Nativité de la vierge Marie

Nativité de la vierge Marie

Racontée dans trois évangiles apocryphes : le Protévangile de Jacques, composé dès le IIe siècle, l’Évangile de la Nativité de Marie et l’Évangile de la Nativité de Marie et de l’enfance du Sauveur, l’histoire de la naissance de Marie ne deviendra une des treize fêtes mariales qu’au VIIe siècle à l’initiative du pape Serge Ier. La date de sa conception (8 décembre) fut ajoutée plus tard à cette date de la nativité. L’emplacement de la maison de ses parents, Joachim et Anne, située près de la piscine de Bethesda à Jérusalem n’est devenu lieu de culte qu’à compter du Ve siècle.

Je rappelle que pour les Cathares, Marie n’est au mieux qu’un esprit venu assister Christ dans sa mission en lui servant d’abri factice pour simuler sa naissance (adombrement).

1ère Lecture :

Michée : 5, 1-4a

1 – Quant à toi, Bethléem, Éphratah, bien que tu sois petite parmi les clans de Juda, de toi sortira pour moi, celui qui doit être dominateur en Israël et dont les origines sont de toute antiquité, depuis les jours d’antan !
2 – C’est pourquoi [Dieu] les abandonnera jusqu’au jour où enfantera celle qui doit enfanter, alors le reste de ses frères reviendra vers les fils d’Israël.
3 – Il sera debout et fera paître par la puissance de Iahvé, par la gloire du Nom de Iahvé, son Dieu, ils seront stables, alors qu’il grandira jusqu’aux confins de la terre,
4 – et c’est lui qui sera la Paix ! …

Mon analyse :
Celui qui est annoncé ici n’est pas Jésus mais David qui naquit à Bethléem. Mais le détournement de ce texte explique que certaines traditions occidentales font de Bethléem la ville de naissance de Marie et nous comprenons aussi pourquoi Bethléem est présentée comme lieu de naissance de Jésus. La volonté de rattachement de la tradition néotestamentaire à la tradition vétérotestamentaire est uniquement destinée à valoriser la première en lui créant artificiellement une histoire très ancienne et vénérée par la majorité de la population.

ou Lettre de Paul aux Romains : 8, 28-30

28 – Or nous savons que Dieu fait concourir tout au bien de ceux qui l’aiment, de ceux qui sont appelés à dessein,
29 – car ceux qu’il a connus d’avance, il les a aussi déterminés d’avance, conformés à l’image de son fils pour que celui-ci soit le premier né de beaucoup de frères
30 – et ceux qu’il a déterminés d’avance il les a appelés et ceux qu’il a appelés il les a justifiés et ceux qu’il a justifiés il les a glorifiés.

Mon analyse :
Ces versets 28 à 30 pourraient bien être de Paul. Ils montrent cependant une nette tendance à vouloir donner à Dieu la volonté de prédestination des hommes. C’est un réflexe juif qui perdurera dans le Judéo-christianisme. Ce qui demeure c’est que ceux qui vont dans le sens du retour à Dieu y sont assistés par Dieu (v. 28).

Psaumes : 13 (Vulgate 12), 6ab, 6cd

6 – Quant à moi, j’ai confiance en ta grâce : que mon cœur jubile en ton salut, que je chante à Iahvé, puisqu’il m’a fait du bien, [que je psalmodie le nom de Iahvé, le Très-Haut !]

Mon analyse :
Ce psaume, passe-partout, montre l’indigence des textes utilisables pour cet événement créé de toute pièce.

2e lecture :

Évangile selon Matthieu : 1, 1-16. 18-23 (brève : 18-23)

1 – Livre des origines de Jésus Christ fils de David fils d’Abraham.
2 – Abraham engendra Isaac, Isaac engendra Jacob, Jacob engendra Juda et ses frères,
3 – Juda engendra Pharès et Zara de Thamar, Pharès engendra Hesrôm, Hesrôm engendra Aram,
4 – Aram engendra Aminadab, Aminandab engendra Naasôn, Naasôn engendra Salmôn,
5 – Salmôn engendra Booz de Rahab, Booz engendra Jobed de Ruth, Jobed engendra Jessé,
6 – Jessé engendra le roi David, David engendra Salomon de la femme d’Urie,
7 – Salomon engendra Roboam, Roboam engendra Abia, Abia engendra Asaph,
8 – Asaph engendra Josaphat, Josaphat engendra Joram, Joram engendra Ozias,
9 – Ozias engendra Joatham, Joatham engendra Achaz, Achaz engendra Ezchias,
10 – Ezéchias engendra Manassé, Manassé engendra Amos, Amos engendra Osias,
11 – Josias engendra Jéchonias et ses frères, lors de la déportation de Babylone.
12 – Après la déportation de Babylone, Jéchonias engendra Salathiel, Salathiel engendra Zorobabel,
13 – Zorobabel engendra Abioud, Abioud engendra Eliakim, Eliakim engendra Azôr,
14 – Azôr engendra Sadôc, Cadôc engendra Akhim, Akhim engendra Elioud,
15 – Elioud engendra Eléazar, Eléazar engendra Matthan, Matthan engendra Jacob,
16 – Jacob engendra Joseph, époux de Marie, de laquelle naquit Jésus appelé le Christ.
17 – En tout donc, d’Abraham à David quatorze générations, de David à la déportation de Babylone quatorze générations, de la déportation de Babylone au Christ quatorze générations.

Mon analyse :
Cet évangile est celui du courant de pensée juif chrétien, incarné par Jacques frère de Jésus. Logiquement, il tente de rattacher Jésus à la tradition juive. On note que l’origine est fixée à Abraham alors que dans Luc elle remonte à Adam, ce qui tend à confirmer que les premiers chapitres de Luc sont des faux outranciers. De même, l’énumération marque clairement la période de l’exil à Babylone mais pas un mot sur celui en Égypte. Nous en connaissons la raison. Comme nous l’indique Finkelstein[1], l’histoire du peuple Juif commence en 600 avant notre ère, pendant l’exil à Babylone et tout ce qui précède sera une construction magnifiée pour accorder un statut de nation à ce qui n’était que des tribus dispersées. Ce que montre également la construction, est le souhait d’établir une symétrie entre les grandes périodes en y incluant quatorze générations.

18 – Et voici les origines de Jésus Christ. Marie sa mère était fiancée à Joseph ; avant qu’ils soient ensemble, elle se trouva enceinte par l’Esprit saint.
19 – Joseph son époux, qui était juste et ne voulait pas la diffamer, décida de la renvoyer en secret.
20 – Comme il y pensait, voilà qu’un ange du Seigneur lui apparut en songe et dit : Joseph fils de David, ne craint pas de prendre Marie ta femme, car ce qu’elle a conçut est de l’Esprit saint.
21 – Elle enfantera un fils et tu l’appelleras Jésus car il sauvera son peuple de leurs péchés.
22 – Tout cela arriva pour remplir cette parole du Seigneur qui dit par le prophète :
23 – Voici, la vierge sera enceinte et enfantera un fils, et lui, on l’appellera Emmanuel, ce qui veut dire : Dieu avec nous.

Mon analyse :
Le fait pour une femme mariée, mais également pour une fiancée, de se retrouver enceinte, était considéré comme un adultère. Si donc Joseph avait été juste, il l’aurait dénoncée et elle aurait été lapidée. De même, dire qu’elle était enceinte sans qu’il y fut pour quelque chose n’aurait pas été de la diffamation. Cependant la décision de renvoyer sa promise dans sa famille provoque la réaction de Dieu qui envoie un ange. En fait cette construction vise à attacher solidement la tradition christique à la tradition juive, comme en atteste la suite où l’on utilise une prophétie sans tenir compte de la divergence des prénoms. Pour garantir la paternité divine, Joseph n’a aucune relation sexuelle avec Marie, même après leur mariage. Par contre, cela n’interdit pas de penser qu’ils en eurent ensuite et donc, qu’ils eurent d’autres enfants.

Voici comment je reçois ces textes.