Les poupées russes

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L’adaptation d’une communauté ecclésiale et, a fortiori, d’une communauté évangélique dans le monde moderne nécessitera forcément une organisation juridique et financière différente de celle qui prévalait au Moyen Âge.

Pour des raisons d’adaptabilité aux événements et de résistance aux contraintes il est clair qu’il faut un système modulaire imbriqué, un peu comme les poupées russes, les fameuses Matriochkas, dont les éléments sont interconnectés mais indépendants pour ne pas provoquer de cascade en cas de problème.

L’implication de la communauté ecclésiale dans un projet évangélique

Dès que nous nous sentons membres de la communauté ecclésiale cathare, c’est-à-dire dès que nous sommes convaincus d’être un croyant cathare, nous n’avons qu’un seul objectif final : faire une bonne fin.

Or, pour cela, la réapparition de communautés évangéliques et, à terme de Bons-Chrétiens, est une condition indispensable en terme d’assistance régulière à notre progression dans la foi et de soutien final, même si nous ne faisons pas le choix d’y finir nos jours.

La communauté ecclésiale est en outre totalement indispensable à un tel projet puisque les membres d’une communauté évangélique sont incapables d’assurer leur quotidien seuls compte tenu de la règle qu’ils ont choisi de respecter.

Les croyants doivent donc, dès que possible, s’organiser pour mettre en place les structures qui permettront cette réapparition quand les volontaires auront suffisamment écouté leur foi pour être en mesure de s’organiser en communauté évangélique. En outre, il ne s’agit plus désormais de rejoindre une structure existante mais d’en créer au moins une de toutes pièces.

La communauté ecclésiale va donc devoir créer les structure juridiques permettant de collecter les fonds, d’organiser les actions, de fédérer les bonnes volontés et d’assurer une gestion quotidienne et transparente de l’ensemble des structures mises en place.

En effet, un tel projet ne doit en aucune façon laisser filtrer un doute de sectarisme par un excès de renfermement et un refus de communication raisonnable et franche. La structuration juridique doit donc être facilement identifiable et l’organisation financière vérifiable par les autorités compétentes.

Les éléments de la structure générale

Il me semble qu’un système modulaire serait plus clair à comprendre et à faire fonctionner qu’un système centralisé et tentaculaire. Rien n’empêche que les mêmes personnes participent à la gestion de plusieurs structures, surtout tant que la communauté est réduite en nombre de membres.

Le premier élément devra pouvoir recueillir les fonds donnés pour la mise en place du projet de communautés évangéliques plus communément dénommées « maisons cathares ».

Ensuite il faudra une structure chargé de la réalisation matérielle du projet et une autre chargée de sa gestion.

Compte tenu de la nécessité pour ses membres de demeurer en dehors de tout circuit de possession financière, la communauté évangélique proprement dite, c’est-à-dire les hommes et les femmes qui la constitueront, devra s’organiser indépendamment afin d’exister comme entité juridique vis-à-vis du reste du système qui servira à la soutenir techniquement et qu’elle sera amenée à soutenir spirituellement. Son fonctionnement interne sera différent de celui des autres structures mais elle sera membre de plusieurs d’entre-elles où son avis sera nécessaire et où elle devra disposer d’un droit de veto afin d’éviter tout risque de disparition.

D’autres éléments pourront être ajoutés en fonction des besoins et des objectifs globaux (étude et recherche, complémentaire santé, prise en charge des troubles liés à l’avancement en âge, gestion de la production interne de la communauté, etc.).

La structure juridique

Selon les besoins il existe des outils juridiques adaptés aux objectifs visés mais qui souvent sont organisés autour d’un objectif financier de rentabilité et de répartition des gains et des intérêts.

Cela me semble inadapté à un tel projet et je crois qu’il serait préférable de créer du « sur mesure » afin de disposer d’outil où l’aspect mercantile pourra être évité. Certes nous n’éviterons pas la nécessaire consultation et assistance de professionnels, tels que notaires et banquiers, mais nous pouvons d’ores et déjà préparer un projet qu’ils n’auront plus qu’à adapter au droit et aux règles de ce monde.

La structure juridique la plus flexible et la moins suspecte d’arrières-pensées mercantiles est l’association sans but lucratif, plus connue en France sous la dénomination d’association loi de 1901. Contrairement à son titre elle n’interdit pas des manipulations d’argent car seuls les éventuels bénéfices sont bloqués dans la structure, ce qui correspond à notre souhait.

Elle peut donc à la fois être destinée à recevoir les fonds des donateurs — qui pourront les récupérer sans condition tant que le projet n’est pas finalisé, et sous conditions ensuite — mais aussi à organiser la communauté évangélique en dehors de tout contexte financier. Elle peut servir à gérer les projet fonciers et immobiliers mais aussi le quotidien des novices et futurs Bons-Chrétiens. Elle peut gérer les relations commerciales entre la communauté et l’extérieur mais aussi la solidarité entre la communauté ecclésiale et la communauté évangélique. Enfin elle peut également assurer l’activité intellectuelle de formation, d’étude et de recherche tout autant que l’activité cultuelle et rituelle.

Il va sans dire que des objectifs aussi variés nécessitent des statuts différents, donc des structures séparées mais qui conserveront entre elles des liens étroits et exclusifs.

La structure financière

Sur le plan financier il faut prendre en considération plusieurs éléments.

D’abord, la mise en place du projet va réunir des personnes désireuses de rejoindre la communauté évangélique. Ces personnes vont logiquement s’impliquer financièrement dans le projet, ne serait-ce que pour atteindre leur objectif de pauvreté choisie.

Ensuite, des croyants et des sympathisants, chacun à la hauteur de ses propres capacités, voudront apporter leur part financière à ce projet sans compter leur engagement matériel dans sa réalisation et dans sa gestion.

Enfin les membres de la communauté évangélique participeront à la hauteur de leurs revenus, que ce soit des salaires, des honoraires ou des pensions de retraite, à leur propre entretien dans une mutualisation visant à l’équilibre financier de la gestion globale.

Les apports serviront à la création d’un fond visant à l’édification matérielle d’une structure permettant l’accueil de la communauté évangélique, à la mise en place d’activités visant à réduire sa dépendance vis-à-vis du monde extérieur et à une organisation de vie quotidienne visant à une moindre empreinte sur l’écologie locale dans un souci logique de moindre prégnance sur le monde extérieur.

Ces apports financiers, seront des prêts sans intérêts et sans valorisation, restituables en tout ou partie en fonction de l’état d’avancement du projet. Une fois le terrain et les travaux réalisés, la communauté évangélique et des donateurs abonderont une caisse visant à la reconstitution du fond financier afin de pouvoir rembourser les apports de celles et ceux qui le souhaiteraient. Il va sans dire qu’une fois le projet lancé, les remboursements ne pourront excéder une part de l’enveloppe globale qui sera évaluée afin de ne pas obérer les chances de réussite du projet. Cela obligera les prêteurs à accepter des délais de remboursement longs et des montants faibles. Bien entendu plus il y aura de prêteurs qui choisiront de devenir donateurs in fine, plus les remboursements seront facilités pour les autres.

La gestion du projet

Bien entendu et dans l’esprit du système associatif, le projet reposera autant que faire se peut sur le bénévolat. La construction des structures d’hébergement, des outils de production et des systèmes annexes fera appel à des professionnels pour les éléments indispensables au respect des normes en vigueur et des compétences spécifiques. Dès que possible, la communauté évangélique, au quotidien, et les croyants et sympathisants extérieurs, dans la mesure de leurs capacités, assumeront la charge de réalisation et de finition des travaux et du fonctionnement des systèmes mis en œuvre.

Ensuite, le principe de mutualisation sera mis en place au sein de la communauté afin de réduire les coûts et de respecter la règle communautaire. C’est la structure de gestion qui achètera le nécessaire à la vie quotidienne en dehors des produits issus des activités des novices et croyants. Ainsi aucun des membres de la communauté évangélique n’aura de propriété personnelle vis-à-vis de ce qu’il utilisera, excepté son Nouveau Testament personnel.

Si la communauté produit des biens en excès ils seront remis gracieusement à des œuvres ou des personnes dans le besoin à proximité ou vendus par la structure de gestion qui se constituera ainsi un fond de roulement pour les imprévus.

Les dons des novices qui en auraient les moyens au-delà de leur écot dû pour leur entretien et nonobstant toute autre répartition librement décidée en dehors de la communauté, viendront également abonder une caisse de solidarité destinée à payer les compléments de frais liés aux besoins médicaux des membres qui ne pourraient y subvenir seuls.

Le système n’a pas vocation à atteindre une autarcie totale mais juste à garantir la communauté évangélique contre de fortes variabilité des coûts engendrés par l’évolution d’une société dont ils se sont partiellement écartés et par une pauvreté choisie qui ne doit pas tomber dans le piège de la misère.

Conclusion

Ce montage technique et financier est certainement perfectible mais il peut constituer une bonne base de discussion afin de mettre en place les premières structures dès l’année prochaine pour une première levée de fonds début 2015.

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