Dimanche, solennité de l’Épiphanie

Lecture des textes de la liturgie catholique

Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.

Messe dominicale de la solennité de l’Épiphanie

1re lecture :

Livre d’Isaïe 60, 1-6

1 – « Dresse-toi, brille, car ta lumière survient et la gloire de Iahvé se lève sur toi.
2 – Car voici que l’obscurité recouvre la terre et une brume, les peuples, mais sur toi se lève Iahvé, sur toi sa gloire apparaît.
3 – Les nations marcheront à ta lumière et les rois à la clarté de ton aurore.
4 – Lève les yeux autour de toi et vois : ils se sont tous rassemblés, ils viennent vers toi ; tes fils viennent de loin et tes filles sont portées sur le flanc.
5 – Tu verras et alors tu seras rayonnante, ton cœur sera frémissant et s ‘épanouira, car les richesses de la mer seront dirigées vers toi et les ressources des nations parviendront chez toi.
6 – L’afflux des chameaux te submergera, les jeunes bêtes de Madian et d’Eypha ; tous ceux de Saba viendront, ils apporteront de l’or et de l’encens et publieront les louanges de Iahvé. »

Mon analyse :
La lecture de ce texte à l’Épiphanie tient sans nul doute à la référence à l’or et à l’encens que l’on retrouve dans les évangiles. Mais au lieu de nous convaincre qu’il s’agit d’une référence assurant l’origine de Jésus, c’est une confirmation de l’utilisation de textes antérieurs afin de conforter la valeur de la nouvelle religion.
Ce qui marque également chez ce premier prophète c’est le rappel des origines du peuple Juif. Comme l’ont très bien expliqué les auteurs de La Bible dévoilée, les Hébreux qui vivaient dans les montagnes et étaient des éleveurs furent rejoint par les bergers de la plaine orientale, alors que les palestiniens qui vivaient dans les plaines côtières étaient des commerçants et des cultivateurs et furent appelés les Cananéens. C’est sur eux que pèse le coût de la révolte contre Babylone qui causera les malheurs de l’ensemble du peuple palestinien et qui justifiera le renversement de pouvoir à l’origine d’Israël. C’est dans cet esprit également que la Genèse marque la préférence de Iahvé pour Abel le berger sur Caïn le cultivateur. Car, ce texte le confirme, Iahvé est un Dieu partial et donc injuste puisqu’il choisit parmi sa création ceux qu’il comblera de ses bienfaits. Cette annonce du rassemblement des peuples, notamment ceux qui vivent de l’élevage, est la confirmation de l’origine hétérogène du peuple Juif. Madian, d’où viendra Abraham y est également citée.

Psaumes : 71, 1-2. 7-8. 10-11. 12-13

1 – « En toi, Iahvé, je m’abrite, que je ne sois jamais confondu !
2 – Par ta justice délivre-moi, libère-moi, tend vers moi ton oreille et sauve-moi !
7 – Pour beaucoup je suis comme un scandale, mais toi, tu es mon solide refuge.
8 – Ma bouche est pleine de ta louange, de ta gloire, tout le jour.
10 – [Ne me rejette pas] quand mes ennemis parlent contre moi et qu’ensemble se concertent ceux qui guettent mon âme,
11 – en disant : « Dieu l’a abandonné, poursuivez-le, empoignez-le, nul ne le délivrera ! »
12 – Élohim, ne reste pas loin de moi, mon Dieu, hâte-toi de me secourir !
13 – Que soient confondus, qu’ils aient honte, les accusateurs de mon âme ! »

Mon analyse :
Dans cette prière du Lévite persécuté, ce qui ressort c’est la totale passivité que le judaïsme impose au croyant. Il n’a d’autre part à son salut que la totale soumission à son Dieu en qui il remet la charge totale de sa protection. Cette passivité rejoint un peu celle que l’on observe dans la religion sumérienne. Le christianisme authentique inverse largement les choses. En faisant de Dieu un étranger à ce monde et un impuissant dans le Mal, c’est à l’homme qu’échoit la charge d’œuvrer pour son salut. Certes la grâce vient de Dieu, mais c’est simplement parce que l’homme, en son incarnation, n’a pas les éléments nécessaires à l’appréciation exacte de son avancement. On retrouve cette notion dans les deux rituels cathares de l’Amélioration et de la Consolation où les Bons-Chrétiens ne sont que des intermédiaires entre le Saint-Esprit et l’homme demandeur de grâce.

2e lecture :

Éphésiens 3, 2-3a. 5-6

2 – Car vous avez sans doute entendu comment Dieu a géré sa grâce qui m’a été donnée pour vous :
3 – c’est par un dévoilement que j’ai eu connaissance de ce mystère …
5 – dans les autres générations, les fils des hommes n’en ont pas eu cette connaissance qui par l’Esprit vient d’être dévoilée à ses saints apôtres et prophètes ;
6 – c’est-à-dire que les nations sont cohéritières, incorporées, participantes de la promesse, dans le christ Jésus, par cet évangile

Mon analyse :
Paul fait une sorte d’aparté pour rappeler des éléments essentiels. Il est celui que Dieu a choisi pour révéler son message, car il avait l’intelligence nécessaire à sa compréhension. Avant lui, personne n’avait reçu ce message, ce qui invalide les prophètes juifs. Mais ce mystère est maintenant offert à la fois aux Juifs et aux païens (les nations) par l’entremise de Paul, pourtant le moins glorieux de tous.
Il est nécessaire de rappeler que, d’après les Écritures qui nous sont données dans le canon évangélique, les disciples –— qui ne sont rien d’autre que des bergers pour la plupart — font état d’un Jésus humain qui transmet la parole. Quand nous regardons la révélation faite à Paul dans les Actes des apôtres, nous constatons qu’il s’agit désormais d’une révélation purement spirituelle. Ainsi, aux hommes de faible niveau intellectuel une apparition physique, et à l’homme intellectuel et cultivé une apparition strictement spirituelle.
Certes, nous prenons ces textes avec toute la distance nécessaire. Cependant, il faut tenir compte de la forme et du fond. Quand sont écrits ces textes, sont véhiculés avec eux ce que la tradition orale a construit. Un Jésus physique, seul moyen de convaincre les hommes de faible niveau intellectuel ; un Jésus pur esprit pour les autres. Le fait de poser cela par écrit va figer la situation et transformera ce qui n’était qu’un mythe en vérité révélée et intangible.

Évangile : Matthieu 2, 1-12

1 – Quand Jésus fut né à Bethléem de Judée aux jours du roi Hérode, voilà que des mages arrivèrent du Levant à Jérusalem
2 – et dirent : Où est ce roi des Juifs qui est né ? Car nous avons vu son étoile se lever, et nous sommes venus nous prosterner devant lui.
3 – À cette nouvelle, le roi Hérode fut troublé et tout Jérusalem avec lui,
4 – il rassembla tous les grands prêtres et scribes du peuple, et leur demanda où le christ devait naître.
5 – Ils lui dirent : À Bethléem de Judée ; car il est écrit par le prophète :
6 – Et toi Bethléem, terre de Juda, tu n’es sûrement pas le moindre des chefs-lieux de Juda ; de toi en effet sortira un chef qui fera paître mon peuple Israël.
7 – Alors Hérode appela en secret les mages, il se fit préciser par eux le temps où l’étoile était apparue,
8 – et il les envoya à Bethléem ; il leur dit : Allez vous renseigner exactement sur l’enfant et, quand vous saurez, annoncez-le moi pour que moi aussi je vienne me prosterner devant lui.

Mon analyse :
Toujours dans la volonté d’inscrire Jésus dans la tradition mosaïque, nous voyons une annonce messianique utilisée à son égard, une confirmation de son état royal par des étrangers, donc fiables puisque non intéressés personnellement et une hiérarchie locale qui n’a aucun doute.

9 – Après avoir entendu le roi, ils s’en allèrent, et voilà que l’étoile qu’ils avaient vue se lever les précédait, et elle vint se placer au-dessus de l’enfant.
10 – À la vue de l’étoile ils se réjouirent d’une fort grande joie.
11 – Entrés dans la maison ils virent l’enfant avec Marie sa mère, tombèrent prosternés devant lui et, ouvrant leurs trésors, ils lui présentèrent en offrande de l’or, de l’encens et de la myrrhe.
12 – Et avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode, ils se retirèrent dans leur pays par un autre chemin.

Mon analyse :
Les astrologues remettent des cadeaux qui ont pour volonté d’inscrire Jésus dans la tradition Juive et d’annoncer sa fin. L’or est destiné aux rois terrestres, l’encens est pour Dieu et la myrrhe est destinée à l’embaumement des corps.

Voici comment je reçois ces textes.