33e dimanche du temps ordinaire

Lecture des textes de la liturgie catholique

Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.

Messe dominicale du 33e dimanche du temps ordinaire

1re lecture :

Proverbes : 31, 10-13. 19-20. 30-31

10 – La femme vaillante, qui la trouvera ? Son prix surpasse de loin celui des perles.
11 – Le cœur de son mari a confiance en elle et le butin ne lui manquera pas.
12 – Elle lui fait du bien, et non du mal, tous les jours de sa vie.
13 – Elle se procure de la laine et du lin, et elle les travaille de ses mains empressées.
19 – Elle met la main à la quenouille, et ses mains saisissent le fuseau.
20 – Elle étend la main vers le malheureux et elle tend ses bras à l’indigent.
30 – La grâce est mensonge et la beauté vanité : la femme qui craint Iahvé, c’est elle qui sera louée.
31 – Donnez-lui du fruit de ses mains et que ses œuvres la louent aux portes.

Mon analyse :
Ce texte, présenté comme une admonestation de sa mère au roi Lemouel, est un concentré de ce que le Judaïsme fait comme place aux femmes. Le Judéo-christianisme qui s’inscrira dans ses traces à bien des égards, fait lui aussi de la femme un être subalterne. Pas étonnant que l’on ait jugé nécessaire de caviarder certaines lettres de Paul pour en faire un misogyne, lui qui faisait parfois des femmes les égales des hommes, notamment en leur confiant des missions d’ambassade. Les Cathares qui suivaient ses traces auraient bien ri en retrouvant lors d’une disputatio la parole d’un moine Catholique à destination de la Bonne-Chrétienne qui intervenait : Madame, retournez filer votre quenouille, ces débats ne sont pas affaire de femme.

Psaumes : 128 (Vulgate 127), 1-2, 3, 4-5

1 – Cantique des montées. Heureux tout homme qui craint Iahvé, qui marche dans ses voies !
2 – Le labeur de tes mains, tu t’en nourriras, heureux seras-tu, tout ira bien pour toi.
3 – Ta femme sera comme une vigne féconde, à l’intérieur de ta maison, tes fils comme des plants d’oliviers, autour de ta table.
4 – Voici comment est béni l’homme qui craint Iahvé :
5 – Que Iahvé te bénisse de Sion, puisses-tu voir le bonheur de Jérusalem, tous les jours de ta vie !

Mon analyse :
L’homme n’est guère mieux loti dans le système de Iahvé. Asservi à son Dieu, il ne peut espérer de bonheur que dans une servilité absolue dominée par la crainte et mal récompensé par de vagues promesses, au demeurant jamais réalisées.

2e lecture :

Première lettre de Paul à Timothée : 5, 1-6

1 – Ne frappe pas un aîné : exhorte-le plutôt comme un père ; et les jeunes, comme des frères ;
2 – les femmes âgées, comme des mères ; et les jeunes, comme des sœurs, en toute pureté.

Mon analyse :
L’auteur indique maintenant les règles comportementales au sein de la communauté. On peut voir ici une application du principe de charité cher à Paul.

3 – Honore les veuves, les vraies veuves.
4 – Et si une veuve a des enfants ou petits-enfants, qu’ils apprennent d’abord à révérer leur propre maison et à payer de retour leurs parents c’est cela qui est accueilli devant Dieu.
5 – Celle qui est vraiment veuve et toute seule espère en Dieu et passe ses jours et ses nuits à demander et prier.
6 – Mais la frivole est une morte vivante.

Mon analyse :
Paul fixe néanmoins une règle de vie stricte pour ceux et celles qui vivent dans ses communautés. La partie manquante du texte est clairement un ajout judéo-chrétien destiné à le discréditer.

Évangile selon Matthieu : 25, 14-30 (ou brève : 14-15. 19-21)

14 – C’est comme un homme qui, partant en voyage, a appelé ses esclaves et leur a confié ses biens.
15 – À l’un il a donné cinq talents, à l’autre deux, à l’autre un, à chacun selon sa force, et il est parti.
16 – Aussitôt, celui qui avait reçu les cinq talents est allé les faire travailler ; il en a gagné cinq autres.
17 – De même celui qui en avait reçu deux en a gagné deux autres.
18 – Mais celui qui en avait reçu un s’en est allé creuser la terre et y cacher l’argent de son seigneur.
19 – Longtemps après, le seigneur de ces esclaves revient et il règle ses comptes avec eux.
20 – Celui qui avait reçu les cinq talents s’approche, présente cinq autres talents et dit : Seigneur, tu m’as confié cinq talents, vois, j’ai gagné cinq autres talents.
21- Son seigneur lui dit : Bien ! esclave bon et fidèle ! tu as été fidèle sur peu de choses, je t’établirai sur beaucoup, entre dans la joie de ton seigneur.
22 – Celui qui avait reçu les deux talents s’approche aussi et dit : Seigneur, tu m’as confié deux talents ; vois, j’ai gagné deux autres talents.
23 – Son seigneur lui dit : Bien ! esclave bon et fidèle ! tu as été fidèle sur peu de choses, je t’établirai sur beaucoup ; entre dans la joie de ton seigneur.
24 – Celui qui avait reçu un talent s’approche aussi et dit : Seigneur, je te connais, tu es un homme dur, tu moissonnes là où tu n’as pas ensemencé, tu ramasses là où tu n’a pas semé.
25 – Effrayé, je m’en suis allé cacher ton talent dans la terre ; vois, tu as ce qui est à toi.
26 – Son seigneur lui répond : Mauvais esclave, paresseux ! Tu savais que je moissonne là où je n’ai pas ensemencé et que je ramasse là où je n’ai pas semé ?
27 – il te fallait donc remettre mon argent aux banquiers, et moi, à mon arrivée, j’aurai retiré ce qui est à moi, avec un intérêt.
28 – Enlevez-lui donc son talent et donnez-le à celui qui a les dix talents.
29 – Car on donnera à celui qui a et il aura en plus ; mais celui qui n’a pas, on lui enlèvera même ce qu’il a.
30 – Et l’esclave inutile, chassez-le dans les ténèbres extérieures. Là il y aura le sanglot et le grincement de dents.

Mon analyse :
Comme dans Jean, le seigneur est reconnu pour ce qu’il est : un mauvais homme, dur et voleur. Il l’admet et punit l’esclave qui l’a démasqué. Il est clair que le seul message que l’on puisse tirer de cette parabole ne peut être de faire fructifier ce que nous confie le mauvais maître, mais de lui rendre ce qu’il nous a remis sans notre accord (notre enveloppe charnelle), sans profit ni perte de notre fait. C’est sans doute la parabole la moins bien comprise des Judéo-chrétiens.

Voici comment je reçois ces textes.