29e dimanche du temps ordinaire

Lecture des textes de la liturgie catholique

Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.

Messe dominicale du 29e dimanche du temps ordinaire

1re lecture :

Livre d’Isaïe : 45, 1. 4-6

1 – Ainsi a dit Iahvé à son oint, à Cyrus que j’ai saisi par la main droite, pour soumettre devant lui les nations et détacher la ceinture sur les reins des rois, pour ouvrir devant lui les deux battants et pour que les portes ne restent pas fermées.
4 – À cause de mon serviteur Jacob et d’Israël mon élu, je t’ai appelé par ton nom, je t’ai donné un titre, alors que tu ne me connaissais pas.
5 – Je suis Iahvé, il n’y en a pas d’autre ; moi excepté, pas de dieu ! Je t’ai ceint, alors que tu ne me connaissais pas,
6 – afin que l’on sache, au soleil levant et à l’occident, qu’il n’y a personne hormis moi. Je suis Iahvé et il n’y en a pas d’autre.

Mon analyse :
Isaïe fait dire à Iahvé des choses pour le moins incohérentes. En effet, il s’adresse à Cyrus qui ne le connais pas, et pour cause, Iahvé n’est pas le Dieu des Assyriens. Il lui dit qu’il a abattu Israël à son profit, mais en fait c’est l’inverse ; il a utilisé Cyrus pour punir Israël ! D’ailleurs, le verset 7, « oublié » par ce texte, est clair sur le fait que Iahvé fait aussi bien le mal que le bien. On voit bien que ce maître suprême ne peut pas être Dieu mais tout juste un démiurge inquiet de sa puissance et jaloux de son autorité.

Psaumes : 96 (Vulgate 95), 1.3, 4-5, 7-8, 9-10ac

Hymne à Iahvé créateur et juge du monde
1 – Chantez à Iahvé un chant nouveau, chantez à Iahvé, toute la terre,
3 – racontez sa gloire parmi les nations, ses merveilles parmi tous les peuples.
4 – Car il est grand, Iahvé, et très digne de louanges, il est plus redoutable que tous les dieux,
5 – car tous les dieux des peuples sont des idoles, mais c’est Iahvé qui fit les cieux.
7 – Rendez à Iahvé, familles des peuples, rendez à Iahvé gloire et puissance,
8 – Rendez à Iahvé la gloire de son nom, apportez l’oblation, venez dans ses parvis,
9 – prosternez-vous devant Iahvé en ornements sacrés, tremblez devant sa face, toute la terre,
10 – dites parmi les nations : « Iahvé est roi » et le monde sera stable, il ne sera pas ébranlé (il rend justice aux peuples avec droiture).

Mon analyse :
Ce texte, manifestement prosélyte, contredit un peu Isaïe. Déjà il fait référence aux autres dieux qu’il niait auparavant. Ensuite, il montre Iahvé comme un symbole de stabilité et de justice, alors que nous avons vu que, même Israël est chamboulé par sa faute. Cela tient au fait qu’il punit la moindre faute de façon brutale et violente. Il est juste au sens strict du terme mais il n’est pas bon ni miséricordieux.

2e lecture :

Première lettre de Paul à Timothée : 1, 1-5b

1 – Paul, apôtre du christ Jésus selon l’ordre de Dieu notre sauveur et du christ Jésus notre espérance,
2 – à Timothée, mon véritable enfant dans la foi. Grâce, miséricorde et paix de Dieu le Père et du christ Jésus notre seigneur.
3 –Si je t’ai exhorté à rester à Éphèse, quand je suis parti pour la Macédoine, c’est pour que tu ordonnes à quelques-uns de ne pas enseigner n’importe quoi
4 –et de ne pas s’adonner à ces mythes et à ces généalogies sans fin, qui prêtent à discussions plutôt qu’à gestion de Dieu dans la foi.

Mon analyse :
Paul manifeste ici un attachement spécifique à son disciple à qui il a confié la mission d’agir avec autorité contre des intervenants non identifiés. Cependant, compte tenu des reproches que Paul leur fait, on peut imaginer que ce sont des judéo-chrétiens. En effet, les mythes sont certainement les récits de miracles et les généalogies font penser à celles qui débutent les évangiles de Matthieu et de Luc, même si nous savons que dans ce dernier cas, il s’agit d’une interpolation plus tardive. Donc, le recours à Matthieu et aux récits miraculeux signerait bien un courant judéo-chrétien.

5 –Et le but de mon ordre est une charité de cœur pur, de bonne conscience et de foi sans comédie ;

Mon analyse :
La critique est sévère et ironique. Elle illustre la lutte incessante que du mener Paul contre ceux qui se disaient plus compétents que lui car proches de ceux qui avaient connu Jésus vivant. Or, Paul ne se fixe qu’une seule valeur, la foi et le respect de l’évangile de Christ.

Évangile selon Matthieu : 22, 15-21

15 – Alors les pharisiens s’en allèrent et tinrent conseil ; pour le prendre au piège dans sa parole.
16 – Ils lui envoient leurs disciples avec les hérodiens pour lui dire : Maître, nous savons que tu es véridique et que tu enseignes le chemin de Dieu avec vérité et que tu ne te soucies de personne, car tu ne regardes pas à la face des gens.
17 – Dis-nous donc ce qu’il t’en semble : A-t-on ou non le droit de payer l’impôt à César ?
18 – Jésus connut leur lâcheté, il leur dit : Pourquoi me mettez-vous à l’épreuve, comédiens ?
19   Montrez-moi la monnaie de l’impôt. Ils lui présentèrent un denier.
20 – Il leur dit : De qui est cette image, et l’inscription ?
21 – Ils disent : De César. Alors il leur dit : Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu.

Mon analyse :
Le message est clair, ne nous attachons pas à ce qui relève de ce monde mais ne nous opposons pas non plus à ses règles tant qu’elles ne mettent pas en jeu notre foi. Ce qui est du monde reste dans le monde et ce qui est de Dieu doit lui revenir, c’est-à-dire l’esprit saint prisonnier que nous sommes.

Voici comment je reçois ces textes.