24e dimanche du temps ordinaire

Lecture des textes de la liturgie catholique

Comme chaque Dimanche et pour les principales fêtes catholiques, je reprends la tradition cathare qui consistait en l’analyse des textes de la messe catholique et leur compréhension du point de vue cathare. Il n’y a là nulle intention malveillante mais un simple exercice de style visant à montrer que la compréhension des textes est aussi affaire de doctrine.

Messe dominicale du 24e dimanche du temps ordinaire

1re lecture :

Siracide : 27, 30 – 28, 7

30 – La rancune et la colère sont aussi des abominations, l’homme pécheur est passé maître en cela.
7 – Souviens-toi des commandements et ne garde pas rancune à ton prochain, de l’alliance du Très-Haut, et passe par dessus l’offense.

Mon analyse :
On trouve des accents néotestamentaires dans ce passage de l’Ecclésiastique. Cependant, il faut modérer cette apparence. En fait, si l’homme ne doit pas exprimer colère et rancune c’est parce que, dans la vision vétérotestamentaire, elles sont l’apanage de Iahvé.

Psaumes : 103 (Vulgate 102), 1-2, 3-4, 9-10, 11-12

1 – De David. Mon âme bénis Iahvé, que tout mon être bénisse son saint nom !
2 – Mon âme, bénis Iahvé et n’oublie aucun de ses bienfaits !
3 – Lui qui pardonne toutes tes fautes, lui qui guérit toutes tes maladies,
4 – lui qui rachète ta vie de la fosse, lui qui te couronne de grâce et de miséricorde,
9 – il ne dispute pas à perpétuité, il ne garde pas rancune à jamais,
10 – il n’agit pas envers nous selon nos péchés et il ne nous traite pas d’après nos fautes.
11 – Car autant les cieux sont élevés au-dessus de la terre, autant sa grâce l’emporte pour ceux qui le craignent ;
12 – autant l’orient est éloigné de l’occident, autant il éloigne de nous nos transgressions.

Mon analyse :
Dans un ensemble d’éléments classique des psaumes concernant les protestations de fidélité de l’homme envers Iahvé, se trouvent des éléments qui confirment ce qui est dit plus haut dans le Siracide. Iahvé est bel et bien rancunier, même si cela ne dure pas longtemps et il est bien coléreux puisqu’il dispute l’homme.

2e lecture :

Lettre de Paul aux Romains : 14, 7-9

7 – Aucun de nous en effet ne vit pour soi-même et aucun ne meurt pour soi-même,
8 – car si nous vivons nous vivons pour le Seigneur et si nous mourons nous mourons pour le Seigneur. Que nous vivions ou que nous mourions, nous sommes au Seigneur.
9 – Car c’est pour cela que le Christ est mort et qu’il vit, pour être le seigneur des morts et des vivants.

Mon analyse :
Cette partie me semble avoir été ajoutée en extension à la précédente pour laisser entendre que chacun doit laisser l’autre faire ce qu’il veut au motif que nous ne sommes juge que de nous mêmes. Il y a du vrai en cela mais la présentation omet la nécessaire entraide des uns pour les autres. Rappelons-nous que les Cathares allaient toujours à deux pour se soutenir et s’aider à conserver la voie droite de leur cheminement. Pour les croyants il en va de même, sauf que ce sont les Bons-Chrétiens qui, de temps à autre, les aident à redresser leur cheminement.

Évangile selon Matthieu : 18, 21-35

21 – Pierre alors s’approcha et lui dit : Seigneur, combien de fois mon frère va-t-il pécher contre moi, et moi lui remettre ? Jusque sept fois ?
22 – Jésus lui dit : Je ne te dis pas jusque sept fois mais jusque soixante-dix fois sept.

Mon analyse :
Jésus apprend à Pierre que nous ne devons pas tenir compte des erreurs des autres. Ce qui intéressant là, c’est qu’il ne s’agit pas de pardon mais de remise. C’est un peu comme lorsque quelqu’un nous rembourse ce qu’il pense être une dette envers nous et que nous lui remettons ce qu’il veut nous rendre en disant que ce n’est pas à nous mais à lui. Cela crée une égalité parfaite entre les hommes alors que le pardon crée une hiérarchie entre celui qui pardonne et celui qui est pardonné.

23 – C’est pourquoi le règne des cieux est pareil à un roi qui a voulu régler ses comptes avec ses esclaves.
24 – Il commençait à régler quand on lui a amené un débiteur de dix mille talents.
25 – Comme l’autre n’avait pas de quoi rendre, le seigneur a ordonné de le vendre avec la femme, les enfants et tout ce qu’il avait, et d’être payé.
26 – L’esclave alors est tombé prosterné devant lui, il a dit : Sois généreux avec moi, je vais tout te rendre.
27 – Ému, le seigneur de cet esclave l’a renvoyé et lui a remis sa dette.
28 – En sortant, cet esclave trouve un de ses compagnons qui lui devait cent deniers ; il le tient à l’étouffer, en disant : Rends ce que tu dois,
29 – Alors son compagnon tombe à ses pieds et fait appel à lui : Sois généreux avec moi, je vais te le rendre.
30 – Mais l’autre ne l’a pas voulu, il s’en est allé et l’a fait jeter en prison pour lui faire rendre ce qu’il devait.
31 – Quand ses compagnons ont su ce qui était arrivé, ils ont été fort attristés, ils sont venus expliquer à leur seigneur tout ce qui était arrivé.
32 – Alors son seigneur l’a fait appeler, il lui a dit : Mauvais esclave, je t’ai remis toute cette dette parce que tu as fait appel à moi ;
33 – est-ce que tu ne devais pas toi aussi avoir pitié de ton compagnon, comme moi-même j’ai eu pitié de toi ?
34 – et son seigneur en colère l’a livré aux bourreaux pour lui faire rendre tout ce qu’il devait.
35 – Ainsi fera de vous mon père céleste, si chacun de vous ne remet pas du fond du cœur à son frère.

Mon analyse :
Cette parabole nous explique que nous sommes plus pécheur que ceux que nous considérons comme tels et, qu’à ce titre nous ne devons pas prétendre juger les autres et encore moins les punir. C’est à chacun d’agir pour lui et de recevoir humblement la remise de ses fautes. Car nos fautes sont toujours trop lourdes pour être pardonnées. C’est grâce à la Bienveillance que nous en obtenons la remise mais, cette Bienveillance nous la devons aussi aux autres sans quoi nous perdons tout.

Voici comment je reçois ces textes.