30e dimanche du temps ordinaire

Lecture des textes de la liturgie catholique

Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.

Messe dominicale du 30e dimanche du temps ordinaire

1re lecture :

Exode : 22, 20-26

20 – Tu ne molesteras pas l’hôte et tu ne l’opprimeras pas, car vous avez été des hôtes au pays d’Égypte.
21 – Vous ne maltraiterez ni veuve, ni orphelin.
22 – Si tu le maltraites, dès qu’il criera vers moi, j’entendrai son cri
23 – et ma colère s’enflammera, je vous tuerai par l’épée, et vos femmes seront veuves et vos fils orphelins.
24 – Si tu prêtes de l’argent à quelqu’un de mon peuple, au miséreux qui est avec toi, tu ne seras pas pour lui comme un créancier : vous ne lui imposerez pas d’intérêt.
25 – Si tu prends en gage le manteau de ton prochain, tu le lui rendras au coucher du soleil,
26 – car c’est sa seule couverture, c’est son manteau pour sa peau : en quoi se coucherait-il ? Et il arrivera que, lorsqu’il criera vers moi, je l’entendrai, car je suis miséricordieux.

Mon analyse :
Moïse se fait l’interprète des paroles de Iahvé, reçue sur le mont Sinaï. Ce n’est donc pas une parole directe de Dieu à son peuple. Facile dès lors — comme ce fut le cas avec Mohammad —, de créer une loi positive destinée à gérer la société sur des critères religieux imposés. On remarque bien la volonté d’imposer des règles visant à protéger la société juive de ceux qui, en son sein, voudraient agir contre leurs frères. Par contre rien n’est interdit contre les hommes des autres peuples. Iahvé, créateur de toutes choses, est sélectif dans ses sympathies.

Psaumes : 18 (Vulgate 17), 2-3, 4. 20, 47.51ab

2 – Il dit : Je t’aime, Iahvé, ma force !
3 – Iahvé est mon Rocher, ma forteresse et mon libérateur, mon Dieu est mon roc, en lui je m’abrite, mon bouclier, ma corne de salut, ma citadelle.
4 – J’invoque Iahvé, digne de louanges, et de mes ennemis je suis sauvé.
20 – il me fit sortir au large, il me sauva parce qu’il m’aime.
47 – Vive Iahvé ! Béni soit mon Rocher ! Que soit exalté le Dieu de mon salut !
51 – il grandit les victoires de son roi et il fait face à son Messie, à David et à sa race à jamais.

Mon analyse :
Il faut bien des bricolages pour retirer de ce texte ce qui est recherché par les Judéo-chrétiens, c’est-à-dire la mention du Messie et de la descendant de David. Le « il » du verset 51 est le nom de Iahvé et non pas Iahvé lui-même, ce qui rendrait la phrase incompréhensible. On est cependant bien loin de l’image que renverra Jésus, selon les évangiles canoniques.

2e lecture :

Première lettre de Paul à Timothée : 1, 5c-10

5 – Et le but de mon ordre est une charité de cœur pur, de bonne conscience et de foi sans comédie ;
6 – ce dont quelques-uns se sont écartés, qui se sont détournés vers le bavardage
7 – et qui, se voulant docteurs de la Loi, ne comprennent ni ce qu’ils disent, ni à quel propos ils affirment.

Mon analyse :
La critique est sévère et ironique. Elle illustre la lutte incessante que dû mener Paul contre ceux qui se disaient plus compétents que lui car proches de ceux qui avaient connu Jésus vivant. Or, Paul ne se fixe qu’une seule valeur, la foi et le respect de l’évangile de Christ.

8 – Nous savons que la Loi est bonne si on use d’elle dans les règles
9 – et en sachant que la Loi n’est pas là pour le juste mais pour les iniques et les insoumis, les impies et les pécheurs, les sacrilèges et les profanes, les parricides et les matricides, les homicides,
10 – les prostitueurs, les sodomites, les marchands d’esclaves, les menteurs, les parjures, et tout ce qui est opposé
à la saine doctrine
11 – selon l’évangile de la gloire du Dieu magnifique, évangile qui m’a été confié.

Mon analyse :
Paul use d’une double procédé : il rend hommage à la loi dont se réclament les autres, c’est-à-dire la loi mosaïque et celle du temple, mais il rappelle que cette loi ne le concerne pas ni aucun de ceux qui agissent selon la foi et qu’elle est réservée à ceux qui agissent dans le mal. Donc, si les autres y sont si attachés, c’est qu’ils ne sont pas dans le bien. Le verset 11 est « oublié » car il révèle la source dont se revendique Paul, c’est-à-dire une inspiration directe (cf. l’éveil sur le chemin de Damas) et non une référence à des textes antiques. N’oublions pas que Paul s’exprime bien avant l’écriture des évangiles canoniques. Il est donc bien le premier à évoquer l’évangile, c’est-à-dire la bonne nouvelle.

Évangile selon Mathieu : 22, 34-40

34 – Les pharisiens entendirent qu’il avait muselé les sadducéens. Ils se rassemblèrent
35 – et l’un d’eux, un légiste, lui demanda pour le mettre à l’épreuve
36 – Maître, quel est le grand commandement de la Loi ?
37 – Jésus lui dit : Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ta vie et de tout ton esprit.
38 – Tel est le grand et premier commandement.
39 – Le second lui est pareil : Tu aimeras ton proche comme toi-même.
40 – À ces deux commandements toute la Loi est suspendue, et les Prophètes.

Mon analyse :
Jésus répond à la demande du commandement de la Loi, mais il précise aussitôt que c’est le commandement de la loi positive et que ces commandements sont les fondamentaux de la Loi et des prophètes reconnus par les Juifs. Cela ne veut pas dire qu’il s’agit de ses commandements à lui, dont nous savons qu’ils sont différents.

Voici comment je reçois ces textes.