Saint Étienne, premier martyr

Lecture des textes de la liturgie catholique

Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.

Saint Étienne, premier martyr

Étienne fait partie des sept diacres, institués par les Actes des apôtres (chap. 6), afin de servir les apôtres. On retrouve cette fonction chez les cathares où les diacres assuraient la cohésion des communautés de Bons-Chrétiens dans une zone géographique déterminée et servaient d’intermédiaire de l’évêque, y compris pour le sacrement de la Consolation.
L’historicité de ce passage pose problème et est remis en question par certains chercheurs, notamment Simon Claude Mimouni.
Accusé par des témoins — faux selon les judéo-chrétiens évidemment —, Étienne est montré comme un saint avant l’heure (Ac. 6, 8) et doit répondre de l’accusation de blasphèmes contre les fondements du judaïsme (Iahvé, Moïse, Torah et le temple). Sa défense, d’abord très rhétorique (Ac. 7, 2-50), ce qui la rend difficilement condamnable, tourne à l’agression caractérisée (Ac. 7, 51-53), ce qui provoque la réaction violente des juifs qui le lapident lorsqu’il prétend être entré en connexion avec Dieu (Ac. 7, 56).

Il est clair que ce texte est construit dans le but de valoriser les juifs chrétiens et les juifs hellénistes face aux juifs orthodoxes. Le début du chapitre 8 en profite pour dénigrer Paul, afin d’affaiblir son influence. Cela pourrait plaider pour une écriture antérieure au quatrième siècle, puisqu’à partir de ce moment Paul ne sera plus considéré comme un hérétique et sera intégré — après un grand nombre de falsifications — dans le canon judéo-chrétien.

1re lecture :

Actes des apôtres : 6, 8-10 ; 7, 54-60

8 – Étienne, plein de grâce et de puissance, faisait des prodiges et de grands signes parmi le peuple.
9 – Mais des gens de la synagogue dite des Affranchis, des Cyrénéens, des Alexandrins, des gens de Cilicie et d’Asie se levèrent pour discuter avec Étienne ;
10 – ils ne pouvaient pas résister à la sagesse et à l’Esprit par qui il parlait.

Mon analyse :
Étienne fait l’objet d’une attaque des opposants aux apôtres et est arrêté sur de faux témoignages. Il passe en procès. Nous verrons demain comment il se comportera.

54 – À ces paroles, ils enrageaient dans leurs cœurs, et grinçaient des dents contre Étienne.
55 – Mais lui, plein de l’Esprit saint et les yeux fixés vers le ciel, vit la gloire de Dieu et Jésus debout à la droite de Dieu,
56 – et il dit : Voilà que je contemple les cieux ouverts et le fils de l’homme debout à la droite de Dieu.
57 – Ils crièrent à grande voix en se bouchant les oreilles et, à l’unanimité, s’élancèrent sur lui,
58 – le chassèrent de la ville et le lapidèrent. Les témoins jetaient leurs vêtements aux pieds d’un jeune homme appelé Saul.
59 – Et Étienne, pendant qu’on le lapidait, priait et disait : Seigneur Jésus, accueille mon esprit.
60 – Il se mit à genoux et cria à grande voix : Seigneur, ne leur compte pas ce péché ! Et ce disant il s’endormit.

Mon analyse :
Le blasphème d’Étienne est présenté comme une vérité dans le judaïsme grâce à sa longue présentation. Ainsi, les Juifs se retrouvent en position d’accusés de rejeter le Dieu de leurs pères. Ce qui n’est que justice pour la loi juive est présenté comme injustice par l’auteur. L’auteur en profite pour impliquer Paul, qu’il appelle Saul, qu’il intègre ainsi dans le groupe des assassins. Étienne meurt en martyr et est assimilé à Jésus par la demande de grâce envers ses tortionnaires. On note que pour le même crime que Jésus, Étienne est lapidé quand Jésus fut crucifié.

Psaumes : 31 (Vulgate 30), 3bc-4b, 6. 8a. 9b, 17. 20cd

3 – … hâte-toi de me sauvegarder, sois pour moi un rocher de refuge,…
4 – … et, en vertu de ton nom, tu me guides et me diriges.
6 – En ta main, je confie mon esprit : tu m’as racheté, Iahvé, Dieu de vérité !
8 – Je jubilerai et me réjouirai en ta grâce, puisque tu as vu ma misère, tu as connu les angoisses de mon âme,
9 – … tu as mis mes pieds au large.
17 – fais briller ta face sur ton serviteur, sauve-moi par ta grâce !
20 – … que tu exerces envers ceux qui s’abritent en toi, en face des fils d’Adam !

Mon analyse :
Le découpage réalisé par l’Église a pour but de lui faire dire ce qu’elle veut, mais il révèle également une pratique ancienne de « caviardage » des textes pour les courber à sa loi. Paul en fut la principale victime, mais aucun texte ne fut réellement épargné.

Évangile selon Matthieu : 10, 17-22

17 – Prenez garde aux hommes : ils vous livreront aux sanhédrins, ils vous fouetteront dans leurs synagogues ;
18 – et à cause de moi vous serez amenés devant des gouverneurs et des rois, en témoignage devant eux et les nations.
19 – Quand ils vous livreront, ne vous inquiétez pas de ce que vous direz ni comment, car ce que vous direz vous sera donné à l’heure même ;
20 – car ce n’est pas vous qui parlerez ; c’est l’Esprit de votre père qui parlera en vous.
21 – Le frère livrera son frère à la mort et le père, son enfant ; et les enfants se dresseront contre leurs parents et les feront mourir.
22 – Et vous serez détestés de tous à cause de moi. Mais celui qui résistera jusqu’à la fin sera sauvé.

Mon analyse :
À cette époque la vision futuriste est apocalyptique ; pas étonnant que Matthieu le soit, comme Paul le fut. Par contre, deux notions affleurent : les disciples n’auront pas la compétence directe pour s’exprimer face à leurs accusateurs, à moins qu’il ne s’agisse d’une conception visant à laisser entendre que leurs paroles seront inspirées par leur foi, et la seconde parousie est si proche que la prédication n’aura pas eu le temps d’en finir avec les villes d’Israël. La réalité est autre.

Voici comment je reçois ces textes.