Mercredi 16 mars 2016 : Rencontre à Montségur

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Hommage aux pionniers des études sur le catharismeDominique Dhenry - Edmond Ferran - Patrick Ducome Rr© MMahou

Sur l’initiative de Patrick DuCome et d’Edmond Ferran, anciens des Cahiers d’études cathares, plus de quarante personnes, jeunes et moins jeunes se sont retrouvées le 16 mars dernier dans le bel hôtel Costes de Montségur, là même où se réunissaient autrefois les anciens historiens du catharisme pour lesquels ce 16 mars de nombreux intervenants évoquaient le souvenir.

A la stèle, au pied du château, un hommage a été rendu le matin à la commémoration du drame cathare au XIIIIesiècle, il y a 772 ans, et à l’évocation de la croisade contre les Languedociens. L’après-midi a permis alors de se souvenir de personnalités qui ont marqué Montségur. En particulier Déodat Roché, Maurice Magre, Jean Duvernoy, Fernand Niel et son épouse, Michel Roquebert, René et Suzette Nelly, Charles Galiana ainsi que les attachantes Fanita de Pierrefeu, Renée Camou et Lucienne Julien.

Lucienne Julien, alors à la tête de ce formidable élan, fédérait les énergies et les talents qui racontaient et écrivaient l’histoire du Languedoc et la résistance cathare. Elle-même, qui fut une résistante remarquable durant la seconde guerre mondiale, épisode sur lequel nous reviendrons.

Pourquoi cette rencontre ?

DSC_0457 Une partie de l'auditoire rencontre MT+ségur Rr© MMahouCet échange n’était pas réservé à ceux qui ont précisément connu Déodat Roché, Lucienne Julien ou Fanita de Pierrefeu ou encore à celles et ceux qui ont côtoyé les auteurs qui animaient l’esprit vivant de la recherche autour du catharisme, mais c’est cependant à l’angle de leur façon de se réunir autrefois que nous nous sommes retrouvés pour échanger sur le travail associatif des uns ou les autres.

En fait, il s’agissait de redonner éventuellement un élan de nature à envisager une unité des efforts de chacun dans ce domaine du souvenir, de la mémoire vivante de ce que furent le catharisme et l’histoire des languedociens ?

Les participants ont pu aborder leurs approches, leurs réflexions, leurs travaux, les publications de certains, leurs études cathares les plus diverses jusqu’à l’iconographie du catharisme, de l’Aude et de l’Ariège.

Gilbert Bonnet, éditeur, évoquait le passé glorieux et les chantiers historiques qu’il reste à découvrir ou à rectifier. Alain Fessard confiait pourquoi il a choisi de vivre à Montségur.

Philippe Contal a pu présenter son site ‘Terres Cathares’ http://www.terres-cathares.com/ qui suit la création de Cathares.org qu’il a créé en 1996 à la suite d’un coup de cœur avec le pays en 90. Dominique Dhenry (Regards sur le catharisme)a fait part de sa contribution intuitive à la ‘re-fondation de l’historien vis à vis du catharisme’ qu’il a intitulée avec humour « On ne nous dit pas tout. » Reprenant cette idée que l’histoire s’écrit par les vainqueurs, D.Dhenry ramenait son auditoire à cette exigence qu’il y a à s’attacher à la véracité des sources, à l’authenticité des données.

Pour conclure sur la nécessité, à ses yeux, d’un travail de déconstruction que les historiens ont à effectuer.

De nombreux intervenants prenaient ensuite la parole pour évoquer les figures de l’histoire du catharisme, érudits ou historiens depuis les précurseurs jusqu’à Anne Brenon. Certains nous confiant l’importance que représente leur rencontre avec les lieux tels Montségur.

Aurélia, responsable du Musée de Montségur, a décrit ce bel espace archéologique et historique géré par la Mairie pour inviter les participants à s’y rendre le plus souvent possible.

Patrice Moncoucut qui tient l’Hôtel Costes annonçait avec beaucoup d’émotion que l’endroit ne demandait qu’à revivre comme il était avant, à l’époque de Fernand Costes et qu’il était désormais ouvert à toutes les personnes réunies pour cette rencontre du 16 mars.

Miléna Petkova, universitaire bulgare venue de Bulgarie, s’était jointe au groupe et a pu suivre la rencontre tout en parlant du professeur Popchristov, historien du bogomilisme. X, écrivain(e) qu’on ne présente plus, a fait l’honneur de sa présence courtoise. Plus tard, Eric Delmas, qui a créé Culture et études cathares, faisait une courte présentation de ce que peut représenter le catharisme aujourd’hui (titre de son dernier ouvrage) en ce qu’il en est, à ses yeux, une religion qui ne demande qu’à être pratiquée. c’est ce qu’il fait à Carcassonne. Un débat court contradictoire s’en suivit ce qui tend à prouver que chacun est là pour exprimer ce sur quoi il travaille, sans exclusive.

Enfin, certains ont pu marquer leur inquiétude sur le devenir du monument au pied du pog qui ouvre l’accès au château à l’heure où nul ne sait si la stèle du souvenir érigée par Déodat Roché en 1960, grâce à la générosité de Fernand Costes, ne sera pas déplacée dans la première phase du projet Montségur 2020, mis en œuvre par la CCPO (communauté de communes des pays d’Olmes.)

 Regrouper les énergies

Cette rencontre a eu la densité espérée par ses organisateurs. Ce pourrait être, le souhaitent-ils, l’amorce pour recréer un groupe actif qui pourrait fédérer autour de l’histoire languedocienne et aller plus loin que les périmètres existants à condition de regrouper l’effort que consentent certains d’entre eux.

Fédérer, le disent-ils, toutes les énergies qui concourent à ce que ne cessent jamais l’histoire du catharisme et le souvenir de cette épopée.

Bref que cette Rencontre de Montségur ait pu amorcer une reprise de l’activité intellectuelle, historique, archéologique et philosophique autour de l’histoire languedocienne, voilà bien le souhait de tous les participants !

Elle a commencé par cette rencontre comme Lucienne Julien et Fanita de Pierrefeu aimaient en organiser à l’Hestia de Montségur

Patrick DuCome- mars 2016

Photos Martine Mahou et Gilles Nonin

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