26e dimanche du temps ordinaire

Lecture des textes de la liturgie catholique

Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.

Messe dominicale du 26e dimanche du temps ordinaire

1re lecture :

Ézéchiel : 18, 25-28

25 – Cependant vous dites : « La voie de Iahvé n’est pas régulière ! » Écoutez donc, maison d’Israël : Est-ce ma voie qui n’est pas régulière ? Est-ce que ce ne sont pas vos voies qui ne sont pas régulières ?
26 – Si le juste revient de sa justice, commet l’iniquité e t meurt, il meurt à cause de l’iniquité qu’il a commise.
27 – Et si le méchant revient de la méchanceté qu’il a pratiqué, s’il pratique le droit et la justice, lui, il conservera la vie.
28 – Il est revenu de toutes les transgressions qu’il a commises ; il vivra assurément, il ne mourra pas.

Mon analyse :
Comme nous le verrons ensuite dans Matthieu, le message porte sur l’état de celui qui est jugé au moment donné et non sur ce qu’il était auparavant. Le lien entre Matthieu et Ézéchiel confirme le Judéo-christianisme du premier. Cependant, il faut reconnaître une convergence de vue avec le Catharisme. Ce dernier met cependant plus l’accent sur la conversion intime, comme dans la parabole du fils prodigue.

Psaumes : 25 (Vulgate 24), 4-5ab, 6-7, 8-9

4 – Fais-moi connaître tes voies, Iahvé, enseigne-moi tes sentiers.
5 – Fais-moi marcher selon ta vérité, enseigne-moi, …
6 – Souviens-toi, Iahvé, de ta miséricorde et de tes grâces, car elles sont de toujours.
7 – De mes péchés de jeunesse et de mes transgressions ne te souviens pas, mais souviens-toi de moi selon ta grâce !
8 – Iahvé est bon et droit, c’est pourquoi il montre la voie aux pécheurs,
9 – il fait marcher les humbles selon la justice et il enseigne aux humbles sa voie.

Mon analyse :
Comme toujours l’homme est passif face à l’œuvre attendue de Dieu. C’est un point d’achoppement entre la Torah et Jésus.

2e lecture :

Lettre de Paul aux Philippiens : 2, 1-11 (ou brève : 1-5)

1 – Si donc il y a quelque consolation dans le Christ, s’il y a quelque réconfort d’amour, s’il y a quelque société de l’Esprit, s’il y a quelque tendresse et compassion,
2 – remplissez-moi de joie en tendant à l’unanimité, en ayant même amour, même âme, et en tendant à une seule chose :
3 – rien par rébellion, rien par vaine gloire ; estimez, au contraire, avec humilité, que les autres vous sont supérieurs,
4 – chacun veillant, non à son intérêt, mais chacun à l’intérêt d’autrui.
5 – Tendez à l’unanimité entre vous et avec le christ Jésus
6 – qui, possédant forme de dieu, n’a pas regardé comme une prérogative d’être égal à Dieu,
7 – mais s’est anéanti en prenant forme d’esclave, en devenant pareil aux hommes. Et quand il a eu figure humaine,
8 – il s’est abaissé à obéir jusqu’à mourir et mourir en croix.
9 – Aussi Dieu l’a-t-il exalté et lui a-t-il accordé le nom qui est au-dessus de tout nom,
10 – pour qu’au nom de Jésus tout genou plie, dans les cieux, sur terre et sous terre,
11 – et que toute langue avoue que Jésus Christ est seigneur, à la gloire de Dieu le Père.

Mon analyse :
Paul appelle les Philippiens à l’unité et à l’unanimité spirituelle. C’est sans doute lié aux dangers évoqués dans le premier chapitre. Il indique le comportement à suivre incluant l’humilité car c’est un sentiment très dévalorisé dans l’Antiquité… comme de nos jours. L’hymne au Christ (v. 5 – 11) pose la question du statut de Christ. Les Judéo-chrétiens s’interroge sur sa divinité alors que pour nous ce passage est clair. Le terme « possédant forme de Dieu » veut dire qu’il est consubstantiel à Dieu, comme nous le sommes aussi car Dieu ne crée pas ; il laisse émaner de lui ce qui a les mêmes qualités substantielles que lui, dont l’éternité. De même la forme prise par Jésus ne signifie pas incarnation.

Évangile selon Matthieu : 21, 28-32

28 – Que vous en semble ? Un homme avait deux fils. Il s’est approché du premier et lui a dit : Mon fils, va-t-en aujourd’hui travailler à la vigne.
29 – Celui-ci répond : J’y vais, seigneur, mais il n’y va pas.
30 – Il s’est approché du second et lui a dit la même chose. Celui-là répond : Je ne veux pas, puis il se repent et y va.
31 – Lequel des deux a fait la volonté du père ? Ils disent : Le dernier. Jésus leur dit Oui je vous le dis, les percepteurs et les prostituées vous précèdent dans le règne de Dieu.
32 – Car Jean est venu à vous sur un chemin de justice et vous ne vous êtes pas fiés à lui. Les percepteurs et les prostituées se sont fiés à lui, et vous, en voyant cela, vous ne vous êtes pas enfin repentis pour vous fier à lui.

Mon analyse :
Jésus commence sa critique de façon modérée ; il montre que l’apparence ne vaut pas toujours la constance. Celui qui semble bon peut ne pas être fiable et inversement. Bien entendu, cela concerne les représentants officiels du Judaïsme qui sont ainsi menacés de ne pas être acceptés par Dieu.

Voici comment je reçois ces textes.