Mon parcours spirituel

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Mon parcours spirituel personnel est une affaire vieille de près de quarante ans.
Né dans une famille catholique romaine classique à l’époque ; madame croyante et pratiquante régulière et monsieur croyant approximatif et quasiment pas pratiquant, j’ai donc suivi les offices dominicaux et « bénéficié » du catéchisme dans le cadre péri-scolaire.
Au bout de quelques années, grâce à la rencontre d’un prêtre jeune et moderne, je me suis investi dans le domaine social via l’animation hebdomadaire d’ateliers avec les enfants de la paroisse (Fripounets pour ceux qui ont connu).
Mais, est survenu un événement qui allait tout changer. Quand l’adolescence commença à développer un esprit critique à peu près ordonné, ce prêtre m’a annoncé qu’il abandonnait son sacerdoce. Vaincu par le rejet de la modernité qu’affichait son évêché, il préfèra retourner à la vie « civile ».
Ce fut pour moi l’occasion d’une révolte face à un conservatisme que je ne comprenais pas. Abandonnant mes activités et mon assiduité dominicale, je commençais à m’interroger sur la spiritualité.
La fin de mes études générales et le début de ma vie professionnelle vinrent clore ce débat interne jusqu’à ce que le social reprit part à ma vie personnelle.
Membre actif de la Croix-Rouge Française, je fus mis au contact de la misère humaine sous toutes ses formes.
C’est alors que mes questionnements reprirent du sens.
Ayant changé de voie professionnelle au profit de la santé, ces questionnements furent de plus en plus prégnants et la maturité aidant je me mis en recherche.
Malheureusement, mes exigences spirituelles ne trouvèrent à s’implanter dans aucune spiritualité, philosophie ou religion existante.
J’en conclus que je devais me contenter de vivre mes convictions à ma manière et que Dieu serait bien à même d’en apprécier les valeurs et les défauts.

Par un ensemble de hasards dont la vie a le secret, je me suis retrouvé un beau printemps de 2006 à Carcassonne.
Fidèle à ma règle de vie, j’ai commencé à me renseigner sur l’histoire de la région et j’ai logiquement découvert le catharisme. Certes j’avais croisé le mot « cathare » mais sans jamais savoir à quoi il se rattachait et si le terme « parfait » m’étais aussi connu, je le rattachais, sans autre forme d’étude, au XIe siècle et à Godefroy de Bouillon. Pour quoi ? Je serais bien incapable de le dire.
Aussi, l’étude superficielle de cette spiritualité fit jaillir en moi des réminiscences de mes propres analyses. Fidèle à ma méthode, je me mis en devoir de trouver les failles qui me feraient rejeter cette spiritualité comme j’avais rejeté les autres. Force me fut d’admettre que je n’en trouvais pas, car le catharisme ne cherche pas forcément à répondre à tout et accepte volontiers sa propre ignorance de certains concepts ou faits.
Une telle honnêteté intellectuelle et une telle cohérence doctrinale me firent comprendre que j’étais face à un événement majeur de ma vie spirituelle.

Je me mis donc en devoir de me renseigner sur l’aspect spirituel. C’est à cette occasion que je trouvais le site de Yves Maris. Très surpris d’abord, je voulus en savoir plus sur cet homme dont l’aspect visuel — présenté sur le site — me rappelait au choix Jean-Jacques Rousseau, le professeur Tournesol mais pouvait aussi bien évoquer un gourou comme j’en avais croisé dans les années soixante-dix.
Je décidais donc d’aller espionner un peu cette Bastida dels catars. Parti sur mon scooter, j’avalais les quatre-vingts kilomètres me séparant de Roquefixade, pensant regarder de loin si j’apercevais cet individu, a priori suspect.
Malheureusement, la situation de la bâtisse rendait toute observation impossible depuis la route.
Je grimpais donc prudemment la pente escarpée et en arrivant devant la porte à pommeau de croix occitane, j’hésitais un instant sur ce que je devais faire.
Yves résolu le problème en m’apercevant et en ouvrant la porte pour s’enquérir du motif de ma visite.
Cachant le caractère soupçonneux de ma démarche, je lui dis ma curiosité aiguisée par la visite de son site.
Il m’invita à prendre un café sur sa terrasse et nous discutâmes de spiritualité, de philosophie et de ma vie pendant près de deux heures.
C’est au cours de cette discussion que j’ai compris qu’il n’y avait aucun des critères connus du sectarisme dans cet homme et aucune tendance à une quelconque volonté de domination de l’autre.
Je lui promis de lui envoyer un court texte de présentation pour sa rubrique « Ma consolation » qui n’existe plus aujourd’hui. Autant dire que ce texte était extrêmement prudent et que j’ai même trouvé que la présentation qu’il faisait de moi en accroche était presque trop engagée à mon goût.
Et c’est ainsi que j’ai commencé, sans le savoir, mon chemin en catharisme. Au fil de mes lectures, de mes discussions avec Yves, avec ceux qu’il me présenta et de mes propres réflexions, le choix d’avancer vers une vie plus cohérente avec mes idées, et plus éloignée d’un monde dont le caractère malin ne m’avait jamais échappé devint, non pas une évidence, mais une nécessité viscérale.

Je ne suis pas Paul. Je n’ai pas été jeté à bas de mon cheval par une révélation fulgurante, dont je me serai certainement méfié comme de la peste, mais j’ai glissé lentement sur une pente douce dont je conçois aisément aujourd’hui qu’elle me mène là où mon esprit aspire à être et qu’elle est irréversible.
Arriverai-je au bout de mon chemin ? Je n’en sais rien mais je sais qu’aucun autre ne saurait me convenir.

Éric Delmas, 2009.

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