, pendant les dix-huit annnées de son pontificat, le mot Cathare (issu du grec et de sa traduction en latin). »

MAIS IL Y A D’AUTRES RAISONS PRINCIPALES, plus anciennes et hautement pertinentes, qui sont tout simplement issues de la langue utilisée par les rédacteurs et les traducteurs des évangiles, en particulier à partir des versions rédigées en grec par les quatre évangélistes et par quelques disciples du Christ. L’important n’est pas le nom donné à ce courant du Christianisme que nous appelons « Catharisme » ou « Christianisme cathare ». L’important est son contenu, Peu importent les noms qui lui sont donnés. Les premières écritures Saintes furent essentiellement rédigées en grec et il coulait de source que chaque fidèle vivant à cette époque s’exprimait alors en grec, ne serait-ce qu’afin de situer le niveau spirituel qu’il souhaitait atteindre ou qu’il avait atteint lors des étapes de l’enseignement de l’Évangile.
C’est ainsi que ce sont des mots grecs qui furent utilisés comme mots clés et comme codes, destinés à jalonner les importants « fils rouges » majeurs de l’Enseignement du Christ (La Bonne Nouvelle ; l’Évangile). L’un de ces CODES MAJEURS est destiné à l’enseignement du thème de la Purification de chacun. Le mot « pur », en français, est la traduction du mot grec « katharos ». Dans le Nouveau Testament, initialement en grec, quatre mots sont dérivés de katharos : katharizo, katharis, katharismos, katharotes (purifier, purification, etc.). Tout lecteur, tout disciple de l’Évangile, en grec, trouvera ce vocabulaire de 5 mots répartis 60 fois dans 60 versets, souvent liés à d’autres mots clés pertinents, comme kardia (cœur), téléios (parfait), ce dernier désignant celui qui a atteint le Salut, l’apothéose de la purification de tout son être et son retour en Dieu.

C’est ainsi, et entre autres, que, pendant les 3 premiers siècles de l’évangélisation, les disciples chrétiens qui étudiaient et pratiquaient la purification de l’être (corps, âme et esprit) étaient qualifiés, en grec, de « katharoï » (« purs ») et de « téléios » (parfaits), en français. C’est ainsi qu’en français, tout comme en anglais et dans d’autres langues, le mot « pur » (« pure ») a été progressivement transformé en un néologisme familier : « Cathare », « Cathar », etc.) d’où quelques siècles plus tard, les appellations de « Cathares », de « Parfaits » et de leurs dérivés.

DU GREC AU LATIN ET AUX LANGUES VERNACULAIRES. Pendant les premiers siècles de notre ère, l’écriture, l’enseignement et la pratique de l’évangile furent essentiellement dispensés en langue grecque. (accompagnés d’écrits en araméen-syriaque et en copte). L’usage quotidien des mots grecs katharos, katharoî et katharismos (cathare, cathares et catharisme) n’a rien d’exceptionnel. Quant au mot grec Téléios signifiant « Parfait », il éclaire significativement l’utilisation de « Pur» et de « Purification » dans 17 versets du Nouveau Testament. Lorsque le latin et d’autres langues vernaculaires vinrent remplacer le grec, les mots de katharos et de katharoï, cessèrent progressivement d’être utilisés et furent remplacés par leurs traduc- tions en diverses langues vernaculaires. Les premières traductions en langue latine apparurent timidement lors du IIe siècle et surtout lors du IVe siècle (Vetus Latina, de Stridon et Vulgate, de Jérôme). Mais d’autres mots prirent leurs places, en d’autres langues, Aussi est-il tendancieux et injustifié de s’acharner, aujourd’hui, contre les mots cathare et catharisme, Mais il est tout à fait acceptable d’utiliser d’autres définitions synonymes qui éclairent la signification de Cathares et de Catharisme, telles que Bons Chrétiens, Bonshommes, Bonnes Dames, ou Amis de Dieu, etc.

Le Catharisme, aujourd’hui et au cours des premiers siècles de la Chrétienté, est et fut un Courant du Christianisme. Mais de grâce, épargnons aux Cathares de tous temps les appellations et contre-sens malveillants et souvent calomnieux d’hérétiques et de dissidents car ils ne le sont ni ne le furent ! En effet les Chrétiens cathares, tout comme les Chrétiens catholiques, ont toujours affirmé leur Christianisme dont ils ne furent et ne sont ni les hérétiques ni les dissidents ! « Mais… qui veut tuer son chien, ne l’accuse-t-il pas de la rage ?! » Hélas !

Enfin, à ceux qui affirment obstinément que les mots Cathare et Catharisme sont des artefacts inventés au cours du XXe siècle par des farfelus qui n’ont aucune compétence en cette matière, nous rappellerons qu’en fait, le mot cathare et la plupart de ses synonymes ont, par exemple, été abondamment répertoriés et utilisés pour signifier : « on les appelait Cathares, c’est-à-dire Purs » (7 occurrences) par Bossuet (1627-1704) et, par quelques milliers de fois par des centaines d’autres chercheurs, théologiens, écrivains et historiens, de 1700 à… aujourd’hui, sans interruption, pendant 3 siècles ! Quant aux offensives actuelles contre le bien-fondé de ces mots, elles prennent, hélas, la forme de curieuses entreprises révisionnistes, négationnistes et même « complotistes » (puisque tout « cela » aurait été fomenté, selon eux, par l’Église catholique elle-même !) Machiavel n’est pas loin !

Rendons plutôt, ci-dessous, hommage aux hommes et aux femmes remarquables : historiens, chercheurs, religieux, philosophes, artistes, militants et romanciers qui, au cours des XIXe, XXe et XXIe siècles, par leur passion, leur foi, leur enthousiasme, leur persévérance, leurs travaux, leurs écrits et diverses réalisations, nous ont permis, nous permettent aujourd’hui et nous permettront demain, de connaître le « vrai visage des Cathares » :

« Déodat Roché, René Nelli, Jean Duvernoy, Michel Roquebert, Zoé Oldenbourg, Anne Brenon, Francis Loubatières, Ylva Hagman, Beverly M. Kienzle, Maurice Magre, José Dupré, Lucienne Julien, Christine Thouzellier, Michel Jas, Jordi Ventura i Subirats, Flocel Sabaté, Francesco Zambon, Jordi Savall, Jean-François Laffont, Simone Weil, Édouard de Laportalière, Simone Hannedouche, Jordi Passerat, Marvyn Roy Harris, Peter T. Ricketts, Yvan Roustit, Peter Wunderli, Pilar Jimenez, Edina Bozoky, Krystel Maurin, Peter Vogt, M. le Duc de Lévis-Mirepoix, Bertran de La Farge, Henri Gougaud, Muriel Batbie-Castell, Olivier Cébe, Gérard Le Vot, Annie Cazenave, Jean-Philippe de Tonnac, Franjo Sanjek, Ernst Ulrich Grosse, Magali Husson, David Zbiral, Daniela Müller, Suzanne Nelli, Denis Crépin, Raoul Manselli, Jean Blum, Philippe Contal, Fabrice Chambon, Jean Clergue, Christian Salès, Georges d’Humières, Yves Rouquette, Dominique Baudis, Patrick Lasseube, Claude Sicre, Yves Maris, Fernand Niel, Fernand Costes, Emmanuel Le Roy-Ladurie, Claude Marti, Jean Villotte, Henri Corbin, Charles Delpoux, Alexandre Rougé, Raimonde Reznikov, Philippe Martel, Philippe Roy, Jean Blanc, Prosper Estieu, Stym-Popper, Enrico Riparelli, Roberto Berretta, Gilles-Henri Tardy, Napoléon Peyrat, Antonin Gadal, Auguste Teulié, Georgi Semkov, Arthur Guirdham, Malcolm D. Lambert, Yuri Stoyanov, James McDonald, Paul Lecour, Richard Loiret, Éric Delmas, Jean-Louis Gasc, Alèm Surre-Garcia, Jacques Berlioz, Arno Borst, Ruben Sartori, Martin Aurell, Monique Vidal, José Vidal Tolosa, Marie-Élise Gardel, André Czeski, Charles Schmidt, Roland Poupin, Werner Rhis, Uwe Brunn, Stephen O’Shea, Andrew Phillip Smith, René Weis, Malcolm Barber et bien d’autres (Selon un tri stochastique des listes passées, présentes et à venir, non exhaustives et non limitatives). »

Paroles d’évangiles ?

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Paroles d’évangiles ?

Après deux mille ans d’endoctrinement il est très difficile de remettre en question certains points qui semblent relever de l’évidence.

Les évangiles en font partie pour les Chrétiens, comme la Torah pour les Juifs et le Coran pour les Musulmans.
D’ailleurs, quand on veut affirmer la véracité d’une chose, le terme choisi est : C’est parole d’évangile !

Pourtant, s’il est une réalité évidente, c’est qu’aucun de ces textes cités ci-dessus, ne peut prétendre contenir la vérité. Écrits tardivement pour certains, issus de témoignages de seconde main pour d’autres, carrément inventés à plusieurs siècles d’intervalle, ces textes sont des témoins de croyances sincères qui les ont produits pour l’édification des masses.
Les témoins les plus proches de l’origine ont-ils raconté ce qu’ils ont réellement observé ou bien ont-ils proposé un témoignage correspondant à une intuition, une inspiration, une révélation spirituelle ou intellectuelle ? Personne ne peut le dire. Ceux qui ont écrit ces documents, l’ont-ils fait au mot près de ce que le ou les témoins initiaux leur ont dit ? Tout permet d’en douter puisque des versions différentes ou des variantes sont apparues plus ou moins tôt après les faits.
L’honnêteté intellectuelle impose de dire que ces textes reflètent des courants de pensée qui cherchaient à se faire une place dans un monde qui ne leur était pas favorable initialement. Et ce n’est pas discriminatoire de le dire puisque c’est le cas de tous les courants de pensée. Ils ont révolutionné le monde dans lequel ils ont éclos et il leur fallait frapper les esprits, souvent simple et sans éducation, de ceux à qui ils s’adressaient pour se donner une chance d’exister.

Laissons le Coran de côté car ses rapports avec le Christianisme sont secondaires.

Les textes juifs

Les chercheurs, notamment les deux israéliens Finkelstein et Silberman, nous disent que la Torah fut écrite lors de la détention d’une partie des hébreux à Babylone, c’est-à-dire six siècles avant notre ère. Elle avait pour objet de souder un peuple victime d’une répression qu’il n’avait pas provoquée, car ce sont en fait les palestiniens des plaines littorales de l’ouest qui ont tenté de se révolter contre Nabuchodonosor lors de son accession au pouvoir. Ces peuples, répartis dans deux communautés — de petits royaumes des montagnes —, Juda et Israël, sont essentiellement des bergers tournés vers l’est où se trouvent leurs pâturages d’été et influencés par les habitants de ces plaines et du désert oriental où l’on trouve aussi des descendants d’exilés de Sumer.
Cela explique que l’on trouve dans les textes juifs, des références à certaines croyances issus de cette civilisation et des choix qui leur sont favorables. C’est ainsi que Iahvé va préférer le don d’Abel, le berger à celui de Caïn, le cultivateur, avec les conséquences que nous connaissons.
Bien entendu, cela implique que les événements précédant le sixième siècle avant notre ère sont inventés, même s’il est vraisemblable que certains personnages ou certains faits aient pu exister. David et Salomon furent rois d’Israël semble-t-il, mais des roitelets à l’échelle de ce qu’était réellement ce royaume. L’emprisonnement des hébreux en Égypte est une référence cachée à celui que subissent les écrivains de la Genèse en Assyrie. Si Abraham semble avoir existé, il ne venait pas de Sumer, mais sans doute d’une région plus au nord.

Forcément, les événements fondateurs prennent un autre sens à la lumière de ces conditions. Iahvé a-t-il parlé à Abraham via un buisson enflammé ? Rien ni personne ne peut le dire et ceux qui l’ont écrit pas plus que les autres. D’ailleurs, comment imaginer un Dieu tel que nous voulons l’imagine — principe du Bien —, demander à un homme de tuer son fils ? Par contre, cette entité a peut-être été proposée suite à des inspirations venues à des hommes qui ne se sont pas interrogés sur sa nature. En effet, le simple fait qu’elle ait été d’un ordre d’état si supérieur à eux, leur a suffit pour la considérer comme divine. Mais le principe du Mal dispose selon nous de cette compétence. Et d’ailleurs, s’il s’était agi d’une intelligence extraterrestre avancée, le résultat eut été de même[1].
Nous avons donc des textes suspects qui ont servi de référence à l’établissement d’une religion. Rien de bien grave en fait. D’autres avant et après feront de même. Mais le problème est que cette religion va servir de terreau à une autre.

Les textes « chrétiens »

Quand nous lisons le Nouveau Testament, nous constatons les très nombreuses références aux textes juifs, quand ce ne sont pas carrément ces derniers qui servent à la construction des textes chrétiens. Et c’est normal puisque les personnes qui les ont écrits sont des juifs !

Le proto-christianisme est pour l’essentiel une secte juive qui se donne un nouveau référent, Jésus. Ces juifs de Jérusalem vont donc se servir de ce qui fait leur fonds doctrinal pour établir une nouvelle approche. Mais il y a parmi eux des « ultras » qui veulent aller plus loin, soit qu’ils aient eu envie de se démarquer, soit qu’ils aient eu une inspiration différente. Un épisode des Actes des apôtres nous le révèle : un jeune diacre, Étienne, va justifier sa foi en dénigrant le Dieu des juifs. Le résultat ne se fait pas attendre ; juif blasphémant le Judaïsme, il est aussitôt exécuté. Cet épisode est-il crédible ? Certes, les occupants romains n’autorisaient pas expressément les autorités juives, sous tutelle étroite, à condamner à mort et à exécuter. Mais, comme souvent, les nécessités politiques impliquaient — comme encore le cas aujourd’hui —, de laisser un peu de mou dans la corde afin d’éviter les émeutes et les révolutions. Donc, en matière strictement religieuse, il est plus que probable que les romains évitaient tout ce qui aurait pu être de nature à mettre de l’huile sur le feu. On le voit dans notre pays, certaines pratiques religieuses sont tolérées, voire facilitées, par un pouvoir laïque et la religion dominante en France a imposé sans remise en cause, ses propres choix. Les jours fériés le démontrent notamment.
Ce que montre cet épisode, c’est qu’une partie de ces juifs semblait vouloir se détacher du Judaïsme, quand l’autre partie — celle qui demeure à Jérusalem —, veut s’y maintenir. Paul de Tarse, initialement juif orthodoxe en charge de la répression contre ces juifs dissidents, va basculer dans leur camp. Pourtant il n’était pas un personnage falot, susceptible d’être facilement manipulable. Il ne se réfère pas à une personnalité de son époque qui aurait pu le faire changer de point de vue. Non, il évoque un changement radical survenu suite à une « révélation spirituelle ». Et, à partir de là, il va rejoindre ceux qu’il pourchassait, se faire admettre en leur sein et prendre la tête d’un mouvement d’évangélisation unique pour l’époque dont nous savons à quoi il aboutira.

Même si ses écrits ont été largement modifiés, démembrés, « corrigés », reconstruits, parfois inventés pour le faire entrer dans le cadre judéo-chrétien de ceux qui ne voulaient pas qu’il puisse exister un courant aussi puissant se réclamant de la même origine, les travaux initiés dès le 2esiècle par Marcion ont permis de retrouver, au moins partiellement, la pensée initiale de Paul. C’est cela qui montre que la séparation initiée dès l’affaire d’Antioche, où Paul s’oppose violemment à Pierre, qui aboutira à un consensus lors du concile de Jérusalem (1erschisme ?), va mettre en place deux courants chrétiens différents et bientôt opposés, dont les traditions orales puis écrites dessineront deux Christianisme : l’un fortement marqué par le Judaïsme, l’autre foncièrement distinct de lui.

Pour autant, quand le Christianisme romain, directement issu de celui de Jérusalem, donc inféodé au Judaïsme, se verra doté de tous les pouvoirs par l’empereur Théodose 1er, il éliminera systématiquement tous ses opposants et détracteurs, ce qui aura pour effet de favoriser ses écrits au détriments des autres. La pratique des autodafés, destinés à effacer les traces de ces autres Christianismes, perdurera longtemps et les cathares en furent des victimes exemplaires. Les rares documents directs qu’ils nous ont laissé en témoignent.

La valeur des textes religieux

Les textes religieux ont une valeur instructive, mais en aucun cas de valeur historique. Ils nous informent sur les conceptions d’un groupe, sur ses valeurs et sur ses choix. Ils sont utiles, mais ne sont pas décisifs et les sociétés qui les mettent au premier plan de leurs choix politiques se trouvent très vite confrontées à leur inadéquation.

Nous critiquons aujourd’hui les Musulmans qui font du Coran une référence indiscutable à la façon dont une société doit s’organiser, mais le Judéo-christianisme a fait de même et continue d’influencer nombre de pays. Certes, la France, grâce à la séparation introduite par la loi de 1905, est moins imprégnée que d’autres pays, mais elle n’est pas exempte pour autant.

Donc, quand nous remettons en cause la volonté de faire l’histoire que s’arroge le Judéo-christianisme, nous sommes légitimes à le faire, car l’histoire n’est pas plus judéo-chrétienne, que juive, musulmane ou… cathare !

Chacun est libre d’accorder de la valeur à des contenus narratifs contenus dans des livres religieux, mais y voir l’histoire du monde et des hommes est une erreur qui peut conduire aux pires dérives.

Les cathares, avec leur prudence oratoire bien connue, le savaient et nous qui voulons les suivre, nous devons le dire sans cesse : la cosmogonie est une vision imaginée des choses, basée sur des croyances, mais que rien ne permettra jamais de prouver. Que l’on croit à Dieu, à Iahvé, à Allah ou au principe du Bien, cela relève de l’intime et de rien d’autre. La seule histoire valable est celle que l’on peut établir sur des bases crédibles, même si ces bases ne sont pas objectives — puisqu’elles sont elles-mêmes influençables —, ce qui doit rendre l’historien modeste et l’homme en général, prudent.

[1]Le film Stargate, la porte des étoiles, émet cette hypothèse comme origine de la civilisation égyptienne.

Raymond IV de Saint-Gilles, Comte de  Toulouse

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Raymond IV de Saint-Gilles,
comte de Toulouse

Laurita Lyttleton Hill et John Hugh Hill

Commentaire

Issu de Persée*

Hill (Laurita et John), Raymond IV de Saint-Gilles, Comte de  Toulouse, traduction et mise au point de Fr. Costa et Ph. Wolff, Edouard Privat, 1969, in-8° de 143 pages.

La biographie est certainement aujourd’hui le genre historique le plus décrié. Trop de pseudo-historiens, faisant impudemment commerce des grands hommes, nous ont saturés jusqu’à la nausée de leurs récits aussi prétentieux qu’inconsistants. Avec Laurita et John Hill, citoyens du Texas et passionnés d’histoire languedocienne, la biographie redevient ce qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être : une étude essentiellement critique, reposant sur une connaissance parfaite de l’époque et du milieu. Ne visant qu’à réhabiliter un homme, les auteurs de « Raymond IV » ont aussi contribué à réhabiliter un genre
En vérité, rares sont les personnages historiques qui aient eu à souffrir autant que Raymond IV, héros de la première Croisade, de l’incompréhension conjuguée de leurs contemporains et de la postérité. Naguère encore, Saint-Gilles gardait piètre réputation : « vieillard cupide » pour Sybel et ses disciples, il devenait tout au plus, aux yeux de R. Grousset, un « personnage inégal et plein de prétentions ». C’est une véritable conjuration de la calomnie et du silence qu’ont brisée, — avec une détermination digne des pionniers, leurs ancêtres, les auteurs de l’ouvrage.
Comme toute plaidoirie, la thèse se fonde sur une critique des témoignages et il n’y aurait rien là que de très banal si justement cette critique ne forçait notre admiration par la minutie, l’intelligence et surtout l’honnêteté avec laquelle elle est menée..
Témoins à charge : Raoul de Caen et surtout l’auteur anonyme des « Gesta Romanorum » : l’un et l’autre, historiographes de Bohémond et Tancrède, sont les agents de la « propagande » normande, de cette habile et sourde manœuvre qui a visé et réussi à ruiner dans l’esprit des papes les rivaux des princes d’Antioche, à savoir le Basileus Alexis et son allié Saint-Gilles. C’est pourtant de leurs œuvres que Laurita et John Hill tirent l’essentiel de leur argumentation.
Le témoin à décharge, Raymond d’Aiguilers, chapelain et biographe de Raymond IV, est en effet plus compromettant. Car si, du haut de sa mansuétude ce clerc veut bien excuser — ô ironie — et même absoudre certains des nombreux « péchés » de son maître, ce dernier, n’en garde pas moins à ses yeux figure d’accusé. Expliquer cette attitude de l’historiographe du comte, qui a déterminé celle de tous les historiens postérieurs, était certainement la partie la plus délicate de la thèse : c’est aussi la plus réussie.
Que Raymond d’Aguilers n’ait été qu’ « un prêtre bigot et maladroit », qu’ « un tonsuré stupide », qu’ < un faiseur de miracles », le lecteur veut bien l’admettre, mais ne conclut pas forcément de la stupidité de l’homme, à la stupidité des accusations. Qu’on nous explique que l’œuvre du chapelain n’est pas à proprement parler historique (et effectivement on y décèle bien des erreurs, tout au moins dans la chronologie) mais plutôt moralisatrice et didactique, qu’il ne s’est agi pour Raymond d’Aguilers que de tracer un parallèle dans le goût de l’époque, entre son héros et les personnages des Livres sacrés, qu’on nous prouve, textes à l’appui, que tel commentaire des actions de Raymond IV n’est que la reproduction d’un passage des Macchabées, d’Ézéchiel ou de saint Jérôme, voilà qui est plus neuf et plus convaincant pour l’historien. Mais les auteurs ne s’arrêtent pas en si bonne voie et c’est un commentaire sociologique qu’ils nous donnent de l’œuvre du chapelain. Raymond d’Aguilers peut être considéré comme le porte-parole du Bas-Clergé, de ces prêtres qui, en foule, suivent la grande quête des féodaux (sans toujours en comprendre les méthodes) et dont l’influence ne cesse de grandir du fait du décès des grands prélats (Adhémar, mort le 1er août 1098, l’évêque d’Orange, en décembre). Ces clercs, fiers de leur érudition — même si le plus souvent elle est mal assimilée — n’en sont pas moins très proches de la masse des Croisés les plus humbles, plus proches des fantassins que des chevaliers, leurs maîtres. Leurs récriminations vont donc refléter les plaintes qui, indéfiniment, montent des camps de la Croisade et qui traduisent l’angoisse du « peuple chrétien » en marche vers les Lieux Saints. Or, depuis le passage en Asie, ce peuple, indigné par les lenteurs du cheminement, décimé par la chaleur, la fatigue et les épidémies, épuisé par les harcèlements de l’ennemi, aveuglé de souffrance et de fanatisme, cherche les responsables de ses malheurs. Les responsables ? Le Sarrasin, bien sûr, qui se défend trop et que l’on punit impitoyablement de ce crime (on rêve d’atrocités). Mais, plus encore, le Grec, l’étranger, accusé de félonie et bouc émissaire idéal. Et enfin ce sont les chefs : non pas Bohémond, sans doute, qui, par démagogie et par intérêt, adopte une attitude anti-grecque, mais l’autre, l’orgueilleux Saint-Gilles, qui, en dépit de tout, reste fidèle à l’alliance byzantine, qui ralentit la marche sur Jérusalem (mais que pouvait comprendre la masse des Croisés, que pouvait comprendre le chapelain aux nécessités stratégiques : garder le contact avec la flotte génoise, occuper méthodiquement l’arrière-pays, assurer le ravitaillement d’une armée immense pour l’époque, voire attendre la moisson pour poursuivre la route ?), qui, enfin, préfère souvent négocier avec l’ennemi plutôt que l’anéantir. Ainsi, replacée dans le contexte historique, devient intelligible l’œuvre de Raymond d’Aguilers, ce clerc qui, en l’excusant auprès des siens, resta toujours persuadé de bien servir son seigneur.
Comment se présente enfin la biographie de Raymond IV, délivrée de cette gangue de blâmes partisans et de louanges réticentes ? Fils cadet de parents qui, tous deux se marièrent trois fois, nanti par conséquent d’une parentèle nombreuse et, qui plus est, fort agressive, Saint-Gilles consacre les cinquante premières années de sa vie à arrondir son fort modeste héritage : tâche particulièrement réussie, puisque, parti de rien — ou presque —, il finira par apparaître à ses contemporains comme un véritable « roi du Midi » sans couronne.
Les raisons de ce succès ? La médiocrité de son aîné Guillaume, sa propre valeur personnelle (Raymond est tout à la fois un guerrier et un politique), son alliance avec l’Église enfin. Alliance bien compromettante au début que celle de Guifred, l’archevêque simoniaque de Narbonne : elle lui vaut des biens territoriaux, sans doute, mais aussi l’excommunication. Mais son amitié tout aussi réelle pour les Clunisiens, dont il comble de bienfaits les abbayes, lui permet de se réconcilier avec la Papauté. Grégoire VII, en1081. lui lance un premier appel, et, aux yeux d’Urbain II il devient « dilectus filius noster Raimundus ». Désormais le destin de Raymond ne se dissociera plus de celui de l’Église.

Le livre de L. et J. Hill éclaire d’un jour particulier les origines et les caractères de la première Croisade. Celle-ci fut avant tout provençale1 : provençale dans sa conception (l’appel de Clermont fut très certainement précédé de négociations entre Urbain et Raymond : à tout le moins peut-on affirmer que Raymond connaissait la substance de l’appel avant que celui-ci n’eût été prononcé), dans sa préparation (elle eût été sans doute inconcevable sans l’appoint matériel d’un Midi déjà touché par le renouveau économique), dans son déroulement (les contingents du Midi furent les plus nombreux), dans sa direction (si Urbain II désigna Adhémar comme son vicaire dans la Croisade, cette nomination ne fut nullement inspirée par une défiance à l’égard de Raymond : bien au contraire, le Velay faisant partie de ses possessions, le choix de l’évêque du Puy ne pouvait que flatter le comte, et les contemporains retrouvèrent tout naturellement dans le duo Adhémar-Saint-Gilles l’image biblique de Moïse et Aaron).
Parmi les chefs de la Croisade, Raymond fut certainement celui qui exécuta avec le plus de constance les desseins d’Urbain II. Ainsi resta-t-il fidèle aux directives pontificales de coopération avec le Basileus et, par-delà toutes les conjonctures, réussit-il à conduire le peuple jusqu’à Jérusalem. Plus tard, s’il ressentit quelque déception de n’être pas choisi comme Défenseur du Saint-Sépulcre, il n’hésita pas toutefois à se porter au secours de Godefroy contre l’armée d’Al-Afdal. Enfin ce fut Raymond qui, peu avant sa mort, posa les fondations de ce comté de Tripoli qui devait se révéler le plus durable des États latins d’Orient.
En définitive, il se dégage de ce récit un portrait fort élogieux de Saint-Gilles. Homme profondément marqué par son temps (on peut noter au passage la barbarie avec laquelle il traitait ses prisonniers slaves), le comte n’en domina pas moins son époque de sa stature exceptionnelle : « une étoile brillant parmi les Latins », notait déjà Anne Comnène. Et sa vie garde valeur exemplaire de par la constance avec laquelle il pratiqua la plus haute des vertus féodales : la loyauté.
Des rares reproches que l’on pourrait faire aux deux historiens texans, auteurs de ce beau livre, le plus net serait, à mon avis, de s’être montrés trop provençaux. Le récit aurait pu facilement s’enrichir de quelques remarques d’histoire comparée (sur un point de détail, signalons que le mariage, en 1080, de Raymond IV avec la princesse normande Mathilde s’éclaire facilement si l’on songe à celui de son demi-frère Raymond-Béranger II de Barcelone, célébré deux ans auparavant, avec Mahalta, fille de Robert Guiscard : les deux unions ont été suscitées par Grégoire VII qui scellait ainsi l’alliance des trois grandes puissances chrétiennes du bassin de la Méditerranée et déjà préparait une offensive de grande envergure contre l’Islam). Peut-être aussi tiendra-t-on quelque rigueur aux auteurs d’avoir péché souvent par excès de modestie et de s’être aussi refusés à la séduction des hypothèses ? Mais ces « défauts » ne sont-ils pas la contrepartie des deux qualités majeures de l’historien, celles- là mêmes que célébrait déjà Ph. Wolff dans la préface de l’ouvrage : une sympathie vigilante pour le sujet choisi unie à la plus rigoureuse méthode ?
Trois croquis hors-texte facilitent la lecture du livre (on peut regretter l’absence d’un plan d’Antioche et d’un tableau généalogique de la Maison de Toulouse). Bibliographie exhaustive.

Pierre Bonnassié.

1. Je schématise un peu ici la pensée des deux auteurs : tout ce qui suit reste plutôt dans leur ouvrage à l’état de suggestion.

Bonnassie Pierre. Croisade d’Orient… : Hill (Laurita et John), Raymond IV de Saint-Gilles,  Comte de Toulouse, traduction et mise au point de Fr. Costa et Ph. Wolff, Édouard Privat, 1969. In: Annales du Midi : revue archéologique, historique et philologique de la France méridionale, Tome 74, N°59, 1962. pp. 333-335;

Pour une recherche complète des « sources » du Catharisme

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Pour une recherche complète des « sources » du Catharisme

Mesdames et Messieurs,

Au soir de cette première journée d’étude des sources du Catharisme, je ne peux taire ma frustration quand je vois tant de brillants chercheurs s’égarer comme vous le faites.
David Zbiral nous l’a dit le 25 au château comtal de Carcassonne, vous êtes des enquêteurs ! Mais dans quelle enquête, fut-elle policière ou médicale, verrait-on les policiers ou les médecins se passionner pour un document en méprisant d’aller à la recherche de l’origine des événements ayant conduit au crime ou de l’anamnèse de la pathologie ?
Aussi, je vous lance maintenant cet appel vibrant : Redevenez de vrais enquêteurs et remettez à plus tard ces querelles picrocholines qui semblent occuper tout votre temps aujourd’hui !

Le Catharisme est clairement identifié comme une religion chrétienne. Avant de le classer sans recherche dans les dissidences, interrogez-vous sur ce que vous avez omis d’aller chercher : ses sources !
En effet, nous savons que son frère aîné, le Bogomilisme, est cité pour la première fois par un prêtre, Cosmas qui, dans une lettre datée des environs de 967, dénonce un certain Bogomil et nous apprend également que cette hérésie a déjà mis en place cinq évêchés. Donc, le Bogomilisme est bien antérieur à cette date. Pourquoi ne pas aller en chercher la véritable origine ?
Vous pourriez vous posez une question que j’ai croisé dans mes propres recherches : Pourquoi au XIsiècle voit-on des Bogomiles partir en pèlerinage depuis la Bulgarie jusqu’à la ville de Téphrik située dans la partie orientale de l’actuelle Turquie, soit près de 1 000 km plus loin, quand on sait que cette ville fut le siège séculaire de l’hérésie des Pauliciens ?
Ces mêmes Pauliciens qui combattirent les armées de l’Empire romain d’Orient pendant plusieurs siècles et furent déportés en deux vagues dans la région frontalière de la Thrace, entre ce même Empire et la Bulgarie, où ils furent en contact avec les païens bulgares et slaves locaux qui formeront justement ces Bogomiles. Après leur défaite et la chute de Téphrik en 872, par la trahison d’un des leurs, Pouladès, ils seront également répartis dans les armées de l’Empire, tant leurs compétences guerrières étaient appréciées. On retrouvera notamment certains noms connus en Italie du Sud, auprès de Phocas l’ancien, général et grand-père de l’empereur.
Mais ces Pauliciens, adeptes de Paul de Tarse et non de Paul de Samosate ou de Manès, étaient eux-mêmes apparus aux alentours de Mannanalis, région proche de Mélitène et Téphrik, suite à la conversion d’un païen, Constantin, qui y rencontra un diacre récemment libéré de prison à Damas, aux alentours de 640. Comme vous le savez mieux que moi, Damas fut prise par le deuxième calife, Umar ibn al Khattab en 638 et il libéra sans doute les prisonniers, notamment pour motifs religieux qu’il laissa partir s’ils ne voulaient ni se convertir à l’Islam, ni adopter le nouveau statut qu’il venait de créer : la Dhimma.
Ce diacre remit à Constantin deux ouvrages : l’Évangile et l’Apôtre. Or, à cette époque le canon romain comportait certes les lettres de l’apôtre Paul, mais quatre évangiles et non un seul. Par contre Marcion de Sinope avait rédigé en 144 un Évangile (l’Évangélion) et un traité apostolique paulinien (l’Apostolikon). Ainsi évangélisé, ce Constantin prit le nom d’un des disciples de Paul, Silouanos.
On le voit, il semble bien y avoir des liens possibles entre les Marcionites, les Pauliciens et les Bogomiles. Et encore, n’ai-je pu explorer plus avant le devenir des troupes qu’Alexis Comnène offrit à Raimond IV de Saint-Gilles, comte de Toulouse, lors de la première croisade, dont une partie rentra à Toulouse après la mort du comte en expédition. Si l’on peut croire que des Pauliciens en faisaient partie, cela pourrait expliquer l’éclosion du Catharisme occitan, dès le début du XIsiècle, dans cette région.

Pour pousser plus loin, comme j’ai tenté de le faire avec un ami, Ruben Sartori, vous découvrirez que Marcion — qui se disait disciple de Paul, mort un siècle plus tôt —, fut formé par Satornil, lui-même disciple de Ménandre qui construisirent la doctrine du démiurge maléfique, créateur du monde visible et des corps de matière. Eux-mêmes eurent avant eux Cérinthe, dont on ne sait s’il a vraiment existé ou si ce n’était que le pseudonyme d’Appolos d’Alexandrie qui à la suite de Paul évangélisa la ville de Corinthe en poussant la théorie paulinienne de l’invalidité de la Torah comme loi divine, jusqu’à affirmer que Iahvé n’était pas Dieu mais le diable, comme le proposent ces chercheurs qui lui attribuent le quatrième évangile, celui de Jean qui en fait mention au chapitre 8, verset 44.

Enfin, Paul lui-même ne fit que rejoindre à Damas, ces apôtres qui durent s’enfuir de Jérusalem, suite à l’exécution d’Étienne — lapidé pour blasphème par les Juifs — car ils étaient eux-mêmes blasphémateurs de ce judaïsme que décidèrent de suivre scrupuleusement les adeptes de Pierre et de Jacques, fondateurs du courant judéo-chrétien qui nous a donné le Catholicisme, l’Orthodoxie et l’Église Réformée. Cela initia une séparation entre ces deux courants qui fut formalisée en 49 lors du Concile de Jérusalem, après l’incident qui opposa Pierre et Paul à Antioche, qui prit alors la tête du courant pagano-chrétien qui rejetait l’obligation de lier Judaïsme à ce qui s’appellerait Christianisme deux siècles plus tard.

Ceci nous montre deux choses :

  • Il y eut bien deux courants chrétiens parallèles qui depuis les origines évoluèrent, tant bien que mal, l’un martyrisant l’autre, à partir du quatrième siècle et qui se perpétuèrent au fil des siècles ;
  • Les cathares avaient raison de dire qu’ils étaient les héritiers d’une transmission apostolique ininterrompue qui remontait aux origines du christianisme.

Voilà les domaines où j’aimerais voir vos talents d’historiens des faits et des hommes, d’historiens des religions, de théologiens, de philologues, etc. se développer pour rendre enfin au Catharisme son indépendance dans un Christianisme trop longtemps monopolisé par un seul de ses courants et pour faire taire ceux qui veulent en faire un objet touristique vidé de toute substance.

Pour ma part, en raison de mes limites linguistiques et culturelles, je ne peux aller plus loin dans mes recherches, d’autant plus qu’après deux années et demi de noviciat, il me reste un chemin infiniment plus difficile et plus exaltant à parcourir.

Merci de m’avoir écouté et en espérant que vous m’aurez également entendu.
Avec mon profond respect et mon infinie Bienveillance.

Éric Delmas, Carcassonne.

Remis aux organisateurs et participants de la seconde journée d’étude des sources du Catharisme à Mazamet le 27 octobre 2017.
Adressé à plusieurs revues historiques, dont « L’Histoire » et publié sur le site Catharisme d’aujourd’hui.

Rencontres cathares

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Affiche Rencontre cathareC’est Yves Maris, « philosophe cathare », selon l’image que donnait de lui la presse, qui décida d’organiser un rendez-vous des personnes qui se réclamaient du catharisme à l’occasion du week end de Pentecôte en 2009.
Après son décès, survenu l’été suivant, il fut décidé de reconduire cette initiative annuellement. Cela fut réalisé sans interruption depuis 2009.
En 2011, une association culturelle fut créée à Carcassonne pour soutenir les actions en vue de la recherche et de la promotion culturelle du catharisme. Naturellement, elle fut chargée de faire vivre les Rencontres cathares.
Nous avons essayé, tant bien que mal, de conserver la mémoire de ces rendez-vous qui furent cruciaux dans la mise en place de la résurgence du Catharisme médiéval et dans sa connaissance de plus en plus précise.
Le menu ci-dessous vous permettra de vous replonger dans ces moments intenses.

Après dix Rencontres, riches et variées, le public a perdu la volonté de participer à une autre édition. Respectueux de ce choix, nous avons donc décidé de tourner cette page de la résurgence cathare. Nous garderons néanmoins toujours une place pour Yves dans notre mémoire.

Présentation des Rencontres cathares

Dixième Rencontre cathare : 2018 à Carcassonne. Thème : La Consolation (Consolament) : ses origines, sa justification dans le Christianisme, sa pratique médiévale, sa place dans la résurgence.

Neuvième Rencontre cathare2017 à Carcassonne – Thème : Le catharisme en Occitanie – Pyrénées, Méditerranée : réalités et perspectives.

Huitième Rencontre cathare : 2016 à Carcassonne – Thème : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimé. »

Septième Rencontre cathare : 2015 à Roquefixade – Thème : La mise en pratique du commandement d’Amour absolu.

Sixième Rencontre cathare : 2014 à Roquefixade – Thème : La communauté ecclésiale cathare.

Cinquième Rencontre cathare : 2013 à Roquefixade – Thème : Les croyants dans le Catharisme.

Quatrième Rencontre cathare : 2012 à Roquefixade – Thème : Origine et filiation du Catharisme ; devenir des croyants et sympathisants après l’Inquisition.

Troisième Rencontre de la diversité cathare : 2011 à Carcassonne – Thème : Doctrine et pratique.

Seconde Rencontre de la diversité cathare : 2010 à Roquefixade – Thème : Le pur Amour et les fondements doctrinaux.

Première rencontre de la diversité cathare : 2009 à Roquefixade – Thème : La résurgence cathare et le Catharisme aujourd’hui.

Cathares – le jeu de plateau

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Cathares – le jeu de plateau

cathare - jeu de plateau
« Hérétique au bûcher », gravure médiévale

Comme son nom l’indique, un jeu de plateau fait référence au support sur lequel se déroule le jeu, le plateau de jeu. C’est donc un jeu que l’on pratique de façon statique, assis autour d’une table, à plusieurs, voire avec plusieurs classes d’âge.
En général, les joueurs matérialisent leur action et leur position avec des pions et le déroulement du jeu fait, le plus souvent, usage d’un ou plusieurs dés.
Si le catharisme a fait l’objet d’un nombre considérable de déclinaisons dans des livres, des bandes dessinées, des vidéos, etc. il n’a que très rarement été décliné sous forme de jeu. Le jeu Carcassonne le fait de façon un peu elliptique car c’est jeu basé sur des tuiles que l’on installe au fur et à mesure et qui traite plus du Moyen Âge que du catharisme proprement dit.Read more

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